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les efforts des Anglais, envoya pour la seconde fois une grande ambassade à Montréal, afin de renouveler ses protestations d’amitié ; on ia reçut en présence des députés des Nipissings, des Algonquins, des Poutouatamis et des Outaouais. Ces démonstrations étaient importantes parce qu'elles tranquillisaient les esprits sur la sûreté des frontières, qui, du reste, avaient été peu troublées depuis le commencement de la guerre.
Les secours en hommes que le gouverneur avait demandés de France, et que, par de nouvelles dépêches, il avait prié de porter à 5,000 hommes, à cause des préparatifs des Anglais, n’arrivèrent en Canada qu’en petit nombre et fort tard. Le 11 juillet, on n'avait encore reçu que 600 soldats et très-peu de vivres. Il ne débarqua à Québec dans tout le cours de l'été qu'environ 1500 hommes. Ces délais nuisirent aux opérations, Après avoir envoyé 400 hommes au secours du fort Duquesne, pour lequel il avait quelque crainte, M. de Vaudreuil fit acheminer, dès que la saison le permit, des troupes pour garnir la frontière du lac Champlain. M. de Bourlamarque réunit 2,000 hommes à Carillon. Un bataillon fut placé à Saint-Jean; un second, à Chambly ; deux autres gardaient Québec et Montréal, Les Canadiens étaient occupés aux travaux des champs. Sur ces entrefaites, la nouvelle du départ de lord Loudoun de New- York pour Louisbourg, engagea les chefs à profiter de l'absence d’une partie des forces de l'ennemi pour attaquer William- Henri, dont la situation mettait les Anglais à une petite jouruée de Carillon, tout en leur donnant le commandement du lac Saint-Sacrement et les moyens de tomber sur nous à l’improviste. Pour se débarrasser d’un voisinage aussi dangereux, il fallait les rejeter sur l’Hudson; il fut réselu d'exécuter ce projet sur-le-champ, et sans attendre les renforts et les vivres demandés d'Europe.
A l'appel du gouverneur les Canadiens fournirent des soldats et des provisions; ils sentaient eux-mêmes toute l'utilité de cette entreprise. Ils donnèrent les petites réserves qu’ils avaient faites pour leurs familles, et se réduisirent à vivre de maïs et de légumes. ‘“ On ne trouverait chez eux, écrivit le gouverneur à la cour, ni farine, ni lard; ils se sont exécutés avec autant de générosité que de zèle pour le service du roi.” On travailla sans bruit aux préparatifs, et toute l'artillerie était
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rendue à Carillon à la fin de juillet, En très-peu de temps l'armée destinée à l’expédition fut réunie. Elle consistait en 3,000 réguliers, un peu plus de 3,000 Canadiens, et 16 à 1800 sauvages de 32 tribus différentes, en tout 7,600 hommes. Les succès des bandes qui tenaient la campagne, étaient d’un bon augure. Le lieutenant Marin avait fait des prisonniers et levé des chevelures jusque sous le fort Édouard. Rigaud, avec un détachement de 400 hommes, avait rencontré sur le lao Saint- Sacrement le colonel Parker, qui le descendait avec 22 berges
et 350 à 400 Américains pour faire une reconnaissance ; il
l'avait attaqué, lui avait pris ou coulé à fond 20 berges, tué ou noyé 160 hommes, et enlevé un pareil nombre de prisonniers et 5officiers. Après ces préludes, le général Montcalm donna le signal du départ.
L'avant-garde, composée de grenadiers, de trois brigades cavadiennes et de 600 sauvages, forms it 2,800 hommes, aux ordres du chevalier de Lévis, s’ébranla le 30 juillet ; elle prit la route de terre et remonta la rive droite du lac Saint-Sacrement, pour protéger la marche et le débarquement du reste du corps expéditionnaire, qui suivait par eau avec le matériel de siége.
Le 2 août au soir, le général Montcalm débarqua avec ses troupes, dans une petite baie, à une lieue de William-Henri. L’artillerie arriva le lendemain matin. Le chevalier de Lévis prit le chemin du fort Édouard, afin de reconnaître la position des ennemis et d’intercepter leurs secours ; le reste de l’armée, marchant sur trois colonnes, s’avança par les montagnes. La garnison de la place, qui n’était que de 1500 hommes, avait reçu la veille un renfort de 1200 soldats. Les troupes françaises défilèrent par derrière le fort, et, en l'investissant, ainsi que le camp retranché placé sous ses murs et trop fort pour être abordé l'épée à la main, elles appuyèrent leur gauche au lac, à l’endroit où est aujourd’hui Caldwell et où devait débarquer l’artillerie, et leur droite sur les hauteurs, du côté du chemin du fort Édouard; elles échelonnèrent des éclaireurs sur cette route pour être instruites à temps des mouvements du général Webb, qui était à cinq ou six lieues avec 4,000 hommes.
Le colonel Bourlamarque fut chargé de la direction du siégo. Le colonel Monroe commandait le fort.
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