‹ Histoire du Canada, pour les enfants, à l'usage des écoles élémentairesChapitre 21 sur 45 · Le Gouverneur, M. de Callière, suivit le même · texte numérisé non relu

Le Gouverneur, M. de Callière, suivit le même

Î)lan que le comte de Fi-ontenac dans ses rapports avec es Indiens. Il s'efforça de décider les Iroquois à rompre avec les Anglais, et aussi à être en paix avec les Illinois et autres tribus de l'ouest, amis des Fran çais. Vers cette époque, les Fi-ançais avaient gagné à leur parti presque toutes les tribus Indiennes de la région des lacs et celles des vallées de l'Ohio et du Mississipi. Les L-oquois s'étaient querellés et battus avec une grande partie de ces peuplades. Quelquesunes se querellaient aussi entre elles, et beaucouj^ des guerriers d'une tribu tombés au pouvoir de ceux de l'autre étaient retenus en captivité.

Callière avait à cœur de conclure une paix générale et de faire rendre les captifs. Dans ce but, il parvint à convoquer une grande assemblée des guerriers Indiens. Cette assemblée se tint à Montréal en ITOl ; plus de 1200 chefs et guerriers j assistaient. Les réjouissances et les festins durèrent plusieurs jours. On prononça des discours, et il y eut échange de colliers de icampum et autres articles. Ensuite, on fuma le calumet de paix. Le gouverneur fuma le preinler, puis vint le tour de ses principaux ofiâciers et des dilférents chefs. En somme, ce fut une très-grande affaire dont la conclui^ion fut que tous convinrent de maintenir la paix et de rendre les captifs. Ces résolutions prirent plusieurs jours, et les réunions n'étaient pas arrivées à leur fin que Kondiaronk mourut. Le iameux ehef Iluron faisait une liarangue, lorsque les assistants le virent pris d'une indisposition subite et tomber. Il n© vécut que peu d'heures après. Ses

restes furent suivis jusqu'à la tombe par les officiers et soldats français, ainsi que par les guerriers indiens. Les Français le regrettèrent beaucoup; ils l'avaient surnommé "^e Raf à cause de son caractère rusé.

15*7. Le gouverneur de Callière mourut à Québec, en mai 1Y03. On ne dit rien de la cause de sa mort» A cette époque, il y avait beaucoup de maladies au Canada. De fait, pendant cinq ans, de 1*701 à 1Y06, la variole et l'affection qu'on appelle dyssenterie y sévirent cruellement et firent de nombreuses victimes. En une seule année, de 1*702 à 1*703, ces maladies furent, dit-on, fatales à près d'un quart de la population de Québec. Les tribus Indiennes d'un bout à l'autre de l'Amérique du Nord en souffrirent aussi beaucoup dans le même temps.

CHAPITEE XXXIir^ Cinquante ans plus tard.

Après- la période historique dont nous avons patlé sous le titre ^' d'Age héroïque du Canada/' l'état des affaires fut un peu plus calme pendant environ cinquante ans. Mais ce serait fatiguer le jeune lecteur que de s'étendre sur toutes les particularités relatives à ce laps de temps. Dans ce chapitre et dans le chapitre suivant, nous nous contenterons donc de mentionner celles qui semblent les plus essentielles et les plus intéressantes.

Les scènes de désordre et de carnage étaient alors beaucoup moins communes. On ne voyait plus les guerriers iroquois se répandre dans les campagnes, et rôder, comme des loups affamés, autour des établissements. Le peuple pouvait aller cultiver ses teires sans avoir dos soldats pour le garder. AutrefDÎs, comme nous l'avons déjà fait connaître, le colon avait à emporter sps armes de guerre pour se rendre aux inte d'attaques soudaines pendant qu'il

était au travail. On pouvait obtenir de meilleures récoltes, parce que les hommes n'étaient plus requis de marcher au combat. Autrefois, en leur absence, c'étaient les femmes et les enfants qui avaient à s'occuper des travaux champêtres. Les dames mêmes, femmes et filles d'hommes de noble naissance, étaient souvent obligées do se livrer à ce genre de labeur. Si elles ne l'avaient fait, beaucoup de familles aiu-aient péri faute de nourriture; car au temps des semailles et au temps de la moisson, il arrivait souvent que tous les hommes en état de 2:)orter les armes étaient absents de leurs foyers. Depuis 1690, il ny avait eu aucune nouvelle attaque sur Québec. Une tentative faite en

Cahimet.

niO par une flotte anglaise sous l'amiral Walkerdans le but de remonter le St. Laïu'cnt et de prendre la ville, échoua complètement. Les tempêtes survenues dans le golfe ruinèrent la flotte dont une partie se brisa contre les rochers, et perdit un nombre considérable d'hommes. En même temps, une armée sous les ordres du général Nicholson se portait sur le Canada i)arvoie du lac Champlain ; mais elle ?^o retira aussi sans avoir causé aucun mal à la colonie.

Après ces tentatives, les deux mères-patries firent la paix en 1713, et alors le Canada jouit d'une tranquillité contmu^ pendant plus de 30 ans.

Les gouverneurs du pays, dans l'espace de ces 30 ans, furent le marquis de Yaudrcuil jusqu'en 1725, et

le marquis de Beauharnais de 1*725 à 1747; ce dernier fut suivi des gouverneurs la Galissonnière, la Jonquière et JDuquesne. Le commencement de l'administration du marquis Duquesne date de 1752.

Durant cette période de temps, les Iroquois montrèrent des dispositions de plus en plus amicales envers les Français. On ne put, il est vrai, les décider à prendre ouvertement parti contre les colons anglais, mais ils demandèrent des missionnaires et prouvèrent par d'autres indices qu'ils étaient animés d'un bon esprit. Parfois, des Finançais même devinrent membres de leurs tribus et vécurent au milieu d'elles en se conformant à leurs usages et à leur genre de vie. Ceux qui étaient ainsi adoptés ne manquaient pas de chercher à leur persuader de favoriser les colons français de préférence aux colons anglais.

Un des cas d'adoption les plus curieux est celui du prêtre Milet, le même qui, avec Lamberville, fut impliqué dans l'affaire de l'arrestation des chefs Iroquois par Denon ville. Les Iroquois avaient résolu de le torturer et de le tuer. On le conduisait au lieu du supplice lorsqu'une Iroquoisede plus de 80 ans s'avança. Elle déclara qu'il fallait que Milet fut épargné pour devenir son neveu adoptif, en remplacement de celui qui avait été tué. Conformément à la coutume indienne, sa demande fat agréée, et Milet fut ainsi sauvé d'une mort douloureuse. Il passa le reste de ses jours avec les sauvages qu'il s'efforça d'instruire dans la religion, sans oublier non plus de les bien disposer en faveur des Français. Il reste à conter un épisode remarquable de cette histoire. Milet vécut peut-être encore une vingtaine d'années, mais l'Iroquoise vécut beaucoup) plus longtemps. Vers 1742, sous le Gouverneur Beauharnois, alors qu'elle avait atteint l'âge avancé de 138 ans, elle vint à Québec, en visite. Son extrême vieillesse, aussi bien que sa conduite passée et son histoire, la fii-ent traiter avec la plus grande bonté et le plus profond respect. Après avoir vu le gouverneur €t d'autres personnes notables, elle alla aux Ursulines.

Les Dames religieuses fui*ent enchantées de converser avec elle, parce qu'elle vivait au temps où la fondatrice et la première Dame Supérieui-e de leur couvent étaient venues se fixer au Canada. Tous les événements de ces premiers temps lui étaient familiers. Comme elle était chrétienne, peut-être tenait-elle tout ce qu'elle savait de la bouche des missionnaires qui avaient visité les Iroquois, ainsi que de celle des guerriers qui avaient eux-mêmes été à Québec. Peut-être aussi y était-elle déjà venue elle-même. Quoi qu'il en soit, il faut qu'elle ait été en état de causer avec les TJrsulines, de Champlain, de Madame de la Peltrie, de Marie de l'Incarnation et des fameux missionnaires Isaac Jûgues, Simon Lemoine, Lamberville et Milet. Ces détails doivent avoir été particulièrement agi*éables aux Ursulines qui, sans aucun doute, la questionnèrent sui* les événements intéressants du temps des Tracj, des Coui-celles, des Denonville, des Frontenac et des Callières, qui tous avaient eu beaucoup à faire avec les Iroquois. On ignore aujoui'd'hui ce que devint plus tard cette vieille femme.

160. Sous l'administration des cinq gouverneiu'S mentionnés dans ce chapitre, il y avait siu'tout deux points sur lesquels les colons Anglais et les colons Français ne s'accordaient pas, et qui furent pendant longtemps de^*causes de jalousie et de sentiments de malveillance réciproques. ^NTous expliquerons dans le chapitre suivant quelles étaient ces cauées de malheur.

CIIAPITEE XXXIV.

Les colons Anglais et les colons Français revendiquent à la fois la vallée de l'Oliio.

161. En premier lieu, les Anglais et les Français prétendaient, les uns comme les autres, être les pro-

ÎU'iétaires du vaste et magnifique territoire que traverse e cours de la rivière Ohio, et que les Finançais nom-

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