‹ Histoire du Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 25 sur 64 · AE · texte numérisé non relu

AE

(4h 1 | w Louis Kertk rend Québec à la France en 1632.—Champlain revient en Ca- L'ART 4 nada comme gouverneur, et travaille à s’attacher les indigènes.—Collége

(il { } NET des jésuites construit à Québec—Mort de Champlain, (1685.)—M. de

FO AURA TTATER Châteaufort le remplace.—M. de Montmagny.—Guerre entre la confé- " | nt {! D dération iroquoise et les Hurons; les succès sont partagés.—Le P, :Leji | #

jeune établit le village sauvage de Sillery.—Fondation de Montréal (1641,) par M. de Maisonneuve.—Fondation de l'Hôtel-Dieu et du couvent dE des ursulines.—Paix entre toutes les nations indigènes ; elle est rompue par h 1] . les Agniers.—M. d’Aiïlleboust relève M. de Montmagny comme gouver- } tte neur de la Nouvelle-France.— La guerre devient extrêmement vive entre | s à les Iroquois et les Hurons ; succès prodigieux des premiers : les Hurons, ï ne pouvant leur tenir tête, sont dispersés, les uns vers le lac Supérieur, | | d'autres vers la baie d'Hudson, le reste vers le bas Saint-Laurent (1649- 50.)—La Nouvelle-Angleterre fait proposer au Canada un traité de com- À merce et d'alliance perpétuelle.--M. de Lauson succède à M. d’Ailleboust. —Les Iroquois, après leur victoire sur les Hurons, lâchent leurs bandes

sur les établissements françaie—M. d’Argenson vient remplacer M. de

MAUR 4 Lauson.—Le dévouement de Daulac sauve le Canada —Les Iroquois de-

EN EN AE mandent et obtiennent la paix.—Le baron d’Avaugour arrive comme gouverneur à Québec ; remontrance énergique qu’il fait à la cour sur l'abandon de la colonie; on y envoie 400 hommes de troupes.—Dissen-

sions entre le gouverneur et l'évêque.—Célèbre tremblement de terre de 1663.—Rappel de M. d'Avaugour, auquel succède M. de Mésy.—La compagnio des cent associés rend le Canada au roi et se dissout (1663.)

Nous reprenons le fil des faits historiques, que nous avons inter-

: 1 ju | rompu au traité de Saint-Germain-en-Laye, en l’année 1632. Saint 1 fl di Le huguenot Louis Kertk garda Québec trois ans pour l’Angle- d'alle Dai terre. Il rendit cette ville, qui n’était plus qu’un monceau de tifes, (di ruines,* à M. de Caën, suivant une des clauses du traité, et la et on!

* «4 Mais pour l'habitation, dit M. de Caën, mes gens l’ont trouvée toute brulée et entièrement consumée avec 9000 castors, perte de 40,000 livres.”

sure d’un jama

miers rieur, répo

nt en Ca- —Collége .)—M. de la confé- Le P.-Le- Montréal lu couvent mpue par ne gouvervive entre es Hurons, Supérieur, ent (1649é de com- Aiïlleboust.

rs bandes acer M. de oquois deve comme cour sur . —Dissene terre de —La com- 663.)

ns interlée 1632.

l’Anglenceau de hité, et la uvée toute 00 livres.”

compagnie des cent associés en reprit possession l’année suivante. Champlain, nommé de nouveau gouverneur, y arriva avec uve escadre richement chargée, et reprit l'administration de la colonie, Une garde de soldats armés de piques et de mousquets, entra tambour battant dans le fort Saint-Louis, qui fut remis à M. Duplessis-Bochard.

Voyant le peu d’efforts que la France avait faits pour défendre le Canada, Champlain chercha à s'attacher les populations indigènes, surtout les Hurons, à qui il envoya des missionnaires porter l'Évangile. Ces missionnaires étaient des jésuites. L’occasion avait été saisie pour exclure les récollets, quoiqu'ils fussent très-populaires, parce qu’on croyait depuis longtemps que, dans une nouvelle colonie, des moines mendiants étaient plus à charge qu’utiles ; ils prièrent en vain le gouvernement de les laisser revenir.* Un instant l’émigration augmenta. On vit arriver des cultivateurs industrieux, des ouvriers utiles, des personnes de bonne famille, qui venaient en Amérique pour jouir de plus de tranquillité qu’ils ne pouvaient le faire en France, dans les provinces où les protestants étaient en majorité. Le jésuite René de Rohaut, fils du marquis de Gamache, jeta les fondements du collége de Québec en 1635, dans l’année même que Champlain expirait.

La mort de Champlain, arrivée le 25 décembre, troubla la joie que causaient les progrès qu’on voyait faire à la colonie. Né à Brouage, en Saintonge, Charente-Inférieure, Champlain avait embrassé, comme beaucoup de ses concitoyens, le métier de la mer ; il s'était distingué au service de Henri IV. Sa conduite ayant attiré l’attention sur lui, le commandeur de Chastes lui donna l’occasion d'entrer dans une carrière qui devait lui assurer l’immortalité. Doué d’un jugement droit et pénétrant, d’un génie pratique, Champlain pouvait concevoir et suivre, sans jamais s’en écarter, un plan étendu et compliqué, Trente ans #4 Mémoire qui fust faict pour l'affaire des P, Recolletts de la province de Saint-Denis dite de Paris, touchant le droict qu’ils ont depuis l'an 1615 d'aller en Quanada, sous l’authorité de S. M. et mission des souverains pontifes, sous la faveur des quels ils ont basty un couvent et esglise à Quebecq et ont célébré les saints mystères en divers endroits du dit pays les premiers” Ce mémoire, daté de 1637, fut dressé par le P. Potenlan, supé-

rieur. Les récollets demandaient la permission de revenir en Canada et répondaient aux objections qu'on faisait à leur retour.

rm le GR re. A

d’efforts pour établir le Canada prouvent sa persévérance et fa fermeté de son caractère. Tl conserva la possession d’immenses contrées à la France, à l’aide des missionnaires ou d’alliances contractées à propos avec les indigènes, à peine avec le secours d’un soldat, Ila été blâmé de s'être déclaré contre les Iroquois. Mais la guerre existait déjà entre cette nation et les autres peuplades du Canada lorsqu’il arriva dans le pays ; il ne cessa jamais de faire tous ses efforts pour la conservation de la paix: ce n’est que lorsque les sauvages étaient rendus à leur dernier degré de décadence qu’ils voulaient bien écouter les conseils. Sa mort fut un grand malheur pour les Hurons, qui avaient beaucoup de confiance en lui, et qu’il aurait peut-être arrachés à la destruction qui vint fondre sur eux bientôt après.

Champlain a laissé une relation de ses voyages, dans laquelle on trouve un observateur judicieux et attentif, un auteur fidèle, rempli de détails sur les mœurs des aborigènes et la géographie du pays. Naturellement religieux, mais, comme bien des hommes de son siècle, redoutant l'influence des jésuites, il préférait pour le Canada, les moines de l’ordre de Saint-François, parce qu'ils étaient, disait-il, sans ambition. Les jésuites cependant firent des démarches auprès de la cour pour obtenir la permission de venir dans la colonie ; et ils réussirent à se faire accorder ce qu'ils demandaient. Il n’est pas douteux que leur influence fut bientôt d’un grand service, car plus d’une fois les rois de France allaient abandonner la colonie, et chaque fois ils furent arrêtés principalement par des motifs de religion. Dans ces moments-là, les jésuites, directement intéressés au Canada, en secondaient puissamment le fondateur.*

# Ainsi le P. Paul Lejeune écrivait à Richelieu en 16356: ‘“ Si par malheur la traite des pelleteries ne succédoit pas toujours aux cent associés, Monseigneur, vous êtes tout-puissant en ce point comme en plusieurs autres ; un seul regard de vos yeux peut protéger et animer, secourir encore toutes ces contrées, d’où la France peut tirer un jour de grands avantages. On sait assez, par l'expérience et par la lecture des histoires et des géographies, qu'il sort tous les aus très-grand nombre de personnes de la France, se jetant qui de ça, qui de là, chez l'étranger pour n'avoir de quoy s’employer dans leur pays. Je me suis laiseé dire, et ne l’ay pas entendu qu'avec un grand regret, qu’une bonne partie des artisans qui sont en Espagne sont Français. Quoi done, faut-il que nous donnions des hommes à nos ennemis pour nous faire la guerre, et nous avons icy tant de terres si belles et si bonnes, où l’on peut jeter des colonies qui seront fidèles à Sa Majesté et à votre grandeur,”

Juill dem tique aux |

e et Ïa immen- Iliances secours roquois.

‘es peu- \ jamais aix: ce nier dels, Sa 1t beaués à la

laquelle r fidèle, graphie jen des , il prérançois, ites cetenir la se faire jue leur fois les à fois ils Dans Janada,

par malassociés, sautres ; bre toutes On sait iies, qu’il etant qui dans leur hd regret, is. Quoi hous faire l'on peut eur,”

Champlain avait une belle figure, le port noble et militaire, une constitution vigoureuse, qui le mit en état de résister à toutes les fatigues de corps et d'esprit qu’il éprouva dans sa rude carrière : il ne traversa pas moins de vingt fois l'Atlantique pour aller défendre les intérêts de la colonie à Paris. En perdant Henri IV, deux ans après la fondation de Québec, il perdit un ami et un bon maitre, qu'il avait fidèlement servi et qui lui avait été d’un grand secours.

Comme on l’a dit, Champlain avait amené sa femme en Canada en 1620. IL avait épousé Hélène, fille de Nicolas Boulé, protestant, demeurant à Paris et secrétaire de la chambre du roi. Le contrat fut signé dans les derniers jours de 1610 ; mais comme la fiancée était encore trop jeune, il fut stipulé que le mariage ne se ferait qu’au bout de deux ans. La fiancéereçut de ses parents,en avancement d’hoirie, 6,000 livres tournois, dont 4,500 furent payées deux jours après le contrat à Champlain, qui donna l’usufruit de tous ses biens à sa femme, en cas ‘“ qu’il fût prévenu de mort en ses voyages sur la mer et ès lieux où il est employé pour le service du roi.”

Il ne paraît pas qu’ils aient laissé d’enfants.* Les récollets commencèrent à tenir les registres de Notre-Dame de Québec l’année suivante. ‘“‘ Lorsqu’on ouvre le premier de ces cahiers, une curiosité bien excusable, dit M. Ferland, porte à y chercher quelques souvenirs de Champlain et de sa famille, dont les autres documents contemporains ne nous disent presque rien. On aimerait à pouvoir suivre la postérité du fondateur de Québec, au sein de la population à qui il avait ouvert une nouvelle patrie ; on voudrait connaître quelles familles canadiennes ont le droit de le compter parmi leurs ancêtres. J’ai constaté, avec un véritable chagrin, après une recherche soigneuse, qu’il n’existe probablement pas un seul descendant de Champlain dans la colonie qu’il a créée et au milieu de laquelle reposent ses cendres.”

La femme de Champlain ne resta que quatre ans en Canada. Elle repassa en France en 1624, et il ne paraît pas qu’elle soit revenue en Amérique. Elle fonda un monastère d’ursulines à juillet 1637, à la demande des jésuites de Québec, contre Jacques Hersant et demoiselle Hélène Boulé, veuve de Champlain, Champlain, devenu paraly-

tique, avait donné par testament, signé à Québec, une partie de ses biens aux jésuites,

if nl A "éd il

sf

sr r = ne

Je

Mouse

Meaux, et y fit profession, en 1648, sous le nom de sœur Hélène de Saint-Augustin. Elle y mourut en 1654.*

Le successeur de Champlain fut M. de Châteaufort, dont on connaît à peine le nom. Il fut remplacé par M. de Montmagny, chevalier de Malte, lequel réselut de marcher sur les traces da Champlain; mais il prit le gouvernement de la colonie à une époque extrêmement difficile, par suite de la guerre à mort qui venait d’éclater entre les Hurons et les Iroquois, de plus en plus acharnés les uns contre les autres. L'établissement de la compagnie des cent associés avait fait tant de bruit, que les Hurons en avaient conçu les plus vastes espérances, et loin de suivre les avis prudents que Champlain leur avait si souvent donnés, ils s’abandonnèrent, dans l'attente de secours imaginairés, à une présomption fatale, qui fut la cause de leur ruine.

Les Iroquois, plus habiles qu’eux, usèrent de stratagème pour les diviser, afin de les accabler plus facilement. Ils firent une paix simulée avec le gros de la nation, et, sous divers prétextes, ils attaquèrent les bourgades éloignées.f La ruse ne fut découverte que lorsque le cri de guerre retentit, pour ainsi dire, au cœur de la nation. Les Hurons n'étaient pas préparés à repousser les attaques d’un ennemi implacable, qui marchait précédé de la terreur. Ils furent tout déconcertés, et leurs mesures, se ressentant du trouble de leur esprit, furent autant de fautes. Rien n'’humilie davantage aujourd’hui ceux qui restent, dit Charlevoix, que le souvenir d’un si prodigieux aveuglement,

Cependant cette guerre entre les sauvages suffit pour désabuser ceux qui croyaient que la colonie pouvait faire la loi à toutes les nations, depuis l’existence de la nouvelle compagnie, #4 Depuis le 24 octobre 1621, date de l'ouverture des registres de Québec, jusqu’en 1629, il n’y eut dans la colonie française que six baptêmes et deux mariages parmi les Européens. Le premier mariage, fuit le 1er août 1621, fut celui de Guillaume Couillard et de Guillemette Hébert, dont la nombreuse famille s’est étendue dans tout le district de Québec, et plus particulièrement dans la côte du Sud, au-dessous de la Pointe-Lévi. Deux mois et demi auparavant, savoir le 12 mai, avait eu lieu le premier mariage célébré dans la Nouvelle-Angleterre, celui d'Edward Winslow et de Susannah White” Notes sur les registres de Notre-Dame de Québec, par J.B. A.

Ferland, prêtre. + Relation de jésuites, (1640.)

Jear

etn inca fois la g par Jeur que céde indis D plus chèr com riers l'int Frar ruse Troi:

priso ville le go il ro gran tude nible lutte voir sous laiss prog de q quat frais en 1( M chev

1ène

\t on EnY; races nie à mort 18 en de la e les in de uvent magiruine.

pour it une extes, lécoure, AU rés à rchait leurs autant x qui igieux

désaa loi à agnie,

tres de tptèmes t le ler rt, dont et plus

Deux nariage b Susan- J, B. A.

pre

Si éné ARR a RE Sn OS

AE

Ge Fe ee #5 Ÿ 4

et montra que ce grand corps, qui imposait tant de loin, était incapable même de tenir ses promesses.

Ce fut en 1636 que les Iroquois pénétrèrent pour la première fois jusqu'au milieu des bourgades huronnes. Quatre ans après, la guerre recommença avec vigueur; mais les Hurons, instruits par leurs défaites et devenus plus eirconspects, résistèrent à leurs puissants adversaires, sur lesquels ils remportèrent quelquefois des avantages signalés, car leurs guerriers ne leur en cédaient point en courage : leurs désastres venaient de leur indiscipline et de leur trop grande présomption.

Devant cette résistance inattendue, les Iroquois, toujours plus habiles, voulurent unir la politique aux armes, et cherchèrent à séparer les Hurons des Français, pour n'avoir à combaître qu’un ennemi à la fois. Ils détachèrent 300 guerriers, divisés en petites bandes, pour faire des prisonniers, dans l'intention de traiter cruellement les Hurons et de ménager les Français, afin d’exciter les soupçons des premiers. Mais cette ruse n'ayant pas réussi, ils feignent de menacer le poste des Trois-Rivières, où commande M. de Champflours, et lorsqu'on s’y attend le moins, ils demandent la paix et remettent les prisonniers. M. de Montmagny lui-même se rendit dans cette ville pour avoir une entrevue avec leurs ambassadeurs ; mais le gouverneur français ne tarda pas à pénétrer leur dessein, et il rompit la négociation, car s’il ne pouvait leur porter de grands coups, il cherchait toujours à leur imposer par une attitude décidée. Sa situation cependant était alors des plus pénibles, Il se voyait, faute de troupes, le témoin passif de la lutte des sauvages, et exposé souvent à leurs insultes, sans pouvoir faire respecter son pavillon, qu’ils venaient braver jusque sous le canon des forts. L'état déplorable dans lequel on le laissait était un sujet d’étonnement pour tout le monde. Le progrès que faisait alors le Canada, était dû aux seuls efforts de quelques personnes. Ainsi l’habitation de Sillery, à trois ou quatre milles de Québec, sur le bord du fleuve, fut établie aux frais du commandeur de ce nom et à l'incitation des Jésuites, en 1637.

M. de Sillery appartenait à une famille distinguée. Il était chevalier grand-croix de l’ordre religieux et militaire de Saint- Jean de Jérusalem, et commandeur ou bénéficier du temple de

’ pl

Troyes. Il laissa le monde à un âge avancé pour entrer dans ge

| les ordres. Il fut ordonné prêtre en 1634, et de Paris, où il fai- Ë de

SU Ÿ sait ordinairement sa résidence et où il mourut en 1640, il C'en- : qu (AH ONE dait ses bienfaits sur la Champagne, sur la Savoie, sur le Ca- { de’ PULL nada et ailleurs. C'est M. de Razilli qui l'avait intéressé au | dir {4} Eur Canada et fait entrer dans la compagnie des cent associés, On d ire

| 1414 n’employa au nouvel établissement de Sillery que des sauvages # éd

‘ qu! chrétiens ou qui voulaient le devenir; des Algonquins et des 3 . 4 Montagnais d’abord, sous les soins du P. Lejeune, qui représen- . “ax | f’ Ft tait M. de Sillery en Amérique, et qui dépensa des sommes : dr | y: considérables pour la construction des édifices nécessaires.* de Dé ji | | 4 L'établissement de l'Île de Montréal fut commencé peu d’an- 4 réa QU 4e nées après celui de Sillery. Les cent associés avaient concédé ; d'ac (| À Lits l’île, cinq ans auparavant, à Jacques Girard, seigneur de la L. V fi | RME Chaussée, qui l’avait cédée deux ans après à Jean de Lauzon, % 34 la 1 poil if IE intendant en Dauphiné. Les missionnaires avaient plusieurs 4 mili PREUE Er fois engagé vainement la compagnie à occuper cette île, dont la 4 pris D UNMENES situation était avantageuse pour contenir les Iroquois et pour à: pas | | répandre l’œuvre des missions. Le projet fut repris par M. de Li pour LL | il la Dauversière, receveur-général de la Flèche en Anjou, et sous seill MA PAUE TE lui se forma, pour l’accomplir, une association de trente-cinq des AA personnes riches et puissantes, parmi lesquelles était M. le duc et il fl | de Liancourt de la Rocheguyon. Elle obtint la concession d’une Li Il él MU E | partie de l'île en 1640. L’année suivante, un des associés, qui A attac Al | | était Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, arriva à ‘4 suite LVL j Québec avec plusieurs familles, quelques soldats et un arme- 1H. vor (MANU Le ment de 25,000 piastres, formé à La Rochelle et à Dieppe. Le de culti | Ar baron Fouquand, qui obtint, en 1659, la concession du reste de 4 mora CEE Li l’île pour la compagnie, donna 20,000 livres pour sa part, Rien de inau jan al ne fait mieux connaître l'esprit de cette colonisation, que la 4 il arr 1}, 1 y manière dont on s’y prit pour s’assurer des sentiments reli- de bous bei | gieux de M. de Maisonneuve. On voulait non-seulement des cette Rs MA soldats, mais un chef digne de commander. ‘Je eonnais un âmes |: pa brave gentilhomme champenois qui forait votre affaire,” dit un chois } l pur jour le P. Charles Lalemant, retourné en France, à M. de la Cana | jt Ni | Dauversière. ‘“ Il loge à telle auberge.” M.dela Dauversière FH Ï al lIÉ | * Ce lieu conserve encore le nom du commandeur ; mais le village sau- teur, Rat vage a été transféré à Saint-Ambroise de Lorette, au pied des Lauren- Papin

de Sai est ex

il tides,

à HISTOIRE DU CANADA. 123 dans voulut connaître le caractère de celui qu'on lui désignait avant il fai- de l’'employer, et pour cela il alla se loger dans la maison indic‘en- ë, quée, sans laisser voir son dessein, Il amena insensiblement M, e Ca- \ de Maisonneuve à parler de l'établissement de Montréal, et à lui sé au " dire un jour, en secret, qu’il serait bien aise, pour éviter les dé- . On 4 sordres, de s'éloigner de la France et de le servir dans

vages F projet. ‘Je suis sans intérêt, ajoutat-il, et j'ai assez de et des Li pour mon peu d'ambition : j'emploierai ma fortune et ma. « résen- : l'entreprise, sans autre récompense que l'honneur de servir Dieu )mmes et mon roi dans les armes que j'ai toujours portées.” M. de la s.* n Dauversière, le voyant tenir un langage aussi chrétien et aussi 1 d’an- 4 résolu, le reçut comme un don de la Providence et s’empressa pncédé i d'accepter ses services.

de la # M. de Maisonneuve avait commencé le métier des armes dans auzon, LE la Hollande, à l’âge de 13 ans ; il avait conservé sa piété au isieurs 4 milieu de ces pays hérétiques, dit le chroniqueur. Il avait apdont la : pris à pincer du luth pour passer ses loisirs seul et pour n'être t pour pas obligé de fréquenter la compagnie des méchants.* Il partit M. de # pour le Canada, le cœur rempli de joie. Le gouverneur lui conet sous 4 seilla en vain de se fixer dans l’île d'Orléans, hors de l'atteinte te-cinq ï des Iroquois, il ne voulut pas se laisser intimider par le danger, , le duc GE et il vola jeter, en 1642, les fondements de la ville de Montréal. d’une k Il éleva une bourgade palissadée, pour se mettre à l’abri des és, qui attaques des sauvages, et la nomma Ville-Marie. 11 se mit enriva à ne: suite à réunir autour de lui, les indigènes chrétiens, et ceux qui arme- a voulaient le devenir, pour les civiliser et leur enseigner l’art de e. Le cultiver la terre. Ainsi Montréal devint à la fois une école de este de morale, d'industrie et de civilisation, noble destination qui fut Rien a inaugurée avec toute la pompe de l'Église. Peu de temps après, que la 4 il arriva un renfort de colons sous la conduite de M. d’Ailles reli- | boust de Musseau ; il en vint un second l’année suivante. A nt des 1% cette époque la population européenne ne dépassait pas 200 jais un A âmes en Canada. Les émigrés, ainsi que leurs chefs, étaient dit un ti choisis avec le plus grand soïu. Un sieur de la Barre vint au . de la 3 Canada en 1644, avec plusieurs colons placés sous ses ordres ersière à 4 * Histoire de Montréal, 1640-1672, maauscrit de Paris, sans nom d’auage sau- ‘4 - teur, dont une copie a été apportée en Canada en 1845, par l'hon. M. L. J, Lauren- de. Papineau. Ce manuscrit, attribué à M. François Dollier de Casson, prêtre

de Saint-Sulpice de Paris, et troisième supérieur du séminaire de Montréal, est extrêmement curieux,

Loue à

2 nu ART PER

mes

Tente

2 CRT

par la reine. C'était un homme de mœurs dissolues, mais qui avait su, pendant quelque temps, dissimuler sa conduite, Il portait à La Rochelle un grand chapelet à sa ceinture avec un crucifix sur lequel il jetait constamment les yeux; ce qui l’avait fait prendre pour un homme très-dévot. Mais lorsqu'on eut reconnu sa mauvaise conduite, on le fit rembarquer immédiatement pour la France.

Une entrepris: semblable à celle de Ville-Marie se poursuivait alors à Québec. Une vetite colline boisée séparait le collége des jésuites de l'Hôtel-Dieu. Sur les deux versants quelques maisons avaient été bâties à l’européenne, sous les murs de ces monastères, pour loger les sauvages et les accoutumer à vivre à la manière des Français. Les Montagnais et les Algonquins aidèrent à défricher une partie du plateau sur lequel est assise maintenant la haute ville, Mais cette tentative n’eut point de succès, parce que ce n’était pas dans une génération que l’on pouveit changer les habitudes des sauvages, dans un pays dont les forêts les invitaient sans cesse à reprendre leur vie errante.

M. de Maisonneuve fut conduit un jour sur la montagne de Montréal, par deux vieux sauvages de la nation qui avait autrefois habité le pays. “ Nous étions, lui dirent-ils, en très-grand nombre, et toutes les collines que tn vois au midi et à l’orient, étaient peuplées. Les Hurons en «nt chassé nos ancêtres, dont une partie s’est réfugiée chez les Abénaquis, une autre partie dans les cantons iroquois, et quelques-uns sont demeurés avec leurs vainqueurs.” Ce gouverneur, touché du malheur qui avait frappé cette nation, leur dit de tâcher d’en rassembler les débris ; qu’il les recevrait dans le pays de leurs pères, les protégerait et ne les laisserait manquer de rien; mais tous leurs efforts ne purent réunir les restes d’un peuple dont le nom meme était oublié* Etait-ce le peuple que Cartier avait visité plus de cent ans auparavant à Hochelaga? Les annales des sauvages remontent peu sans devenir vagues et confuses; les premiers voyageurs ne pouvaient faire un pas dans les forêts, sans entendre parler de tribus qui avaient existé dans des temps peu reculés

+ Gallatin, Colden. Ce dernier rapporte que, d’après une tradition qui existait chez les Iroquois, leurs ancêtres avaient habité les environs de Montréal.

ais qui te. Il vec un J'avait ’on eut édiate-

)oursui- , le colts quelnurs de umer à Algonquel est Je n’eut tion que un pays r vie er-

agne de it autreès-grand l’orient, res, dont e partie rés avec qui avait s débris ; gerait et florts ne était ouà de cent ages reers VOYAentendre h reculés dition qui avirons de

selon nos idées, mais déjà bien éloignés dans celles de ces peupiles, dont chaque siècle révolu couvrait l'histoire d’un profond oubli.

Si le bonheur des aborigènes était l’objet d’une sollicitude si profonde de la part de plusieurs personnes, celui des Français n’ocoupait pas moins l’attention de ces bienfaitrices de l’humanité. Nous avons parlé de la fondation du collége des jésuites. L'Hôtel-Dieu, élevé pour les malades, et le couvent des ursulines, pour l'éducation des jeunes filles, furent encore le fruit de cette générosité inépuisable à laquelle le Canada doit presque tous les grands établissements d'éducation et de bienfaisance qu'il possède. L’Hôtel-Dieu de Québec fut fondé en 1639 par la duchesse d’Aïguillon. Cette même année, une jeune veuve d’un rang distingué, madame de la Peltrie, eommençait le couvent des ursulines et venait s’y renfermer elle-même pour le reste de ses jours. Les religieuses des deux communautés arrivèrent à Québec sur le même navire. ‘ Le jour de l’arrivée, dit un auteur, fut pour toute la ville un jour de fête; les travaux cessèrent et les boutiques furent fermées. Le gouverneur reçut ces héroïnes sur le rivage, à la tête de ses troupes et au bruit du canon ; après les premiers compliments, il les mena à l’église au milieu des acclamations du peuple; et le Te Deum fut chanté, en action de grâces du double bienfait que Dieu faisait au Canada.” *

L’hospice fut d’abord placé à Sillery ; mais la crainte des Iroquois le fit transporter à Québec en 1644.

Ces fondations pieuses, qui font encore l’honneur du pays, s’élevaient dans le fracas des armes et les inquiétudes que causait l'alternative de succès et des revers.

Nous avons vu comment s'était terminée la négociation de la paix aux Trois-Rivières, dans laquelle les Iroquois avzient été démasqués, mais non intimidés. Dès lors les embarras de M. de Montmagny n'avaient fait qu'augmenter. Les colons, qui ne commencèrent à semer du bled qu’en 1644, parce qu’ils croyaient le climat trop froid pour cette plante, ne ramassaient pas encore assez de céréales sur leurs terres pour se nourrir toute l’annéc; de sorte qu’il fallait que le gouverneur pourvût en même temps à la subsistance et à la sûreté des colons. A

* Les Servantes de Dieu en Canada, par M. de Laroche-Héron,

cette époque tout le monde était armé, et le laboureur ne s’aventurait plus dans les champs sans son fusil.f Les Iroquois se glissaient furtivement jusque dans le voisinage de Québec, eë semaient l’alarme sur les rives du Saint-Laurent. Leur audace croissait avec le succès ou plutôt l'impunité de leurs entreprises. Il devint nécessaire de prendre quelque mesure énergique pour mettre un frein à leurs courses, et comme préliminaire l’on résolut, pour leur barrer le chemin, de bâtir un fort à l'embouchure de la rivière Richelieu, par laquelle ils s’introduisaient dans le pays. Mais ils réunirent leurs efforts pour empêcher la construction de cet ouvrage, et fondirent à l’improviste, au nombre de 700 guerriers, sur les travailleurs, qui les repoussèrent.

Pour se venger, ils se jetèrent avee plus de fureur que jamais sur les Hurons, sur lesquels ils prenaient tous les jours une supériorité décidée, que l'usage des armes à feu vint encore accroître, Les Hollandais de la Nouvelle-Belgique, aujourd’hui Nouvelle-York, avaient commencé à leur vendre des fusils, de la poudre et des balles, malgré les représentations que M. de Montmagny avait faites à leur gouverneur, qui s’était contenté de répondre en termes vagues, mais polis, sans changer de conduite.* On le soupçonnait depuis longtemps d’exciter secrètement les cantons, quoique les deux gouvernements fussent en paix.

Cependant les Hurons n'étaient plus que l’ombre d’euxmêmes. Le fer et la flamme désolaient leurs frontières, dont le cercle se rapetissait chaque jour, et ils n’osaient remuer de peur d’augmenter la furenr de leurs ennemis qui voulaient, disaient-ils, ne faire avec eux qu’un seul peuple et qu’une seule terre. En 1644, les Iroquois disposèrent leur plan sur une plus grande échelle que de coutume, avec un art stratégique qu’on est surpris de trouver chez ces barbares. Divisés en dix bandes, ils enveloppèrent toute la colonie comme dans un immense réseau, et au printemps ils firent irruption sur tous les points à la fois. Ils prenaient, dit le P. Jér. Lalemant, des positions telles, qu’ils pouvaient voir l'ennemi de quatre à cinq

en

e A A Q , . | lation lieues sans être aperçus eux-mêmes, et ils n’attaquaient que la No . . LS (44 0 quand ils étaient les plus forts, A gnies + Le P. Vimont, 1642-44. 4 graph

*# Relation des jésuites et lettre du P. Jogues, prisonnier des Iroquois.

À qi N'ARE

bs [

1vVeii” is 86 GC, Eù idace rises.

pour on réchure ans le consombre Ve jamais ‘s une encore ujourfusils, ue M.

it conhanger exciter s fus-

d’euxs, dont uer de ilaient, e seule r une égique en dix n imous les nt, des à cinq mt que

quois.

Page 1