VINGT-HUITIEME- LEÇON
INAUGURATION: DES ; LUPFES: PARLEMENTAERES;, SOMMAIRE :—Ouverture du nouveau Parlement.—Election de M.; Panet.—Sessions des Chambres.—Retour de lord Dorches-
ter.—Le général Prescott; gouverneur. — Exécution: de- MeLane.—Concession. des terres; — Robert : Shore: Milnes;.
gouverneur.—]Institntion royale.-—Le, Mercury.-—Le; Cane
dieu.—Siège épiscopal. de Québec.
Ouverture du nouveau parlèment.—L'ésprit:
d'antagonisme occasionna l:, division du Canadä en deux
provinces. Le gouvernement dé chacune se composa
d'une chambre d'assemblée ou de représentants, et d'un conseil législatif. Toute loi, pour êtreen vigueur;devait avoir la sanction des déux chambres et celle du gouverneur. Les Anglais, voyant les deux nations sur un pied d'égalité, acceptèrent avec dépit la nouvelle constitution.
La première session du Bas-Canada s'ouvrit à Québec, le 17 déc. 1792. Sur cinquante membres, auxquels les Canadiens avaient droit, ils élurent seize Anglais. Cet acte de loyauté ne fut pas imité des Anglais du Haut- Canada, qui mirent les Canadiens entièrement de côté,
Le conseil législatif se forma de douze membres, choisis par le gouvernement impérial : le juge Smith fut élu président,
r devait gouverun pied nstitu-
Québec, aels les is, Cet Hautle côté, 3, Choifut élu
Election de M. Panet.—Quand. le.parlement. fut formé, on. procéda à l'élection d'un président, Les Cana dieps, proposèrent. M. Panef! tandis. que-les.. Anglais étaient partagés entre MM. Grant, McGhllet Jordans trois.hormmes plus experts dans les affaires. mereantiles que dans la politique, Malgré. l'opposition anglaise, M, Panet fut élu avec dix votes. de:majorité.. Apx.Anglais, qui contestèrent. l'élection de. Panet, parce qu'ilne parlait pas leur langue, Joseph Papineau? répliqua.: “Eh quoi, parce que les Canadiens, devenus sujets da l'Angleterre, ne savent pas la langue parlée sur les Lords de la Tamise, ils seront privés de leurs droits! Privez-en donc les.habitants des îles de la Manche qui; parlent français et vous appartiennent, depuis les jours de, Guillaume .le conquérant.” Alured. Clarke ratifia l'élection de M, Panet, et recommanda la, bonne intelligence entre. les deux partis, afin de travailler avec plus d'efficacité au bien publie. L'assemblée décida que:les registres-seraient tenus dans les deux- langues et vota une adresse au roi, pour le remercier d'avoir, donné aux, Cänadiena une constitution semblable à celle.d'Angleterre..
Sessions des Chambres.—-Les principaux débats parlementaires de la chambre dù Bas-Cänada eurent
l'Jean Antoine Panet, d’abord notaire à Québec, puis ayocat, devint président dé la chambre d’assemblée (1792). Appelé à” siéger comme juge, il fut remplacé par Lotbinière; mais ne voulant pas résider à Montréal, où sa charge l’appelait, M. Panet reprit:ses fonctions d’orateur, qu'il garda jusqu’en 1815; époque dé ea mort : il venait d’être nommé membre du conseil légistatif.:
2:Joseph Papineau, n6 en 1751. fit ses études au séminaire de Saint-Sulpice, et devint notaire et arpenteur. Son talent oratoirele porta à la chambre d’assemblée.
pour objet l'instruction publique! et les subsides.? MM. J. Papineau, Bédard,® Panet, de Lotbinière et de Bonnet montrèrent aux Anglais qu'ils étaient passés maîtres en éloquence parlementaire.
Les membres de la chambre du Haut-Canada avaient si peu d'aptitudes politiques qu'ils tinrent plusieurs séances avant de songer à élire un président. Ils firent tant de bévues pendant la session, que les historiens en ont fait des gorges-chaudes.
Retour de lord Dorchester.—A cette époque (1793), la France atteignait le point culminant de son effervescence révolutionnaire. L'Angleterre, n’ignorant pas les sympathies des Canadiens pour l'ancienne métropole, tâcha de les attacher à la couronne en renvoyant comme gouverneur lord Dorchester. Les Anglais, qui n'avaient jamais pu le gagner à leur cause,
1 Il n’y avait pas encore de système d'instruction publique d'établi; les curés enseignaient cependant les rudiments de la grammaire à quelques élèves privilégiés. Le comité chargé de l'éducation proposa d’avoir des écoles élémentaires dans ‘outes les paroisses et une école supérieure dans chaque comté.
2 La question des subsidss, c’est-à-dire du droit que la chambre d’'assemblée avait de voter toutes les sommes nécessaires au gouvernement pour le service public, nourrit pendant plusieurs années l’antagonisrae entre le conseil législatif et les représentants du peuple. Pour subvenir aux besoins de la législature, la chambre imposa des droits sur l'importation des vins.
8 M. Pierre Stanislas Bedard naquit à Charlesbourg (1763), fit ses études au séminaire de Québec, entra dans le harreau et devint l'avocat le plus distingué de son temps.
4 Pierre- Amable de Bonne de Misèlle, originaire du Languedoc, devint chef d’un parti politique en vue, pendant une vingtaine d'années,
reçurent froidement. Pour se conformer aux ordres reçus, lord Dorchester forma un conseil exécutif de neuf membres, dont quatre Canadiens. L’Angleterre venait aussi de régler que les nominations aux charges publiques ne dureraient que selon le bon plaisir de la couronne, que les terres seraient divisées en cantons (townships), que les séminaires de Québec et de Montréal, et les communautés de femmes continueraient à se recruter suivant leurs règles ou constitutions.
Départ de lord Dorchester.—Au grand regret des Canadiens, lord Dorchester fut rappelé en Angleterre. Les principaux actes de sa dernière administration furent l'organisation de la milice et de la justice, l'ougmentation des revenus publics, l'abolition de l’Jabeas Corpus, l'ouverture de chemins et la construction de quelques ponts, et l'ordonnance d’un deuil public de deux mois à l'occasion de la mort de l’infortunée Marie- Antoinette. |
Le général Prescott, gouverneur.—Le général Prescott vint remplacer lord Dorchester (1796). Quelques mois après son arrivée, il ouvrit le parlement, et, malgré les récriminations des Anglais, M. Panet fut encore élu président. La chambre arrêta qu'un huitième du revenu des douanes retourneraitau Haut-Canada, et que le pilotage des vaisseaux se ferait jusqu'au Bic. Dans une des sessions suivantes (1799), elle décida la 3), fit construction de palais de justice à Québec, à Montréal au et et aux Trois-Rivières.
Exécution de McLane.— L'enthousiaste américain McLane, accusé par un nommé Black! de
1 Black tomba dans l'indigence, mendia son pain à Québec où il avait siégé comme député, et mourut à l'hôpital des pauvres.
soulever les:Canadiens.contre-la couronne; fat condamné, àla potence (1797). Après l'exécution, on montra:sa. tête au: peuple en disant : ‘ Voici la tête du. traître.” Des incisions: furent faites aux membres du. suppliciéet on arracha. ses entrailles. au’on fit, brûler, Cette. con: duite inique: jeta l'épouvante parmi le peuple: Concession des terres.—Les .abus graves. qui:.88; glissèrent. dans la concession des.terres.foreèrent.les Cas. nadiens à s'établir sur les frontières des Etats-Unis: Le: gouverneur et le duc de Portland, ministre-des.colonies, leur firent, justice. et, condamnèrent. les. membres du conseil exécutif,! qui avait ainsi favorisé. leurs amis. Robert Shore Milnes, gouverneur.—Le, lieute-. nant:général, du. Canada, Robert. Shore. Münes,? rem. plaça le général. Prescott(1799. Sous son administrations, £1000. furent votés. pour faciliter la.navigation entre.
Montréal et Lachine; une.barrière.de péage.fut. établie.
sur le chemin du Coteau-du-Lac ; une loi, prohibant.]æ vente des boissons, des articles d'épicerie-eb de mercerie, le dimanche, passa à l'unanimité, Malgré les réclaman tions de la chambre, la couronne s'empare définitivement des biens des Jésuites (1800, 8
Institution royale. —L'Znstitution rayale, spécialement établie pour faire disparaître la langue française, fonda des écoles anglaises sur tous les points de la colonie.t. Loin de,se:laisser prendre dans ce. piège, les.
:Le.juge Osg0od, président du: bureau: des:terres, se démit alons:, de sa charge pour retourner en Angleterre.
2 Peu de temps après sa nominution au gouvernement général * du Canada, Milnes reçut le titre de baronnet::
8, La jouissance des biens des Jésuites avait été laissée à la com-. pagnie jusqu’à la mort du père Cazot, dernier membre dé cet ordre abgieuz au Canada.
ortland affecta une partie des biens des Jésuites pour l’établissement de ces écoles, dont l’évêque protestant était le. président,
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PR CRE A RE de dE SEE GOUVERNEMENT CONSTITUTIONNEL. “701
Canadiens établirent les écoles .paroissiales, où l'on enseignait en français le catéchisme, la lecture, i'écriture et' le éalcul. ‘A ‘force de démarches, Mgr Plessis obtint (1822) que les catholiques n'auraient pas à con- ‘tribuer pour le soutien des écoles protestantes.
‘Le Mercury.—Les débats parlementaires avaient leur écho dans la presse. Le Mercury, journal fondé par M.-Cary. (1805), prit bientôt des allures d'indépendance, blâmant les actes de l'assemblée législative etne cherchant qu'à amoindrir l'influence des Canadiens.
-Le Canadièn.—Ze Canadien, fondé pour détendre nés “institutions, notre langue et nos lois, pensait tout ‘haut dans l'intérêt du peuple, et mordait en badinant. Ses quolibets exaspérèrent souvent le Mercury, qui-lui répondait par des bourrasques et des gros mots, déno-
tañt sa mauvaise humeur.
Siège: épiscopal de Québec.-—Depuis le commenment de la domination anglaise, le siège épiscopal de Québec voyait: se succéder Mgr Jean Olivier Briand (1766-1784), très estimé du général Murray, Mgr
Bnitive- Louis-Philippe d'Esglis, (1784-1788), premier évâqne ni canadien, Mgr Jean François Hubert (1188-1797), Mgr
8 pÉCIA=. ‘Pierre: Denaut (1797-1806)et Mgr Joseph-Octave: Ples-
AGREE, “gts (1806-1825), nommé archevêque en 1819. L'admi-
F des, mistrateur du gouvernement provincial, M. Dunn, re-
ège, leg. connut le nouveau prélat comme évêque de Quéhec,
mit alors: malgré les représentations des Anglais, qui ne voulaient
général - ‘donner ce titre qu'à l'évêque protestant. à la com. 1 Le premier numéro de cette feuille parut le 5 janvier, et ordre s
’établis-