‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 38 sur 61 · TYLER · texte numérisé non relu

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Campagnes de Montgomery et d'Arnold.— Maître de Ticonderoga, de la Pointe-à-la-Chevelure, de Saint-Jean et de Chambly, Montgomery se porta sur Montréal, qui lui ouvrit ses portes sans résistance. Tout fut livré: forces navales, magasins et provisions (1775). Le général Prescott, les volontaires et les soldats devinrent prisonniers de guerre. Ayant trouvé du drap en abondance, Montgomery fit confectionner des habits d'hiver à ses soldats, qui avaient déjà beaucoup souffert du froid.

Arnold opéra sa marche avec mille difficultés à tra-

‘vers les halliers et les savanes du Maine. Il remonta

le fleuve jusqu’à la Pointe-aux-Trembles, et rencontra ‘Montgomery. Les deux armées réunies, comptant 1,000 à 1,200 hommes, se rendirent à Québec, qu'elles assiégérent au commencement de décembre.

Attitude de Carleton.—A la vue de l'invasicn américaine, Carleton proclama la loi martiale,l mit la milice sous les armes et fit appel à la bravoure des Canadiens et des Iroquois, qui restèrent indifférents à

8es avances.

Politique de Montgormery.—Montgormery employa tous les moyens possibles pour tâcher d'augmen-

ter ses forces. Bien qu'il sût que le clergé lui était

opposé, il faisait respecter la religion et se montrait plein de déférence pour les prêtres ; il attira un certain nombre de Canadiens en proclamant qu'il ne venait pas comme ennemi mais comme libérateur, et en leur promettant un gouvernemert en rapport avec leurs besoins.

Attaque de Québec.—Dans la nuit du 30 au 31 décembre, Montgomery chargea trois petits corps d'ar-

1 En vertu de la loi martiale, la force armée pouvait prendre les armes.

mée d'attaquer à la fois la porte Saint-Jean, la citatielle etle Saut-au-Matelot, tandis que lui-mème, à la tête

de la plus forte colonne, enlèverait la barrière et |

ferait son entrée dans Québec par la rue Champlain.

Malgré l'obscurité d'une nuit neigeuse, les sentinelles vigilantes signalèrent l'eunemi, qui fut mis en déroute par un feu bien nourri. Dans cette attaque, les Anglo- Américains eurent cent hommes tués ou blessés; parmi les morts, se trouvaient Montgomery! et ses deux aides-de-camp.

Second appel aux Canadiens.—Après l'échec subi à Québec, Arnold demanda à Washington de lui

envoyer 3,000 hommes de guerre. Ce dernier, ne vou- .

lant pas affaiblir son armée régulière, tira huit bataillons des colonies, qu'il dirigea sur Québec, et fit un second appel aux Canadiens. L'adresse, pleine de patriotisme, contenait ces mots : “ Tel est le sort des choses humaines, les meilleures causes sont exposées aux vicissitudes de la fortune; mais le courage des âmes généreuses, éclairées et inspirées par le soleil de la liberté, grandit avec les obstacles.”

Les ravages causées par la maladie et l'arrivée des troupes anglaises obligèrent les Anglo-Américains à lever le siège de Québec (1776). Forcés de sortir précipitamment, ils laissèrent leurs munitions, leur artillerie et leurs bagages.

Guerre offensive.—9,000 hommes commandés par

1 Montgomery, qui avait combattu à côté de Wolfe sur les plines d'Abraham, s'était tourné ensuite contre sa patrie. Ses restes furent transférés aux Etats-Unis (1818) Le congrès américain lui fit élever un superbe mausolée, dans l’église Saint-Paul, à New-York.

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‘le général Burgoyne,! furent dispersés eur les bords du Saint-Latreñt. Le:corps le plus avancé, se trouvant '4ux

‘Trois-Rivières, fat attaqué par ‘le général °Thompson, ‘à ls ' tête de 1;880 horvmes, qui fat fait prisohnier avec

200 dé sès soldats. Burgoyne poursuivit les Américains, es éloges ide Sorel, de Chambly, de Saint-Jean, et les “fepoussa ‘jüsqu'à Carillon, d'où ils ‘étaient partis huit ‘Mbis auparavant.

Côémbatnéväl. —Les Anglais, venant de repousser ‘les “trvapes ‘américaines usqu'au delà des frontières, “étaieñt- aussi victorieux'sur le lac Champleïn. ‘La flot- Aiedu général Pringle attaqua seize vaisseaux com- ‘#andés par/Aÿnold; et les-obligea de se disperser. L'un

“eux baissa pavillon , quatre-autres prirent la fuite, le

reste de la flottille échoué sur le rivage fut brûlé par Arnold ilui-mâme.

Les:Auglais dans la Nouvelie-York (1777).— Tandis .que dans . la : Nouvelle- York, Burgoyne s'empa- ‘rait de Ziconderaga et du mont Indépendance,? le -géréral Fraser.mettait. en déroute 2,000 Anglo-Américains, à Hubbardton. Cependant, les Anglais eurent de

:ribles revers à :Bennington.et à Saratoga,$ où, cernés de toutes parts, ils furent obligés de mettre bas les armes (1777). Cette dernière victoire donna aux insurgés une supériorité décidée.

Participation des puissances européennes à la lutte.—La capitulation de Saratoga eut du retentissement en Europe. Sur ces entrefaites le célèbre

. 1 La suffisance et l'ambition de Burgoyne surpassaient ses talents militaires.

2 Le Mont Zndépendance possédait 128 pièces de canon et beaucoup de munitions.

3 Saratoga est dans l'Etat de New-York, à 50 lieues de Ja ville du même nom,

Franklin 1 était allé solliciter le secours de la France, qui conclut en effet un traité d'ailliance et de commerce avec les Etats-Unis (1778). Déjà le marquis de la Fayette était accouru au secours de Washington. L'Angleterre, effrayée de ce que la nouvelle république était reconnue par la première nation du monde, offrit aux Américains de belles concessions qui furent rejetées. L'Espagne et la Hollande se déclarèrent aussi contre l'Angieterre ; la guerre devint générale, et l'on vit les flottes anglaises lutter héroïquement, et avec succès, en Europe, dans les Zndes et en Amérique. À la fin l'Angleterre plia sous /e faix, Washington força Cornwallis, général anglais, à capituler à York- Town (1781),? dans la Virginie. (Cette victoire amena l'indépendance des Etats-Unis.

Destruction des cantons iroauois.—Les Iroquois prirent part à ce grand mouvément, en tournant le dos aux Américains, leurs alliés, pour se ranger du côté de l'Angleterre. À cette nouvelle, le général Sullivan, à la tête de 5,000 hommes, entra dans leurs villages qu'il réduisit en cendres. Les débris de ces tribus se réfugiérent sur les bords des grands lacs, où ils disputent encore aujourd'hui quelques lambeaux de forêts aux nations policées qui les envahissent de tous côtés.

1 Benjamin Franklin (1706-1790), né d’une famille pauvre, de Boston, se livra à la scicence avec beaucoup de succès, et fit de précieuses découvertes sur l'électricité et le paratonnerre.

2 Les treize colonies rezonnues libres et indépendantes, et formant une confédération tout en conservant chacune leurs libertés religieuses et politiques, étaient celles de Massachussetts, de New- Hampshire, de Rhode-Island, de Connecticut, de New- York, de New-Jersey, de Pensylvanie, de Delrware, de Maryland, de Virginie, des deux Carolines eb de la Géorgie,

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Paix de Vursailles.—Les revers qu'éprouva l’Angleterre l’'amenèrent à signer un traité de paix, conclu à Versailles (1783), entre les Etats-Unis, la France, l'Espagne et la Hollande. Parce traité, reconnaissant l'indépendance des Etats-Unis, la France reconquit quelques-unes de ses colonies avec le droit de péche sur le banc de Terreneuve, et le Canada perdit le lac Champlain et les montagnes environnantes.

Les Loyalistes ou Royalistes.—La déclaration de l'indépendance des Etats-Unis amena l'immigration de 25,000 Anglo-Américains, qui, pour rester fidèles à l'Angleterre, se fixèrent dans le Haut-Canada, dans la province de Québec et dans les provinces maritimes (1784). Ces immigrants prirent le nom de loyalistes ou royalistes, à cause de l'acte de loyauté qu'ils firent, en demeurant fidèles à Georges III.

Pal VINGT-SEPYIEME LEÇON.

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