‹ Histoire du Canada, sous la domination françaiseChapitre 2 sur 10 · G. T» P0US3IN · texte numérisé non relu

G. T» P0US3IN

AVANT-PROPOS

blance, est devenu au moins plus probable, depuis qu'un canon de bronze, de très ancienne fabrique, a été trouvé dans ce fleuve, à cent quarante lieues de son embouchure. En 1508, un pilote de Dieppe, nommé Aubert, engagé dans la pêche de la morue, près des attérages de Terre- Neuve, toucha aux terres du Canada, probablement près de la baie de Gaspé, et emmena en France un ou deux des naturels du pays.

En 1518, le baron de Lery, vicomte de Gueu, reconnut une partie des côtes du Canada, ou du moins quelques unes des îles du golfe de Saint-Laurent. C'est le premier des Français à qui on a attribué le projet de fonder une colonie en Amérique. "Il avait; dit Le SCARBOT, le courage porté à de hautes choses et désirait s'établir par delà (en Amérique), et y donner commencement à un établissement de Français." Malheureusement, il sut mal choisir son poste : ayant abordé à Vile de Sable, par le 44e. degré de latitude septentrionale, il y débarqua des animaux dotnestiques de différentes espèces, dans la vue d'y revenir avec des émigrans, si même il n'y laissa pas dès lors un certain nombre de familles, comme quelques écrivains l'ont avancé. Dans ce cas, les nouveaux colons durent être bientôt contraints d'abandonner cette terre infertile et presque inhabitable, pour n'y pas périr misérablement.

Jusqu'alors les rois de France avaient laissé voyager leiu*s sujets en Amérique, sans se mêler de leurs expéditions, ni trop s'occuper de leurs découvertes -, mais en 1523, François I, voulant exciter l'émulation des Français par rapport à la navigation et au commerce, comme il l'avait déjà fait avec succès par rapport aux arts et à la littérature, donna commission à J ean Yer- RAZZAN (Giovanni da Yerrazzano), Florentin, qui était à son service, d'aller reconnaître les terres nou-

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velles, dont on commençait à parler beaucoup en France. Yerrazzan partit de Dieppe avec quatre petits vaisseaux, qu'il ramena dans le même port, l'année suivante. On ignore par quelle hauteur Yerrazzan découvrit la terre, dans ce premier voyage, et jusqu'à quel degré il s'éleva au nord. Vers la fin de la même année 1524, Yerrazzan arma de nouveau un navire, sur lequel il s'embarqua, avec cinquante hommes d'équipage et des provisions pour huit mois. Jl rangea les côtes de l'Amérique Septentrionale, entre le 32e. et le 47e. degré de latitude ; attéra en plusieurs endroits, imposa des noms aux caps? baies, ports et îles qu'il reconnut ; prit possession du pays au nom de François I, et lui donna le nom de Nouvelle France,

L'année suivante, 1525,1e même navigateur se remit ^ en mer, dans le dessein, a-t-on écrit, de donner commencement à une colonie française en Amérique ; mais tout ce qu'on sait de cette dernière entreprise de Yerrazzan, c'est que s'étant embarqué, il ne reparut plus ; soit qu'il eût péri en mer, soit qu'il eût été massacré, avec tous ceux qui l'accompagnaient, par les naturels du pays où il avait entrepris de bâtir un fort, et qui, suivant la tradition la plus accréditée du temps de Lescarbot, était l'île du Cap -Breton, appellée alors en langage basque^ Ile de Bacallos, ou des Morues.* Le malheureux sort de Yerrazzan, joint aux malheurs de l'état, et surtout

* Un écrivain moderne, appuyé d'autorités anciennes sans doute, prétend que ce fut sur une partie du continent contiguë à la Floride, pays découvert en 1512, par l'Espagnol Ponce de Leon ; ce qui semblerait donner quelque poids à l'opinion de Cardenaz et de l'auteur de la vie de Cabot, qui disent que J ean Yerrazzan, le Florentin, fut pris par les Espagnols, en 1525, regardé par eux comme pirate et pendu. Pour réfuter cette assertion, Tytler avance, d'^après une lettre d'Annibal Caro, citée par Tiraboschi, que Yerrazzan vivait encore en 1 537. Il ne serait donc pas mort, suivant cet auteur, ou n'aurait pas péri, d'une manière ou d'une autre, en 1525, comme l'ont affirmé tous les écrivains français.

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à la captivité du roi, fut cause que pendant plusieurs années, on ne songea plus en France, à former d'établissemens en Amérique.

En 1527, PampMle Narvaez, parti de Cadix, avec une escadre, aborda sur les côtes de la Floride ; pénétra, accompagné de trois cents hommes, jusqu'à la haute région des Apalaches ; regagna ensuite les bords de la mer, et parvint à l'embouchure du fleuve Apalachicola, H y fit construire des chaloupes, sur lesquelles il s'embarqua, avec ceux de ses gens qui n'avaient pas péri dans l'expédition ; et, côtoyant les bords de la mer, de l'est à l'ouest, il reconnut l'entrée d'un grand fleuve, qui ne pouvait être que le MicissipL

Suivant Hakluyt, les Anglais auraient envoyé, en 1529, deux vaisseaux sur les côtes orientales de l'Amérique du Nord, lesquels auraient reconnu Terre-Neuve, le Labrador, le Cap -Breton, et les côtes d'une contrée qu'ils nommèrent Arembec^ ou Norembègue ; mais ce voyage, s'il eut réellement lieu, n'eut pas pour lors d'autres résultats ; ce ne fut que beaucoup plus tard que la Norembègue cessa de faire partie de ce que Verrazzan avait appellé Nouvelle France, et prit le nom de Nouvelle Angleterre.

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