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cuits 1
Suivant ses instructions, Talon entourait le clergé de respect ; mais il traçait en même temps les bornes qui ne devaient pas être dépassées par les ecclésiastiques. La paix, rétablie au dedans et au dehors, lui permit de travailler avec ardeur au progrès de la colonie. Il écrivit au ministre que bien que la population du Canada fût de différentes provinces de France, dont les humeurs ne sympathisaient pas toujours’ ensemble, elle lui avait paru assez unie. Il demanda des lettres de noblesse pour MM. Godefroi, Denis, Lemoine et Amiot, quatre des habitants les plus considérables du pays. Mais il exigea trop des ministres en demandant des colons. Colbert lui-même lui répondit qu’il ne serait pas prudent de dépeupler la France pour peupler le Canada, que l’émigration devait être graduelle, et qu’il ne fallait pas y faire passer plus d'hommes que le pays défriché pouvait en nourrir. Talon, sans se décourager, ne cessa point de vanter les avantages qu’on pourrait retirer du pays, si l’on savait l’administrer. Il pensait que le Canada pourrait aider, par seu productions, à la subsistance des Antilles, et leur devenir un secours assuré si celui de France venait à leur manquer ; qu’il pourrait leur fournir, ainsi qu’à la France ellemême, du goudron, de la résine, de la farine, des légumes, du poisson, des bois et des huiles. I] fallait se faire céder la Nouvelle-York pour avoir deux débouchés à la mer.
“ À mesure, disait-il, que le Canada recevra des accroissements il pourra, par ses peuples, naturellement guerriers et disposés à toutes sortes de fatigues, soutenir la partie française de l'Amérique méridionale, si l’ancienne France se trouvait hors d'état de le faire, et cela d’autant plus aisément qu’il aura luimême des vaisseaux. Ce n’est pas tout: si son commerce et sa population augmentent, il tirera de la mère patrie tout ce qui pourra lui manquer, et par ses importations du royaume, il contribuera à l’accroissement du revenu du roi, et accommodera les producteurs français en achetant le surplus de leurs marchandises, Au contraire, si la Nouvelle-France n’est pas soutenue, elle tombera entre les mains des Anglais, des Hollandais ou des Suédois ; et l’avantage que l’on perdra, en perdant cette
colonie, n’est pas si peu considérable que la compagnie ne doive convenir que cette année il passe de la nouvelle en l’ancienne France pour près de cinq cent cinquante mille francs do