PRES NET
Les deux premières bandes furent placées au portage des Chaudières, la troisième resta au pied du Long-Saut, la quatrième fut envoyée au-dessus de Montréal ; cinq autres corps se partagèrent l’île même de Montréal, la Rivière-des-Prairies, le lac Saint-Pierre, le voisinage des Trois-Rivières et du fort Richelieu; enfin la dixième bande était destinée à entrer dans le pays des Hurons et à y porter partout le fer et la flamme.
La cinquième bande, composée de quatre-vingts guerriers, ne fut pas heureuse, Après être restée trois jours en embuscade devant Montréal, dans l’espérance de surprendre les Français, elle fut découverte et poursuivie par la garnison qui la dispersa. Elle perditquelques hommes qui furent tués ou faits prisonniers. Les Algonquins, qui avaient pris ceux-ci, les brûlèrent vifs quatre ‘ours après. C’est dans l’embuscade dressée par la “ouvièr 8 bande dans le voisinage du lac Saint-Pierre, à six
ces des Trois-Rivières, que tomba le P. Bressani, jésuite it«l en, qui était en Canada depuis deux ans, et qui partait :vur les missions huronnes.*
Le gouverneur repoussa cette bande devant le fort Richelieu ; mais ne pouvant, faute de troupes, protéger partout la colonie t ses alliés, ni atteindre l’ennemi qui voltigeait sans cesse, il su1gea à ouvrir une nouvelle négociation, afin de conclure avec lui une paix solide et durable, en employant pour cela l'influence que lui donnait la supériorité du génie européen, influence à laquelle les Iroquois mêmes ne pouvaient entièrement se soustraire. S’étant aperçu qu'ils avaient besoin de repos, il relâcha un prisonnier et le chargea d’aller dire aux cantons, que s’ils voulaient sauver la vie aux autres Captifs, il fallait qu’ils envoyassent sans délai des ambassadeurs avec pleins pouvoirs de conclure la paix. Cette menace eut l'effet désiré. Des ambassadeurs arrivèrent et signèrent un traité définitif aux Trois-Rivières, dans une
* Plusieurs de ses compagnons furent tués ou torturés. Lui-même fut cruellement battu à coups de bâtons et allait être brûlé vif, lorsqu'il fut sauvé presque miraculeusement par une femme, qui le fitremettre par son fils aux Hollandais pour une rançon, au bout de quatre mois de captivité. Relation abrégée de quelques missions des PP. de la compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France, par le P. Frangçois-Joseph Bressani, de la même compa-
gnie; (1653), traduite de l'italien et augmentée d’un avant-propos et de la biographie de l'auteur, par le R, P. Martin.