CHAPITRE XX VI
Le Comte de Fi ntonac —Découverte du Mississippi.
129. Après de Courcelles, vint un des plus fameux gouverneurs du Canada, le Comte de I'rontenac.
Frontenac fut deux fois gouverneur; la première fois en 1672, et la ceconde en 1689. Son premier gouvernement dura de 1672 à 1682. Dans cot intervalo de temps, on apprit à beaucoup mieux connaître les tribus indiennes de l’ouest et les régions qu’elles habitaient. Les hommes qui contribuërent avec le’ plus de uccès à amener ces résultats furent Nicolas Perrot, M. Joliet, le Père Marquette et Robert de la Salle.
130. Perrot alla chez les tribus lointaines dont il apprit les langues respectives avec facilité. Il obtint une immense influence sur ces peuplades et rendit do très-crands services aux gouverneurs, non-seulement en empêchant les tribus de prendre parti contre los Français, mais encore en les gagnant à ces derniers, comme amies et alliées.
131. M. Joliet était fils d’un marchand de Québec. Lui et Marquette passèrent au-delà de la région des lacs dans le but de découvir la grande rivière dont les eaux, disait-on, se dirigeaient vers le sud.
Ils la trouvèrent en cffet—c'était lo Mississipi—et ils en descendirent le cours jusqu’à l'endroit où la rivière Archansas se jette dans le grand fleuve. Quelques années après, Robert de la Salle descendit le Mississipi jusqu'au golfe du Mexique.
Quand vint le printemps, les Mohawks et les Oné-
idas se trouvèrent bien aises de demander la paix. Le -Vice-roi la leur accorda, et elle dura environ 18 ans. . 132. De la Salle était venu au Canada pour y chercher un passage aux Indes orientales et à la Chine. fais, changeant d'idée, il se mit à la recherche du cours du Mississipi. Ce fut lui qui, le premier, navigua sur les lacs Ontario, Erié, Huron et Michigan, au moyen de petits bâtiments qu'il avait fait construire pour cette fin.
Ce fut aussi de la Salle qui donna le nom de Louisiane à la région que traverse le cours du Mississipi.
133. Frontenac encouragea les découvertes dont nous venons de faire mention. Il avait à cœur d’assurer aux J'rançais le trafic exclusif des Indiens de l'ouest. Sous ce rapport, il réussit assez bien.
134. Mais à Québec, il se montrait très-hautain et très-dur à l'égard de l’évêque et de l’intendant royal, tous deux membres, comme le gouverneur lui-même, du Conseil Suprême par lequel fut administré le Canada, après 1663. Lorsque Frontenac ne pouvait pas les amener à se ranger de son avis, il lui arrivait par fois de donner libre cours à des paroles très-oflensautes.
Une des causes de mésintelligence était la ‘raite de l’eau-de-vie. Finalement, en 1682, le roi rappe.a Frontenac. À peine était-il parti, que les tribus indiennes de l’ouest et les Iroquois donnèrent des signes de dispositions hostiles, signes qui, au bout de deux ans, se traduisirent par une guerre ouverte.