‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 50 sur 88 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

Je Général Braddock et M. de Beaujeu.—L’ôtage Robert Stoke condamné à mort.

168. L’'Angleterre et.la France, sans s'être déclaré la guerre, faisaient l’uneet l’autre des. préparatifs et envoyaient des troupes en Amérique.

Les forces anglaises étaient sous les ordres du général Braddock, officier pi de bravoure, mais tout-àfait incapable de conduire des opérations militaires contre la milice canadienne et des sauvages habitués à combattre dans les forêts de leur pays.

Braddock partit de la Virginie et se dirigea vers l'Ohio. En approchant de la rivière Monongahéla, ges soldats s’avancèrent, les rangs serrés, au son dés tambours et des trompettes, absolument comme s'ils eussent servi en Europe. Washington, qui avait alors le grade de colonel, se trouvait avec le général Anglais ét lui offrait des avis. Mais, loin de les suivre, dock s’en montra choqué. Il ordonna à Washington de rester en. arrière avec ses milices sur le bord. de la rivière, tandis que lui la traverserait avec ses s01da pour livrer bataille de l'autre côté. | |

Les Français, stationnés au fort Duquesne, eurent conngissance do la venue de Braddock. Ils avaient mis aux aguets des sauvages connus sous le nom d'éclaireurs, qui les informaient de tous les mouvements de l'ennemi.

169. Le 9 juillet 1755, un corps de Canadiens et de sauvages, sous M. de Beaujeu, attaqua l’armée anglaise de front et sur les deux ailes à la fois. Les troupes de Braddock marchaient, en colonnes serrées, le long d’un

assage étroit de la forèt. Leurs ennemis cachés

. derrière les arbres et les buissons entretenaient contre ‘elles un feu bien nourri.

Inaccoutumées qu'elles étaient à cetto façon de combattre, elles ne purent donc guère que faire hardiment face aux endroits d'où venait la mousqueterie, perdant 20 hommes peut-être contro un canadien ou un sauvage qu'elles réussissafent à atteindre. Bien qu'elles eussent tenu bravement tête aux assaillants pendant plus de deux heures, leur courage fut presque inutile, puisqu'elles échouèrent dans leurs tentatives d'arriver à l'ennemi. Les Anglais perdirent plus de soldats que l'armée entière de Beau- Jeu ne comptait d'hommes. Finalement, ils s’enfuirent du côté de la rivière, poursuivis de près par les Fran-: çais ot les Sauvages. Tandis que les premiers donhaient la chasse aux fuyards terrifiés, les Sauvages s’occupaient à achever les blessés et à enlever des chevelures. Beaucoup de soldats se noyèrent aussi en traversant la Monongahéla, et, sans la ps de Washington et de ses miliciens postés au bord de la rivière, peut-tre auraient-ils tous péri. Braddock lui-même, mortellement blessé, fut transporté dans une voiture à bagages parmi les fugitifs. Il mourut bientôt après. Le commandant français avait été tué dès le commencement de l’action. L'armée victorieuse prit une grande uantité d'armes, de munitions, d’habillements et autre. utin. f Celles des troupes de Braddock qui n’avaient pas. assisté à la bataille se replièrent en hâte sur la Virginie, Ainsi finit la seconde tentative que firent les Anglais.

| «8 s'assurer par la forco des armes un établissement s la vallée de l'Ohio.

170. À Ia bataillo de la Monongahéla, les papicrs du général Braddock tombèrent entre les mains des Français ot furont cxpédiés à Québec. On y trouva des rapports écrits que l’Ô’ 1e Stobo avait réussi, quelque temps auparavant, à faire parvenir aux Anglais. Stobo rendait compte de l’état des travaux qui protégeaient le fort Duquesne ct donnait des avis sur d’autres positions qu'occupaient les Français. En conséquence, il fut accusé d'espionnage, puis jugé et condamné à mort. Il trouva néanmoins les moyens de s'évader de la prison où il était détenu à Québec, et de s'enfuir à Halifax où il arriva sain et sauf. Nous verrons quo ce même Btobo était de nouveau à Québec, lors du siége de cette ville par les Anglais, on 1759.

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