‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 4 · À HISTOIRE DU CANADA · texte numérisé non relu

À HISTOIRE DU CANADA

nombre. Quarante Iroquois montent et surprennent six hommes qui scioient dans les bois, en tuent deux, emmènent le reste, et le lendemain les Hurons furent eux-mêmes taillés en pièces ; il ne s’en sauva que 30 qui furent reçus au Fort. Les Iroquois passèrent à la Prairie et ne purent emporter tout le castor. L’un des François se sauva et vint reprendre le castor abandonné, et passa la rivière sur un méchant canot.

En 1645 M. Laillebout, gentilhomme de Champagne, sa femme et sa belle-sœur, vinrent s’habituer icy. Le Roy Louis Treize donna un Navire de 250 tonneaux à la Compagnie, du Canon, etc. Madame de Bullion fait une donation de 2000 Ibs. de rente pour lV'Hospital, 12,000 Ibs. pour bastir, 2000 lbs. à Mlle. Manse pour faire des aumosnes, et on mit le tout entre les mains du procureur de la Compagnie. M. de Puiseaux se répent de sa donation ; on la luy rend. Madame de la Peltrie descend à Québec. M. de Maisonneuve, avec « ) hommes fait un combat contre les Iroquois et fait une belle retraite, faisant passer devant tout son monde, et, restant seul, il se battit contre le commandant des Iroquois et le tua d’un coup de pistolet. L’un de ses pistrlets ayant raté, le corps du défunt amusa les Iroquois, et donna lieu à la retraite : c’étoit dans les neiges, audessus de chez La Vigne.

En 1646 Made. de Bullion envoya 2000 livres, trois Chapelles. M. de la Barre, grand hypocrite, amena 60 hommes ; on bastit P'Hospital. Un Iroquois monte sur un arbre ; on plare par mégarde un corps de garde au pied : on fit une paix fourrée. Il fit achever le Fort, faire des boutiques ; les pieux estoient de deux brasses, et il y avoit quatre bastions.

M. de Maisonneuve repasse en France pour la mort de son père. Madame de Bullion met vingt mille livres en rente entre les mains de la Compagnie, et envoye deux mille livres à Madlle. Manse. M. Daillebout demeure Commandant en 1646. M. Lemoine qui avoit servy les Pères fut envoyé demeurer icy pour estre l’interprète ; en 1641, il vint de France.

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En 1647 M. de Maisonneuve revint, ayant trouvé son beaufrère assassiné, avec sa mère remariée. La guerre recommença. Les Iroquois brûlent le Richelieu, tuent les Algonquins et Hurons qui voulaient trahir les Français, les attirant hors du Fort.

M. de Maisonneuve pouvoit estre Gouverneur du Canada, mais il fit donner le Gouvernment à M. Daillebout, et le fit repasser en France.

En 1648 les Iroquois saccagent le pays des Hurons qui se firent Iroquois, et grossyrent leur party. Ils viennent à Montréal, font mille trahisons, demandent à parler de paix. Lemoine et Normanville sortent ; ils enveloppent Normanville. Lemoine couche en joue deux Iroquois qui estoient près de luy, ce qui fait ramener Normanville. On fit un Moulin, un Fort. Ils ne tuèrent qu’un seul homme, en blessèrent beaucoup.

M. Düaillebout vient Gouverneur. M. Gofré avoit légué 80,000 lbs. pour un Evesché : elles furent perdues pour n'avoir diligemment poursuivy l'affaire. On augmente la Garnison de six soldats, et les appointemens qui n’estoient que de 3,000 Ibs. sont augmentés de mille francs. Il se fit une grande Compagnie des Indes qui détruisit celle de Montréal.

En 1649 M. Daillebout envoya un camp volant de 40 hommes sous M. Demousseau son neveu. Le Père Rapin mourut. M. de la Doversière qui avoit tout ce que Madame de Bullion avoit donné à l’Hospital fait banqueroute. La Compagnie se dissippe. Mlle, Manse apprenant ces nouvelles, passe en France en 1650, pour rendre compte à Madame de Bullion. Les Hurons furent entièrement saccagez. Les Pères Lallemant et Brébeuf bruslés. Tous les Iroquois défiloient chez les François. De 3,500, il n’en resta que 600 qui furent icy, et quelques 500 qui rôdèrent en divers lieux vers le Lac Supérieur, toujours poursuivis, et enfin s’arrêtèrent chez les Kikapous. Mlle. Manse fait réunir les Messieurs de la Compagnie par acte dans le Chastelet. M. Ollier est fait Directeur.

Chicot, M. Boudart et sa femme sont attaqués par dix Hroquois ; Boudart estoit sauvé, mais entenlant la voix de sa femme, voulant la sauver, il se fit tuer pour la sauver, M. Lemoine, Archambault, et un autre, les voulant secourir, furent coupez par 49 Troquois et nssuyèrent leur décharge qui fut sans eflet ; ils s’enfuyrent dans l’'Hospital dont ils trouvèrent la porte ouverte, avec Mile. Manse seule, qui assurément auroit été prise et l'Hospital bruslé sans leur fuite, Chicot s’Ctoit caché ; ils le trouvèrent et le vouloient amener, mais il se défendit si fort qu’ils lui levèrent la chevelure ; ils bruslèrent cruellement la femme.

Quatre François furent attaqués le 18 Juin, et s’estant jettés dans une méchante redoute à la Pointe St. Charles, commencèrent à fusiller. Le nommé La Vigne qui estoit prosche, entendant le bruit, s’en va à travers les fredoches essuyant le feu des ennemis. Le combat recommença, M. Lemoine y accourut, et les ennemis perdirent 30 hommes ; une partie du reste fut blessé, deux des nostres tués et deux blessés.

En 1652 M. de Lauson fut Gouverneur à la place de M. Daillebout ; persécuta Lemoine, et retrancha mille livres à M. de Maisonnneuve que la Compagnie lui donnoit, dont il fut puny, en ce que les Iroquois prirent dans cette année le reste des Hurons réfugiés à l’Isle d'Orléans, tuèrent l’aisné et une partie de la famille du Sieur de Lauson ; le tout à la vue de Québec. Le Montréal étoit dans un grand péril. Mademoiselle Manse et M. de Maisonneuve convinrent qu’il repasseroit en France, et prendroit Îles 22,000 livres que Madame de Bullion avoit données pour un secours, à condition que l’Hospital auroit la moitié de la métairie de la Seigneurie, quoiqu’elle ne valut pas la dite somme, afin de sauver et l’Hospital et le Pais. Made. de Bullion approuva ce traité et donna encore 2,000 livres. M. de Maisonneuve laissa M. de Mousseau en sa place.

Le 14 Octobre 1653, des aboys de chiens font connoistre que les ennemis sont proches. M. Closse, Major, fut commandé avec 24

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M. de Lauson envoya, malgré luy, 10 hommes sans armes et sans vivres, dont lun estoit M. de St. Ange, La bonne femme Parmanda se défendit vaillammant ; elle eut trois coups de hache, et donna un souflet à un François. M. du Plessis fut tué avec quinze hommes ; il étoit Gouverneur des Trois-Rivières : il venoit de conduire Mademoiselle Manse.

M. de Maisonneuve demeura encore en France. M. de Lauson envoye une barque qui eut peur que le château ne fût rendu, et s’en retourna sans rien faire.

Les Trois-Rivières sont bloquées. Madlle. Manse estant à Québec, apprend que M. de Maisonneuve venoit avec 150 hommes. Le Père Poncet fut pris prosche Québec ; il laissa au lieu de sa prise un papier qui donna connoissance que les Trois-Rivières estoient investies ; quelques François qui le voulurent aller secourir ne l’ayant pu joindre, allèrent aux Trois-Rivières et se jettèrent dedans à la faveur de la nuit. Pendant que les Trois-Rivières estoient bloquées, les Hurons qui estoient à Montréal découvrirent un party d’Ircquois ; ils en donnèrent nouvelle aux François ; ils firent deux partys, et prirent les Jroquois pur devant et par derrière ; ils en tuèrent, et leur prirent quelques uns de leurs principaux Capitaines captifs. Le Capitaine des Hurons s’appelloit Kanontaga ; il descendit au Trois-Rivières, avertit les Iroquois de la prise de

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