A 8366 HISTOIRE DU CANADA
L'armée assiégeante leva le camp dans la nuit du 1€ en 17 mui, après avoir jeté en bas de la falaise du Foujon une partie de l'artillerie de siége, qu’elle ne pouvait emporter. Xe ne {nt point poursuivie dans sa retraite. Ainsi finit cette conrie, mais audacieuse campagne, qui, à proportion du nombre des combattants, avait coûté tant de travaux et tant de sang ; elle
dans les bureaux du ministère de la marine, où il s’oceupa de la rédaction d'un mémoire pour réhabiliter la vie et les travaux de son père. Une circonstance toute fortuite vint assurer le succès de ses pieuses démarches.
“ En 1775, la reine Marie-Antoinette assista à la première communion des jeunes filles de la commune de Meudon, et, après la cérémonie, l’une d’entre elles, désignée par ses compagnes, lui présenta un magnifique bouquet de roses blanches, et lui récita un complimert rédigé d'avance pour la remercier de l'honneur qu'elle daignait faire au pays.
“ La jeune fille chargée de cette démarche était Mile. Elisabeth Vauquelia, alors âgée de 13 ant, et qui habitait l'été chez une de ses tantes à Meudon. Elle plut beaucoup à la reine, qui, après l'avoir embrassée, lui demanda ce qu'elle pouvait faire pour elle.
“ La jeune fille, sans se déconcerter, et les larmes aux yeux, lui répondit: “ Jose demander à Votre Majesté qu'elle fasse rendre justice à la mémoire de mon grand-père.”
“ Le noble cœur de la reine fut touché de cette réponse. Ll'e embrassa de nouveau Mlle. Vauquelin et lui promit de s'occuper de s& demande, Elle tint parole. Le jour même, elle parla au roi de ce qui venait de se passer. Le roi Louis XVI, toujours bon et juste, ordonna à 31. de Sartines, alors ministre de la marine, de faire une enquête sur Jean Vaxauelin et de lui en fuire connaître le résultat.
“ Cette enquête eut lieu immédiatement. Parmi les témoins entendus se trouvent Lapeyrouse, le marqnis de Vaudreuil et les membres de la famille du marquis de Montealm, le héros du Canada. Elle fut complétement favorable à la mémoire de Vs: ;1etin. Elle établit les glorieux services qu'il avait rendus à l4 marine ei : :u France, et l'injustice des accusations dont, vers la fin de sa vie, il avait été l’objet.
“ Le roi Louis XVI se fit présenter son fils, et, lui annonçant ce résultat, lui dit qu’il se souviendruit des services de son nère. Vauquelin lui remit un exemplaire de son mémoire sur la géographie de l’Afrique. Quelques mois après, le roi lui confia une mission très-difficile au Maroc, et il s’en acquitta de la manière la plus satisfaisante; en 1777, ayant résolu d'ouvrir des relations suivies avec l'extrême Orient, le roi le nomma son consul en Chine. M. Vauquelin obtint un exequatur de l’empereur Kien-Lang luimême, qui régnait alors, Ce fait depuis ne s’est jamais reproduit, M. Vauquelin a rendu de très-grands services et laissé de très-bons souvenirs n Chine.”?
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avait achevé d’épuiser les magasins de l’armée. De ce innment la cause française fut définitivement perdue.
Lévis, nepouvant plus tenir ses troupes réunies faute de vivres, les dispersa dans les campagnes pour leur subsistance. Il dissémina 1500 hommes depuis la Poïnte-aux-Trembles jusqu’à Jacques-Cartier, sous les ordres de M. Dumas, pour observer la sarnison de Québec. Telle était la situation du Canada du côté de la mer à la fin de juin.
A l’autre extrémité, rien d'important ne s'était encore passé. Dès le commencement d'avril, M. de Bougainville était allé à l'île aux Noix prendre le commandement de la frontière du lac Champlain ; et le capitaine Pouchot, fait prisonnier à Niagara et qui avait été échangé, avait remplacé au fort de Lévis M. Desandrouins, appelé à prendre part comme officier du génie à l'expédition de Québec. Après la levée du siége de Québec, 500 hommes furent envoyés sur la frontière du lac Champlain, et un pareil nombre, à la tête des rapides du Saint-Laurent, aux ordres du chevalier de la Corne. A cette date, les forces qui gardaient le territoire qui restait encore aux Français, étaient réparties comme suit : 8 à 900 hommes défendaient la tête des rapides du Saint-Laurent au-dessus de Montréal ; 1200 hommes, la frontière du lac Champlain, et 1500 surveillaient la garnison de Québec. Les autres Canadiens, voyant désormiais tout perdu, avait repris tristement le chemin de leurs foyers pour y disputer avec le soldat mourant de faim quelques lambeaux de nourriture. Décimés, ruinés par cette longue guerre, ils venaient de perdre leur dernière espérance en apprenant que non-seulement il ne leur arriverait aucun secours de France, mais que le trésor du royaume était incapable de payer les avances qu'ils avaient faites au gouvernement, et qu’en conséquence le payement des lettres de change tirées par le Canada était suspendu. Le gouverneur et l’intendant les informèrent de cette résolution par une circulaire, dans laquelle ils les assuraient que les lettres de change tirées en 1757 et en 1758, seraient payées trois mois après la paix avec intérêt ; que celles tirées en 1759 le seraient dans les dix-huit mois, et que les ordanances seraient acquittées aussitôt que les circonstances le permettraient. Cette nouvelle fut comme un coup de foudre pour ces malheureux, à qui l’on devait plus de 40,000,000 de
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