VINGT-SIXIEME LEÇON. GUERRE DE LA RÉVOLUTION AMÉRICAINE
SomMatre :—Rébellion américaine.— Premier appel aux Canad'ens. — Invasion des Anglo-Américains. — Campagne de Montgomery et d'Arnold.—Attitude de Carleton.—Politique de Montgomery. —Attaque de Québec.—Serond appel aux Canadiens.—-Guerre offensive —Combat naval.— Anglais dans la Nouvelle-York.—Participation des puissances européennes à la lutte—Paix de Versailles.—Les Loyalistes ou Royalistes.
Rébellion américaine.—La guerre de Sept ans, en somme favorable à l'Angleterre, avait porté la dette de cette puissance à deux milliards et demi de francs. Pour la payer, le gouvernement anglais leva des droits sur le timbre,! qu'il remplaça ensuite par des impôts sur le verre, le plomb, le thé et le papier. Les colonies anglo-américaines, habituées à se taxer elles-mêmes protestèrent contre ces impôts.? Le gouvenement fit la sourde oreille à leurs représentations, et des émeutes s'ensuivirent. Les Bostonais, * plus ardents que les autres, brûlèrent les registres des douanes de la vice-amirauté, eb saccagèrent les bureaux des employés
> par les de la métropole. Malgré ces clameurs publiques, l’Anwe le gleterre maintint des droits sur le thé, comme signe de et ses
son pouvoir souverain. En dépit de cette mesure, des Anglo-Américains, travestis en Indiens, montèrent à j bord de trois vaisseaux amarrés au quai, et jetèrent à la mer 340 caisses de thé, sans toucher aux marchan-
dises exunorées (1773).
1 L'impôt du timbre obligeait les Américains à employer, dans les actes, un papier timbré à Londres (1765).
2 Pour justifier leur refus, les colonies, privées du droit d’être réprésentées au parlement d'Angleterre, s'appuyèrent sur une loi déclarant que : “nul citoyen n'est obligé de se soummettre à un Impou qui n’a pas été volé par ses représentants.”
La ville de Boston est située sur la baie du Massachusetts.
Premier appel aux Canadiens.—Pour punir cct acte de révolte, le gouvernement anglais fit fermer le port et occuper la ville par des troupes royales. Alors, un congrès général, composé des députés de toutes les colonies, à l'exception de la Géorgie et du Canada, s'assembia à Philadelphie! et tout en restant soumis à la couronne, protesta contre les actes du parlemént britannique (1775).Le congrès, dans une adresse pleine d’'astuce, fit appel aux Canadiens : “Saisissez, leur dit-il;d'occasion que la Providence elle-même vous présente ; osez être libres et joignez-vous à nous pour défier les tyrans.” . Dans ces circonstances difficiles, les Canadiens, guidés par le clergé, demeurèrent dans la neutralité.
Itvasions des Anglo-Américains.—Le congrès de Philadelphie, voyant que l'Angleterre voulait ‘employer la rigueur, publia la célèbre déclaration des - droits. Des enrôlements de patriotes eurent lieu. : Un riche planteur, qui s'était déjà signalé dans la guerre - de S6, ans, l'illustre Washington, fut'créé généralissi- ‘me des milices nationales. Le général américain, doué d’une audace tempérée par la prudence et la sagesse, dirigea le mouvement insurrectionel.. Deux corps ex- - péditionnaires furent chargés d'envahir le Canada: le premier, commandé par Montgomery, - marcha -sur Montréal, par le lac Champlain; ie second, dirigé par Arnold, s'avança sur Québec, par le Kénébec et la Chaudière.
1 Philadelphie (ville des frères amis), située sur la Delaware, fut fondée en 1681 par une colonieque Penn (Guillaume), de la : secte des Quakers, amena d'Angleterre dans ce pays, qui prit le - nom de Pensylvantie, de Penn,qui en fut le législateur.
4 Avant de devenir colonel, Arnold avait été maquignon,