‹ Histoire du Canada, pour les enfants, à l'usage des écoles élémentairesChapitre 7 sur 45 · HISTOIRE DU CANADA POUR 1RS ENFANTS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU CANADA POUR 1RS ENFANTS

De la Eoche avait permission d'emmener avec lui environ cinquante condamnés tirés des prisons de France. Il fit donc voile vers l'ouest, et aborda par hasard à JL'Ue-au-Sable, misérable place, couverte de sable et de pierres et complètement dépom-^iie d'arbres. Néanmoins il doit y avoir eu quelque herbage, puisqu'on y trouva des chèvi'es et du bétail courant ça et là, à l'état sauvage. Bien des années avant de la Eoche on avait lâché dans l'île des animaux des espèces que nous venons de nommer. De la Eoche voulut voir quelque chose de la Nouvelle-Fi'ance avant de faire choix d'un lieu de colonisation. Peut-être aussi trouvait-on les condamnés trop incommodes poiu' être laissés à bord tandis qu'on serait à la recherche d'im endroit convenable. Toujoui-s est-il que les cinquante malheureux furent tous mis à terre et abandonnés dans L"ile-au-Sable lors d'une reconnaissance que fit de la Eoche des côtes voisines. Son intention, sans aucun doute, était de revenir les prendre ; mais les tempêtes l'en empêchèrent et poussèrent son vaisseau à travers l'océan sur les côtes de Fi'ance. Là de la Eoche fut saisi par un auti'e seigneur, son ennemi, et retenu en prison plusieurs années. Enfin, il fut relâché et fit connaître l'afiaire des condamnés de L'ile-au-Sable au roi Ilenri IT. Ce prince donna ordre à un ofiâcier de marine du nom de Chédotel d'aller s'enquérir de ce qu'ils étaient devenus.

Chédotel risita l'île et en ramena douze de ces pauvi'es misérables, les seuls qui y fussent restés vivants. Ils avaient un aspect hidoux, et ressemblaient à peine à dei êtres humains. Ils portaient une barbe très longue, ût leurs vêtements consistaient en peaux de loups-marins. Pour abri, ils s'étaient creusé des anti-es dans le sable, et pour nourriture, ils n'avaient eu que du poisson et la chair des animaux qu'ils avaient pu attraper. Quelquefois ils avaient eu la bonne fortune do trouver sui- la côte des morceaux de bois et de métal proTcnant de navires qui avaient fait naufrage. Les plus robustes seuls avaient pu <Êui*vivi'G à une position

si horrible. Il est très probable qu'ils s'étaient querellés et battus, et que les plus faibles avaient succombé sous les coups des autres.

Chédotel ramena donc en France ces douze hommes qu'il présenta au roi avec leurs longues barbes et le même accoutrement qu'ils portaient dans L'île-au-Sable, Henri TV écouta leur histoire et voulut bien leur faire remise de leurs anciens crimes. Chacun d'eux reçut un présent de 50 écus. Sans doute, ils devinrent plus d'une fois après cela d'utiles citoyens ; mais à L'île-au- Sable, ils avaient souhaité revenir à leur ancien état de condamnés dans les prisons de France.

38. Après de la Eoche, d'autres obtinrent d'Henri lY des commissions pour faire la traite à la IsTouvelle- Fi-ance et pour y fonder des colonies. De ce nombre furent le capitaine Chauvin, M. de Monts, et notamment Samuel de Champlain.

Nous n'avons que peu de chose à dire de Chauvin qui ne fit qu'un petit trafic de pelleteries avec les Indiens, princijDalement à la station connue sous le nom de Tadoussac, à l'embouchure de la rivière Saguenay. De Monts et d'autres fondèrent Port-Eoyal (Aîiiiapolis) en Acadie, aujourd'hui Nouvelle-Ecosse. Subséquemment, le même De Monts, Champlain et un autre nommé Pontgravé, tournèrent leur attention du côté du St. Laurent, de manière à amener la colonisation du Canada.

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