ABORIGÈNES DU CANADA
Sommaire :—Ethnographie —Religion.-- Morts Gouvernement. —$Songes.—Langues. —Vêtements.— Education des enfants. —Médecine.—Querre.—Prisonniers.
Ethnographie.—Lôrsque les Français découvrirent le Canada, ils le trouvèrent habité par différentes tribus sauvages, dont les trois principales étaient celles
1 Antoinette de Pons, duchesse de Guercheville, ascuiée de Poutrincourt, fut seul possesseur, pendant quelque temps, de toute la Nouvelle-France, à l'exception de Port-Royal.
2 Argall était envoyé par le gouverneur de la Virginie.
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Ces peuplades, quoique distinctes, avaient cependant quelque chose de commun dans les mœurs et les usages.
L'obscurité de leur origine, comme le fait remarquer Bancroft, ne contredit en rien l'unité de la race humaine.
Les Esquimaux habitaient les bords de la baie d'Hudson, le Labrador et Terreneuve. Cette tribu était superstitieuse à l'excès et vivait misérablement ; dans l'extrême nécessité, elle ne dédaignait pas l’anthropophagie.
La race algonquine ou algique, de beaucoup plus nombreuse, avait de l'ambition et méprisait l’agriculture. Elle comprenait plusieurs tribus dont les principales étaient :
Les Micmacs ou Souriquons, les Canibas, les Etchemins et les Abénaquis, qui peuplaient la Nouvelle- Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l'Etat du Maine actuel,
Les Montagnais, errant sur les rives du Saguenay et du lac Saint-Jean ;
Les Algonquins proprement dits, que l'on trouvait sur les bords du Saint-Laurent, entre Québec et Montréal ;
Les Outaorais, qui habitaient les bords de la rivière du même nom ;
1 En langue abénaquise,ce nom s'ynifie mangeur de viande crue.
2 Ce nom provient de la manière dont ces sauvages s’arrangeaient les cheveux. En les voyant, les Français s’écrièrent : Quelle hure!
8 Illustre historien des Etats-Unis,
Les Nipissiriniens,1 peuplant les immenses solitudes de l'Ouest ;
Les Castors et les Sauteurs, groupés autour du lac Huron ;
Les Cristinaux?, végétant au nord du lac Supérieur ;
Les Malhoumines ou Folles-Avoines, les Winipigons ou Puans, les Poutéouatamis, les Miamis et les ZUino:s, se tenant dans les environs du lac Michigan;
Les Natchez, si pompeusement chantés par Chateaubriand, que l'on trouvait sur les rives du Mississipi.
La race huronne, qui était la plusintelligente, la plus iudustrieuse et la plus laborieuse, comprenait les Hurons ou Houendats et les Zroquois.
Les ÆHurons étaient resserrés dans l:. petite péninsule située entre le lac Simcoe et les baies Nottawasoga et Georgienne. Des intérêts de commerce les portèrent à s'allier avec les Algonquins et même avec les Français, dont ils se montrèrent toujours les amis fidèles et dévoués.
Les ZJroquois se trouvaient au sud du lac Ontario, depuis la rivière Hudson jusqu'à Niagara.
Cette nation farouche et belliqueuse mit bien des fois la colonie à deux doigts de sa perte; elle se &'visait en cinq peuplades : les Açniers, les Onneyouts, les Onnontagués,les Goyogouins et les Tsonnonthouans.
Sous l'influence de l'eau-de-vie, les Iroquois devenaient furieux et se livraient à des cruautés inouïes.
Les Anglais s’allièrent avec ces barbares, et payaient leurs services avec des liqueurs enivrantes.
1 On appelait aussi ces sauvages Sorciers, à cause du grand nombre de jongleurs qui se trouvaient parmi eux.
2 Ces sauvages étaient vulgairement appelés Oris.
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Les plus futiles prétextes faisaient rompre aux Iroquois les traités qu'ils avaient signés avec les Fran: çais.
Religion.—Le soleil, la lune et les étoiles, étaient les divinités supérieures des sauvages. Les A/gonquins considéraient le grand hèvre! comme le chef des esprits et l’architecte du monde. Tous les phénomènes de la Lature étaient aussi pour eux des esprits. Des génies inférieurs, appelés Manitous, présidaient à toutes les destinées de la vie. Les sauvages, qui adoraient les choses les plus bizarres, ne mirent cependant jamais leurs jongleurs et leurs héros au rang des dieux. Ils offraient des sacrifices pour éviter les malheurs ou obtenir des bienfaits.
Les sauvages croyaient à l’immortalité de l'Ame et à un paradis de chasse toujours abondant en gibier. La voie lactée était le chemin qui conduisait à ce lieu de delices. Les aurores boréales étaient pour eux la danse des morts, et iis plaçaient la cour du grand esprit et les ombres de leurs ancêtres dans la région du sudouest.
Morts.—Les sauvages manifestaient le plus grand respect pour les morts. Pendant trois jours, les parents et les amis du défunt poussaient des gémissements et des soupirs auprès de son cercueil. Des cris lugnbres se faisaient entendre, durant un mois, au lever et au coucher du soleil.
L'anniversaire de la mort était annoncé, pendant plusieurs années, par des cris et des hurlements épcuvantables.
1 Les Algonquins l’appelaient Michabou,
La fête des morts avait lieu tous les dix ou douze ans. Les ossements des défunts étaient alors soigneuse ment recueillis et déposés dans une fosse commune tapissée de peaux de bêtes, et recouverte d’un toit. Cette fête célébrée au sein des bois, où retentissaient des accents lugubres, produisait un effet imposant. Les sauvages la terminaient par un festin, des jeux et des danses.
Songes.—Les sauvages n'osaient résister à la voix des songes, même au prix des plus grands sacrifices, Les Européens abusèrent souvent de cette crédulité superstitieuse pour obtenir ce qu'ils désiraient,
Langues.—Les deux principaux idiorres des tribus sauvages étaient l'algonquin et le huron. Chacune de ces deux langues mères avait ses dialectes. La langue huronne était dure, sonore et pleine de force, tandis que l’algonquine était douce et harmonieuse. Les idiomes que parlaient ces peuplades peignaient bien leur caractère.
L'étude des langues sauvages était difficile et fit souvent le désespoir des missionnaires.
Vêtements.—Les sauvages allaient presque nus pendant l'été et se revêtaient de peaux de bête pendant l'hiver. Ils se chaussaient de guétres ornées de broderies ét de souliers de peau de cerf. Bien que malpropres, ils étaient fiers et portaient des pendants aux oreilles et aux narines, des bracelets de peaux de couleuvre, des colliers de rassade et autres ornements brodés de poil de porc-épic. Ils s’arrangeaient les cheveux de
1 Les sauvages croyaient que ce toit garantissait les morts du froid pendant l’hiver et de la chaleur pendant l'été.
la manière la plus bizarre et se peignaient le visage de vermillon ou de noir de chaudron. Le tatouage était. la principale parure.
Gouvernement.—Les sauvages étaient. indépendants. Les vieillards et les orateurs jouissaient de beaucoup de prestige. L'autorité des parents, sur leurs enfants, s’accroissait avec l'âge. Les chefs de village et de tribu, qui étaient orateurs, avaient beauconp d'ascendant sur leurs sujets.
Education des enfants.—Les enfants étaient abandonnés à eux-mêmes. Parmi les Indiens, la rébellion d'un fils contre sa mère passait pour un crime affreux. Les enfants n'étaient ni maussades, ni tapageurs, ni difficiles à contenter, et ils ne se querellaient jamais.
Quand le jeune Indien était en âge de travailler, il suivait son père et cherchait à l’imiter.
Les jeunes filles demeuraient avec leurs mères et se livraient aux travaux du ménage.
Médecine.—On soignait les malades au moyen de racines et de plantes médicinales. Dans les cas difficiles, on recourait aux jongleurs, qui, après avoir consulté les esprits, ordonnaient certaines prescriptions, qui étaient suivies à la lettre.
Guerre.—Les sauvages ne faisaient la guerre que pour se venger d'insulles reçues; ce n'était qu'après maintes délibérations du conseil, auquel assistaient les vieillards, que la hache de guerre était levée. Le dé-
1 Pour se tatouer, les sauvages se perçaient la peau au moyen d’épines ou de pierres très aiguës. Après cette opération douloureuse, ils frottaient ces piqures encore toutes sanglantes avec du
charbon pilé ou de la poudre,
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part était précédé d’un grand festin, où chacun chantait ses exploits. L'armée se mettait en marche, vêtue légèrement, et n'ayant pour toutes provisions qu’un peu de farine brûlée. Le javelot, l'arc, la flèche et le tomahawk étaient leurs armes. Arrivée à quelque distance de l'endroit qu'elle devait attaquer, l'armée marchait pendant la nuit et se reposait le jour. L'attaque se faisait par surprise. Les cris et les hurlements des assiégeants et des assiégés, les aboiements des chiens
et les plaintes des mourants, en faisaient une scène d'enfer.
Prisonniers.—La pitié n'était pas connue des Indiens. Après le combat, les prisonniers étaient conduits à la bourgade victorieuse. Les uns étaient destinés à remplacer dans les familles les enfants morts à la guerre, et les autres, rései vés aux supplices. Des raffinementg de cruauté étaient exercés sur eux. Les victimes semblaient les braver avec fierté, en se donnant bien garde de faire entendre aucune plainte.
Leg Aborigènes du Canada.
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[2] Respect pour les morts.
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Vie privée. Education des enfants.
Occupations.
Médecine.
Etat social. Conseil, Festin, Guerre : (haut, rmes, Vie publique. Attaque.
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