‹ Histoire du Canada, pour les enfants, à l'usage des écoles élémentairesChapitre 29 sur 45 · HISTOIRE DU CANADA POUR LES ENF^'.* TS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU CANADA POUR LES ENF^'.* TS

rent à s'échapper en gagnant le poste anglais le plus proche. L'officier qui avait donné cet ordre cruel et l'homme qui l'avait mis à exécution n'eurent pas honte de raconter à leurs camarades ce qui s'était passé. Quand même on dirait, à titre de défense de leur conduite, que cet acte de leui' part était nécessaire pour !es sauver du danger d'être tués et scalpés, il serait aisé de répondre qu'ils auraient pu bâillonner l'enfant, et ainsi arrêter ses cris. Mais la pensée qui vint le plus promptement à des esprits aussi cruels fut d'étouffer ces cris dans la mort.

L'autre histoire a trait à la manière étonnante dont échappa aux Indiens de Montcalm un Anglais dont le nom devint plus tard fameux par tout l'univers.

Dès le commencement des opérations du siège, l'amiral ordonna de faire des sondages qui permissent de relever la profondeur de l'eau entre le bout de l'île d'Orléans et les battures de Beauport, en avant des retranchements français. Il y avait à bord d'un des vaisseaux de la flotte un jeune homme nommé James Cook. C'est à lui que fut confié la tâche d'effectuer ces sondages, tâche très-difficile et très-périlleuse, qui ne pouvait se faire que dans la nuit. Cook était alors quartier-maître sur un bâtiment de guerre, où on l'avait déjà remarqué pour ses habitudes prudentes, son courage et son habileté. Il se mit à l'œuvre avec joie. Seul dans un bateau qu'il dirigeait à l'aide d'avirons ouatés et protégé par les ombres de la nuit, il avait presque terminé son travail, lorsqu'il fut aperçu de quelques Indiens qui se trouvaient sm* la rive. Les Sauvages saisirent un canot et le firent glisser comme un trait vers le lieu où était Cook. Celui-ci, les entendant venir, se mit à ramer de toutes ses forces du côté de l'île. Il l'avait à peine atteinte, qu'ils étaient derrière lui. Aussi, il l'échappa belle. L'avant de son embarcation ne faisait que de toucher la rive, lorsque les Sauvages sautèrent dedans à l'arrière. Lui, au même instant, sauta à terre par l'autre bout et sauva sa vie en courant aux avant-postes du camp anglais.

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Ce jeune homme fut le grand capitaine Cook, tué 20 ans plus tard,par les natui*els d'une île deb mers du Sud.

CHAPITEE XLII.

Première bataille des Plaines d'Abraham. — Mort des généraux Montcalm et Wolfe. — Prise de Québec.

191. Yers la fin d'août, Wolfe tint conseil avec ses principaux officiers au sujet d'mi plan qui forçât Montcalm à faire sortir son armée poui* livi-er bataille. Ce plan consistait à remonter le fleuve au-dessus de la cité, puis à efl'ectuer de force un débarquement près des Plaines d'Abraham. On pensait que, dans ce cas, il était certain que Montcalm quitterait ses retranchements.

192. Dans le cours des premiers joui-s de septembre, la plus grande partie de l'armée anglaise fut rassemblée à la Pointe-Lévis. De là, les troupes se mirent en marche le long de la riv,e sud du St. Laui'ent jusqu'à ce qu'elles fussent arrivées à quelques milles plus haut que la ville. Des navires et des chaloupes avaient déjà été envoyées sui* ce point pour les recevoir et les traverser à la rive nord. Par suite du mauvais temps, il y eut du délai jusqu'à la nuit du 12 septembre; mais cette nuit venue, les soldats furent placés dans les chaloupes et à bord des navires. On redescendit le fleuve en silence, à la faveur des ténèbres, jusqu'à ce qu'on fut à environ un mille et demi de Québec. Là, se trouvait un lieu de débarquement, depuis nommé l'anse de AYolfe, d'où un sentier étroit, raboteux et gardé au sommet par un petit détachement de soldats français, conduisait aux Plaines d'Abraham.

On ne perdit pas de temps à opérer le débarquement et à faire monter les hommes un à im. Quelques coupa de feu fui-ent tirés par les soldats du poste français; mais leui" chef dormait, et tous fureut aisément faits

prisonniers par les premiers Anglais qui atteignirent le haut du roc.

Le 13 septembre 1*759, dès les pi'emières lueurs du jour, les troupes de Wolfe, au nombre de 4800, tant officiers que soldats, étaient toutes débarquées sans encombre aux Plaines d'Aoraham. Bientôt elles se rangèrent en ordre de bataille, et se mirent en marche vers Québec.

193. Lorsque Montcalm apprit que les Anglais avaient débarqué au dessus de la cité, il fut surj^ris au point de pouvoir à peine le croire. Cependant il fit à l'instant sortir son armée et la conduisit à leur rencontre. Il avait dit auparavant que si Québec venait à tomber, c'en était fait de toute la colonie, mais que pour lui, il s'ensevelirait sous ses ruines.

Montcalm avait avec lui à-peu-pros sept mille hommes. Environ deux mille de plus étaient absents sous le commandement de M. de Bougainville. Il les avait envoyés quelque temps auparavant pour s'ojoposer précisément à ce qui venait d'arriver, c'est-à-dire, au débarquement des soldats anglais sur la rive nord du fleuve; et, malheureusement, ces hommes étaient maintenant à bien des milles au-dessus de l'endroit où l'on avait le plus besoin do leurs services. Le général français qui ne voulait pas laisser à Wolfe le temps de fortifier sa position actuelle, n'attendit pas que Bougainville l'eût rejoint. Il engagea donc l'action sur-lechamp. AVolfe se sentait trop heureux d'obtenir ce qu'il avait tant désiré toute la saison.

Sur l'ordre de Montcalm, les tambours et les trompettes sonnèrent la charge. Ses troupes s'avancèrent courageusement contre les Anglais jusqu'à ce qu'elles n'en fussent plus qu'à quarante pas. Alors les hommes de Wolfe firent feu. Le général leur avait ordonné de ne pas tirer avant que les Français fussent arrivés à cette distance. Il leur avait aussi recommandé de mettre deux balles dans leurs mousquets avec double charge de poudre. Le choc fut si grand et si terrible que les Français ne purent plus faire t in pas en avant.

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