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CHAPITRE VIL Les Indiens.—Le commerce des pelleteries

39. Nous trouvons dans l’histoire du Canada qu'il est souvent fait mention des Indiens et du commerce de peaux et de fourrures qui se faisait avec eux. Nous pensons qu’il est bon de leur consacrer un chapitre avant de passer outre.

Pourquoi les naturels de l'Amérique du Nord s’appelaient-ils Indiens ?

Afin de répondre à cette question, le jeune lecteur doit se rappeler que, lorsque Colomb et les autres navigateur de son temps abordèrent pour la première fois dans les îles et sur le continent américain, ils les prirent pour des parties de l’Asie, telle que le Japon, la Chine et les Indes Orientales. On remarqua aussi que les naturels avaient le teint brun, et que, sous quelques autres rapports, ils ressemblaient aux Asia-

Sauvage,

tiques. C’est ainsi qu'on en vint à leur donner à tous le nom d'Zndiens. Meme après qu'on se fut assuré que l'Amérique ne faisait point partie de l'Asie, ce nom donne par erreur aux Sauvages leur resta.

40. Les Indiens dont nous avons a parler 1e1 etaient ceux de la Nouvelle-France. Ils comprenaient un nombre considérable de uribus dont à1l serait fastidieux de citer tous les noms. Les principaies étaient celles des A/gonquns, des Hurons. des Montagnais ec des Outaouais. [] ÿ avait aussi les Micmacs de :à Nouveue-

Ecosse, les Abénaquis de la région maintenant appelée Maine, et cinq tribus très-farouches qu'on nommait les Iroquois.

Les Indiens que Jacques Cartier vit à l'embovchure de la rivière Miramichi et de la Baie-des-Chaleurs étaient des Micmacs. Mais on ne sait pas d’une manière certaine à quelles tribus appartenaient ceux qu’on trouva d’abord à Stadacona, au Cap-Rouge et à Hochelaga. Quelques auteurs pensent que c’étaient des Iroquois qui furent subséquemment chassés par les Algonquins, les Hurons et les Montagnais. |

41. Sous 1 double rapport de l’apparance extérieure et des habitudes, ces Sauvages se ressemblaient beaucoup. Ils avaient la peau d’un brun rougeûtre, la chevelure noire et rude, les joues saillantes, les yeux

erçants et profondément enfoncés dans leurs orbitres.

ls étaient fort agiles et actifs. Les chefs et guerriers ne portaient pas de barbe, et s’arrachaient les poils du visage, C'était aussi chose commune parmi eux de ne garder qu’une touffe de cheveux au sommet de la tête. Ils se barbouillaient le corps de graisse et le bariolaient de peinture ou de couleurs. En hiver, ils avaient pour vêtements des peaux d'animaux sauvages. Ils vivaient principalement de chasse et de pèche. Quelques tribus cependant cultivaient le sol, et récoltaient des courges, des melons et du maïs ou blé d'Inde. Leurs habitations ou wigwams présentaient la forme de tentes, faites de perches et couvertes de feuilles d’écorce. La chasse, la pêche, la guerre; telles étaient les occupations des hommes. Ils considéraient tout travail manuel comme au-dessous de leur dignité; ïls laissaient cela aux femmes, ainsi que le soin des enfants.

Quant au caractère, les Sauvages étaient farouches, “ruels et rusés. Ils oubliaient rarement un affront. is scalpaient les ennemis qu'ils avaient tués, et tortu-

aient ceux qu'ils avaient pris vivants. Ils enduraient ia fatigue, la faim, le froid, les douleurs corporelles sans sourciller, ni se plaindre. Même au milieu des tourments que leurs ennemis leur faisaient souffrir, ils

dédaignaient de laisser échapper d’autres cris que des cris de défi. Au fait, ils se glorifiaient de montrer qu'ils étaient inaccessibles à la souffrance.

À la chasse ot à la guerre, ils faisaient usage da diverses armes: arcs, flèches, couteaux, massues et tomahawks. Quand ils vinrent à connaïtre les Européens, ils apprirent à se servir des armes à feu. Comme

Habitation sauvage.

moyen de locomotion sur les lacs et les rivières, ils avaient leurs canots d’écorce. Ils connaissaient l'usage du tabac, même avant l’arrivée des Européens; en effet, Cartier raconte que l'habitude de fumer était trèscommune parmi eux. En certaines occasions, lors des assemblées de leurs chefs, par exemple, et quand ceux qui avaient été ennemis se réunissaient pour faire la

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paix, ils se servaient d’une pipe enjolivée d’ornements, qu’ils appelaient le calumet, qu'ils se passaient à la ronde et dont chacun à son tour tirait quelques bouffées. S

En dehors des occupations de la guerre et de la chasse, ils passaient la majeure partie du temps dans l'oisiveté. Les Européens leur apprirent l'usage des boissons fortes, et l’ivrognerie devint commune dans toutes les tribus. Ils étaient aussi adonnés à la gour- 1 mandise.

42. Les Indiens croyaient aux rêves, aux présages et aux mauvais esprits. Comme ils étaient païens, ils ne connaissaient pas le vrai Dieu des chrétiens. Néanmoins, ils avaient une sorte de notion d'un Etre PARNÈE dont ils parlaient comme du “ Grand Esprit.”

ous avons parlé ici des Sauvages ou Indiens, parce que personne ne peut parcourir l’histoire du Canada sans en avoir quelque connaissance. Nous pourrions nous étendre plus longuement sur ce point, mais il serait ennuyeux de le faire maintenant.

43. Il nous faut parler ensuite de la traite des pelleteries, c'est-à-dire, du trafic des peaux des animaux sauvages dont il a déjà été fait mention.

Postérieurement au temps de Jacques Cartier et de Roberval, des commerçants européens visitèrent le St. Laurent pour se procurer des peaux qu'ils tiraient des Indiens. Dans les eaux comme dans les forêts, les chasseurs Indiens tuaient diverses bêtes sauvages pour en avoir la chair et la peau. Les plus remarquables de ces bêtes étaient le phoque, le marsouin, le castor, l'ours, la loutre, le loup, le renard, l’orignal, le lynx, la martre, le vison, la belette et le rat-musqué.

Les commerçants apportaient en échange des couteaux, des hachettes, des vases de cuisine, des pièces d’étoffe, outre beaucoup d’autres menus articles. Les

eaux et fourrures dont l’orignal et le castor oftraient es spécimens les plus précieux, s’obtenaient aïnsi à bon marché, tandis qu'en Europe, les commerçants.les vendaient fort cher.

Dans la suite, lorsque les Français eurent fonde des établissements sur les rives du St. Laurent, là traite des pelleteries prit une grande importance, ot se fit

ar des agents de compagnies formées en France. lus tard, ce trafic s'étendit jusque dans les régions les plus éloignées de l'Amérique du Nord.

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