‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 16 sur 63 · SB€0»B PARTIE · texte numérisé non relu

SB€0»B PARTIE

Le traitement des malades était conforme aux idées da temps. Les hommes de Fart attachaient aux nombres impairs une vertu spéciale et presorivaieat, par exemple ,, plutôt cinq pilules que quatre ^. On saignait aux veinea des cuisses pour le mal d'oreilles, à ta cheville pour le mal de dents, entre le pouce et Tindex pour le mal de tète et la rogne (leignje) , au doigt auriculaire pour la fièvre quarte, au bout du nez pour les maux cutanés ^.

Une sage-femme fut établie, dés 1485, dans chacun des quatre quartiers de la ville, avec 40 sous d'appointement. Il parait qu'on né trouva pas d'abord des sujets propres à ces fonctions; car en 1491 il n'y en avait encore que deux 3. Par contre on en trouit cinq en 1531. La première sage-femme nommée par la ville, s'appelait Chollet.

Il est souvent fait mention de peste , tant à Fribourg que dans les bailliages, à Romont, Estavayer ^, Neuchâtel, etc. On confondait sans doute, sous cette dénomination vague et générique, des épidémies fréquentes, plus ou moins meurtrières, qu'il faut'attn huer en grande partie à la disette, commune alors dans nos contrées. Pendant sa durée on permettait aux meuniers de travailler les jours de fête ^. En 1519 la mortalité fut si grande à Fribourg que, dans une seule matinée, elle enleva 30 personnes dans le quartier des Hôpitaux. On arrêta un médecin de Soleure à son passage et on fit venir de Constance le docteur Fries^.

La maladie contagieuse qui sévit en 1482 mit toute la scieur^ des Esculapes en défaut. Son symptôme essentiel était un délire furieux » et la crise n'était salutaire que lorsqu'il y avait copieuse déjection de vers par le nez et les oreilles.

< MoDteil. — s Ibid. — 3 Eo 1511 la femme de Jacques Sperz foi faommée accoocheuse, à la condition expresse qu'elle servirait les pauvres aussi bien que les riches. — * Pendant répidémie qui désola cette ville en 1501 , on fitconstruire un autel prés de la croix de pierre et on y célébra la messe pendant 9 jours. — ^ Donné 10 sous à 6 hommes qui rompirent la glace le jour de St. ptienneau Gottcron. A. C — <^ La môme année 40 arpens de terre furent engloutis par le lac à PortaU>an.

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En 1506 il ré^a, à ce qu'il paraît, une épidémie si Tiolente, qu-oD fut obligé de faire venir un médecin de Soleùre. ^En 1641 Fribourg s'excusa auprès de la dîétîne cathoHque de Zùg de n'avoir pu y assister, à cause de la peste qui régnait dans notre yiUe. Ce fut an point que Soleure ne pût obtenir notre médeciA pour soigner le Conseiller Stolly. Cette épidémie enleva le chantre et plusieurs ecclésiastiques. Sept ^ns plus tard, 600 personnes moururent à Fribourg de la peste i; en 1550, 1200 personnes.

Parmi les maladies chroniques contre lesquelles l'art avouait son impuissance et qui décimaient les populations , on remarque la syphilis connue alors sous d'autres noms et plus communément sous celui de grand! gorre , puis la lèpre. Cette dernière, sans être plus meurtrière que la syphilis, inspirait Cependant plus de crainte, soit qu'on la crût plus contagieuse, soit qu'elle se présentât sous un aspect plus hideux ^. La peau du malade, complètement désorganisée, se couvrait de croûtes épaisses, empilées les unes sur les autres comme des écailles, et. suintant une matière iichoreuse très-fétide» ,avec démangeaison et douleurs excessives, surtout la nuit. Le mal n'épargnait aucune part^ du corps , pas m^me le visage, et quand il .était à \fiVL plus haut degré, les yeux, le- nez, les mains et fes fheds se gangrenaient. La pathologie, était trop peu avancée sjors pour qu'on ne confondit pas avec la lèpre plusieurs maladies analogues, telles que l'éléphantiasi^, le vitiligo, la pellagre et peut-être la petite vérole. Tout avait été essayé, jusqu'au bouillon de vipère , contre ce fléau terrible qui s'attaquait indistinctement à toutes les classes de la société 3. Aussi prenait-on, dans %)us les pays, les mesures Ips plus rigoureuses pour se préserver. Ces précautions pesaient cruellement sur les pauvres lépreux ; le premier

* Chronique Bfootenach. — ^ Le livre de Job en trace fidèlement les symptômes essentiels. — 3 Voyez première Partie , Chap. VUI. L^antîqae Orient avait appelé cette aiTreuse maladie îe fit^ aine de la mort. On pe\il aussi lire ce qu'en dit Tillustre Arabroise Paré. ? *

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Stigmate, comme celui de Gain, étdit an signe jde proscription, et les victimes dé ta lèpre étaient considérées comme de véritables parias. La séquestration se fesait pabliqnement et avec un grand appareil. Revêtu d'un drap mortoaire , le lépreux attendait aa bas de l'escalier de sa. demeure que le Clergé vint le prendre pour le conduire à Féglise. Là était préparée pour lui une chapelle ardente. Oq lui chantait les prières des morts, avec les aspersions et encensemens ordinaires. On le conduisait ensuite hors de la ville, à la maison qu'il devait occuper. Arrivé à la porte , au-dessus de laquelle était placée une petite cloche surmontée d'une croix , le lépreux se mettait à genoux et le curé, d'une voix forte, lui intimait défense de sortir sans son habit de ladre et sans chaussure, de quitter sa paroisse sans congé , de passer par les ruelles étroites, de parler lorsqu'il était saus le vent, de mendier par paroles, ains a[>ec cliquetis accoutumé ^ d'aller dans aucune église, moûtier, foire, marché et réunion d'hommes quelconque, de boire ^ ou laver les mains et le linge dans une fontaine ou fv- ^ vière ^, de ne manier ni argent ni aucune marchandise avant de l'avoir açhef|e , si ce n'est avec les mains gantées , de toucher les enfans ou «de leur jrien donner, d'habiter avec une autre femme que la sienne, d^ ne jamais se marier, s'il ne l'était pas 3, sous peine, dit le ^utumier de Yaud, d'être traité comme parjure^ d'être enseveli tif et tellement prendre Jin\

Le prêtre lui donnait ensuite le pied*à baiser, lui jetait une gelletée de terre sur la tête et après avoir fermé la porte , le recommandait aux prières des assistans. Alors le malheureux ôtait son habit, lAttait sa tartarelle de ladre, et prenait sa cliquette pour qu'à l'avenir tout le monde eut à fuir sa présence ^.

1 L*eaa devait lui ôtre présentée dans son écuelle et versée avec un vase qui ne lui appartînt pas. — ^ Certaines eaux de fontaine ou'*de rivière étaient spécialement affectées aux lépreux. — 3 £n 1514 on bannit deux lépreux de Bourguillon qui y étaient mariés élandestinement. — ^ Yoy. dans le musée historique de Neachàtel et Yalangin , par Matjle, la forme du sermeiSt que devait prêter un lépreux àa commencement du 17^ siècle. (Tom. I. 6. cah.) — ^ Monteil.

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