‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 32 sur 76 · TRE · texte numérisé non relu

TRE

ter les entreprises les plus glorieuses qui aient signalé les armes françaises. ‘T'el était cependant le progrès des idées de Montcalm dans l’armée, que le gouverneur disait dans une lettre qu'il adressait aux ministres après la prise d'Oswégo, que s'il se fût arrêté à tous les propos inconsidérés qu'on tenait à ce sujet, il aurait été obligé de renoncer à une entreprise qui devait déranger si profondément tous les plans des généraux anglais. En effet Montcalm ne l’approuvait qu’à demi, et avait des doutes sur le succès ; il s’exprimait ainsi dans une dépêche : ‘ L'objet qui me fait passer à Frontenac, est un objet qui m'a paru assez militaire, si toutes les parties de détail sont assez bien combinées, et je pars sans en être ni assuré ni convaincu.” Au reste, Montcalm était effrayé par les obstacles naturels qu'offrait le pays. # On n’a, disait-il, d’autres chemins que des rivières remplies de sauts et de rapides, et des lacs que la violence des vagues rend souvent impraticables aux bateaux.”

Le fort Oswégo, bâti par les Anglais sur la rive droite du lac Ontario pour protéger leur commerce et les établissements qu'ils voulaient former entre l’Hudson et ce lac, acquérait en temps de guerre une double importance par sa situation. Il servait, d’un côté, à contenir les tribus iroquoises, et menaçait, de l’autre, les communications entre l’extrémité inférieure et l’extrémité supérieure du Canada, parce que les Anglais pouvaient de ce point attaquer le fort Frontenac et s'emparer du commandement du lac Ontario. Il était donc important de se rendre maître de cette position et deles rejeter dans la vallée de l'Hudson. C'est ce que le gouvernement français avait senti et ee que M. de Vaudreuil voulut exécuter,

Ce gouverneur avait si bien pris ses mesures qne l’armée surprit, pour aïnsi dire, les ennemis, qui, tenus en échec par nos détachements, n'avaient pu faire de reconnaissances au loin. Vaudreuil avait réuni 3,000 hommes à Carillon, et Montcalm s'y était rendu avec grand bruit pour attirer les regards des Anglais de ce côté. Tandis qu'ils croyaient encoré ce général, qu’ils redoutaient, sur le lac Champlain, Montcalm était revenu soudainement à Montréal ; et trois jours après, le 21 juillet, il repartait pour aller se mettre à la tête des troupes expéditionpaires réunies à Frontenac, sous les soins de M. de Bourlamarque. Un camp d'observation avait 6t6 formé par M. de Vil-

5 les armes

de Montlettre qu'il e s’il se fût sujet, il auait déranglais. En | doutes sur L'objet qui

assez misombinées, este, Montit le pays.

s remplies les vagues

roite du lac nents qu'ils n temps de rvait, d’un l’autre, les smité supéle ce point dement dn maître de on. C'est que M. de

armée surpar nos dés au loin.

ntcalm s’y Is des An- 2e général, ait revenu | juillet, il >xpéditionzourlamar- M. de Vil-

liers à Niaouré, à 15 lieues d'Oswégo. Le commandement en fut donné à M. Rigaud de Vaudreuil, frère du gouverneur, avec ordre de protéger d'abord le débarquement de l’armée sur la rive méridionale du lac, et ensuite d’en former l'avant-garde. Afin de ne pas éprouver d'obstacles de la part des Iroquois et d'avoir des otages pour répondre de la conduite de la confédération, une partie de leurs principaux guerriers avait été attirée à Montréal et une autre à Niagara. On avait en même temps placé deux barques de 12 à 17 canons en croisière devant Oswégo, et établi une chaîne d’éclaireurs entre ce fort et Albany pour intercepter les courriers.

Le général Montcalm arriva à Frontenao le 29 juillet. Le 4 août, s’embarqua la première partie de l'expédition, forte de deux bataillons et de 4 bouches à feu ; elle atteignit Niaouré le 6. La seconde division y arriva le 8; elle était formée d’un bataillon de réguliers et d’un corps de Canadiens, avec plus de 80 bateaux, chargés d'artillerie, de bagages et de vivres. Ces troupes réunies formaient environ 3,100 hommes, dont 1350 réguliers, 1500 Canadiens et soldats de la colonie et 250 sauvages.* Pour dérober sa marche, l’armée cheminait de nuit seulement, et se retirait le jour dans les bois du rivage, en couvrant de feuillages épais los bateaux qui servaient à :: transporter. Elle parvint ainsi le 10, sans être découverte, dans une anse, à une demi-lieue de le place, et, le lendemain, l'avant-garde alla investir le fort Ontario.

Les ouvrages défensifs d'Oswégo consistaient en trois forts ; le fort Oswégo proprement dit, dont les remparts étaient garnis de 18 pièces de canon et de 15 mortiers on obusiers ; le fort Ontario, élevé tout récemment au milieu d’un plateau, dans l’angle formé par le lac et la rivière qui avait donné son nom au fort principal, et enfin le fort George, situé sur une hauteur à 300 toises do celui d’Oswégo, qu'il dominait ; le fort George n'était qu’un mauvais retranchement en terre gurni de pieux ; il était défendu par quelques pièces de canon. Ces diverses fortifications avaient une garnison de seize à dix-sept cents hommes des régiments de Shirley, de Pepperell et de Schuyler, noms

* Les auteurs américains disent 6,000. Nous donnons les chiffres oficiels.

Page 1