CHAPITRE IL
DÎTision terrîtariàler — Instraction publique. — > Ecoles primaires. •— Bourses françaises. — ^hiebenhart. — Hommes de lettres et artistes récompensés. -^ Industrie. — Commerce. — Proscription de la langue française. — Constructions.
— Ponts et fontaines.— Collégiale.— Enfans de cbœur. — Affaires religieuses.
— Législation civile.— Code pénal. — Police. — Bouchers, boulangers, poissonniers.^ — Hygiène publique. ^ Médecins , chirurgiens , apothicaires , sagesfemmes. — Epidémies. ^ Lépreux. — Hôpital. ^ — Affaires militaires. — Fêles nationales. — Jeu des Bois. — Carnavals. — Tirages. — Démoralisation. — Usages. — Superstitions *.
Le Canton de Friboarg n'était déjà plus la seigneurie primitive, circonscrite dans les confins de sa banlieue. Son territoire s'était agrandi par des achats et des conquêtes. Il avait acquis à TËst Schwarzenbourg (1423), conjointement avec Berne; 35 ans plus tard Planfaypn, et en 1486 Alterswyl; à TOuest Montagny (1478), Pont-en-Ogoz et Farvagny (1482). Il avait conquis (1475) Iliens, Arconciel et Everdes^, qu'il possédait seul; Morat, Granson, Orbe et Ecballens , qu'il partageait avec Berne 3.
La banlieue ainsi que les bailliages étaient divisés en paroisses. Nous avons déjà déèrit cette division. Il suffit ici de rappeler que la paroisse de S. Nicolas ne comprenait alors ni la Planche , ni les Places , ni la Scbmiedgasse. Le premier de cesl quartiers appartenait à la paroisse de Tavel , le second à celle de 1 Villars-le-Terroir, le troisième à celle de Guin.
i Voyez le Chap. VII de la 1'* partie. — 2 En 1489 le Gouvernement s'engagea envers ceux de la Gruyère à leur payer annuellement 90 liv. pour leur part à la seigneurie d'Eyerdes, à condition qu'elle serait entièrement remise à Fribourg, avec toute sa haute et basse juridiction. A. G. — ^ Fétigny fut acheté de RoidodI pour 1400 liv. Georges de Glane, Seigneur de Cugy, céda tous ses droits sur Fétigny pour 40 liy. , quand il fut reçu bourgeois de Fribourg en 1507. — L'achat de la Molière et de Portalban n'eut lieu qu'en 1549 pour le prix de 2000 écus. — La Molière fut acquise en totalité en 1553 du Sire de Brandis.
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La seigneurie de Pont se composait de qaatre paroisses : le Petit-Farvagny , le Gibloux, Orsonnens et Avry. La Glaoe la séparait des anciennes terres. La seigneurie de Hontagny en avait trois : Domdidier , Dompierre et TËchelles. Fribourg acheta, conjointement avec Berne, Polly-Ie-Grand ^ en 1506» pour la somme de 500 liv.
Toute occupée jusqu'ici de ses besoins matériels, à peine la Communauté avait-elle eu le temps de songer à ceux de l'intelligence. Une éducation plus soignée n'était que le partage de quelques individus assez riches pour aller s'instruire à l'étranger, ou pour se mettre en apprentissage chez quelque clerc. Bientôt le besoiii d'une instruction publique se fit sentir impérieusement, et le Gouvernement songea à fonder une école primaire. Le premier instituteur connu fut Urban Hunighauer, de Rothwyl, qui, après la guerre . de Bourgogne, fut reçu pour trois ans en cette qualité, avec un traitement de 70 liv., à condition toutefois qu'il entretien4rait à ses frais un maître d'école romand. Plus tard on l'en tint quitte. On lui payait en outre 4 liv. pour chanter tous les samedis le Sahe Regina à Notre-Dame. En 1497 on rafiranchit de l'ohmgeld i. Comme on n'avait encore aucun logement pour lui, ni bâtiment d'école, on payait six livres par an aux Gordeliers pour son loyer, et on loua pour l'école les maisons de Guillaume Tachs et de Nicolas Helbling, à la GrandVue, à côté du bourgmaitre Jacques Felga. Il parait que jusqu'alors une école s'était déjà tenue près du cimetière des Gordeliers. Une fois l'école publique établie , on prohiba toutes les écoles particulières, sous peine d'exil pour les élèves qui les fréquenteraient X Â Hunighauer succéda Benedikt Wenniguer, de
^ On octroyait cette franchise en donnant à Timpétrant l'argent nécessaire pour payer la taxe. En 1485 Tohnigeld de la Tille rapporta 1413 liv. 6 s. 8 d. Celui de la campagne 28 liv. 8 s. — 2 Celte mesure prouve qu'alors le Gouvernement comprenait ses devoirs, sous ce rapport. « Car, dit Louis Blanc, lorsqu'un pouvoir a un but, » il se doit d'y pousser la Société avec unité de vues, avec suite, avec vigueur. En » matière d'enseignement, la centralisation ne saurait être trop forte. Permettre, » (^corame on l'a fait récemment à Fribourg), dans un pays déchiré par les factions, » la folle concurrence des écoles privées , c'est inoculer aux générations nouvelles
34 SECON0B PARTIE.
Fellenhofen. Mattre Léonard fut ensuite nommé » à condition qu'il resterait dix ans en place. Il recevait 60 liv. en argent « 2 muids de froment et 2 moules (Scbocb) de bois. On raffranchit aussi de rohmgeld. En 1507 on plaça le matlre d'école sons la snrveillMiGe du chantre et du secrétaire de ville. J.-Louis Schmid, de Zurich, fut nommé à ce poste en 1516. En 1514 il est question d'une école de filles, tenue par la maîtresse Dorothée. Mais elle payait elle-même son loyer. Telle était déjà l'influence des idées aristocratiques que les enfans mendians furent exclus de l'école» eux qui y avaient le premier droit. Sevré des avantages de la fortune « le prolétaire devait encore l'être de ceux de l'instruction. En général les villes seules possédaient un régent. Nous lisons dans lès archives de Romont qu'en i486 les régens d'Estavayer, de Payerne^et de Vevey, se rendirent à Romont pour y assister à un examen que le régent fesait subir à ses élèves. Malheureusement le choix de ces instituteurs se fesait assez mal à Fribourg. On agréait le premier venu» qui ne savait que mieux faire , et on y regardait de plus près pour faire dresser des chevaux ou des chiens de chasse» que pour instruire ses enfans.
Ces instituteurs étaient pauvrement soldés ^ et très-ignorans pour la plupart ^. C'étaient des individus qu'on appelait écoliers vagabonds (fahrende Schiller ou Bacchantes) 9 et qu'on trouve souvent assimilés aux mendians dans les manuaux. C'est qu'en effet ils parcouraient comme tels le pays , accompagnés d'enfans de 8 à 10 ans» qui se laissaient traiter par eux comme de esclaves pour recevoir quelque instruction en latin barbare 3.
» le Tênin des discordes civiles, c'est donner anx partis riyaux le moyen de se co«p tinuer, de se perpétuer an milieu d'une confusion croissante d'opinions et de » principes, c'est semer dans le chaos. Sacerdoce sublime, quand l'Etat y poor- » Toit, l'éducation du peuple n'est plus, quand elle est abandonnée au caprice i&- » dividuel , qu'une spéculation pleine de dangers , et ce qu'on appelle la libellé » de rensei{,'nement n'est plus que la gesUtion de l'anarchie. »
t Dom Maurice qui tenait à Ëstavayer l'école des garçons et des filles, n» tcMi-
chait encore que GO sous par an ; ce qui fait à peine un Jouis d'aujourd'hui. ^i
< Viros quidem bonos , sed nil nisi cantare peritos , dit GoUin , dans son «otobi'oi graphie. — s Hotlinger. Platter en avait connu qui fesaient ce métier 4epu2^ 30 ans. C'est dans ce sens qu'il faut rectifier ce que nous en avons dit dans la pre-1 niière partie de cet ouvrage , Ghap. VIII, pag. 239.
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La France nous avait accordé des bourses pour faire étudier quelques jeunes gens à Paris. Mais les pauvres ne s'en souciaient pas ou avaient de la peine à les obtenir, et elles finirent par devenir le partage exclusif des familles aisées ^; partant, un nouvel élément d'aristocratie.
En 1552 le chanoine Simon Scbiebenbart ^ légua à l'Etat un fonds de 300 écus d'or, dont Fiotérét au 5 p.^o devait servir à parfaire , dans une université , l'éducation d'un jeune homme doué de bonnes dispositions, mais privé de ressources pécuniaires. La hausse subite des denrées frustra les intentions de ce généreux citoyen.
Il faut rendre cette justice au Gouvernement de cette époque, qu'il savait apprécier le mérite des hommes d'études et les œuvres d'intelligence. Deux bardes qui avaient chanté la bataille de Morat, furent largement récompensés. Rodolphe Menzigel , de Luceme, reçut 40 sous ; Fit Weber cent sous , pour une chanson qui est parvenue jusqu'à nous. On gratifia encore ce dernier d'un écu d'argent aux armes de Fribourg , pesant deux onces et quart. Ge qui, à raison de 22 gros l'once et 1 florin pour la façon , fait un montant de 6 liv. 2 sous 6 den. (environ 2 loùis). Un écu semblable fut donné à un troubadour qui chanta l'expédition d'Héricourt. On donna 20 liv. à Albert Bonstetten, doyen d'EinsiedIen , qui apporta àMesseigneurs la chronique de son monastère, et 6 florins du Rhin
i Yoioi les noms des premiers itnpétrans jusqu'en 1550 : 1502 , KramenstoU , Dopont et Jean Gribolet. 1517 , Schneuwly et Giroud. C'est le fameux Cjro , depuis Chancelier de Berne. En 1520 il fat député vers Léon X par les Etals de -Berne et de Fribourg;. 1519, Jost Eisenbach. 1520, Krumo. 1522, Louis Praroman. 1524, Lombard. 1535, Fr. Gournel, P. Lambert et Diétrich Zimmermann. 1539, KramenstoU et Tschachtiy. 1543, Brandenbourg^uer et H. Ueid. r-- 1546, Hnmbert Tossis et Benoit Praroman. 1548, Nie. Praroman. 1549, Fruyo. — 1553, Fr. Frytag;. Ces bourses furent conseryées jusqu'à la révolution. Les deux derniers impétrans forent, pour la médecine. Placide Gottefrey, et pour le dessin , le jeune Jean Loeher. — ^ Oocteur en théologie. Il abdiqua en 15541a chargée de prévôt pour aller occuper à Augsbourg celle de prédicateur. On l'avait fait venir de Fribourg en firisgau pour remplacer notre prédicateur le chanoine Mylen , mort en 1545. Il e'taitarriyé accompagné de TOberritter Piccand, auquel, à son passage par Soleure, le Goavernement associa un second Oberritter pour loi servir d'escorte à travers le canton de Berne. H logea pendant 10 jours à la Croix-blanche , pendant qu'on fesait des réparations à la maison du prédicateur.
poar une chronique aa maître d*école de Saanen <. En 1543 on donna 58 Hv. 10 sous à rimprimeur de Zurich pour une chronique , et 27 Hv. à Hans Schâfely pour un tableau de la TÎlIe de Fribourg. En 1594 David Wolleben, historien wurtembergeois, de Schomdorf , nous ayant envoyé la généalogie du Duc Berchtold, on le gratifia de 22 pistoles à 30 liv. pièce, et on fit peindre cet arbre généalogique par Jérôme Landysen. Le Gouvernemeot recommandait à l'étranger ceux qui allaient y faire leurs études oa se perfectionner dans les métiers.
Ce fut à peu prè^ à cette époque que vivait chez nous le peintre Fries, avec une grande réputation d'habileté. On admirait ( 1 501 h la grande salle de la Maison-de-ville son beau tableau du jugement dernier , dont on voyait encore quelques débris au commeo- -cement de ce siècle. Aussi le Gouvernement recommanda-t-il cet artiste au Cardinal Schinner, lorsque celui-ci voulut faire peindre 3on plafond. Déjà en 1480 le peintre Henri, de Berne, avait doté cette même salle d'un tableau représentant lajiataille de Morat lequel avait coûté 87 liv. (450 fr.). Il devait être d'une grande dimension; car, pour le transporter à Fribourg, l'artiste s'était bii| assister par huit hommes. En 1515 on plaça à la Maison-de-ville un autre tableau sur le même sujet. En 1566 on suspendit dans la salle du Tribunal d'appel, un tableau représentant le jugement ie Salomon. Il avait coûté 17 liv. 10 sous.
L'industrie tuée par le service militaire , avait cessé d'animé 1 la Communauté de son souffle. A peine les fabriques de dnf et de cuirs, naguères si florissantes, se soutenaient-elles etcore ^. La décadence datait depuis la guerre de Bourgogne et ne tarda pas à se faire sentir, au nombre toujours décroisant ides plombages, à mesure que celui des bailliages augmentait, que le service de France prenait faveur et que la rnani
« Sans doute Jean Lenz, dont il a été question à la fin du chapitre précédent.- 3 Avant 1480 la laine s'achetait à Gènes et à Arles. Les draps non teints s*exp diaicnt en AUeinag^ne, les teints à Carcassone et en Italie. Vuilimin.
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des litres s'emparait des riches* Les chefs de fabrique préfénûent être officiers , les ouvriers soldats. Ce fut au point que , faute de marchands , FEtat fut forcé de faire lui-même le commerce des draps« De là an monopole il n'y eut qu'un pas. D'ailleurs le charlatanisme et la négligence d'un côté, de l'autre la contrefaç<Hi avaient déjà porté une rude atteinte à ces produits autrefois si recherchés de nos manufactures. Le secret de fabrique fut vendu. • On finit par apprêter des drapa fabriqués au dehors et à les faire passer pour des draps indigènes. En 1543, on fut obligé de faire une emplette de drap à Dijon. Justement alarmé de cette décadence progressive, le Gouvernement prit diverses mesures pour y remédier. Les apprêteurs durent s'engager par serment à ne point <:ommuniquer le secret du métier et à vaquer consciencieusement à leur besogne. 11 fut défendu, sous une amende de 20 liv., de vendre des draps ailleurs que sur les marchés. Il fallait aussi les mesurer «n public, et quand en 1506 on confirma au juif Narzias la permission de fréquenter la foire de Zurzach , ce fut à condition qu'il n'y conduirait pas plus de 6 à 8 ballots de drap, dont il devait prouver avoir payé le péage à Fribourg. On fit payer aux teintu* riérs les pièces gâtées. Ils ne purent plus recevoir que celles préalablement marquées par les inspecteurs, et ceux-ci perçurent pour cette tâche les mêmes émolumens que pour l'apposition des sceaux* Toute contravention était punie de 3 liv. d'amende. Les plombeurs devaient apposer à ces pièces la marque d'un F; et après la teinture, le sceau de plomb , si la pièce était jugée bonne et avait les dimensions requises. En cas contraire, elle devait être coupée ea deux et signalée au bourgmaltre.. Les tisserands et les apprêteurs avaient fini par empiéter mutuellement sur leurs fonctioqs respectives. Cette confusion donna lieu à des débats, dont le Grand Conseil eut à s'occuper en 1539. Alors il fut décidé que ces deux métiers resteraient séparés.
Les archives nomment Jean Albis et Louis de Chavannes^ tous deux Fribourgeois , faisant en 1514 commerce en Italie. Instruit
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38 SBCONDB PARTIE.
qu'an Amamé Georges Oodo, de Milan, spécnlaitsur la contrefaçon des draps fribourgeois , l'Etat députa François Ârsent à Venise pour signaler la fraude, en faire punir Fauteur, recommander les marchands de Memmingen el, sur leurs plaintes, obtenir une réduction des péages. Car dès 1501 on avait fait avec Antoine Walser, d'Augsbourg, Conrad Wechlin, de Memmingen, et Gomp., un accord par lequel on s'engageait à leur livrer le drap bleu, à: raison de 6 liv. 5 s. la pièce, aux conditions suivantes : 1^ Aucun drap ne serait vendu à un marchand qui serait en relation avec quelque port de mer. 2*" On ne plomberait pas plus de 4000 pièces de drap par an , hormis 40 pièces pour chaque foire de Genève et 50 pour chaque foire de Zurich. 3** Tout Fribourgeois contrevenant ser^ pâtti. 4^ En cas de guerre ou autre empêchement majeur , la susdite, maison de commerce pourrait notifier la résiliation du marché , mais elle serait tenue d'accepter tous les draps qui s'achèveraient pendant 8 jours, après la notification, jusqu'à la concur-* rence de 4000 pièces, 5^ En cas de guerre , les draps et l'argent de ladite maison seraient mis en lieu de sûreté, à ses frais. 6^ Afin que les draps destinés aux foires de Genève et de Zurzach ne tombent en mains suspectes , la dite maison s'engageait à recevoir toutes les pièces qui n'y auraient pas été vendues et même dans le nombre des 4000 , à en accepter jusqu'à 300 non plombées. Quand, six ans plus tard , ce contrat fut renouvelé , le prix du drap fut réduit de cinq sous et le nombre des pièces à 2000 ^.
La société Walser et Gomp. perdit son associé de Memmingen, et celui-ci fut remplacé par Englisberg, de Fribourg, et May, de Berne. Elle obtint un sauf-conduit pour voyager et commercer dans toute la France. Une révocation générale des sauf-conduits ayant eti lieu, notre Gouvernement intervint pour obtenir le renoavellement de celui-ci.
A Oa trouve une bonne dissertation sur notre industrie drapiére au moyen âg^e» dans les Annales Suisses^ publiées à Aarau, année 1823. Voyez aussi dans VEmu'lationt 1'* année, les articles intitulés : Fribourg, centre industriel au moypn dge, par H. Alexandre Daguet. CTest un travail très-bien fait.
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D*atttr6s çatises contribuèrent aussi à la chute de nos màaufac* tares, entr*autres le transfert de la foire de Genève à Lyon^et de là à Bourges. La France demeura sourde à toutes les protestations qoi lui furent adressées à ce sujet. On fut aussi obligé de fair^ des remontrances aux Bernois, contre Adrien de Bubenberg qui accaparait tontes les laines ^. En général le commerce souffrait, nonseulement du défaut d'instruction et pai^ le service militaire, mais encore faute de communications faciles. Les routes étaient impraticables et souvent dangereuses , au point que le sel de Salins ne pouvait nous arriver que par Rue et Vevey. L'industrie des faulx , jadis si prospèi'e , était complètement anéantie.
Quant à nos tanneries , elles étaient tombées aussi. Avant 1480^ l'abbaye des tanneurs comptait 700 compagnons. Les forêts de chênes qui environnaient la ville, donnaient le tan; les grands pâturages le bélail: Il partait chaque année plusieurs bateaux chargés de draps et de cuirs pour les foires de Soteure et de Zurzach. En 1552 il en partit encore. En 150^ un de ces bateaux fit naufrage prés de Guminen. On expédia un autre bateau et des gens qui aidèrent pendant 5 jours à sortir de la Sarine lés effets naufragés. On fit à ce sujet une dépense de 22 liv. 2 s. 6 den. chez le cabaretier de Gunrinen. On donna même 20 sous aux fifres qui vinrent féliciter les naufragés (den Pfyffern so sie inpfyfften). €es marchandises ne payaient aucun péage. Mais on payait d'ailleurs 5 sous pour chaque balle de cuir et 3 sous par sac de laine. Les emballeurs devaient promettre par serment qu'ils indiqueraient le nombre des balles faites. Dans la distribution des autels de la Collégiale aux diverses abbayes, le maitre-autel échut aux tan^ neors.
le Gouvernement avait à Zurzach une maison dite Freibur"
40 SECONDE PABTIB.
gerhtfj où nos marchands se logeaient. En 1553 on fit cadeau d'an habit à Taubergiste.
Il est triste de remarquer que, depuis cette époque, le Gou?ernem^it ne fît plus rien pour ranimer parmi la population fribourgeoise cet élan industriel qui avait distingué nos aïeux. Il fallait recourir à des étrangers non-seulement pour les emplois de mér decin , chirurgien , chantre et maîbre d'école , mais encore pour ceux d'organiste, trompette, musicien, horloger, maçon et même de fontenier et de paveur. On fesait ramoner les cheminées de la Chancellerie par l'enterreur, et sans doute, les particuliers devaient pourvoir aux leurs comme ils pouvaient. En 1533 on engagea le maître d'armes Georges, avec un traitement de 12 liv. par an et une paire de culottes pour les assauts. Hans Vorderst, de Bâle, fut nommé charpebtier de la ville en 1504, avec un traitement annuel de 12 florins du Rhin, et de 4 gros, 6 sous 8 den. les jours de travail. On lui accorda en outre un habit et 5 liv. pour son logement, franchise du guet et du service militaire. Les copeaux devaient lui appartenir. En 1516 on donna le droit de bourgeoisie ap sculpteur Hans Oeil; l'année suivante au gjpseur Boudry; en 1534 au maître fontenier Gliicki et à Torfévre W. Bûcher; en 1541 à Bauer, peintre sur verre. On donna 10 sous à Thomas Stouder, charretier, pour la voiture des deux tables sur lesquelles on avait fait peindre les armes de l'Empire et qu'on plaça, l'une h Jacquemart, l'autre à la porte de Berne. Celui qui les avait peintes, maître Heinrich, était bernois* On lui donna 36 liv« et à son valet 40 soqs d'honoraire. Item 100 sous de gratification pour un habit. On donna 25 florins à Ours Weder, vitrier de Berne, pour 9 vitraux gravés et peints aux armes de l'Empire. Ils étaient destinés à la Collégiale, à la Chancellerie et à la MaisoU'^- ville. Un autre Bernois, Hans Funk, y travailla aussi. Ce fut encore un Bernois qui peignit deux cadrans solaires au clocher de Notre-Dame.
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L'asage dés horloges à roues et à timbre était déjà connu , et fesait insensiblement négliger les clepsydres. Il y avait une horloge sur le clocher de St. Nicolas, dés 1475. Elle avait coûté 10 sous et avait été faite par le serrurier Ulric. Mais notre maître horloger s'appelait maître Wagner. C'était uû mécanicien trèshabile qui , entr'autrcs , remplaça par une main artificielle celle qouo homme avait perdue. On frappait avec un grand marteau sur une cloche l'heure marquée par l'horloge. Il y avait des horloges à chaque couvent et à chaque grand château. Il y en avait même de petites dans les salles K
Dans toute l'étendue des anciennes terres les artisans dépendaient des maîtrises de la ville, auxquelles ils payaient une contribution* Les jurandes municipales exerçaient sur eux un contrôle sévëre. Ainsi les communiers de Planfayon ayant représenté que /'établissement d'une forge était nécessaire chez eux, à raison da passage fréquent des chars qui apportaient les fromages et séracs des montagnes , les maîtres maréchaux s'opposèrent à ce que cette permission fût accordée. En 1530 on limita même le nombre des forgerons. On n'en toléra que cinq : à Gottens, Cormonr des, Treyvaux, Ecuvillens et Prez.
U paraît aussi que les cordonniers ne pouvaient travailler qu'à leur maison commune on abbaye. Par contre les prêtres , tant séculiers que religieux , s'occupaient aussi d'arts et métiers , souvent au détriment des artisans civils. Les vitriers entr'autres s'en plaignirent et il fut défendu aux prêtres d'exercer le métier de vitrier à la joarnée. Quelque temps auparavant on avait payé cent livres aux Dominicains de Berne pour une fenêtre avec nos armoiries. Le prêtre Hans, de Fribourg, fesait le métier de pronostiqueur. Le procureur des Goirdeliers était relieur. G^est lui qui reliait les
' La cloche pour Tborloge ^'EsUirayer fut fondue à Fribourg en ISO^. Elle pèse 521 livres. En Italie on portait déjà à la ceinture de petites montres qui montraient eiacteifient les 24 heures.
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grosses de la Chancellerie i. Ce fut aossi un Corddier qni , en 1484 , eonfecttoona quatre cadres de fenêtre poar Técole.
De tout temps la présence de minéraux utiles, sous la surface du sol cantonal, s'est manifestée par des signes non équivoques. En 1495 le jeune Hussilier obtint la permission d'exploiter les mines du territoire , pendant six ans.
On donna une lettre de recommandation à notre bourgeois Mublwasser, quand il alla en Corinthie pour se perfectionner dan» la fabrication des fers de scie. On avait déjà établi une scie à la Mottaz en 1507, et les pilons quelques mois plus tard.
Nous avions aussi une fabrique d'épingles et sept orfèvres^ preuve qu'un grand luxe s'était déjà introduit dans notre manière* de vivre.
La papeterie de Marly était depuis longtemps en pleine activilêv La marqua du papier, encore très*-grossier , était une grappe det raisin. Les indigènes étaient seuls autorisés à ramasser des chlfibns» à son usage. Il existait une autre papeterie prés de la Glane K
La grande extension de nos propriétés à l'Ouest et au Midi , ea multipliant nos relations avec la population romande , semblait de«voir en propager l'idiômé. Mais telle fut la force de l'allianee fédérale qu'on s'empressa de répudier tout ce qui , en rappeFant la su-zeraioeté de la Savoie , pouvait nous donner un air étranger à la Confédération, dont la langue et les allures étaient calquées sur le type germanique. La croix blanche fut effacée de tous les édifice» publics et remplacée par les armoiries de l'Empire 3. On ne la toléra plus en ville que comme enseigne d'auberge *. La langue al* lemande fut adoptée parle Gouvernement pour la rédaction de tous
A Payé aa procureur des CordeHers 22 Itr. 10 sous pour cinq gros volumes pour les reconnaissances de Corbières. Comptes du trésorier Hans Rel/T. A. C. — ^ Dés 1430 on la trouve louée à Jean Molar, par acte signé Lombard. — 8 Par acte du 31 janvier 1478, daté de Grâtz, r£mperenr Frédéric nous arait permis, on ne sait trop pourquoi , d'associer à ses armes celles de TEmpire. — ^ On la retrouve encore aujourd'hui sur quelques maisôos du pays romand. \
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les actes officiels ^ qui ne concernaient pas s][»fteialement le pays romand. On fit venir à cet effet un Chancelier de Horat. 11 fut également défendu de rédiger les actes publics en latin (1492).
L'allemand étant ainsi à Tordre du jour , on supprima Técole française des garçons et jusqu'aux prières qui se récitaient en français aux Gordeliers^. Plus tard on prohiba Tusage du patois, et on voit ces efforts de FÂutorité pour germaniser ta population se prolonger jusques vers le milieu du il""" siècle. Les noms de famille romands durent se plier à une forme et à une accentuation tudesques. Quand on ne pouvait pas en traduire le sens en allemand , on donnait aux lettres qui les composaient la prononciation de cette langue 3. Mais la noblesse vaudoise , enclavée dans notre territoire, n'adopta pas ces transformations souvent forcées et ridicules.
Il n'existait plus que deux familles d'origine noble et fribourgeoise. La plus ancienne était celle des Felga , mais tellement appauvrie que Heinzmann Felga ne put acquitter 32 florins qu'il devait à l'hôpital pour objet de fief. On les lui remit par commisération. Un triste pendant à cette déchéance fut offert à la même époque par un descendant de la noble famille d'Ostavayer. Les archives de Romont portent que le samedi après la Purification 1442, Nicolette, veuve d'Aymon, bâtard d'Estavayer, s'engagea à garder les -pourceaux de cette ville. Sept ans plus tard il existait
^ Le compte du trésorier Rama pour 1483> est le dernier compte rédigée en français. On y voit aussi figurer pour la première fois la titulature de Noble homme Vaitième tTAi^ry et autres. En 1497 on fit traduire en allemand la charte de 1407, mais non sans Taltérer eu plusieurs points. — ^ En 1516 on renvoya le prédicateur français, sons prétexte qu'on ne le comprenait pàh, Qn trouve cependant encore en 1534 M. Dumont préchant en français à Notre-pame, où il était recteur. — ^ Du Terrault , par exemple, fut changé en Vom Graben^ Dupré en Zurmatten, Bupaquier en Vonderweidy Reynault en Reynold, Bourquinet en Bourgknechtf Dubois en Zumholz^ Landriset en Lnnderset^ Monney en JV/w/Z^r, Veîllard en AUi CholJeten Zollet , Métrau en Amman, Montagny en Montenaeh^ Rey enK,œnig etc. JLes Avry donnèrent au v de leur nom l'accent dur du t> allemand. Plus tard ils y substituèrent les deux ff. Le bailli de Pont siéent pour la première fois en 1487 GuiUaume d'Afry,
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encore à Salins un rejeton de cette race. Il revendiqoait entr'autres ses droits sur la seigneurie de Chenaul.
La seconde famille en rang était celle d'Englisberg. Quand Peterman voulut entrer dans l'ordre de Malte , on certifia au Chapitre assemblé à Spire, que ce Fribourgeois comptait plus de quatre quartiers de noblesse i. Cette famille s'appauvrit aussi et on trouva dès 1556 le fils de Jean Englisberg élevé chez le prédicateur Marty par les soins de Messeigneurs. Il s'appelait Ulric , se voua à ta carrière des armes, servit onze ans en France, et Tingratitude du roi le plaça dans la même position fâcheuse où s'était trouvé le dernier comte de Gruyères. Obligé de solder ses soldats de ses propres deniers ^ il engagea le peu de biens-fonds qui lui étaient restés et fit enfin banqueroute. Comme Michel , il accéléra la catastrophe par son inconduite; car il détournait quelquefois à son profit la solde de ses gens. Ceux-ci s'étant adressés an Gouvernement, on pria l'ambassade de France de faire ecsorte qu'aucun argent ne fût remis à d'Ënglisberg, sans que Messeigneurs en fussent avertis. Un de ses ancêtres, Diétrich d'Ënglisberg qui servait aussi en France, avait déjà essuyé le même affront un siècle auparavant. Mais plus heureux ou moins coupable , il avait gagné son procès.
L'aspect matériel de la cité changeait ^ussi, et les rues de bois fesaient place insensiblement aux rues de pierre. La Maison-deville actuelle date du commencement du 1 6"" siècle. Ce fut Pierre Falk qui en dirigea la bâtisse ^ sur la place où quelques maisons venaient de s'écrouler, là où l'on voyait autrefois Tancien château.
\ Noble Antoine Maillard fut moins heureux. S'étant présenté an Chapitre de la {HTOYinçe d'Allemagne pour être reçu dans l'ordre , il fut ^conduit le 13 juin 1622, quoique sa demande fut appuyée par une lettre de LL. EE. et par leur député François d'Affry , bourgmattre , lequel se présenta avec lui au Chapitre. On voit par le recès de la séance de ce jour, sur quelles raisons on motiva le refus. Antoine Maillard descendait en droite ligue dé Jean , fils de Gérard , marié en 1468 avec Jaquette, fille d'Aymonet Aymonot, bourgeois de Romainmotier» — ^ Chaque ouvrier recevait un salaire de 7 sous par jour , somme considérable pour ce temps.
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II n'en vît pas la fin; car le Gouvernement n'y monta pour la première fois qu'en 1522. Au bout de quelques mois, il y éclata un incendie qui détruisit la petite salle du Conseil. Dès qu elle eut été réparée, Messeigneurs, disent les manuaux, s'y assemblèrent pour la première fois le 22 juin 1531 , au nom de Dieu et 4c toute la Cour céleste. La môme année on construisit à la Chancellerie une petite chambre à bain.
La Sarine avait toujours besoin de fortes digues. On en éleva une sur la Planche, près de la tannerie Helbling. Chaque maison * de ce quartier dut payer un cens annuel d'une livre ou 20 liv. de capital une fois pour toutes. Plus tard ou en coqstruisit une seconde derrière le jardin de l'avoyer Brandenbourger, sous la direclion de maître OfTrian. En 1544 on ordonna aux paroisses d'Ependes , de Marly et de Praroman de fermer le lit de la Géxm et de conduire l'eau sous le pont de Marly.
D'autres travaux publics furent encore exécutés, dans le courant de ce demi-siècle. La rue du Pont-muré s'éleva sur les déiris de l'ancien fossé et porta d'abord le nom de Rue-neui^e. Le pont de pierre conduisant à Notre-Dame fut abattu : un pilier avec son arche resta en entier dans Je fossé. On traça lé passage du Petil-Paradis ; on appuya le Court-chemin par un petit mur, et on fit combler le fossé des Hôpitaux-derrière. On choisit près de l'hôpital un emplacement pour le nouvel arsenal. Le mantèlement élevé autour de Jacquemart, lors de la guerre de Savoie, fut abattu ; par contre on construisit le rempart du Gotteron. On donna 4 écus de subside à tous ceux qui bâtiraient sur les Places. La poterne ne s'ouvrait alors que les dimanches et les fêtes, depuis le diné jusqu'à vêpres. On élargit l'entrée du Stalden aux dépens de la maison Englisberg i. On fit élever des murs mitoyens entre les nombreuses maisons de bois qui formaient encordes mes des Hôpitaux-derrière , de l'Auge et de la Planche. On dé-
^ Aujourd'hui Techtermann.
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molit le grenier des choralisr qui était dans le jardin de M. le Chancelier Krumenstoil, devant la porte dé Morat intérieure^ £ltt 1492 on creusa un étang à la Schmiedgasse , et en 1500 on £t construire deux belles maisons sur la place du marché an grain. On fît aussi couvrir Jacquemart en plomb. Il parait que cette horloge était décorée d'une statue de guerrier ; car on donna en 1513 8 sous 4 den. à maître Marti pour faire Tépée de Jacquemart, et 17 sous 6 den. au peintre Alexandre pour la dorer ^.
Tous nos ponts étaient encore en bois et recouverts. Celui do milieu ne s^appelait plus Pont de Mackenberg, mais de Montmellan. La Sarine Tayant emporté , on dressa un pilier en pierre» au moyen d'un bateau fait exprès. Le nom de Grabensal vient de GraBenshalb , c'est-à-dire , du côté du fossé.
Les fontaines en bois furent remplacées par des fontaines en pierre* à commencer par celle de St. Georges. Les matériaux furent tirés de la Molière et d'Aigle. P. Peyer entreprit ce travail , à raison de 2batz par jour pour lui et autant pour chacun de ses quatre ouvriers, depuis la St. Michel (1546) jusqu'au Carnaval suivant. Plus tard ce salaire devait être haussé d'un batz. On lui donna en outre denx muids de grain, deux chars de bois et une habitation. Tout ce qui lui fut payé s'éleva à la somme de 253 liv. On plaça sur la fontaine du Saarbaum à la Neuveville, la statue de la Prudence» sur celle de la Planche la statue de St. Jean, sur celle de l'Auge le groupe de la Samaritaine , sur celle de Notre-Dame celui de Samson. Tous ces ouvrages coûtèrent beaucoup. Ainsi la statue de Samson coûta seule 90 liv., celle de Ste. Anne 70 2. On établit plus tard, dans chaque quartier, un inspecteur des fontaines, chargé d'en garantir la propreté et de dénoncer toute injection d'immondices.
Les arcades qu'on voit encore aujourd'hui au bas de la Grand'me se prolongeaient jusqu'à la Maison-de-ville. Elles subsistèrent jus-
A A. G. Comptes de Petermao Bugnet. — < Environ 350 fr.
iSi
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qu'au graod incendie. Il y en avaU aassi à la me de Laotanne, à la Neovevitle et en TAuge. Celle de Faaberge du Soleil fut rasée en
Mais la plus belle construction de cette époque est sans contredit le clocher de St. Nicolas, dit la tour. L'idée de ce monument avait surgi au milieu de nos plus grandes calamités nationales, alors que trahis par l'Autriche, épuisés de ressources, déchirés par les factions , écrasés d'impôts, privés d'alliances, accablés par le nombre et froissés dans nos intérêts les plus chers et jusques dans notre honneur, nous subissions le joug humiliant de nos voisins. Tant il est vrai que de grandes infortunes ramènent toujours vers le Ciel la pensée des Sociétés comme celle des individus.
Les conseillers détenus par Albert à Fribourgen Brisgau, avaient en le temps d'admîrer et d'examiner le clocher de la cathédrale de cette ville. Ils en avaientrapporté le plan, dont l'exécution conflée dès l'an 1470 ^ à Georges du Jordil, subit de notables modifications, comme on peut le voir, en comparant le clocher au plan qui existe aux archives 2.
L'église était cernée au Sud-Esf par le cimetière. On construisit sur celui-ci en 1493 une chapelle ou ossuaire , dont la toiture se composait de tuiles bigarrées qu'on imiterait difficilement aujourd'hui 3, Devant la chapelle était le crucifix coIossc|l de pierre , qu'on a depuis transporté à St. Pierre. C'était l'Avoyer Faucigny
1 En 1471 on trouTO Messeigneurs du Conseil , les Bannerets et les Sautiers dînant en TAnge, après ayoir irisité Tancien clocher pour refaire le beffroi. A. G. — s Une chronique a soin de remarquer que cette bâtisse fut commencée sous le règne de TËmpereur Frédéric d'Autriche , sous la domination d*Amédée IX de Savoie, la 290' année depuis la fondation de la yille et 18 ans après Téinancipation de l'Autriche. Peut-être faut-il dater de cette époque la création des Kttchmeyer, soit recteurs de la fabrique de St. Nicolas. Au moins n'existe-t-il aucun protocole de ces fonctionnaires, antérieur au clocher. On les appelait alors grandifoyenrs {fou gouverniau dé foi^ra daiimoli)* Voyez pièces justificatives N^ 1. — « Cette chapelle était un bijouy en fait d'architecture gothique. SI l'édilité qui la supprima, l'avait su apprécier, au lieu d'en briser et disperser les matériaux, elle Teut tout simplement fait transporter sur le nouveau cimetière. M. Kuenlin dit que le modèle en existe encore à Péraules.
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qai Tavait fait ériger ea 1482. On donaa 40 Uv. (environ 15 loai à maître Nicolas le sculpteur pour la façon. On y renferma l reliques suivantes : V Une parcelle du bois de la Ste. Croii 2"* Un fragment de l'éponge qui servit à désaltérer N. S. 3** Des ossemens de St. André , de St. Jacques Majeur, de St. Egidius et de Ste. Catherine. L'Evéque de Lausanne y attacha des indal gences, à trois reprises.
En 1519 on décida la bâtisse d'un nouveau chœur prés delà placé du marché des Marchands, d'après le plan fourni par maître H. Felder. Celui-ci devait se choisir un second et l'initier à soi plan. La même année H.Hayoz fut nommé Recteur de lafabriqii'
A la demande du Clergé de St. Nicolas , il fut convena q» tout prêtre qui aurait fait partie de ce corps, pendant un an et on jour et aurait participé aux distributions qui lui reviennent, serait considéré et traité comme bourgeois de la ville , à la charge de se faire inscrire comme tel, contre une rétribution de 5 sols et de prêter le serment bourgeoisial i.
La bourgeoisie avait le droit de nommer le curé de ville le choisir où bon lui semblerait. Le bâtiment actuel de été construit aux frais de ce dignitaire ^.
En 1510 l'Abbé d'Hauterive fut envoyé à Rome pour obtenir l'incorporation de quelques bénéfices à l'église de St. Nicolas.
Nos églises et même la Commanderie étaient alors des asito inviolables , d'où Ton ne pouvait arracher le criminel qui s'y réfugiait. Un menuisier ayant été arrêté en 1495 dans Téglise de Cordeliers, le Prieur réclama vivement contre cette violation du droit d'asile.
On chômait alors 40 fêtes de plus qu'aujourd'hui. L'industrie et le commerce en souffraient tellement qu'on pria l'Évéque de Lausanne d'en supprimer quelques-unes.
< Voici les noms des onze chapelains au commencement du 16*^ siècle:] J. Goldschi , J. Janvier, Guill. Pitteli , Tbéodoric Tburemberg, Amédée de L.ogie Nie. Dupont, Mathieu Borolli , Claude Josset, Nie. Rossalet, J. Burg^er , Jacque' Sprengo. Diebold Arsent, fils de rAyoyer, était doyeb de ville eu 1509. — ^ Vojei pièces justificatives N® IT.
ville et t\ la cure al
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NoQS avions encore des Béguines, prés de St. Pierre, an Stalden et au Petit-St. Jean.
Les enfans de chœur datent aussi des dernières années du 16' siècle. Chose singulière! On allait quelquefois les chercher en Allemagne et en 1543 on en fit venir de Fribourg en Brisgau. Régis dans le principe par Dom Matthey, du pays romand » ils le furent ensuite par un chantre allemand qu'on fit venir exprés. On avait souvent de la peiné à trouver un sujet capable d'occuper celte place. En 1553 noire Prédicateur Jérôme Milen resta trois jours à Fribourg en Brisgau, avec deux compagnons, ^ la recherche du chantre Salfeier à qui on paya pour son voyage 12 sous par jour. En général les mutations de ce fonctionnaire étaient très-fréquenles. A Salfeier succéda Limarius Herpol qui se fit remplacer par le chantre de Nozeret i. Mais dés 1555 on trouve un sieur Journier investi de cette charge. On s'était adressé pour ce sujet à Henri Giaréanus, familier de l'Empereur.
Louis d'Avri ou d'Affry et Jean Du Terraul ^renoncèrent chacun à la moitié de la collature de Givisiez, en faveur de la chantrerie. Mais on voulait alors que cet établissement pût en même temps tenir une école. Le nombre des enfans de chœur, d'abord fixé à six comme aujourd'hui, fut réduit à quatre. On remplaça les deux autres par un maître d'école et un proviseur, qui partageaient la table du chantre. Le proviseur était une espèce de surveillant qui les accompagnait à l'église. Ils portaient une robe rouge et servaient aussi les messes. Un passage du compte des trésoriers fait présumer que parmi les clioralis se trouvaient aussi des adolescens d'un certain âge. En 1519 on nomma une commission pour conférer avec le chantre , au sujet de son traitement, et régler comment seraient chantées la messe de Beata et celle de Prima.
Maître François Kolb qui joua plus tard un rôle dans le drame
' A 6 lieues de Pontarlier.
Go ogle
de la réformation , arait été chargé de la direction de la chantrerie. II était en même temps chapelain et prédicateur. Il avait été nommé à vie. II logeait aux frais de l'Etat, chez Wilhelm Rono» avec on traitement annuel .de 80 liv. qu'ion éleva plus tard à 100 1.
En 1544 on associa au chantre le prêtre français Alexandre Artos, avec un traitement de 10 liv. par quartier et un muid de messel par an. On lui donna en outre l'autel des maréchaux» avec la maison et les revenus de cette chapelle.
La chantrerie fut successivement installée près de l'Abbaye des boulangers, près de l'ancienne Maison-de-«ville, à Tauberge da Chasseur et enfin où elle se trouve aujourd'hui.
Le chef du diocèse résidait toujours à Lausanne. On e^ tout surpris de voir que mainte affaire ecclésiastique se traitait en dehors de la cour épiscopale, soit directement, soit par l'interveiition étrangère. C'est ainsi qu'en 1408 on pria Jean Speglin, Prieur des Augustins à Memmingen, de nous obtenir la piermission de manger du laitage en carême , l'huile d'olives se tirant à 60 milles d'ici et le poisson étant trop cher pour les pauvres. On ^'engagea pour le cas où cette dispense serait octroyée gratis , à employer le montant de ce qu'elle aurait coûté à l'achèvement de la Collégiale. Déjà antérieurement on avait chargé le Doyen d^obteoir pour 20 à 30 ducats une dispense de faire maigre, à la charge pour ceux qui en profiteraient, de payer 3 sous par an (1491)^. En 1504 cette permission fut aussi accordée aux étrangers qu passaient par Fribourg ou y résideraient, à condition qu^ils feraieol un don à la fabrique de ISt. Nicolas. Mais il paraît que ces dispenses coûteuses n'étaient jamais accordées que pour un temps très-limité; car en 1509 on paya encore 175 liv. au légat de Rome pour cet objet. En 1514 le produit des indulgences s'éleva
^ Les Moratois le choisirent aussi pour leur Curé, e(, quinze aus plus tard nommé second prédicateur à Berne, où il devint un des plus ardens promotears la réforme. — ' Voy. une mission à ce sujet dans le misai val lat. fol. 61. A. C.
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