LE GÉNÉRAL HALDIMAND ET LORD DORCHESTER
SOMMAIRE :—Réunion du Conseil législatif —Haldimand, gouverneur.—Opposition d'Allsopp.—Rigueurs de Haldimand. —Lord Dorchester.—Erquête sur l’état de la colonie.
Réunion du Conseil légistatif —La révolution américaine fit ajourner la réunion du Conseil législatif. Dans la première session (1777), qui fut calme et laborieuse, on élut vingt-trois membres, dont huit Canadiens seulement, et encore, ce petit nombre excita-t-il la jalousie des Anglais. Parmi ces derniers, les uns, attachés à la Couronne et opposés au peuple, ne cherchaient que des emplois lucratifs, et semblaient confi-
‘rier "tüüite leur loi dans cette devise: Si veut Le roi, si ‘veut la loi;'les autres, ne ‘cherchant qu'à s'enrichir "par le commerce, étalent plelnsd'eux-mêmes'et avaient ‘des prétentions bien au-dessus:de leur capacité.
‘Les déux ‘principales’ mesures de la session furent celles de la justice? et de la milicé?,
Haldimand, gouverneur.—Dégoûté d’une pareille situation et des abus qui se glissaient dans le gouvernement, Carleton, très estimé d'ailleurs des Canadiens, demanda et obtint son rappel. Le général Haldimand,3 qui le remplaça, se montra d'une rigueur ink flexible, ét se fit détester de tous les partis.
Opposition d’Allsopp.—Le Conseil, composé en : grande partie des créatures du gouverneur, ne siégea que quelques‘jours en 1779 et 1780. Dans les séances tenues à huis clos, Alsopp, esprit droit et judicieux, fatigué de tant d’injustices révoltantes, se mit à la tête des opposants et révendiqua, avec autant d'adresse que d'opiniâtreté, un régime digne du libéralisme dont les
1 Le conseil s'érigea en cours d'appel; le conseil privé d’Angle- ‘Hêtre pouvait juger én dernier ressort. Le gouverneur fut auto- ‘fisé 4 ouvrir des cours-au besoin, et à donner des audiences tri-
mesttielles, présidées: par ‘les magistrats ; 1l donna aussr-aux magistrats des sessions trimestrielles de paix, le pouvoir de juger les “petits délits.
2 Cette loi ‘obligeait tous les paysans'au service-militaire:-pendant ‘quelques années, ceux ‘qui n’y étaient plus ‘employés devaient faire les travaux agricoles de leurs voisins, et transporter, à des distances considérables, les vivres et les munitions néces-
“saires aüx troupes. Ces mesures tyranhiqués, imposées sous ‘les “péinesles plus sévères frent'éclater:les 'trarmuires.