‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 54 sur 61 · SIR EDMUND HEAD · texte numérisé non relu

SIR EDMUND HEAD

SOMMAIRE :—$Sir Edmund Head, gouverneur.—$Son administration—ZLa Capricieuse.—Monuments nationaux.—Le bateau à vapeur Montréal.—Ottawa, capitale fédéraie.—Visite du prince de Galles et de quelques autres personnages distingués.—Education.

Sir Edmund Head, gouverneur. —Elgin, rappelé en Angleterrel, fut remplacé par Sir Edmund Head (1854), qui, sans avoir les talents brillants de son prédécesseur, possédait cependant les qualités requises dans un homme d'Etat.

Peu de temps après son arrivée, les deux chefs du ministère, Hincks? et Morin, remirent leurs portefeuilless.

1 En quittant le Canada, Elgin fut nommé ministre plénipotentiaire en Chine ; il passa ensuite aux Indes en qualité de vice-roi (1861) et mourut dans ce poste éminent,

2 Ælincks fut ensuite appeie au poste eminent de gouverneur de la Barbañe, puis de la Guyane anglaise, et accepta enfin le porte- D des finances du Canada (1819).

A yaut remis son portefeuille avant Morin, Hincks dois lieu à formation du cabinet McNab-Morin. La solution des grandes questions changea le nom des partis ; désormais les libéraux seront désignés sous le nom de conservaieurs et ces derniers sous celui de libéraux. Les autres cabinets scus Head sont: Mc Nab- Tuché (1855), Taché- McDonald (1857), McDonald-Cartier (1857), Brown- Dorion (1858), Cartier- Mc Donuld (1858).

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erneur de le porte-

onna lieu s grandes

libéraux 1iers sous McNaber (1857),

Son administration.—Les faits les plus saillants du gouvernement de Head sont la décentralisation judiciairel, la codification des lois civiles du Bas-Canadaï, la sécularisation des réserves du clergé protestant$ et le rachat définitif de la tenure seigneuriulef.

Sous Head encore, je conseil législatif devint cham-

bre élective;5 plus des deux tiers des réseaux qui sillonnent la province furent construits ou terminés, et la navigation, améliorée ; des relations commerciales s'établirent avec la France et plusieurs autres pays, et celles établies avec les Etats-Unis furent presque doublées par un traité de réciprocité.

1 Le Bas-Canada fut divisé en 19 districts judiciaires, dont 12 nouveaux. Le salaire des juges fut déterminé ; les juges en chef devaïent recevoir chacun £1250 ; les puinés de Québec et de Monttréal, £1000 ; ceux des autres districts, £:00 ou £800.

2 L’abolition du système seigneurial amena une révolution l6gale qui fit sentir le besoin de préparer un code des lois civiles et judiciaires. Ce code, comy'arable à ceux de Justinien et de Napoléon, fut mis en force le ler août 1866.

3 Pour favoriser la colonisation, la chambre décida de faire le retrait des immenses terrains concédés aux clergé protestant. Il fut décidé que les sommes provenant de l’aliénation formeraient un fonds spécial devant être réparti entre les municipalités, pour je développement de l'instruction et l'entretien ou l'ouverture des chemins. Les traitements annuels et allocations précédemment octroyés aux ministres du culte leur furent conservés leur vie durant.

# La grande question de la ter:ure seigneuriale, tant de fois débattue dans les chambres, reçut sa solution définitive pendant la session 1854-1855. Des indemnités, s’élevant jusqu'à 1,500,000 dollars furent votés en faveur des intéressés, La liberté du sol fut ainsi proclamée, et cette révolution économique s’effectua sans secousse et sans troubles.

5 Les anciens membres demeuraient conseillers à vie, comme par le passé, tandis que les nouveaux devaient être élus par les divisions électorales récemment formées.

"Ea:Capricisuse.:-Vouait ‘établir dès réltions “ébiniéroiales” avéc le Canada, da * Frañée” “envoya Sôn Fepresentant, M. de Belvèze, comiatdant de" la Capri “tiéise> qui fohda ün consulat général à Québec (865). Cette corvette française, la première qui visita nos rives “dépuis la conquête, réçut des Fränco-Cänadiens l’âcèueil le plis #ÿmpathique.

Monuments nationaux.—Ce fut pendänt. que la -Capricieuse -était--à Québec. qu'eut lieu la;-pose-de‘ta “première «pierre--du ‘:monüment élevé à la mémoire de la deuxième bataille des Plaines‘ d'Abrakiäm. “Head, Belvèze et l'élite de la ville assistèrent à cette imposante cérémonie. Le discours prononcé. par M. Chau- -veau % laissa plus vive 1mpYession.

La Frânté voulut’ coopérér à Cêtte tBtivre“natiofiäle en envoyant ün relief de la bataille (1863). De‘sôn côté, “Montréal ‘élevait un monument à la mémoire des vietimes de l'insurrection de (1837-38). -La-voix de ces tetivies mationalesipubhaitique les écarements dupissé ‘étaiént oubliés, et qu'à l'avèmr, chaque’rééet étiit fibfe de se développer selon ses mœurs, ses usagès, sa reli- -gion, sa langue et ses droits.

:Le‘bateat à vapeur Montréal.—1Te bateauAfont- “éal,'qüittänt Québec Pour “se rendre‘ à “Mbntréal pt feu au cap Rouge (26 juin 1857). Des 400 passagéts Qui

1 Le baron Gaudrée- Boileau fut le premier consul général "tr859).

2 M. Chauveau, après avoir fait sa marque dans la politique, remplaca le Dr Meilleur comme surintendant de l'instruction publique (1855). Il y avait alors 2, 869 maisons d’éducatiorf ouvertes À la jeunesse,

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étaient à bord, 252 périrent. “ La confusion qui eut lieu, dit un journal du temps, est plus facil: à imaginer qu'à décrire. Les uns se tordaient da’:8 le désespoir, les autres, pour éviter les flammes, s, précipitèrent à l'eau, où un grand nombre durent périr. Les chaloupes préparées par l'équipage, au premier moment de l'accident, n'offraient qu'une misérable ressource, dont l'utilité était rendue inutile par le tumulte et la confusion.”

Ottawa, capitale fédérale.— Les députés, fatigués de se promener d'une ville à l’autre depuis dix ans, demandèrent de fixer le siège du parlement, d'une manière définitive. Les opinions étaient partagées entre Québec, Montréal et Ottawa; cette dernière ville fut choisie par la reine Victoria (1857), à cause de sa prétendue position centrale et de l'accroissement considérable qu'elle prenait depuis quelques années.

Visite du prince de Galles et de quelques autres personnages distingués.—La visite du prince de Galles, qui fait époque dans les annales de notre histoire, ne fut qu'une marche triomphale à travers le Canada (1860). Head et tous les ministres se rendirent à Gaspé pour lui souhaiter la bienvenue. Québec le reçut avec enthousiasme ; le maire le complimenta, et il y eut banquet, lever officiel, illumination, feu d'artifice, etc. Les conseils exécutif et législatif, et l'assemblée législative lui présentèrent des adresses . leurs présidents MM. Belleau et Smith furent faits chevaliers.

Une ovation aussi brillante attendait le prince à Montréal. Son altesse présida à l'inauguration du pont Victoria! et visita l'exposition provinciale des indus-

1 Le pont Victoria, ayant 9184 pieds de longueur et 50 pieds de hauteur au centre, est un des plus considérables de l’umivers.

tries. Après s'être arrêtée à Trois-Rivières, à Saint- Hyacinthe et à Sherbrooke, elle se rendit à Ottawa pour présider à la pose de la première pierre des édifces parlementaires.

Le prince se rendit ensuite dans le Haut-Canada. Ayant visité Brockville, il passa à Kingston et à Belleville sans s’y arrêter?. Toronto, London et Hamilton reçurent pompeusement l'hôte royal.

Après avoir parcouru, incognito, les principaux centres des Etats-Unis, le prince retourna en Angleterre.

L'année suivante, le Canada eut la visite du prince Alfred5, qui fut l’objet de brillantes démonstrations, et des princes Wapoléont et de Joinuilleÿ, qui reçurent des Franco-Canadiens l'accueil le plus cordial.

Rameau vint aussi visiter les contrées qu'il avait si bien décrites (1860).

Education.—Pour former les jeunes instituteurs à

la pédagogie, les écoles normales Laval, à Québec, Jacques-Cartier et McGill, à Montréal, furent fondées en 1857.

La ville de Toronto en avait une depuis dix ans.

1 Le coût des édifices parlementaires est de $4,960,654.

2 Les démonstrations que les orangistes voulurent faire, malgré les ordres du duc de Newcastle et les protestations des catholiques, en furent cause.

8 Deuxième fils de la reine Victoria.

4 Fils du prince Jérôme.

5 Troisième fils de l'ex-roi Louis-Philippe.

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