CHAPITRE IV
Hiver tertible à Stadacona.—Capture de Donnacona.— Retour en France.
19. Pendant l'absence de Cartier, lors de son excur sion à Hochelaga, ses gens restés à Stadacona avaient fait une sorte de forteresse de la station qu'ils s'étaient choisie à l'embouchure de la rivière Ste. Croix. Une ! haute elôture avait été élevée devant les vaisseaux, de manière qu'avec l’aide des canons, ceux qui étaient à bord pouvaient empêcher toute approche quand ils le voulaient.
Quoique les naturels ne montrassent pas une hostilité ouverte, il s’éleva dès le commencement de l'hiver suivant, de légères querelles qui auraient pu devenir sérieuses, si les Français n'avaient pas pris la peine de se mettre à l'abri d’une attaque.
20. Les gens de Cartier à Ste. Croix avaient des vivres en abondance, tels que biscuit, viande salée et autres provisions dont on a eoutume de se pourvoir à bord d’un navire. Il est bien probable qu'ils avaient pu en outre obtenir des naturels du poisson séché, des anguilles, du maïs et des fèves. Mais pour un elimat comme celui du Canada, ils n'avaient pas, à beaucou pres apporté de vêtements suffisamment chauds.
eur avait fallu travailler fort pour entretenir leur approvisionnement de combustible.
ussi, la fatigue, le froid, lo manque de vêtements convenables, de viande et de légumes frais engendrèrent une maladie terrible nomméo scorbut. Les personnes qui ont cette maladie souffrent beaucoup. Leurs jambes s'enflent et deviennent noires ou couvertes de petites taches de sang, ainsi que leurs épaules, leur cou et leurs bras. Les gencives se gâtent et tombent de la bouche avec les dents. Bref, les malades perdent leurs forces au point de 1e pouvoir remuer; puis vient la mort. Tel était l'état des gens de Cartier dans l'hiver de 1535, On dit que sur cent dix hommes dont 86