‹ Histoire du Canada, pour les enfants, à l'usage des écoles élémentairesChapitre 23 sur 45 · UISTOIRE DU CANADA POUR LES ENFANTS · texte numérisé non relu

UISTOIRE DU CANADA POUR LES ENFANTS

au fort Duquesne, et commandé par un jeune officier îiommé Jumonville, traversait la forêt dans le but de chercher à parlementer avec les Anglais et de les sommer de se retirer.

Le 18 mai, de grand matin, Jumonville et ses hommes se virent cernés par les troupes du major Washington. Jumonville s'avançait pour présenter son message, lorsque les hommes de Washington firent feu. X/e capitaine français fut tué avec neuf des siens, et tous les autres furent fait prisonniers, à l'exception ■d'un seul qui se sauva et vint apporter au fort Duquesne la nouvelle de l'affaire. Les I^^ançais déclarèrent que Washington avait commandé à ses hommes de faire feu.

165. M. de Contrecœur, qui commandait au fort Duquesne, et M. de Yilliers, frère de Jumonville, qui s'y trouvait aussi, dirent -que c'était un assassinat, Yilliers fut chargé d'aller avec 700 hommes, tant Canadiens que sauvages, venger la mort de son frère. Arrivé sous le fort Nécessité, à la fin du juin, il le fit investir par ses troupes qui, abritées derrière les arbres de la forêt, se mirent à faire pleuvoir de toutes parts une grêle de balles sur les assiégés. Après un combat acharné de 10 heures, Washington vit que son poste n'était pas tenable, vu que le terrain du fort était moins élevé que celui d'où combattait l'ennemi. Il avait perdu 90 hommes. Il capitula donc. Lui et ses miliciens devinrent prisonniers de guerre; mais la liberté leur fut accordée, à condition qu'ils quitteraient le territoire.

166. On fit grand bruit en Europe et en Amérique, à propos des deux affaires que nous venons de raconter. Les Anglais dirent que la mort de Jumonville était le résultat de sa témérité et la faute de ceux qui l'avaient chargé d'une pareille mission. Les Français nièrent l'assertion, et continuèrent à traiter l'affaire de guet-à-pens. Les Anglais blâmèrent aussi les Français d'avoir attaqué le fort î^éce&sité, et ne voulurent point admettre que les conditions acceptées par Washington ■devaient être observées. Quoique l'Angleterre et la

France fussent alors en paix, ces deux pnissancesenvoyèrent des troupes en Amérique pour donner mainforte à leui's colons respectifs.

167. Après la prise du fort Xécessité, de Yilliers demanda au major AYashington deux otages que les- Français retiendraient comme garantie que les termes^ de la capitulation seraient fidèlement observés. L'un des deux était le Capitaine Bohert Stobo. Il fut logépendant quelque tem]^)6 au fort Ihiquesne d'où on le transféra à Québec. On verra que Stobo ne se considérait pas comme engagé par les règles d'homjiem' que suivent généralement les otages, tout le tem-.:s qu'ils restent entre les mains de l'ennemi.

CHAPITEE XXXYI.

1 8 Général Braddock et M. de Beaujeu. — L'otage Robert Stoba condamné à mort.

1G8. L'Angleterre et la France, sans s'être déclaré la guerre, faisaient l'une et l'autre des préparatifs et envoyaient des troupes en Ainérique.

Les forces anglaises étaient sous les ordres du général Braddock, ofl&cier plein de bravoiu-e, mais tout-àfait incapable de conduire des oj^érations militaires contre la milice canadienne et des sauvages habitués à combattre dans les forêts de leur pays.

Braddock partit de la Yirginie et se dirigea vers rOliio. En approchant de la rivière Monongahéla, ses soldats s'avancèrent, les rangs serrés, au son des tambours et des trompettes, absolument comme s'ils eussent servi en Europe. "Washington, qui avait alors le grade de colonel, se trouvait avec le général Anglais et lui offrait des avis. Mais, loin de les suivi-e, Braddock s'en montra choqué. Il ordonna à TTashington de rester en arrière avec ses milices sm- le bord de la rivière, tandis que lui la traverserait avec ses soldats^ poui' livrer bataille de l'autre côté.

Les Français, stationnés au fort Duquesne, eiirent connaissance de la venue de Braddock. Ils avaient mis aux aguets des sauvages connus sous le nom d'éclaireurs, qui les informaient de tous les mouvements de l'ennemi.

169. Le 9 juillet 1155, un corps de Canadiens et de sauvages, sous M. de Beaujeu, attaqua l'armée anglaise de front et sur les deux ailes à la fois. Les troupes de Braddock marchaient, en colonnes serrées, le long d'un passage étroit de la forêt. Leurs ennemis cachés derrière les arbres et les buissons entretenaient contre elles un feu bien nourri. Inaccoutumées qu'elles étaient à cette façoû de combattre, elles ne purent donc guère que faire hardiment face aux endroits d'où venait la mousqueterie, perdant 20 hommes peut-être contre un canadien ou un sauvage qu'elles réussissaient à atteindre. Bien qu'elles eussent tenu bravement tête aux assaillants pendant plus de deux heures, leur courage fut presque inutile, puisqu'elles échouèrent dans leurs tentatives d'arriver à l'ennemi. Les Anglais perdirent plus de soldats que l'armée entière de Beaujeu ne comptait d'hommes. Finalement, ils s'enfuirent du côté de la rivière, poursuivis de près par les Français et les Sauvages. Tandis que les premiers don|iaient la chasse aux fuyards terrifiés, les Sauvages s'occujoaient à achever les blessés et à enlever des chevelures. Beaucoup de soldats se noyèrent aussi en traversant la Monongahéla, et, sans la présence de "Washington et de ses miliciens postés au bord de la rivière, peut-être auraient-ils tous péri. Braddock lui-même, mortellement blessé, fut transporté dans une voiture à bagages parmi les fugitifs. Il mourut bientôt après. Le commandant français avait été tué dès le commencement de l'action. L'armée victorieuse prit une grande quantité d'armes, de munitions, d'habillements et autre butin.

Celles des troupes de Braddock qui n'avaient pas assisté à la bataille se replièrent en hâte sur la Virginie. Ainsi finit 1^ seconde tentative que firent les Anglais

pour s'assui'er par la force des armes un établissement dans la vallée de l'Ohio.

170. A la bataille de la Monongabéla, les papiers du général Braddock tombèrent entre les mains des Français et fui-ent expédiés à Québec. On y trouva des rapports écrits que l'otage Stobo avait réussi, quelque temps auparavant, à faire parvenir aux Anglais. Stobo rendait compte de l'état des travaux qui protégeaient le fort Duquesne et donnait des avis sui- d'autres positions qu'occupaient les Français. En conséquence, il fut accusé d'espionnage, puis jugé et condamné à mort. Il trouva néanmoins lès moyens de s'évader de la prison où il était détenu à Québec, et de s'enfuir à Halifax où il arriva sain et sauf. Xous veiTons que ce même Stobo était de nouveau à Québec, lors du siège de cette ville par les Anglais, en 1759.

CHAPITEE XXXYH.

Les généraux Johnson et Dieskau. — Les IndiêÏÏS»

171. Dans le cours de la même année 1755, les colons Anglais envoyèrent une armée attaquer les Français sui' le lac Champlain. Ceux-ci y possédaient une forteresse nommée St. Frédéric ; il y avait aussi un autre poste connu sous les noms de Carillon et Ticonderoga, situé, à une petite distance, au sud du lac Champlain, sui' la pointe de terre qui sépare ce lac du lac St. Sacrement. Ils y placèrent de l'artillerie, des provisions et des hommes.

172. Les ti'ouj^es envoyées de France poui' secourir les Canadiens étaient commandées par le baron Dieskau. Ce général se dirigea vers le lac Champlain avec trois mille hommes, tant soldats que milices et Indiens, dans le but d'empêcher que les j^ostes St. Fi-édéric et Ticonderoga, défendus seulement par des forces peu considérables, ne tombassent au pouvoir des Anglais. Il arriva à temps. Les Anglais, dans leui' marche vers

le nord, n'avaient encore atteint qne la pointe sud du lac St. Sacrement.

Dieskan porta alors une partie de son armée au delà du lac St. Sacrement, afin de tomber sur le fort Ly;diu8 que les Anglais venaient de construire. En route, il rencontra une partie de l'armée anglaise, sous 1^

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