‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 57 sur 76 · RÉVOLUTION AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION AMÉRICAINE

Difficultés entre l’Angleterre et ses anciennes eolonies.—Divisions dans le parlement impérial à ce sujet.—Avènement de lord Northau ministère.— Troubles à Boston.—Mesures coercitives de la métropole, qui cherche à s’attacher le Canada par des concessions.—Pétitions opposées des Can adiens et des Anglais ; raison des délais pour décider entre les deux partis. —Acte de 1774, dit de Québec; débats dans la chambre des eommunes.— Congrès de Philadelphie ; il met l’acte de Québec au nombre de ses griefs.—Ses adresses à l'Angleterre et aux Canadiens.—Le général Carleton revient en Canada.—Sentiments des Canadiens sur la lutte qui se prépare.—Premières hostilités.—Surprise de Ticonderoga, de Crown-Point et de Saint-Jean.—Guerre civile.—Bataille de Bunker’s hill—Envahissement du Canada. —Montgomery et Arnold marchent sur Québec ; Montréal et les Trois-Rivières tombent en leur pouvoir.—Le gouverneur rentre ea fugitif dans la capitale, devant laquelle les insurgents mettent le siége.

Toures les colonies de l'Amérique septentrionale étaient alors en guerre ouverte avec l'Angleterre, et marchaient à grands pas vers la révolution qui devait assurer leur indépendance. Depuis celle de 1690, qui avait ope.$4 des changements si considérables dans leurs constitutions, l'Angleterre avait cherché sans cesse à restreindre leurs priviléges, surtout quant au commerce. Nous avons vu, dans une autre partie de cet ouvrage, quelle avait été la cause de ces changements, et quel était le caractère des habitants de ces colonies, unies de sentiments et de principes au parti républicain des temps de Cromwell. Il ne sera donc pas étonnant de les voir repousser, en 1775, les prétentions d’une métropole devenue toute monarchique.

Après avoir passé la loi de navigation, pour restreindre la marine des colonies, l'Angleterre avait défendu, en 1732, l’exportation des chapeaux et des tissus de laine d’une province à l’autre ; l’année suivante, l'importation du sucre, du rum et de la mélasse, à moins de droits exorbitants, et, en 1750, l'établissement d’usines de laminage et la coupe des pins et des sapins dans les forêts.

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Enfin elle voulait exercer une autorité absolue sur toutes ses colonies. ‘ C’est faire un étrange abus de son intelligence que de refuser de reconnaître ce droit,”’ disait un membre des communes, qui ajoutait que la trahison et la révolte étaient des fruits propres au sol du Nouveau-Monde. Les opinions avaient varié en Amérique sur ces importantes questions, suivant les temps et les circonstances. La Nouvelle-Angleterre, pour ne point paraître soumise à la Grande-Bretagne, lorsqu'elle acquiesçait à une loi du parlement impérial, imprimait à cette loi an caractère particulier en la promulguant comme si elle venait d’elle-même. Les autres provinces, inspirées par les mêmes sentiments, avaient toujours vu les prétentions métropolitaines avec aversion, et si elles s’y étaient soumises quelquefois, c’est parce qu’elles s’étaient crues trop faibles pour y résister; mais leur puissance augmentait tous les jours. Leur population, qui était de 262,000 âmes, vers 1700, s'élevait déjà à 3 1nillions en 1774. L’Angleterre, devenue seule maîtresse de l'Amérique du nord par le traité de 1763, se montra plus exigeante. Elle voulut tirer de ses possessions un revenu direct, qui l’aidât à payer l'intérêt de la dette nationale, que la guerre du Canada avait beaucoup augmentée, sans compter les deux millions et demi qu’elle avait coûtés aux «méricains. On avait déjà suggéré ce projet à Walpole, qui avait répondu : “J'ai contre moi toute la vieille Angleterre, voulez-vous encore que la jeune devienne mon ennemie ?”’ Le ministre Grenville, qui tenait plus à conserver sa place que son prédécesseur, proposa en parlement, contre sa propre opinion et pour complaire à George III, les résolutions qui devaient servir de base à la loi du timbre; elles furent adoptées sans opposition dans le mois de mars 1764.

l'outes les colonies protestèrent contre la prétention de les taxer. Les hommes austères du Massachusetts disaient que si l'Angleterre avait la liberté de taxer les colonies à son profit et à sa convenance, il en résulterait un système d’oppression qui deviendrait bientôt insupportable, car, une fois établi, il serait presque impossible de s’en délivrer, ou même de le modifier, ‘“ Nous ne sommes pas représentés dans le parlement anglais, disaient-ils : qui empêchera la chambre des communes de chercher à se soulager du poids des impôts en le faisant porter sur

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