‹ Histoire du Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 41 sur 64 · HISTOIRE DU CAN4DA · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU CAN4DA

de Nantes. Le roi montrait avec un seeret nlaisu, dit nn aneur, sa puissance en humiliant le pape et en écrasant les nuguenots. Mme. de Maintenon, calviniste convertie, devenue secrètement son épouse, l’encourageait dans ce dessein, et lui suggéra ce moyen cruel, d'arracher les enfants à leurs parents pour les élever dans la foi catholique ; ce moyen qu’elle r’eût

jamais recommandé sans doute si elle eût été mère.

Les vexations, les confiscations, les galères, le supplice de la roue, le gibet, tout fut employé inutilement pour convertir les malheureux protestants. Ils ne songèrent plus qu'à échapper à la maia qui s’appesantissait sur eux : on eut beau leur défendre de quitter le royaume et punir des galères ceux qui trempaient dans leur évasion, deux cents mille huguenots, d’autres disent cinq cents mille,* s’enfuirent en Hollande, er Allemagne, en Angleterre et &Gans les colonies américaines, où ils portèrent leurs richesses, leur industrie, et, après une pareille séparation, des ressentiments et une soif de vengeance qui coûtèrent cher à leur patrie. Guillaume III chargea plus d'une fois les troupes françaises à la tête de régiments français, et l’on vit des régiments catholiques et huguenots, en se reconnaissant sur le champ de bataille, s’élancer les uns contre les autres à la baïonnette, avec une furie que ne montrent point les soldats de deux nations différentes. De quel avantage n’eût pas été une émigration faite en masse et composée d'hommes riches, éclairés et laborieux, pour peupler les bords du Saint-Laurent ou les fertiles plaines de l'Ouest? Du moins ils n'auraient pas porté à l’étranger le secret des arts ::: !a France, et nous ne serions pas, nous Canadiens-Français, reuuits à défendre pied à pied contre une race étrangère notre langue, nos lois et notre nationalité.

Louis XIV, qui perdait par sa faute un demi-million de ses sujets, ce monarque enfin qui domninait l’Europe, n'eut que deux cents soldats à envoyer à Québec pour protéger une contrée quatre fois plus vaste que la France, et qui embrassait la baie d'Hudson, l’Acadie, le Canada, une grande partie du Maine, du Vermont et de la Nouvelle-York, avec toute la vallée du Mississipi. Il put bien mander à M. de la Barre qu'il s'était adressé à l’Angleterre pour l’engager à empêcher ses colonies de violer les conditions de la paix qui subsistait entre les deux

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nations, et d’exciter les sauvages contre le Canada ; que le roi de la Grande-Bretagne avait donné des ordres très-précis au gouverneur de la Nouvelle-York, le colonel Dongan, d'entretenir la bonne intelligence avec les Français, et qu'il ne doutait point que ce gouverneur ne s’y conformât. Mais Dongan, qui voulait partager avec les Canadiens les avantages de la traite, n'eut garde de se conformer aux instructions de sa cour. Au contraire, il ne cessa point d’exciter les Iroquois, et il était parvenu à les décider à lever la hache contre les Miâmis et les Outaouais, lorsque, la nouvelle en étant parvenue à M. de le Barre, celui-ci leur dépêcha en toute hâte un homme sûr, qui arriva chez les Onnontagués la veille même du jour où ils allaient se mettre en marche.

L'envoyé fut bien reçu. Les Iroquois, qui n'avaient point l'intention de tenir leurs promesses, consentirent à tout ce que l'on voulut, et s'obligèrent même à envoyer des députés à Montréal dans le mois de juin suivant. Mais, dès le mois de mai, trois des cinq cantons armèrent huit cents hommes, qui tombèrent sur les Hurons, les Miâmis et les Outaouais ; et l’on eut bientôt après la nouvelle que les autres allaient, de leur côté, lancer leurs bandes sur Montréal même. Le gouverneur écrivit à Paris tout ce qui se passait. Il informa le ministre que Dongan se servait de transfuges français pour conduire ses négociations avec les Iroquois ; qu’il fallait se résoudre à abandonner le Canada, ou à faire un grand effort pour détruire les T'sonnonthouans et les Goyogouins, qui étaient les plus animés contre nous, et que pour cela un renfort de 400 hommes dé France serait nécessaire de bonne heure le printemps suivar:. Mais tandis qu’il faisait ainsi à la cour des instances qui respiraient la guerre, ses démarches auprès des sauvages, dont il méconnaissait entièrement le caractère, faisaient supposer qu'il redoutait par-dessus toute chose la reprise des armes. Il ignorait qu’en recherchant avec trop d'ardeur leur amitié, il ne faisait qu'accroître leur orgueil et s’attirer leur mépris. Les délégués, qu'i:s devaient envoyer dans le mois de juin, ne paraissant pas, il fit inviter les cantons à venir dégager leur parole à Montréal. Ils répondirent, en faisant les surpris, qu'ils ne se souvenaient point d’avoir donné cette parole, et que si l’on avait

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quelque chose à leur communiquer, on pouvait bien prendre Ia peine de venir les trouver chez eux.

De son côté, pour s'attacher les cantons plus étroitement, la Nouvelle-York leur donnait, par un stratagème commercial bien connu, ses marchandises à perte, dans le dessein de ruiner les traitants français, ou de les rendre odieux, en disant qu'ils ne cherchaïent qu’à dépouiller les sauvages de leurs pelleteries. On sut aussi qu’elle les excitait à exterminer toutes les tribus avec lesquelles le Canada faisait quelque négoce, et que les cantons se préparaient à faire une guerre à mort aux Français. La cupidité armait tout le monde, et deux nations européennes et hostiles venaient en concurrence commerciale, la pire de toutes, sous les huttes de ces barbares, qui ne demandaient qu’à combattre, et qui offraient par leur barbarie même plus de facilité à devenir d’aveugles instruments. Au reste, pour contre-balancer l'influence anglaise d’une manière efficace, la France n'avait autre chose à faire qu’à mettre ses marchands en état d'acheter aussi cher et de vendre à aussi bas prix que leurs adversaires ; maïs c’est à quoi elle ne songeait pas.

Quoiqu’ils fussent entraînés par leur amour de la guerre, tentés par leur intérêt et excités par les promesses, les louanges, les menaces mêmes de la Nouvelle-York, il y avait des instants où les Iroquois craignaient beaucoup plus les Français qu’ils ne voulaient le faire paraître, et ils ne pouvaient s’empécher d'obs: ver à leur égard certaines mesures qui leur étaient inspirées par un reste de respert et de crainte. Ils envoyèrent des députés à Montréal pour renouveler leurs protestations d’amitié, conserver les apparences et gagner du temps en trompant le gouverneur sur leurs projets. ‘Tout le monde en était convaincu. Les missionnaires et ceux qui connaissaient ces sauvages, avertissaient M. de la Barre de se tenir sur ses gardes ; ue les Troquois s'étaient même approchés du fort de Cataracoui, pour le surprendre si i’occasion s’en fût présentée : rien ne put faire sortir le gouverneur de ses illusions ; il reçut les députés iroquois le mieux qu’il put, leur fit mille caresses et les renvoya comblés de présents. Cette conduite paraissait d'autant plus étrange, qu’ells était en contradiction, comme on vient de le

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dire, aveo tout ce qu'il pensait et écrivait lui-même aux ministres à Paris.

La Barre, qui paraissait si hostile au monopole qu'il ne semblait s'être emparé des forts Fron’enac et Saint-Louis que pour plaire aux partisans de la traite libre, ne travaillait cependant que pour lui-même et le commerce qui se faisait à son compte. L'amour des spéculations n’était compensé chez lui par aucune des qualités nécessaires au chef d’un gouvernement au début d’une guerre, et l’on va voir quelle fut la conséquence de sa conduite.

Les Iroquois levèrent enfin tout à fait le masque, et il n’y eut plus qu'un cri dans la colonie contre M. de la Barre. Les moins violents disaient que son grand âge le rendait crédule lorsqu'il fallait se défier, timide lorsqu'il fallait entreprendre, ombrageux et défiant à l'égard de ceux qui méritaient sa confiance. L’intendant écrivait à Paris que le peuple était mécontent des lenteurs qu’on mettait dans les préparatifs militaires ; que sans lui il aurait pu y avoir quelque sédition sérieuse ; quo si les motifs du peuple étaient bons, il était aussi très-important de ne point lui laisser la liberté de dire son sentiment, etc.

Les Iroquois s'étaient mis en campagne et 700 canots étaient partis pour s'emparer du fort Saint-Louis, où M. de Baugy, lieutenant des gardes du gouverneur, commandait depuis que celui-ci avait fait retirer ce poste des mains de La Sale. Cette attaque fut repoussée. M. de la Barre devait, dans les circonstances où il se trouvait, frapper fort et surtout frapper vite, car on disait que les ennemis avaient envoyé jusque chez les sauvages de la Virginie pour renouveler la paix avec eux, afin de n'avoir rien à craindre pour leurs derrières. Il feignit un moment de vouloir agir avec vigueur, et il partit même pour Montréal ; mais bientôt, à ses démarches et à son indécision, personne ne crut qu'il voulût sérieusement combattre, quoique les hostilités eussent été décidées dans une assemblée générale de la colonie. Sous prétexte qu’il avait peu de secours à attendre de France, il voulut engager ses alliés à joindre leurs forces aux siennes. C'était annoncer un nouveau délai. La Durantaye et Du Luth, chargés de la négociation, eurent beaucoup de

peine à décider les tribus des lacs à prendre part à une attaque combinée ; et ils n'y auraient pout-être pas réussi sans Perrot,

dont l'influence sur ces peuples fit triompher les raisons d'ailleurs plausibles qui leur furent présentées. La Durantaye partit du re Michigan avec deux cents Canadiens et cinq cents guerriers hurons, outaouais, outagamis, etc., pour Niagara, où devait se

trouver le gouverneur avec les troupes venues de Québec et de |

Montréal. On peut juger du mécontentement de toutes ces peu-

plades, qui n'avaient marché qu’à contre-cœur, lorsque, loin de

trouver M. de la Barre au rendez-vous, elles apprirent quelques (

jours après que la paix était faite avec les Iroquois. Elles (

s’en retournèrent le cœur plein d’un dépit qu’elles ne cachaient I

guère, malgré les assurances qu’elles reçurent que le traité leur ]

Mi eg était favorable. I

Les troupes avaient eu l’ordre de se rassembler à Montréal, où, 8

comme on l’a dit, s'était rendu M. de la Barre; mais ce gou- r

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nage des cantons, afin de fondre, après avoir rallié ses auxiliaires, c

sur les Iroquois avec toutes ses forces réunies, s'était amusé à

correspondre avec Je colonel Dongan pour lui demander de se

De ve joindre à lui. Sans s'occuper beaucoup des injonctions con-

| :404is traires du duc d’York, Dongan faisait alors tous ses efforts

dat pour faire échouer la campagne du gouverneur français. Il

{ Li offrit aux Iroquois des secours considérables ; mais ils les refu-

V sèrent, parce qu’il voulut y mettre des conditions qui choquèrent

Ve | 2 l’orgueil de plusieurs des cantons, et ils rompirent la négocia-

(Le | tion. Se voyant alors incapables de tenir tête à l'orage, si les MAT forces du Canada étaient bien conduites, ils envoyèrent des amne ( bassadeurs à la rencontre de M. de la Barre pour traiter avec

lui. Les troupes françaises se composaient de 700 Canadiens, 130 soldats et 200 sauvages, outre les 700 hommes que La Durantaye amenait de l'Ouest. Le corps venu de Montréai avait passé dix ou douze jours à attendre le résultat de la proposition Here faite à Dongan ; il perdit encore deux semaines entières à Cata- | Wh __ racoui. Enfin, après tant de délais, il put traverser le lac. Tout | le Canada murmurait hautement contre cette lenteur, qui faillit devenir funeste à l'expédition. Les vivres se gâtèrent, causèrent dans l’armée des maladies mortelles,* et, pour comble de dis-

Auglais que des Iroquois depuis l’aunée 1682.

l'ailleurs partit du guerriers devait se bec et de | Ces peue, loin de quelques s. Elles cachaient raité leur

atréal, où, 4 ce gous le voisiuxiliaires, t amusé à 1der de se tions conses efforts nçais. Il s les refuhoquèrent a négociaage, si les nt des amaiter avec janadiens, ue La Dutréai avait proposition res à Catalac Tout , qui faillit , causèrent ble de dises troupes

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à battre en retraite, lorsque les députés des cantons les rencontrèrent à quatre ou cinq lieues au-dessous de la rivière Oswégo, dans une anse qui a porté depuis le nom de la Famine. Le gouverneur ne put cacher sa joie en voyant arriver ces ambassadeurs, qui virent bien, à l’aspect des Français, que les rôles étaient changés, et qu’au lieu de solliciter humblement la paix, ils devaient parler en vainqueurs. Ils refusèrent hardiment de comprendre les Illinois dans le traité, et allèrent jusqu'à dire qu'ils ne poseraient les armes que lorsque l’un des deux partis, les Iroquuis ou les Illinois, aurait détruit l’autre. M. de la Barre se contenta de leur faire observer qu’ils prissent garde du moins, en voulant frapper les Illinois, que la hache ne tombât sur les Français qui demeuraient avec eux, réponse peu noble qui rappelle celle que Pitt fit dans la chambre des communes à l’occasion du désastre de Quiberon, et qui lui attira cette belle exclamation de Fox : ‘“ Non, le sang anglais n’a pas coulé, mais l'honneur anglais a coulé par tous les pores !”

La paix fut conclue à la seule condition que les Tsonnonthouans indemniseraient les traitants français qu'ils avaient pillés en allant faire la guerre aux illinois. M. de la Barre, que les jésuites fixés dans les cantons, surtout le P. Jean de Lamberville, confirmaient dans son opposition à la guerre, promit de son côté de se retirer dès le lendemain avec ses forces. Il partit lui-même sur-le-champ, après avoir donné ses ordres pour l’exécution de ce dernier article. Ainsi échoua, par la lenteur et la pusillanimité du général, une expédition qui aurait eu des résultats bien différents si elle eût été bien conduite. Les cinq nations eurent la gloire de repousser avec mépris les propositions avilissantes des Anglais, et de signer avec le gouverneur du Canada, lorsque son armée était à leurs portes, un traité déshonorant pour les Français.

A peine M. de la Barre fut-il arrivé à Québec, qu’un renfort de soldats, venant de France, entra dans le port. Quoique la paix eût été conclue, ce secours ne fut pas regardé comme inutile, parce que l’on comptait peu sur la durée de la tranquillité. Tout le monde pensait qu'il était de l'intérêt de la colonie de défendre, à quelque prix que ce fût, les Illinois, abandonnés à la vengeance de leurs ennemis victorieux, et qu’il fallait être préparé à la guerre, parce que ce peuple pouvait être at-

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taqué d’un moment à l’autre. Cette nécessité n'avait pas échappé à la perspicacité des Iroquois eux-mêmes, qui se tenaient prêts à recommencer les hostilités.

Les jésuites en mission chez eux, mandaient que les T'sonnonthouans n'étaient pas sortis de leur canton de peur de surprise ; qu'ils se plaignaient d’avoir été attaqués par les Mascontins et les Miâmis, fiers de notre protection ; que tous les Iroquois avaient resserré leur alliance ensemble ; que les Mahingans lenr avaient promis un secours de douze cents hommes, et les Anglais, un secours plus considérable encore avec toutes sortes d'armes et de munitions ; que les cantons avaient déjà attaqué les Miâmis ; que les "l'sonnonthouans refusaient, sous divers prétextes, de livrer les mille peaux de castors, première partie de l'indemnité qu'ils devaient payer d'après le traité ; enfin, qu’ils prétextaient encore plusieurs autres raisons pour ne pas envoyer de députés à Québec régler les points restés en suspens entre les deux nations.

Le gouverneur avait depuis quelques jours entre les mains ces lettres, qui lui démontraient la fragilité du traité de l’anse de la Famine, lorsqu'un successeur lui arriva de France avec six cents hommes de troupes. La première nouvelle de ce qui s'était passé avait causé de l’étonnement aux ministres. L’intendant avait déjà écrit que le gouverneur avait fait la paix sans nécessité et au grand mécontentement des officiers et des soldats, qui ne cachaient point leur mépris pour leur général. Mais lorsque-les conditions du traité furent connues à Paris, elles furent aussitôt désavouées, et il fut résolu de révoquer M. de la Barre sur-le-champ pour sa paix honteuse, dit une dépêche, et pour l’abandon des Illinois.

M. de la Barre fut remplacé par le marquis de Denonville, colonel de dragons. Ce dernier personnage était un homme pieux, brave et distingué par ce sentiment exquis de l'honneur et de la politesse, que la noblesse française, encore si grande et si fière, regardait comme l’un de ses plus beaux attributs. Mais on verra que de fausses idées, une connaissance imparfaite du caractère des relations politiques entre les Français et les sauvages, surtout les cantons iroquois, lui firent commettre des actes qu'aucune justice ne pouvait excuser, et qui eurent les con-

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séquences qu'on doit toujours attendre d'une pareille conduite, c'est-à-dire une rétribution plus ou moins tardive.

M. de Denonville arriva en Canada, comme ses prédécesseurs, avec des instructions détaillées, dans lesquelles les ministres l’avertissaient que les divisions qui avaient régné jusque-là entre les gouverneurs et les intendants, avaient été préjudiciables ai bien public; qu'il devait tenir une conduite plus sage et plus modérée, et que, quant aux aborigènes, il fallait soutenir les Iilinois et les autres alliés abandonnés de M. de la Barre, et, par une conduite ferme et vigoureuse, abaisser l’orgueil des cinq nations et les forcer à faire la paix. Denonville s'occupa tout de suite de cette dernière partie de ses instructions, 11 ne resta que quelques jours à Québec, pour se reposer des fatigues d'une traversée très-orageuse, et partit pour Cataracoui, afin d’être plus près des cantons. Il chercha d’abord à persue der les Iroquois de la sincérité de ses dispositions pacifiques, et à les engager à ménager les Illinois, qui désiraient vivre en paix avec tout le monde ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir que, loin de le sraindre, les Iroquois ne mettaient plus de bornes à leur fierté et à leur insolence, et qu’il fallait les humilier pour les rendre plus traitables. Il vit aussi qu'il n’y avait plus de fond à faire sur aucun des alliés sauvages, à cause du décri dans lequel étaient tombés les Français. La dispersion des Canadiens les exposait aux attaques de l'ennemi, et, comme les seigneuries les plus peuplées n’avaient encore que trente ou quarante habitants, il était extrêmement difficile de resserrer les habitants pour les mettre à couvert de toute insulte. La situation ne laissait guère espérer de terminer la guerre en deux ans ; il fallait donc obtenir des renforts d'Europe pour pousser la guerre avec vigueur.

Il envoya ses observations à Paris. Il écrivit en même temps que les hostilités commises par les cantons contre les Illinois, étaient un motif suffisant pour reprendre les armes, mais qu’il fallait être prêt comme les Iroquois, qui l'étaient toujours; qu’il se persuadait chaque jour davantage qu'il fallait se défaire à tout prix de cette nation, ou la réduire à un tel degré de faiblesse qu’elle restât incapable de rien entreprendre contre les Français; car il était impossible d’espérer de l’avoir jamais pour amie tant que son intérêt commercial ja porterait

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