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mais Albéroni conspirait alors avec la duchesse du Maine contre le régent, et reçut cette proposition avec une hauteur insolente. Tout était préparé pour le succès de son projet: des troupes espagnoles devaient être jetées en Languedoc et en Bretagne, où existaient déjà des germes de révolte ; on s’emparerait du régent, qu’on renfermerait dans une forteresse ; on convoquerait les Etats-Généraux ; on obtiendrait l’annulation des traités de Londres et de La Haye; on ferait déclarer le duc d'Orléans déchu de son droit de succession à la couronne, et la régence serait déférée à Philippe V, qui se trouverait alors sur les premiers degrés d’un trône auquel il tenait bien plus qu’à la couronne que son aïeul Louis XIV avait placée sur sa tête. Le prince de Cellamare, ambassadeur d’Espagne, était l’agent accrédité de cette conspiration, dans laquelle la duchesse du Maine avait entraîné quelques grands seigneurs et beaucoup d’intrigans subalternes. Tout le secret de l’affaire fut découvert dans les papiers d’un abbé Porto-Carréro, qu’on arrêta sur la route d’Espagne, où il se rendait pour prendre les derniers ordres d’Albéroni.
Le régent dès qu’il fut instruit du complot montra la plus grande vigueur. Il fit arrêter l’ambassadeur de Philippe V ; il fit punir les complices de la duchesse du Maine, puis il déclara la guerre à l'Espagne qui se trouva avoir la France et l’Angleterre sur les bras, l'Angleterre comme signataire du traité de la quadruple alliance et parce qu’Albéroni avait cherché à y ranimer le parti du prétendant, le prince Charles, auquel il avait offert des secours. Les Espagnols furent partout malheureux ; ils furent battus sur mer par les Anglais, et sur terre par les troupes françaises qui envahirent leur pays, conduites par le maréchal de Berwick. Ils reçurent aussi des échecs en Amérique, où M. de Sérigny fut envoyé avec trois vaisseaux pour s'emparer de Pensacola que l’on trouvait trop rapproché de la Louisiane, et que d’ailleurs l’on convoitait depuis longtemps, parceque c'était le seul port qu’il y eût sur toute cette côte depuis le Mississipi jusqu’au canal de Bahamas. Don Jean Pierre Matamoras y commandait. Attaquée en 1719 du côté de terre par 700 Canadiens, Français et Sauvages, sous les ordres äe M. de Chateauguay, et du côté de la mer par M. de Sérigny, la place se rendit après quelque résistance. La garnison et une