DÉVELOPPEMENT DE LA COLONIE
SoMMAIRE :—Création du Conseil Supérieur.—Mgr. de Laval et M. de Mésy.—Le marquis de Tracy.—Régiment de Carignan. — Construction de forts. — Expédition contre les Agniers, — L’intendant Talon. — Progrès de la colonie: colonisation, agriculture, commerce, éducation. — Aventuriers de l’Ouest.—M. de Courcelles, gouverreur.—Sauvages domicihés. — M. de Frontenac, gouverneur.— Fondation de Cataracoui.— Découverte du Mississipi, — Cavelier de la Salle, — Québec érigé en évèché., — Rappel du comte de Frontenac.
Création du Conseil Supérieur. — Les pertes nombreuses de la compagrie des Cent-Associés et les incursions continuelles des Iroquois, la forcèrent à remettre entre les mains du roi les intérêts de la colonie (1663). Le nouveau gouverneur, M. de Mésy, choisi par Mgr de Laval, venait la même année, en
compagnie de l'évêque, et de M. Gaudais,l nommé commissaire.
1 M. Gaudais devait prendre possession de la Nouvelle-France au nom de sa Majesté royale, faire le recensement de la colonie et exiger de tous les habitants le serment de fidélité au ro:, rendre
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Gaudais, chargé d'organiser un conseil supérieur, l'établit, et s'acquitta de sa tâhe de manière à donner satisfaction même aux plus exigeants,
Des cours de justice, dépendantes du conseil, furent érigées à Québec, à Montréal et aux Trois-Rivières.
Mgr de Laval et M. de Mésy.— Le caractère impérieux de M. de Mésy ne put souffrir longtemps l'autorité dont jouissait Mgr de Laval et les marquer d'estime et de respect qu'on lui témoignait. Il destitua plusieurs membres du conseil qui n'entrèrent pas danse ses vues, à propos des dêmes,? considérées par lui comme ruineuses pour la colonie. L'évèque, sans lequel de Mésy ne pouvait rien faire, ne voulut pas ratifier cette mesure et lui fit cette réponse pleine de dignité : ‘“ Ni ma conscience, ni mon honneur, ni le respect et l'obéissance que je dois aux ordres du roi, ni ma fidélité à son service ne me permettent de le faire.” Cepen-
des ordonnances sur la police et la justice, s’enquérir des accusations que Peronne Dumesnul et autres mal intentiornés avaient portées contre plusieurs des principaux colons du pays. Gaudais s'acquitta de sa tâche avec droiture et équité, Ceux que Dumesnil avait accusés de cencussion et de dilapidation furent disculpés,
1 Le conseil supérieur se composait du gouverneur, de l'éveque, de l’intendant, du greffier en chef et de plusieurs conseillers choisis par le gouverneur et l'évêque. Ce conseil, investi de toute autorité, pouvait régler les affaires concernant la politique, la justice, la police, les finances, le commerce et l’industrie, et avait les mêmes droits que le parlement de Paris. En conséquence, il pouvait enregistrer les édits, ordonnänces et délibérations du roi, pour teur donner force de loi,
2 De Mésy trouva de l'opposition de la part de MM. Bouidon, Villeray et Dauteuil, qui se déclarèrent ouvertement en faveur de l'évêque.
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