Vers la fin d'août, Wolfe tint conseil avec ses
rincipaux officiers au sujot d’un plan qui forcât
ontcalm à faire sortir son armée pour livrer bataillo.
. Ce plan consistait à remonter le ficuve au-dessus de la cité, puis à cffectuer de force un débarquement près.
des ?laines d'Abraham. On pensait que, dans co cas, il était certain que Montcalm quitterait ses retranchements.
192. Dans le cours des premiers jours de septembre, la plus grande partie de l’armée anglaise fut rassemblée à la Pointe-Lévis. De là, los troupes eo mirent en marche le long de la rive sud du St, Laurent jusqu’à ce qu’elles fussent arrivées à quelques milles plus haut que la ville. Des navires ct dos chaloupes avaient déjà été envoyées sur co point pour
les recevoir et les traverser à la rivo nord. Par suite
du mauvais temps, il y eut du délai jusqu’à la nuit du 12 septembre; mais cetto nuit venue, les soldats furent placés dans les chaloupes et à bord des navires. On redescendit le fleuve en silence, à la faveur des ténèbres, jusqu’à co qu’on fût à environ un mille et demi do Québec. Là, se trouvait un lieu de débarquoment, depuis nommé l’anse de Wolfe, d’où un sentier étroit, a btetts et gardé au sommet par un petit déta-
chement de soldats français, conduisait aux Plaines d'Abraham.
On ne perdit pas de temps à opérer lo débarquement et à faire monter les hommes un à un. Quelques coups de feu furent tirés par les soldats du poste français; mais leur chof dormuit, et tous furent aisément faits
PRES par les premiers Anglais qui atteigniront e haut du roc.
Le 13 septembre 1759, dès les premières lueurs du jour, les troupes de Wolfe, au nombre de 4800, tant officiers que eoldats, étaient toutes débarquées sans encombre aux Plaines d'Abraham. Bicntôt elles se rangèrent en ordre de bataille, et se mirent en marche vers Québec.
193. Lorsque Montcalm apprit que les Anglais avaient débarqué au dessus do la cité, il fut surpris au us de pouvoir à poine le croire. Cependant il fit à
‘instant sortir son armée ct la conduisit à leur rencontre. Il avait dit auparavant que si Québec venait
à tomber, c'en était fait do toute la colonie, mais que
pour lui, il s'ensevelirait sous £es ruines.
Montcalm avait avec lui à-pou-près sept mille hommes, Environ deux mille de plus étaient absents sous lo commandement de M. de Bougainville. Il les avait envoyés quelque temps auparavant pour s'opposer précisément à ce qui venait d'arriver, c’est-à-dire, au débarquement des soldats anglais sur la rive nord du fleuve; et, malheureusement, ces hommes étaient maintenant à bion des milles au-dessus de l'endroit où l'on avait le plus besoin do leurs cervices. Le général français qui ne voulait pas laisser à Wolfo le temps de fortifier sa position actuelle, n’attendit pas quo Bougainville l’eût rojoint. Il engagea donc l’action sur-lechamp. Wolfososentaittrop heureux d'obtenir ce qu'il avait tant désiré toute la saison.
. Sur l'ordre do Montcalm, les tambours et les trompettes sonnèrent la charge. Sos troupes s'avancirent couragoucomont contre les Anglais jusqu'à ce qu'elles n'en fussent plus qu'à quarante pas. Alors les hommes de Wolfe firent fou. Lo général lenv avait ordonné do
ne pas tirer avant que les Français fussent arrivés à.
cetto distance. 11 leur avait aussi recommandé do mettre deux balles dans leurs mousquets avec doublo charge de poudre. Le choc fut si grand ot si terrible que les Français ne purent plus faire un pas en avant.
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Ils lâchèrent pied, lentement d'abord, puis on hâto et en désordre, serré: de près par les Anglais. Bientôt, co fut une déroute. [ls s’enfuirent de tous les points du champ de bataille vers le: portes de a ville nt vers un pont cle bateaux qu'on avait jeté sur la rivière St, Charles.
Monument de Wolfe, Plaines d'Abraham,
& Iere died Wolfe victorious."”
195. À partir du moment où la bataille s'était sérieusement engagée, il ne s'écoula guère que quelques minutes. Cependant, les pertes furent considerables de part ct d'autre. Les Anglais pordirent plus do 650 hommes, tué: ot blessés. Au nombre des premiers
fat lo général Wolfe lui-même. Il avait reçu trois blessures, et il fut porté à l’arrière-garde pour mourir.
Avant d’expirer, on lui dit que les Français avaient pris la fuite: Eh bien, Dieu soit loué, dit-il, je meurs content.
Du côté des Français, la perte fut de plus de 1200 hommes, t:nt tués que blessés et prisonniers. Quelquesuns des officiers français faits prisonniers craignaient d’être maltraités à cause du massacre commis lors de la capture du fort George, en 1757. Ils allèrent donc trouver les officiers anglais, le chapeau à la main, déclarant qu'ils n’assistaient pas à cette affaire.
Le général Montcalm fut plusieurs fois blessé dans l’action. Il eut le bras cassé, et, tandis qu’il cherchait à rallier ses soldats en désordre, il reçut une blessure mortelle dans les reins. Il vécut jusqu’au lendemain matin. Le médecin qui le soignait ayant dit qu'il n'avait plus que quelques heures à vivre, tant mieux, dit-il, je ne serai pas témoin de la chute de Québec. Une autre fois, il dit aux officiers réunis autour do sa couche: Messieurs, je vous souhaite bien de sortir de vos tribulations; quant à moi, je meurs et je désire passer la nuit avec Dieu.
Les restes de Wolfe furent transférés à bord d’un vaisseau angiais et portés en Angleterre. Le corps de Montcalm fut enseveli, la nuit du 14 septembre, dans la chapelle du couvent des Ursulines.
196. Cinq jours après la bataille, Québec capitula. C’est ainsi que, le 18 septembre 1759, l’ancienne es tale de la Nouvelle-France tomba au pouvoir des Anglais.