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CHAPITRE II

Second voyage de Cartier. —Le St. Laurent.— Stadacona.—Hochelaga.

Cartier, ayant débarqué à St. Malo, alla sans tarder à Paris pour rendre compte de son voyage au roi. A la cour, il montra ses deux captifs dont les noms étaient Taiguragny et Domagaya. 1l parla aussi des bonnes terres qu’il avait vues dans l’ouest, ainsi que des beaux arbres et des fleurs qui y croissaient. 11 dit qu'il devait avoir d’autres terres à trouver, peut-être avec do or et de l'argent dont les Espagnols trouvaient alors une si grande quantité au Mexique ct au Pérou. Il exprima l'espoir do prouver, par un autre voyage, qu’il existait un passage jusqu’à Cathay, nom qu’on donnait alors à la Chine et au Japon.

Le roi Francois et ses courtisans furent bien satisfaits du rapport de Cartier, ct des ordres furont donnés pour fuire les préparatifs d’un second voyago.

%. Pendant l'hiver, tout fut tenu prèt pour le second voyage dans l’ouest. Cette fois on équipa trois navires, la Grande Iermine, la Petite Hermine et l'Emérillon. Des vivres en abondance, des canons, et d’autres articles de nécessité furent emmagasinés à bord. Outre les équipages de matelots et les pilotes dont on avait besoin pour les bâtiments, un certain nombre de Jeunes scisneurs obtinrent la permission de s’embarquer. L'espoir de ces derniers était d’avoir la bonne fortune, comme les Espagnols, de se faire un nom, aussi bien que gagner do l'or, de l'argent et des pierres précieuses. Lorsque les préparatifs furent terminés, Cartier et ceux qui devaient faire voile avec lui, se rendirent ensemble à l’église do St. Malo pour y implorer les bénédictions du ciel. Le mercredi suivant, 19 mai 1535, ils partirent pour leur voyage, par un vent favorable.

Taiguragny et Domagaya étaient à bord de la Grande-Hermine avec Cartier. Ils avaient fait quelques progrès dans la langue française, de manière qu’ils étaient en état de rendre service comme interprètes ou autrement.

8. Après une traversée orageuse de près de 10 semaines, les navires arrivèrent sans encombre au Blanc-Sablon, hâvre situé sur la côte du Labrador, audelà de l'entrée du détroit de Belle-Isle dans le golfe St. Laurent.

Puis, on ft voile entre Anticosti et la terre-ferme, vers l'embouchure de la grande rivière que Cartier avait crue n'être qu’une baie. Quand on eut doublé Anticosti, Taiguragny et Domagaya reconnurent où ils étaient. Ils dirent à Car‘ier qu’il se trouvait près de l'embouchure de la rivière d'Hochelaga dont pas ur homme ne connaissait l'étendue, et qu’elle menait à travers le royaume de Saguenay. Cette nouvelle ft plaisir à Cartier. Continuant hardiment sa route, il remonta la rivière que nous connaissons tous aujourd’hui sous le nom de St. Laurent. Il se sentait plus que jamais assuré d’avoir trouvé un passage qui conduirait à Cathay. On voyait des Sauvages glisser

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