‹ Histoire du Canada, pour les enfants, à l'usage des écoles élémentairesChapitre 30 sur 45 · HISTOIRE BU CANADA POUR LES ENFANTS · texte numérisé non relu

HISTOIRE BU CANADA POUR LES ENFANTS

Ils lâchèrent pied, lentement d'abord, puis en hâte et en désordre, serrés de près par les Am^lais. Bientôt, ce fut une déroute. Ils s'enfuirent de tous les points du champ de bataille vers les portes de 'a ville et vers un pont de bateaux qu'on avait jeté sui' la rivière St. Charles-

Monument de "Wolfe. Plaines d'Abraham.

'• Hère died Wolfe victorious."

195. A partir du moment où la bataille B'était sérieusement engagée, il ne s'écoula guère que quelques minutes. Cependant, les pertes furent considérables de part et d'autre. Les Anglais perdirent plus de 650 hommes, tués et blessés. Au nombre des premiers

fut le général "Wolfe lui-même. Il avait reçu trois blessures, et il fut porté à l'arrière-garde pour mourir.

Avant d'expirer, on lui dit que les Français avaient pris la fuite : Eli bien, Dieu soit loué, dit-il, je meurs content.

Du côté des Français, la perte fut de plus de 1200 hommes, tant tués que blessés et^prisonniers. Quelquesuns des officiers français faits prisonniers craignaient d'être maltraités à cause du massacre commis lors de la capture du fort George, en 1757. Ils allèrent donc trouver les officiers anglais, le chapeau à la main, déclarant qu'ils n'assistaient pas à cette affaire.

Le général Montcalm fut plusieurs fois blessé dans l'action. Il eut le bras cassé, et, tandis qu'il cherchait à rallier ses soldats en désordre, il reçut une blessure mortelle dans les reins. Il vécut jusqu'au lendemain matin. Le médecin qui le soignait ayant dit qu'il n'avait plus que quelques heures à vivi-e, tant mieux, dit-il, je ne serai pas témoin de la chute de Québec. Une autre fois, il dit aux officiers réunis autom^ de sa couche: Messieurs, je vous souhaite bien de sortir de vos tribulations ; quant à moi, je meurs et je désire passer la nuit avec Dieu.

Les restes de Wolfe furent transférés à bord d'un vaisseau anglais et portés en Angleterre. Le corps de Montcalm fut enseveli, la nuit du 14 septembre, dans la chapelle du couvent des Ursulines.

196. Cinq jours après la bataille, Québec capitula. C'est ainsi que, le 18 septembre 1759, l'ancienne capitale de la I^ouvelle-France tomba au pouvoir des Anglais.

CHAPITEE XLIII.

Seconde bataille des plaines d'Abraliam. — Les généraux Murray et Lévis. — Le général Amherst. — Fin de la Nouvelle-France.

197. Au commencement du printemps de 1759, les Français firent de grands efforts pour reprendre Québec. Le général Anglais Murray y commandait.

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L'année française, sons de Lévis, descendit de ]Montroal, et atteignit Ste. Foye, près de Québec, le 28 avril, La veille seulement, Murray avait eu vent de sa venue, et cela d'une manière bien curieuse. La rivière charriait d'énormes masses de glaces. Quelques soldata

Xonmneat de Léris et de Mmray snr le chemin dé Ste. Foje„

aperçurent un homme qui se cramponnait à l'un des glaçons. Ils l'amenèrent à terre et le conduisirent devant le général Murray. Il se trouva que c'était un soldat qui, par accident, était tombé dans le fleuve, à quelque distance plus haut. Il avait alors monté sur nn gros glaçon qui l'avait descendu à l'endroit où les eoldats anglais venaient de l'apercevoir. En le qucs-

tionnant, Murray apprit que de Lévis était tout proche avec une armée de TOGO.

Le hasard voulut qu'un grand nombre des hommes de Murray fussent alors retonus au lit à Québec pour cause de maladie. Mais le général appela tous ceux qui étaient en état de combattre, et se mit en marche à la rencontre de Lévis. La bataille fut longue et sanglante. Murray perdit environ 1000 hommes et fut contraint de battre en retraite et de se retirer dans l'enceinte des murs de la ville.

De Lévis, après sa victoire, se mit à assiéger la place. Mais l'espoir qu'il avait de la prendre ne tarda pas à s'évanouir. Des vaisseaux de guerre anglais se présentèrent en vue de Québec. De Lévis s'aperçut qu'ils arrivaient. Il se retira donc aussi vite qu'il put, vers Montréal C'était à peu près dix jours après la bataille. L'action qui s'engagea entre les généraux de Lévis et Murray n'eut pas lieu précisément sur le même terrain que celle de l'année précédente, mais ce fut à une faible distance de là, et on lui donna le nom de " Seconde bataille des plaines d'Abraham." Le point où les pertes furent le plus considérables est maintenant indiqué par un beau monument. Audessous gisent les ossements d'un grand nombre de ceux qui furent tués. A plus d'un mille de là, s'élève un aatre monument érigé à l'endroit où mourut le général "Wolfe. En suivant les deux routes qui mènent à l'ouest de Québec, on voit ces deux monuments tout à côté du chemin. Ils servent à rappeler le souvenir des deux " Batailles des plaines " livrées il y a plus de 100 ans.

198. En septembre 1760, le gouverneur de Yaudreuil et le général de Lévis étaient à Montréal avec les débris de l'armée française. Ils avaient lieu de penser que les derniers jours de la Nouvelle-France approchaient. Outre qu'ils n'ignoraient point que tout espoir d'obtenir des secours de France était perdu, ils savaient qu'il n'y avait pas moins de trois armées anglaises en marche contre eux.

Le général Amherst, qui avait le commandement en chef des Anglais en Amérique, s'était emparé de Ticonderaga et du Fort Frédéric. De là, il s'était porté sur le lac Ontario où il se préj^arait à faire descendre environ 15000 soldats à Montréal par la voie du St. Laurent. Après lui, le Colonel Haviland, à la tète de 2000 hommes, se dirigeait sm' le même point par la rivière Eicholieu. A son approche, les Français abandonnèrent leurs forts de l'Ile-aux-noix, St. Jean, Chambly et Sorel. Enfin le général Murray remontait en même temps de Québec, le cours du St. Lam-ent a-vec son armée. Lorsque toutes ces forces se trouvèrent réunies le 8 Septembre, près de Montréal, de Yaudreuil et de Lévis comprirent qu'il serait inutile de chercher à leui' résister. Ils se rendirent donc avec leui's troupes et la ville de Montréal, au général Amherst à qui ils fii'ent en même temps la cession de tout le Canada.

199. De Lévis avait l'esprit fier et bouillant. On lui avait dit qu' Amherst refusait d'accorder aux Français les honneurs de la guerre, c'est-à-dire, le droit, avant de devenir prisonniers de guerre, de quitter leurs quartiers, au son de la musique et avec leui's armes et leurs drapeaux. Là dessus, son indignation éclata. Il déclara qu'il ne se soumettrait point, qu'il se retirerait avec ses soldats dans l'ile Ste. Hélène et qu'il y combattrait jusqu'à la dernière extrémité. En vain, de Yaudreuil lui représentait-il qu'il fallait céder, de Lévis persistait dans son refus. Enfin, sur l'ordre formel du gouverneur et au nom du roi de Fi-ance, il n'osa pas résister davantage. Une résistance plus longue n'aurait eu pour conséquence que de sacrifier une grande partie de ses troupes ; qu'auraient pu faire en efiet si peu de monde contre 20,000 soldats anglais ?

200. Avant la clôture de la navigation, les officiers et les soldats français, le gouverneur et Tintcndant, ainsi que d'autres personnes ati service du roi Louis XY fui'cnt embarqués à bord de vaisseaux anglais et envoyés en Fi-ance.

Le Canada ceHsa dès lors d'être le théâtre des batailles. Mais en Europe, la guerre entre les deux mèrespatries dura encore deux ans.

CHAPITEE XLTY.

Le Canada sous la domination anglaise. — ^Ponthiac.

201. En l'année 1^63, un traité de paix fut conclu entre l'Angleterre et la France ; il y était stipulé que le roi de France Louis XY cédait le Canada au roi d'Angleterre George III. La colonie comptait alors une population de 65,000 âmes, non compris les Indiens. Tous ceux qui voulurent s'en aller en obtinrent la permission. Mais ceux qui restèrent, ainsi que tous ceux qui vinrent ensuite au Canada, devinrent sujets anglais. Sans doute, il parut d'abord étrange aux Canadiens-Français d'être sous tout autre souverain que le roi de France. Nous-mêmes, nous serions également étonnés, si tout-à-coup nous ne nous trouvions plus les sujets de la bonne reine Yictoria. Peutêtre les Canadiens se seraient plus souciés du changement qu'ils ne firent si Louis XY avait été un bon roi. Mais il était loin de l'être. Il n'avait pas bien agi a l'égard des Canadiens ni des Acadiens; sous d'autres rapports aussi, il ne méritait guère amour et respect. Les Canadiens-Français en vinrent donc avec le temps à être au moins aussi loyaux envers George m qu'ils l'avaient été envers leur ancien roi.

Tout le Canada prit alors le nom de Province do Québec. Il fut divisé en trois districts, savoir : Québec, Trois-Eivières et Montréal. Le général Murray fut nommé gouverneur.

202. Quant aux Indiens, ils ne se montrèrent pas aussi favorables à leurs nouveaux maîtres qu'ils l'avaient été à leurs anciens ofîiciers français et missionnaires. Ces dispositions devinrent bientôt évidentes ; car tou3 les forts et les postes de trafic avaient été confiés à des

officiers et à des soldats anglais. Les Indiens manifestèrent leur chagrin lorsque les officiers se séparèrent d'eux. Un an seulement s'était écoulé depuis la conclusion du traité qui avait fait du Canada une province anglaise, lorsque les sentiments des Indiens se révélèrent par des actes qui causèrent bien des tribulations et firent bien des victimes.

203. Un chef des Sauvages outaouais, nommé Pontbiac, avait été grand ami des Français. Il avait mené ses guerriers combattre pour eux contre l'arméu de Braddock, in 1755. A d'aiitres époques postérieures, il avait combattu à leurs côtés. Lorsqu'il eut appris que les forts et les postes français de l'ouest étaient remis aux Anglais, il conçut le projet de les reprendre et de chasser les Anglais du pays. C'était, parait-il, un sauvage remarquable, plus remarquable même que Garakonthié et Kondiaronk dont nous avons fait mention dans ce livre. Il réussit à gagner en faveur de ses j)lans presque toutes les tribus des grands lacs, à l'est et au sud-ouest, jusqu'au Mississipi, et dans la vallée de rOhio. Il leur promit à toutes le pillage, l'eau-devie, les chevelures et de magnifiques terres de chasse pour les récompenser d'avoir contribué à ramener les Français ; car il n'avait aucun doute que les Français reviendraient, lorsque les Anglais auraient tous été tués ou chassés. Les Iroquois même, ou les cinq nations, furent am.enés à favoriser ses desseins. Pontiac fixa un jour où les tribus des diverses parties du pays devaient tomber sur onze des postes anglais. En même temps, les Sauvages devaient attaquer les frontières de la Pennsylvanie, de la Virginie et de l'Etat de New- York. Neuf des onze ])ostes furent emportés ])ar smqorise et leurs défenseurs mis à mort. L'attaque manqua sur deux points, au fort Duquesne, maintenant Pittsburg, et à Détroit. Les établissements reculés de la Pennsylvanie, de la Virginie et de l'Etat de New- York furent les théâtres de massacres et de cruautés atroces. Il y eut plus de mille personnes assassinées et un grand nombre furent emmenées captives.

A Détroit et dans le voisinage, les conflits sanglants durèrent des semaines. Cependant, ce poste et celui de Pittsbui'g finirent par être sauvés.

Grande fut la sm^prise des Anglais à la vue de ce soulèvement soudain des tribus indiennes. Au bout d'un certain temps, lorsque le premier choc fut passé, ils expédièrent des corps de troupes contre elles. Soit par force, soit par moyens persuasifs, les divers chefs furent amenés à faire la paix et à rendre les captifs qu'ils avaient pris.

Ponthiac lui-même, bien que repoussé, ne fut pas précisément vaincu. Il était toujours l'objet d'une telle considération de la part d'une foule de tribus, que les Anglais pensèrent que le meilleur parti à prendre était de le gagner au moyen de présents. L'affaire se termina donc par une sorte d'amitié douteuse avec lui. Tous les postes qui avaient été pris retombèrent au pouvoir des Anglais. Le fameux Pontiac perdit la vie, quelques années plus tard, à St. Louis sur le Mississipi. Un Sauvage, qui le haïssait, Be jeta sur lui au moment où il n'était pas sur ses gardes, et le tua.

CHAPITEE XLY.

Autre Siège de Québec,

204. La majeure partie de l'Amérique du Nord, depuis le pôle boréal jusqu'au golfe du Mexique, obéissait alors au Souverain de la Grande-Bretagne. La Nouvelle-France était tombée en dissolution et les habitants des vieilles colonies anglaises avaient gagné la Nouvelle-Ecosse, la vallée de l'Ohio et tous les autres territoires au sujet desquels ils avaient coutume de se quereller avec les Français du Canada. En Amérique, ils n'avaient plus d'ennemis pour les inquiéter, excepté peut-être les Sauvages établis sui* leurs frontières.

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Mais, avec le temps, des cause-s de dispute surgirent entre eux et rAngleteri*e elle-mùme. Au nombre de ces causes fui-ent les taxes que les colons prétendaient ne devoir pas être obligés de payer.

205. Enfin, en 1TT5, ils se soulevèrent en armes contre la mère-patrie. Les populations de treize des colonies ou Etats, comme on vint alors à les appeler — vouliu^ent être entièrement indéj^endantes de l'Angleterre. Elles demandèrent aux habitants du Canada de se joindre à elles dans leur rébellion.

Ceux-ci ayant refusé de prendre part à la révolte, les Américains envoyèrent des troupes d'hommes armés pour prendre le pays de force.

Sir Guy Carleton, mi des officiers de ATolfe, était alors gouverneui-, mais il n'avait que bien peu de troupes.

206. En novembre, un officier américain nommé Ai^nold, se présenta à la Pointe-Lévis avec environ mille hommes. Du Maine, il s'était frayé une route à travers le pays, dans l'espoir de s'emparer de Québec par surprise.

Une autre force de 3,000 hommes, sous les ordres du général Eichard Montgomery vint par voie du lac Champlain et de la rivière Eichelieu. Montg^mery connaissait bien la route, car il avait servi, 15 ans auparavant, sous Amherst et Haviland. Il j^rit les forts du Eichelieu et ensuite Montréal. De là, il descendit le St. Laui-ent et vint rejoindre Ai'nold, près de Québec, vers la fin de Xovembre.

207. Durant le mois de décembre, les .Vméricainb maintinrent un état de siège. Privés do grosse artillerie, ils ne pouvaient pas faire grand mal à la 2')lace. Ils essayèrent donc d'y pénétrer de vive force dans la nuit du 31 décembre. La tentative échoua complètement. Arnold fut blessé et Montgomery tué. Le matin du 1er janvier 1776, le corps du général fut trouvé dans la neige. On l'apporta en ville où il fut enterré.

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