‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 37 sur 63 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

le curé de Googgisberg , où se trouvait alors Téglise paroissiale de Pianfayon , etc. Le curé de Marly, accusé de s'être moqué de ce qu'on sonnait pendant l'orage , eut mille peines à se disculper. Moins heureux, le prémissaire de Guin, Barthélémy Schmid, ayant avancé, dans un soupe, que l'on ne doit adorer ni la Ste.Vierge m les Saints , fut garrotté , lié sur un cheval et conduit ainsi à TEvêqué de Lausanne <.

On cite encore Hollard , doyen de notre Collégiale. Il était natif d'Orbe et avait remplacé le doyen Houber. Il entretenait depuis longtemps une correspondance secrète avec les amis de la réforme. Dès que le Gouvernement en eut connaissance , il fit arrêter ce prêtre prévaricateur. Berne intervint pour qu'il fût relâché; mais il dut subir la destitution et l'exil. C'était du reste un homme tenant fortement à l'argent ^. En 1522 il avait été député par le Gouvernement vers l'Evêque de Belley, qui élevait d'injustes prétentions sur les revenus de Romainmotiers. On le retrouve en 1536 ministre réformé aux Ormonts.

Nous avions alors un imprimeur, nommé Ypocras, Bernois d'origine. Il osa imprimer et vendre des livres luthériens ; mais ils furent confisqués et brûlés 3. Ce que voyant le Chapelain Hans Kymo^, il qe put s'empêcher de s'écrier : Seigneur, pardonnezleur, car ils ne savent ce qu'ils font. Cette exclamation impru-

A A Fribourg, (oui comme à Berne et à Zurich, ce ftirent les bouchers qui s*opposèrent le plus à la réforme. Elle leur ouvrait pourtant les portes d'un plus grand débit, et le caractère de cette opposition n*en est que plus singulier. Une tradition, que nul titre ne justifie, porte qu*un prédicant étant monté en chaire dans notre Collégiale, commençait déjà à captiver Tattention du public, de manière à faire craindre des apostasies , lorsque les bouchers , après avoir allumé au dehors un tas de bois, entrèrent dans Féglise , en criant : au feu ! et chassèrent le prédicateur. A Ziirich , lorsque Tabbaye des bouchers fut consultée sur Talliance française, eUe fut la seule qui acquiesça , par le motif que leur métier les appelant plus sou^ ^ent au dehors , ils étaient exposés à toutes sortes d*avanies. — ^ On a de lui une lettre au curé de Courlion , datée du 28 Juillet 1533 , par laquelle il excommunie rermite qui desservait la chapelle de Cournillens , avant qu*il y eut un chapelain. AfT. eccl. N® 76. Trois témoins avaient déposé qu'il n'avait voulu les absoudre d'adullére , que pour une certaine somme. — < Il y en avait pour la valeur alors considérable de 13 écus. — ^ Noos avions aussi un chirurgien de ce nom.

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dente lai valut le même sort qu'à HoHard. On lai enleva la clé de la porte qu*il gardait à l'église et on le bannit (1523). Quant à rioipriïncur; il fut également chassé et exilé pour avoir crié hautement contre le mandat religieux *. Déjà l'année précédente une femme avait été exécutée à Ecbarlens pour cause d'hérésie.

Quelques laïcs furent signalés et punis à Fribourg même, comme hérétiques. On arrêta Thomas Filisdorf qui avait dit que la confession était inutile, Dieu seul ayant le pouvoir de remettre les péchés. Ulraann Techtermann qui applaudissait aax progrès de la réforme, fut déshérité par son père. Noble Rodolphe d'Erlach ayant refusé de jurer l'ordonnance prescrite, fut banni de la ville et dû pays. Il n'obtint un délai qu'à condition qu'il garderait le silence le plus absolu , quand il se rendrait à sa campagne. On bannit aussi le fameux partisan Frisching qui, en plein Conseil , avait exprimé le vœu que le diable pût emporter tous les prêtres. Jacob Rufin fut mis à l'amende pour avoir possédé le nouveau testament, en langue vulgaire. Jean Gossonens, de Portalban, dut payer cent écus pour avoir parlé contre la messe. .Klaus Weingarten paya 20 liv. pour avoir mangé des œufs en carême. Guillaume d'Arsent fut condamné à 25 liv. d'amende poor avoir lu des livres luthériens, plus tard à cent florins du Khia pour avoir servi dans l'armée bernoise contre les Catholiques. Od incarcéra encore pour propos hétérodoxes : Benoît Zimmermann, le menuisier Rodolphe Fornod , le meunier Schad , Wilhelm Seg-, mann, Rouf Egger, maître Jean, l'organiste, Jean Busson, Horner, la femme et la fille de Benoit Zouger, de Bôsin^en, Kâser, Schneuwlyj Claraval, Conrad Merz, Meuwly, de Heitenried, Nicolas Bunschly, de Bôsingen, Jacob Baumgartner, maître Nicolas, Pierre Thouner, Clara Lantemann, le cordonnier de Laupen, Conrad Schifner, Peterly, le maçon Hans Thomy, etc.

* On le relrouye cependant encore denr ans plus tard et sans doute dans les bonnes grâces de Messeigneors , puisqu'on lui fit cadeau d'une paire de culottes.

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