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HISTOIRE DU CANADA POURLES ENFANTS

maient alors la Belle-Rivière. Les Anglais disaient que cette région, la vallée de VOhio, était une portion de leur colonie, la Virginie, et les Français, au contraire, niaient qu'il en fût ainsi, puisque le territoire Anglais ne s'étendait pas vers l'ouest au delà des monts Alléghanys. Pour appuyer leurs prétentions, ils avaient construit une ligne de forts, ou de postes de trafic, à partir de la rive sud du lac Erié et le long d'une petite rivière connue sous le nom de rivière Beef ou rivière française, dont les eaux se déversaient dans rOliio à un endroit où ils élevèrent un fort du nom d» Venaugo. Le jeune lecteur devra consulter la carte au sujet de ces divers endroits.

Plus tard, les Français bâtirent, un peu plus bas sur rOhio, et près du lieu où la rivière Monongahela s'y jette, un autre fort nommé le fort Duquesne, depuis, Pittsburg.

Défense était alors faite aux Anglais de s'avancer à l'ouest au delà des Monts Alléghanys. Mais leurs trafiquants ne tenant nul compte de la défense, on leur enjoignait de se retirer, ou bien on les arrêtait et leurs marchandises étaient saisies. De leur côté, les Anglais expédiaient des troupes chargées de protéger les commerçants et de sommer les Français d'avoir à s'éloigner. Il était aisé de voir qu'un pareil état de choses aboutirait à quelque conflit sanglant.

Les querelles et les jalousies avaient pour seconde cause le trafic avec les tribus de l'ouest. Les Anglais établirent des lignes de défense ou redoutes depuis la rivière Hudson jusque vers la rive sud du lac Ontario où ils avaient un poste fortifié appelé Chouagen, dejDuis Oswego. Mais pour arrêter tout trafic entre les Anglais et les Indiens de l'ouest, les Français avaient le fort Frontenac ou Cataracoui (Kingston) sur la rive nord du même lac Ontario. Ils avaient beaucoup d'autres postes situés à différents points plus reculés vers l'ouest. Les colons Anglais et les colons Français ne cessaient de chercher à enchérir les uns sur les autres dans les achats de 'fourrures qu'ils faisaient aux chas-

senrs indiens, et à gagner les tribus à leur parti respec* tif. Les Français, grâce à leurs missionnaires, étaient ceux qui gagnaient le plus de faveur auprès des tribus sauvages. A peine les Anglais pouvaient-ils empêcher les Iroquois de ne plus être leurs alliés. Tel était l'état des affaires, lorsque les colons en vinrent aux mains, sur les bords de l'Ohio. Chaque parti envoya alors des Gorps de troupes considérables combattre au sujet des territoires en litige. Plus tard, les deux mèrcs-pati'ies se mêlèrent à ce conflit qui amena de graves événements et finit par la ruine de la Xouvelle-France.

CHAPITEE XXXY.

Washington et Jumonville. — Le Fort Nécessité. — Le Capitaine Eobert Stobo.

163. En 1T53, un jeune major des milices de la Virginie fut envoyé dans \a vallée de l'Ohio. C'était George Washington qui depuis fut le premier président des Etats-Unis. Washington avait pour instructions d'exif er des Français l'évacuation de la vallée de l'Ohio, et de se mettre à la recherche d'endiv^its où il serait bon d'avoir des forte. Après avoir fait choix d'une place qui lui parut bonne, il reprit la route de la Virginie. L'année suivante, lorsqu'il revint avec un corps de troupes considérable, il trouva que la place choisie par lui était déjà occupée par les Fi-ançais. C'était celle dont nons avons parlé dans le chajDiti'e précédent comme servant de site au fort Duquesne. Washington pensait que c'était le meilleur endroit où l'on pût établir un poste destiné à empêcher l'ennemi de pénétrer par le nord dans la vallée de l'Ohio. Cependant, comme les Français en avaient pris possession, il revint un peu sur ses pas en suivant la rive de la 3Ionongahéla et bâtit le Fort Nécessité.

164. A une époque plus avancée de la même année 1*754, un détachement de milices françaises stationnées

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