LORD ELGIN
SemmAIRE;—Lord Elgin, gouverneur.—Son .sdministration. - — Démélés politiques.— Violence des ennemis du gouvernement. —Retour de Louis Papineau. —Baldwin et Lafontaine remettent Jeurs- portefeuilles, — Typhus,.— Monseigneur Bédipi,—Gavazzi,— Evénements .religiaux..
Lord EBilgin, gouverneur.— Lord :Etgin, qui rem plaga Catheart, appartenait à une illustre famille. A:dés talsnts-remarquables, il'unissait un.cœur noble et géné roux. Nommé-gouverneur dans l'automne de:1846j:il:
n'arriva à Montréal qu'en.janvier de l'année suivante.
Son administration.—Comprensat la position-eri-. tiqua.des.Canadipps-français, Blgin.sambla prendre ponr tâebe.d'ernéliorer leur sorke.
Lesommerceayec:las Atats:Unisk, les voies. ferrées? la première ligne de vapeurs océaniques, l'achèvement: des cagauxf, les, timbres postaux..de.cing.centins, le télgraphe.élestriquef.et de nombreux phares érigés sur. le,,Saint-Laurent.sont autant, d'améliorations. impor. tanfes qui.prirent, naissance, ou se.perfactionnèrent sous, soa-dnfelligente,et.sage.administration..
1 Le Canada négocia un traité de récipraciié a vec.les Etats-Unis;. et rèalala question. des,.pécheries..
3 En,1854,.800 milles de chemins de.fer. étaient achevés, Le ; premier ghemin ,de fer inauguré fut celui de Laprairie à Saint- Jean d'Iberville (21 juillet 1836). La voie du Grand-Tronc fut commencée en 1852.
8-Le: premier vapeur océanique d’une ligne établie, arriva à Québec le 9 mai 1853. £
4 4Lesicanaux du Saint-Laurent. furent ouverts. à . la navigation en d848
5 Ep 847 des lignes. télégraphiques furent établies entre .Qué-.. bec, Montréal et Toronto.
Démêlés politiques.—L'adresse d'ouverture de la session de 1847 souleva de vifs débats. Dans un chaleureux discours, Baldwin blâäma vertement toutes les nominations injustes qui avaient été faites depuis 1843. Plusieurs ministres, dit-il, peuvent s'adresser ce reproche : “J'ai sacrifié mon pays, pour sauver le ministère.”
Les élections de 1847-48 furent agitées ; les libéraux du Bas-Canada et les conservateurs du Haut l'emportèrent d'emblée. Malgré la mort de Neilson!, l'assemblée législative n'avait jamais eu un si grand nombre d'hommes distingués. Morin fut élu par acciamation président du parlement ; Lafontaine et Baldwin demeurèrent chefs du cabinet.
Les £100,000 votés pour l'indemnisation des pertes éprouvées par les Bas-Canadiens pendant les troubles de 1837, rendirent la session de 1849 des plus orageu-
ges?.
Violence des ennemis du gouvernement.— L'acte d'indemuisation des Bas-Canadiens, sanctionné par Elgin, exaspéra les ennemis du gouvernement. Ne mettant plus de bornes à leur haine, ils lancèrent des pierres au gouverneur et à son état-major, assiégèrent l'église où s'était réuni le conseil législatif, mirent le feu à la bibliothèque® et brûülèrent Lafontaine en efigie. Dans ces circonstances pénibles, la presse vit une guerre entre les deux races et avança que l’une d'elles devait
1 Neilson, d’origine écossaise, rédigea jusqu’à sa mort (1848) la Gazette de Québec.
2 Les Haut-Canadiens avaient reçus £40,000 pour la même fin.
8 La bibliothèque, contenant 22,000 volumes, possédait la collection de Faribault, sur l'Amérique, comprenant 1,600 volumes, Les pertes s'élevèrent à $400,000, | | |
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; (1848) la même fin.
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disparaître. De son côté, sir Alan McNab1, s'écriait: “Le ministère a proclamé que la loyauté était une farce, que l'insurrection était permise ; il recueille maintenant le fruit de ses doctrines.” Ces actes de vandalisme furent cause que le siège du parlement passa de Montréal à Toronto. Il fut décidé que la législature siégerait alternativement, de quatre ans en quatre ans, à Toronto et à Québec.
Retour de Louis Papineau.—L'amnistie générale accordée par la reine aux prisonniers politiques de 1837- 38, permit à Papineau de quitter la France pour revenir au Canada. Il ne voulut pas d'abord se méler de politique, mais ensuite il accepta un mandat, se tourna
contre le cabinet Lafontaine-Baldwin, et devint prési-
dent de l'Znstitut canadien, qui donna naissance aux hbéraux démocrates?.
Le parti libéral se trouva alors divisé en deux camps, ayant pour chefs Lafontaine et Papineau. (Ces deux grands amis d'autrefois devinrent des antagonistes déclarés.
Baldwin et Lafontaine remettentieurs portefeuilles.—Un vote de non confiance, à propos de la cour de Chancellerie, amena Baldwin à remettre son portefeuilleë, Tous les Canadiens, et même plusieurs de
1 Sir AUan Mc Nab, chef du parti (1798-1869) fut président de l'assemblée législative de 1844 à 1848, chef de l'administration avec Morin en 1853, et avec Taché en 1855.
2 Les libéraux-démocrates étaient en faveur du rappel de l’acte d'union, de la réforme électorale d’après le chiffre de la population, et de l'annexion aux Etats-Unis. Ils professèrent plus tard les principes les plus avancés, tels que : le suffrage universel, l’éligibilité des magistrats et des fonctionnaires publics, et l'abolition deg dimes.
8 Hincks, chef de torys, remplaça Baldwin.
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s98,adversaires regretièrent cetia-démarohe. Une. feuille anglaise. de grand crédit, faisait ,ajaai-son 6loge.; “ Nul homme, publie.n'a.commandé au Canada, dans son.temps, ua respect aussi. général que l'honorable, M. Baldwin. Son, intégrité. était tellement au-dessus du soupgons.que jamais.la calomaie.n'o8a souffler. sur...cette, pnreenomr mée.. Il commandait aurespect de tous les partis: son nom était une véritable puissance ; il eut pu,.servir.de ralliement, aux, débris, dispersés: du grand, parti: de:la réforme,” La mort de Baldwin, arrivée en 1858,:causa des.regrets universels.
Dégoûté.:d6..la vie politique,, Lafontaine:remit'aussi. sqa,portefeuille, Nommé juge, dédla:cour-d'appel-(1853);; il rendit. des servicessignalés qui.lui, méritarent-latitre, dabaronnet.. Sous l'égide descetesprit cultivé; daiice: cœur noble, de ce vrai patriote, le Canada.avait consers, véises-droiis..
Lhientaine av:it des goûts littéraires, aimait l'étude dé l’histoire.nationale-et favorisait les jeunes gens livrés à la plitique. Il mourut en 1864, emportant avec lui les regrets dé tous les partis.
Typhus.—L'horrible. famine, qui. sévit en, Irlande. (1846-47), amena 70,000..immigrants sur; nes, rives., La misère extrême de ces infortunés, jetés dans. des bâtiments marchands, presque sans vêtements et saps; nourriture, engendra,le typlhue. Cctiesmaladie.contas, giause, qui ealavaplus da.14,000 personnes; porta l'épouvante partout. Une-vingtaine de prêtres-et autant -dereligieuses moururent victimes de leur charité. Cétte épidémie laissa des centaines d’orphelins que des. farmil. les canadiennes adoptèrent et élevèrent comme leurs, propres enfants.
6; daiice:
CONsErS :
; -l'étude ns livrés avec lui
Irlande, 8, r'1Ve8., ans. des et .saps, CON ar, à l'époutant -de- . Cette s, famile.
8 leurs,
PAOARADA UNITAÏRE. 249
sMonseigneur Bédini.-— Myr Bédini, 'archévêque de Thèbes et nonce apostolique au Brésil, visita le.Uatiadaèn 1853. L'ilhiétre ° prélat fat regu avec: pompe, et le peuple canadien profita de’son'passage pour téroigner de son attachement au saint-siège.
Gavazzi.—Gavaszi était-un -moine-italien défroqué. Ses discours contre la papauté et tout ce quela religion. a de plus sacré, sétilévérént l'indignätion publique. !l yeut'uñe émeute à Montréal, les troupes intervinrent et plusiéurs personnes furent tuées ou blessées. Son passage pärmi nous ne laissa que de pénibles ‘souvenirs (1853).
“Evénéments réligioux.—Mpr Signay &täñt mort (1850), Mgr Turgeon le remplaça. Le curé de la cathédrale, ‘M. Baïllargeon, ‘fut /-n6mmé ‘’coddjuteur: et sacré sous le-titre d'évêque de Tloa. Ottawa, érigé en diocèse (1847), avait pour'évéque Mgr’ Guigues.
“He prémier ‘eoneile provincial’ seitint ‘à Québec'en 1851. Les diocèses de Trois-Rivières etde Sdint- Hyacinthe furent formés, et :Mésseigneurs”Cooke et Prince’en furent les premiers'évéqnes.
En 1851, Vaudreuil devenait le berceau des Sœrrside Sainte-Anne, et Saint-Grégoire celui des Sœurs de l'Assomption en 1853. Ces deüx commünautés se Mvrént avec succès à l'éducation des.jeunes fillés de la campagne.
Université Liaval.—L'université Laval, fondée.en 1852, parles Messieurs du Séminaire de Québéc, fut pompeusement inaugurée (1854) ‘sous lord Elgin, qui obttitt de la reine Victoria une charte libérale pour cette institution. : Pie -IX autorisa l'érection de chaiïres théoloiquès, “avec le droit ‘d'y ‘conférer des degrés. On:ouvrit düssi‘des cours de droit et de médecine. La faculté des arts se compléta quelques années plus tard.
250 LE CANADA ÜNITAIÏIRR,
La bibliothèque de l’université na compte pas moins de 50,000 volumes. Les musées, le cabinet de physique et le laboratoire ne sont pas inférieurs à ceux des grandes institutions européennes,