LORD MONCK
SomMMAIRE :—Lord Monck, gouverneur.—Organisation de la milice. — Projet de confédération.—Calamités : inondations, incendies.—[nvasions des Féniens.
Lord Monck, gouverneur.—Le vicomte Monck, irlandais de naissance, succéda à Head (1861).
Son administration fut surtout signalée par l'arrestation de MM. Slidell et Mason, la discussion d'un projet de confédération et l'invasion des Féniens.
Arrestation de Slidell et de Mason.—Les états méridionaux de l'union américaine étant en guerre avec ceux du nord, envoyèrent MA. Slidell et Mason s'assurer des sympathies de l'Angleterre en faveur de leur cause. Ces deux délégués, montés sur un paquebot anglais, furent arrêtés dans le golfe de la Floride, et incarcérés par ordre du gouvernement de Washington. L'Angleterre revendiqua l'honneur de son drapeau, et, en cas de troubles, envoya des troupes au Canada. Les Yankees reconnurent leurs torts et on régla ce différend à l'amiable.
Organisation de la milice.—La possibilité d'un conflit avec les Etats-Unis démontra la nécessité d’organiser la milice au Canada. McDonald, l'un des ministres, proposa de former un corps actif de 50,000 hommes, un corps de réserve aussi nombreux, et de diviser le pays en districts militaires, ayant chacun son arsenal.
Cette mesure, qui souleva de vifs débats parlementaires et fit même tomber le ministère Cartier- Mc Donald1, fut votée en 1863 et amendée l’année suivante.
1 Les différents ministères sous Monck furent : Curtier- McZzonald (1861), McDonaid-Sicotte (1862- -C3), MeDonal!d- Dorion (1863- 64), aise (1864) ; coalition de Tuché- Mc Donald- F2
Projet de confédération.—L'esprit d'hostilité régnait toujours entre les deux provinces ; dans l’espace de trois ans, quatre ministères avaient été renversés, et deux élections générales n'avaient pu rétablir l'harmonie. Pour aplanir ces difficultés presque insurmontables, les principaux représentants des deux partis politiques exposèrent aux chambres un projet de confédération de toutes les provinces anglaises de l'Amérique du nord pour les intérêts généraux, lequel fournirait une occasion de séparer le Haut du Bas-Canada pour ce qui concernerait les intérêts particuliers. Le 10 octobre 1864, une conférence s'ouvrit à Québec pour l'étudier. Les délégués des provinces maritimes s’y rendirent, et M. Tachét fut choisi pour présider les séances. Les députés se trouvaient en face d'une question de la plus haute importance ; cer tout en pourvoyant au bon fonctionnement du gouvernement général il fallait sauvegar--
der les intérêts particuliers de chaque province. Les rivalités de races et les préjugés politiques furent mis de côté, et tout se passa avec calme. Le Haut et le Bas-Canada, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle- Ecosse accepièrent le projet fédéral que la couronne sanctionna.
1 Sir Elienne- Pascal Taché (1795-1865), politique des plus distingués, mourut peu après la convention, chargé de tous les honneurs que sa souveraine, le parlement et le peuple pouvaient conférer, Pendant sa noble carrière, il avait été deux fois chef de cabinet, chevalier et colone: de l’armée régulière. Sa mort causa un deuil universel, et ses funérailles, à Montmagny, attirèrent un grand concours d'hommes de toutes les positions sociales.
La mort frappa presque en même temps l'honorable Aforin, juge éminent, noble \ .fran de nos luttes nationaics et peut-être le plus profond penseur de son temps.
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Pour en faciliter l'exécution, l'Angleterre cautionna pour l'emprunt nécessaire. à la construction du chemin Intercolonial, et vota £200,000 pour la restauration des fortifications de Québec.
Calamités : inondations, incendies.—De grandes calamités mirent encore la province à l'épreuve. Ce fut d'abord une inondation, qui exerça ses ravages de Montréal à Trois-Rivières (1865). Les îles Dupas, de Grâce et d'Aigle (îles de Sorel), furent dévastées. Cinquante personnes trouvèrent la mort et des centaines d'animaux périrent.
Enfin un incendie terrible réduisit en cendres la moitié du faubourg Saint-Roch et tout le faubourg Saint- Sauveur. Les pertes s'élevèrent à $2,000,000. Sept à huit cents personnes devinrent la proie des flammes et 15,000 autres, à l'approche d'un rigoureux hiver, se trouvèrent sans abri et sans ressources. Malgré les abondantes souscriptions qui s'ouvrirent de tous côtés pour secourir ces infortunés, la misère se fit cruellement sentir (1866).
Invasion des Féniens. — Les Américains des états du nord, mécontents de ce que pendant leurs
guerres intestines avec les états du sud, l’Angleterre s'était montrée favorable à ceux-ci, poussèrent les
Féniens! à s'emparer du Canada. Ces derniers parurent sur lesfrontières, vers la fin du moisde mai 1866, et furent repoussés par une armée de 8000 réguliers, soutenue de 10,000 volontaires.
1 Nom d’un parti irlandais, sorte de société secrète, qui voulait soustraire l'Irlande au joug onéreux de l’Angieterre.
QUARANTIEME LEÇON.