‹ Histoire du Canada [microforme] (volume 5)Chapitre 26 sur 56 · REDDITION DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

REDDITION DE QUÉBEC

Invasion du Canada.—Moyens défensifs qu’on adopte.—L’armée française se retranche à Beauport, en face de Québec.—Arrivée de la flotte ennemie.—Les troupes anglaises débarquent à l’île d'Orléans. — Manifeste du général Wolfe aux Canadiens.—Ce général, jugeant trop hasardeux d’attaquer le camp français, décide de bombarder la capitale et de ravager les campagnes.—La ville est incendiée.—Attaque des lignes françaises à Montmorency.—Wolfe repoussé, rentre accablé dans son camp et tombe malade.—Il tente vainement de se mettre en communication avec le général Amherst sur le lac Champlain.—Les autres généraux lui suggèrent de s’emparer des hauteurs d'Abraham par surprise afin de forcer les Français à sortir de leur camp.—Le général Montcalm envoie des troupes pour garder la rive gauche du $t.-Laurent depuis Québec jusqu’à Jacques Cartier.—Grand nombre de Canadiens, croyant le danger passé, quittent l’armée pour aller vaquer aux travaux des champs.—Du côté du lac Champlain M. de Bourlamarque fait sauter les forts Carillon et S£t.-Frédéric, et se replie à l’île aux Noix devant le général Amherst qui s’avance avec 12,000 hommes.—Le corps du général anglais Prideaux, opérant vers le lac Erié, prend le fort Niagara et force les Français à se retirer à la présentation au-dessous du lac Ontario.—Les Anglais surprennent les hauteurs d’Abraham le 13 septembre.—Première bataille qui s’y livre et défaite des Français.—Mort de Montcalm: capitulation de Québec.—Le général de Levis prend le commandement de l’armée et veut livrer une seconde bataille ; mais en apprenant la reddition de la ville il se retire à Jacques Cartier et s’y fortifie.—L’armée anglaise, renfermée dans Québec, fait ses préparatifs pour y yasser l’hiver.—Demande de secours en France pour reprendre cette vilie,

Tannis que le gouverneur et les généraux étaient à Montréal, Von reçut des dépêches de la France qui déterminèrent le départ de Montcalm pour Québec, où il arriva le 22 mai, suivi bientôt après de M. de Vaudreuil et du chevalier de Levis. Les navires d'Europe confirmaient le rapport qu’une flotte anglaise était en

route pour cette capitale, qui devenait dès lors le principal ponit à défendre. Le 22 un courrier annonça l’apparition de cette flotte au Bic. Les événemens se précipitaient. L’on redoubla d'activité pour la défense. Afin de retarder l'approche de l’en. nemi, les bouées et autres indications servant à la navigation du St.-Laurent, furent enlevées, et l’on prépara des machines incendiaires, des brülots, pour lancer contre leurs vaisseaux lorsqu'ils paraîtraient en vue du port. L’on achemina aussi les vivres et les archives publiques sur les Trois-Rivières, réservant seulement dans Québec ce qu’il fallait pour nourrir l’armée et le peupie pendant un mois. On leva le peu de céréales qui restait dans les campagnes de la partie supérieure du pays, à l’aide de l’argent avancé par les officiers de l’armée, et on plaça à Montréal les magasins pour l’équipement des troupes. Enfin des marchandises furent achetées pour donner en présent aux tribus indiennes de Niagara et du Détroit, restées attachées à la France ou qui dissimulaient leur traité avec les Anglais, dans le but de les induire à garder au moins la neutralité.

Ces premiers points réglés, l’on s’occupa de l’organisation de l’armée et de la défense de Québec, dont la perte devait entraîner celle de tout le Canada. D'abord quant à cette ville elle-même, elle ne fut point jugée tenable ni même à l’abri d’un coup de main du côté de la campagne, où le rempart commencé, dépourvu de parapet, d’embrasures et de canons, n’avait que six à sept pieds de hauteur, et n’était protégé extérieurement par aucun fossé ni glacis ; et d'un commun accord, il fut décidé de la couvrir par un camp retranché où les troupes prendraient position.

Québec est bâti, comme on l’a dit ailleurs, à l’extrémité d’un promontoire qui se termine du côté opposé, au bout de 12 milles, par un escarpement dont le pied est baigné par la rivière du Cap-Rouge. A l’est et au sud de ce promontoire le St.-Laurent, large d’un mille au moins, roule des flots profonds ; au nord règne la belle vallée St.-Charles, qui forme un bassin de 3 à 4 milles de large en arrivant au fleuve et que chaque marée recouvre d’eau l’espace d’un petit mille du côté de Québec et de plus de 4 milles le long de Beauport et de la Canardière. A marée basse le cours d’eau qui descend dans cette vallée est guéable. Le promontoire très escarpé du côté du fleuve, et haut de 100 à 300

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