‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 15 sur 63 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

trier. Celui-ci fat enterré à St Jean , sans cierges , san^ sonnerie, à la nuit tombante.

P. Ramu , convaincu d'avoir contrefait le sceao de l'Etat pour fabriquer de fausses lettres, fut condamné à périr dans Thuile bouillante. Toutefois , par grâce spéciale , il fut secrètement décapité au vieil arsenal, le 14 août 1540.

L'année précédente une femme avait été condamnée à être enterrée vivante , sauf le cas où elle serait enceinte , wegen Misse^ that an ihrem Manne.

En 1509 fut établi le Landgericht (Tribunal rural). Tous les no|)}<^ et bourgeois ,; possesseurs de fiefs, devaient s'assembler et choisir un honnête homme pour juge du pays, avec six assesseurs Connus pour anoir le sens commun^ et les faire confirmer par TAutorité supérieure. Ces juges devaient s'assembler tous les jeudis et vendredis» sous l'amende de 10 sous. Leur salaire était do cinq sous par semaine, outre le tiers des amendes. Quand celles-ci concernaient un vol de fruits, elles revenaient à l'Avoyer*

En 1535 il est question pour la première fois du Tribunal de la tille (LindengericHt). Il s'assemblait sous le grand tilleul tous les jours de marché, et prononçait sommairement, sans forme de procès, dans toutes les contestations que le marché fesait naître. Mais incapable de faire respecter ses décisions et provoquant plus de rixes qu'il n'en calmait, il fut plus d'une fois supprimé et rétabli. Sa suppression définitive n'eut lieu qu'en 1612.

La place de Secrétaire du Conseil (Rathschryber) ne fut créée qu'en 1539. A la Maison-de- ville, les Conseillers s'asseyaient sur des coussins de plumes, qu'on enduisait d'empois. Des femmes étaient chargées de ce soin , ainsi que de la propreté di| local. Au besoin elles servaient môme à manger et à boire à Messeigneurs.

hsi plupart des employés publics étrangers étaient logés chez

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des particuliers. Ainsi le cliapelain Wolf ctiez le cbantre ^ , 1^ maître sculpteur chez Tbospitalier, l'arbalétrier cbez Guillaume Tavcmey, le peintre Frics à la .Gbancellçrie et l'organiste chez Yenni d'Affry. Le maître d'école, l'organiste et le chancelier avaient un traitement moindre que celui de médecin, et sans accessoires.

Les Messagers d'£lat et Uberreuter avaient seuls le droit de saisir un débiteur et de le retenir en otage, faute de paiement. Toute. autre personne qui empiétait sur ce droit, était inscrite au livre noir et devait aider le bourreau dans les préparatifs d'une exécution.

L'agrandissement du territoire nécessita la création de3 bailliages. C'était le nom qu'on donnait aux districts où préfectures. Dès cette époque des hommes émancipés eux-mêmes de la servitude, eurent des sujets, tout en proclamant le droit imprescriptible de ta liberté.

L'installation d'un bailli se pratiquait sans beaucoup de cérémonies. Un Conseiller d'Etat allait le présenter. Le bailPi jurait de maintenir les droits et privilèges de ses ressortissans; sur quoi ceux-ci prêtaient serment de fidélité et d'obéissance. Xe tout se terminait par un repas.

La durée d'un bailliage, où le bailli résidait avec sa famille, était de cinq . ans. Les autres alternaient tous les trois ans. Cet usage fut constamment suivi jusqu'en 179S.

Une loi défendait aux baillis d'acheter un bien-fonds situé dans les limites de leur bailliage.

Corserey formait un bailliage distinct, qui fut réuni à Montagnj m 1585.

Le bailliage de Planfayon était spécialement réservé à l'Avoyer, sortant de charge, et celui de Corbières au Grand-Sautier, après 12 ans de service. Celui de Wallenbuch au Chancelier, dep^^

t Celui-ci fat au commencenient logé lui-mémo dans une maison api^artco aux religieuses de la Maigrauge.

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1551. Celjni de GransoD au Rathsciiryber, après 5 ans de service, depuis 1660.

Il y avait en Suisse des bailliages communs y occupés alternativement par deux ou plusieurs Gantons. C'était alors à qui tondrait le mieux et le plus vile ses administrés. Voici comment en parle le savant continuateur de Muiier : a Des Gouverneurs avides » et orgueilleux allaient d'année en année avec un (Cortège immo- » rai et grossier, prendre possession d'un règne temporaire. Les x> bailliages avaient 1» charge d'entretenir leur luxe, et il était )) devenu difficile aux Gantons de s'entendre sur la possession à » Tamiable d'un bien qui avait cessé d'être improductif. L'har- » monie devint plus difficile encore à conserver, quand dans les lù pays sujets, comme ailleurs, les deux systèmes religieux se » trouvaient en présence. Il en naquit des conflits dans lesquels » il lâut chercher la cause immédiate des guerres de religion. »

Nos baillis furent d'abord assez mal accueillis dans leurs résidences. Le Greffier du Grand-Farvagny ayant reçu Tordre de se transporter à la justice de Massônnens (1541), répondit insolemment que sOf culotte aidait besoin d'être rapiécée* En 1556 on ordonna aux baillis de raccourcir les longues foritiùles de leurs actes.

Diverses mesures de police très-louables furent prises à cette époque.

On établit un patifoux soit valet de ville , un nettoyeur des fontaines, deux inspecteurs des tuileries et quatre inspecteurs des bàtimens. On défendit aux Cordeliers, sous une amende de 15 liv., de planter sur leur cimetière des arbres qqi pussent intercepter la vue des maisons de la rue de Morat. Ce cimetière occupait alors la place qui sert aujourd'hui de marché au poisson. On fit des en-« quêtes pour constater la consommation du sel.

Les Sautiers fonctionnaient en cuirasse les jours de foire. Mais dés la fin du ih"" siècle on ne trouve plus pour la police des foires

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cet appareil dont les comples un peii plas aocieiQs font mention, parce qu'elles étaient beaucoup moins fréquentées.

La police des rues était du reste confiée à des chassegueux j et la nuit an guet. Celui-ci se fit d'abord à tour de rôle, plus tard on solda une garde de 14 hommes pour Tentretien de laquelle il fallait acquitter une contribution. Mais on remarque dans les comptes que cet argent était livré très-inexactement par les Baonerets. On l'appelait «va c^/^e/^. L'usage de crier les heures parait n'avoir commencé que vers 153S. Le cri était : Hqrety ihr Herren^ wâs ich will euch sagen, es hal . . . Uhrgeschlagen. A 9 heures on ajoutait : Lôschct Fur und Licht, dass euch Gott und Maria behiit. Cet usage n'a cessé qu'à la révolution.

Les Bannerets faisaient régulièrement la visite des foumeaax, cheminées , granges , caves , écuries.

Tous les jours, matin et soir, aussi pendant les marchés, au départ ou à l'arrivée de quelques députés, des fifres jouaient sur le clocher de St. Nicolas. Ils recevaient pour cela un traitement de 70 florins avec, logement.

Les marchands de comestibles étaient toujours surveillés avec sévérité. Les bouchers ayant voulu se soustraire à cette surveii^ lance , furent menacés d'expulsion et ne purent obtenir la permission de rester en ville, qu'aux conditions suivantes : 1^ La viande de taure ou agneau d'un an se vendra dix den. la livre. 2^ La bonne viande de bœuf ou vache, dé brebis ou de mouton, ne coûtera que 8 den. 3^ Il est défendu de tuer un veau au-dessous d'un an ponr en vendre la chair. 4^ Les bouchers ne vendront pas non plus des veaux entiers aux étrangers. 5° La tête ne fera pas partie du quartier demandé. 6° Les pauvres ne seront pas servis avec moins de soin que les riches. Le tout sous peine de 4 liv. d'amende pour chaque contravention.

Il était de plus loisible à un bourgeois de tuer Contes les bétes

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qo'U avait élevées et d'en vendre la viande si les bonchers la refusaient. En 1 492 quatorze de ces industriels furent destitués pour n'avoir pas voulu se soumettre à la taxe de la viande.

II était permis aux bouchers de tenir leurs bancs ouverts le dimanche. Vers le milieu du 1 6*^ siècle , ces bans rapportaient au £sc plus de 40 liv. (prés de 300 fr.). Plus tard le détail de la viande ne fut plus permis qu'à la boucherie.

Des règlemens analogues furent faits pour les boulangers. Ils avaient seuls le droit de vendre le pain en ville. Les aubergistes et autres marchands de pain ne pouvaient en pétrir ni en vendre^ à moins d^avoir acheté un banc à la halle. On suspendit ce règlement en 1529, à cause de la disette. Chacun fut alors autorisé h vendre du pain au marché, et il fut défendu aux meuniers de s éparer la fleur de la farine i. En i 547 les boulangers s'étant refusés à l'exécution des ordonnances , les Bannerets firent la tournée de la ville, punissant tout récalcitrant de trois livres d'amende.

On défendit, sous l'amende de 10 sous, de vendre du poisson avant le signal de la cloche. Il fallait l'exposer dans de grandes cuves, pour qu'on pût bien l'examiner (1500). Et pour ne pas nuire à la multiplication , la pèche fut prohibée pendant le frai* La vente du poisson ne pouvait pas se prolonger au-delà de trois heures. Ce terme écoulé, les inspecteurs du poisson ou les sautiers emportaient tout le poisson non vendu à l'hôpital ou à la léproserie. Tous les poissons morts devaient être disposés dans un lieu spécial.

On défendit de pécher dans les étangs de la ville et de faire la chasse aux animaux non nuisibles. Au reste nos bois pullulaient de bètes fauves. En 1506 on tua 13 loups, en 1514, 21 loups et 1 ours, en 151 S quelques loups et 2 sangliers. On ordonnait

1 II fat également défendu d'acheter des comestibles hors de la ville. Les reyendenses ne pouvaient faire leurs emplettes qvCà 10 heures du matin.

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souvent des qfaasses générales. En 1543 on prit 3 ours à Plan-

fayon.

Le Gouvernement ne négligeait pas les mesures d'iiygiéne publique et continuait à pensionner un médecin soit physicien de ville et deux chirurgiens , comme la ville le faisait encore naguèrcs pour l'hôpital bourgeois: Le salaire de ces employés était trés-ioégal. Les deux chirurgiens ne recevaient chacun que 24 li?. par an, tandis que le traitemept do médecin s'élevait à 238 Ht. i 2 sous 8 den. Mais ces professions n'étaient en général point estimées. On abandonnait l'art de guérir aux Juifs , aux baigneurs et à de vieilles femmes.

L'emploi de physicien et chirurgien, d'abord exercé par les Juifs, fut successivement rempli par Barthélémy de Salis qui, en 1464, fit hommage à la ville d'un traité sur la peste, par P. Bergerel (1482), Nicolas Schmaldienst( 1483), maître Geoffrey(/487), Antoine du Praz et Jean Chapotaz (1491), puis par maître Urbain IiuDighauer,deRothwyl. On a vu que ce dernier avait été appe\èpour| tenir l'école allemande et qu'il était reparti pour faire ses études médicales. En 1 509 on engagea pour trois ansle docteur Albert Mulich. C'est sans doute le même qui, sous le nom du docteur Albrecht, avait déjà été nommé pour une année, en 1504, à la charge qu'en temps de peste, il donnerait ses soins aux pauvres aussi bien qu aux riches.

On trouve, en 1516 Alexandre Zitz, médecin. Il était Wurtembergeois 1 ; en 1520 les chirurgiens Wendel et Fry, en 1522 Michel de St. Hilaire, l'année suivante Wolfangel, en 1534 Keller et Kymo, en 1535 Graf, en 1541 Valentin Reisberger 2, eo

1 11 encourut la disgrâce de Messeigoeurs , pour je ne sais quel délit ^ et fut arrêté à Ba^en , gouverné alors par un bailli fribourgeois. Mais ayant eu préalablement occasion de sauver une femme en couches , toutes les matrones de Baden sollicitèrent sa grâce par une lettre très-curieuse, qu'elles adressèrent au Gou▼e^ nement de Fribourg et qu'on peut lire dans le Schweiz. Geschichtf. 3, B. 2. H. Elle est siguée : Uewei* gnàden willigen ail schivanger and ander ersam Frowea zu Baden in Ergœw* — ^ Ce docteur redoutant un jour la responsabilité d*unei opération que sollicitait avec instance le cordonnier Heoso, celui-ci s*adressi^ directement à Messeigneurs , les priant d'autoriser par écrit l'amputatioa de sa jambe , afin que l'opérateur ne fût pas recherché en cas de non réussite. A. C.

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1546 Biedermano, m 1547 Graf h barbier et Rigolet le festonseur. L'année suivante une Commission fut chargée de s'oecoper d'un règlement spécial pour les ebirurgiens; mab la pdmite ne fut exigée qu'un siècle plus tard.

Les physiciens acquirent plus de considération, à mesure que leur art se perfectionnait, et ils ne tardèrent pas à prendre rang parmi les LX , privilège qu'ils conservèrent jusqu'après l'émeute de Chenaux. . '

Les médecins se distinguaient par une longue robe grise » une ceinture noire , un chaperon noir avec mentonnière de même couleur. Les chirurgiens portaient un collet et une toque rouges. Les apothicaires étaient costumés à peu près comme les épiciersdroguistes. Ils empiétaient souvent sur les œuvres de la basse chirurgie. En 1462 on en fit venir un de Constancs.

Parmi les apothicaires on trouve Willy Reif, Jean Buoz, Du Plâit. En 1507 l'apothicaire Luquin, de Genève, obtint la bourgeoisie de Fribourg pour la finance d'un florin.

Parmi les médecins de cette époque, il y en eut deux qui jouirent d'une réputation étendue. Il sera bientôt fait mention de Corneille Agrippa qui ne fit pas un long séjour à Fribourg. Vingt ans plus tard le docteur Clarius se rendit fameux par ses cures et passa même pour magicien. On le consultait souvent du dehors et ses réponses étaient respectées comme des oracles. Soleure désirant un jour savoir si l'un de ses ressortissans était atteint de la lèpre, Clarius prononça affirmativement, sur la simple inspection des cheveux et du sang du malade. Il recevait de l'Etat un traitement de 59 liv. 13 sous 2 den. par trimestre, et logeait vers le bas de la Grand'rue , dans la maison que décore encore aujourd'hui la statue de St. Christophe. On parlait encore de ce meige au commencement du 1 8' siècle, avec une réserve superstitieuse.

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