‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 31 sur 61 · CONQUÊTE DU CANADA PAR LES ANGLAIS · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DU CANADA PAR LES ANGLAIS

SomMMAIRE : — Troisième invasion anglaise. — Evénements de l’ouest et du centre.—La flotte anglaise.—Bombardement et ravages—Bataille de Montmorency. — Bataille des Plaines d'Abraham.—Wolfe et Montcalm.—Capitulation de Québec, —Lévis.—Bataille de Sainte-Foye.—Capitulation de Montréal.

Troisième invasion anglaise.—Louisbourg étant détruit, Québec devint le point de mire. Le général Wolfe devait se diriger de l'île du Cap-Breton sur Québec, avec vingt vaisseaux de ligne, 11,000 hommes de débarquement et 18,000 marins. Amherst commandant 12,000 hommes, reçut l'ordre de descendre sur Montréal, parle lac Champlain et la rivière Richelieu, pour aller rejoindre Wolfe à Québec. Le général Prideaux devait prendre Niagara, puis, descendre le fleuve et aller réunir son armée aux deux autres.

Le Canada n'avait que 5,300 soldats et 15,000 miliciens à opposer aux 40,000 hommes de l'armée anglaise, soutenus par 20,000 soldats de réserve.

L'armée frauçaise disposa ainsi ses troupes : 300 hommes, sous les ordres du capitaine Pouchot furent envoyés à Niagara; Bourlamaque et 2,600 hommes se rendirent au lac Champlain ; Montcalm, Lévis et Bougainville, avec 14,000 hommes attendaient à Québec l’arrivée de Wolfe. L'enthousiasme était tel que l'on vit des enfants de douze ans et des vieillards de quatrevingts solliciter à genoux l'honneur de combattre pour le défense de la patrie.

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Evénements de l'Ouest et du Oentre.—Le général Prideaux arriva devant Magara le 6 juillet, Sur la deraande de Pouchot, eommandant du fort, toutes les garnisons des différents postes de l'Ohio se replièrent sur Niagara, qu'elles ne purent atteindre avant l'arrivée du général angiais. Le siège du fort fut poussé vigoureusement. Les Français, qui se battirent er désespérés, durent céder à la force. Une embuscade tendue aux 600 Français et aux 1,000 sauvages, venant des forts de l'Ohio, les extermiua presque tous. Le succès était complet de ce côté, pour les Anglais, qui, en s'emparant du fort Niagara, devenaient maîtres des lacs Erié et Ontario.

Les opérations du Centre étaient lentes: Amherst, qui avait consacré trois mois à faire d'inutiles fortifications, n'osa attaquer Bourlamaque, retranché à l’île aux Noix. L'inaction du général en chef a porté Bancroft à écrire cette phrase ironique : ‘““Amherst se fit un grand nom parce que la Nouvelle-France fut réduite pendant son commandement en chef, mais si Wolfe lui eût ressemblé, Québec n’eût pas succombé.”

La flotte anglaise.—La flotte de Wolfe se dirigea de Louisbourg sur Québec, où elle arriva le 17 juin. Le traître Denis de Vitré, connaissant très bien le fleuve, servait de pilote et conduisit les ennemis sans encombre. Wolfe afbarqua une partie deses troupes 4 l’île d'Orléans, en face des retranchements de Beauport, et fit occuper les hauteurs de Lévis, où il établit de puissantes batteries.

Bombardement et ravages.— Voyant que Montcalm restait immobile dans le camp de Beauport et

1 De Vitré, commandant de frégate française, avait été fait prisonnier par les Anglais.

qu'Amherst n'arrivait pas, Wolfe lança de ses batteries une pluie de feu sur Québec. Faute de poudre, la ville répondit faiblement. 400 maisons furent brûlées dans l'espace d’un mois. Québec devint comme un monceau de cendres et de ruines. Les campagnes furent ravagées. Dans l’île d'Orléans et sur les côtes voisines, on ne voyait plus une seule maison debout, niune personne vivante. Des femmes et des enfants étaient détenus comme prisonniers dans le camp. Les curés restés dans leurs paroisses, furent les premiers maltraités ; on hacha celui de Saint-Joachim à coups de sabre.

Bataille de Montmorency.—Wolfe se décida à déloger les Français retranchés sur la côte de Beauport. Le camp établi pour cette attaque était séparé de celui des Français par les profondsravins de Montmorency, et pourvu de batteries formidables. Wolfe qui voulut se porter au camp des Français par la voie des gués, gardés par les sauvages, fut obligé de rebrousser chemin, avec une perte de cent hommes. Le 31 juillet, pendant que de Lévis semblait battre en retraite, les grenadiers de Wolfe débouchaient sur la gauche du camp par les ravins de Montmorency, et tombzientsousles carabines des chasseurs canadiens, dont les décharges rapides et meurtrières les obligèrent à reculer. Wolfe ne put les rallier et se retira dans son camp, laissant morts au pied des redoutes de Montmorency 600 de ses plus braves soldats. C’est ainsi qu'échoua cette furieuse attaque de 6,000 Anglais soutenus par 118 pièces de canons.

Bataille des plaines d'Abraham.—Après la défaite de Montmorency, Wolfe conçut le hardi projet de débarquer une partie de ses troupes sur les plaines

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