‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 39 sur 63 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Conquête da pays de Yaad. — Transaction avec Berne. — Serment prêté par dos troopes. — Verey. — Estavayer.— Bulle.— Eoment. — Le Comte deGreyères. — Yverdon. — L*Evéqae de Lausanne. — Contestalions avec Berne. — Triste sitoatioo des baii liages mixtes et des convens. ^ Rothwji. — CoBÛrmatioa des franchises. — La Gruyères menacée par les Bernois. — Préparatifs poar la secourir. — Fribourg ^ent acheter Neachâtel. ~ Protestation des Gantons intéressés. — Influence de la réforme. — Bataille de Cerisoles. — RenoavelIemeDl d'alliance avec Berne. — Les deux Cantons s'apprêtent à secourir Genève. - Concile de Trente. ^ Troubles à Orbe et Granson.

On a vu commeat par la traite de St. Julien, confirmé à Payerne, le Duc de Savoie avait hypothéqué le pays de Vaud aux Jef^ villes de Berne et de Fribourg. Genève se trouvant de noove^B investie par les Savoyards, sous les ordres du fameux marp^^ Médicis, et celui-ci s'étant permis de faire une invasion Afl^'^ bailliages communs d'Orbe et de Granson , les Bernois déclst^^^^ formellt^sient la guerre ^ la Savoie, le Dimanche 6 Janvier 1^^^* malgré les représentations d'Estavayer, envoyé par le Duc po'^^ se plaindre des Genevois. Fribourg célébrait sa fameuse fôte"^ rois, lorsqu'on y apprit cette nouvelle, «aussitôt, dit Vidli^**'^' » les banquets de cesser, Hérodé de se dépouiller de sa couroflû'^ » éphémère , les Prophètes de poser leurs barbes , les Maures u« » se blanchir, le Conseil d'envoyer prier Lucerne de préparer tt* » plan» de défense. » Pierre Cyro suivit en qualité de Secrétaïf"^ d'Etat les Conseillers bernois qui accompagnèrent le Généra NaBguely dans cette expédition. Berne nous invita à prendre paf à la conquête du pays de Vaud. Boisrigaud , Ambassadeur à France, qui se trouvait alors à Fribourg, s'eflForça de no en détourner en disant que son maitre s'y opposerait de tou ses forces. La discussion fut très -vive à ce sujet. Les u

CSAPITIIB VK

latent entrer en partage de la conqnéte , les antres ne croyaient que Ton pût arec honnenr secourir l'hérésie dans Genève. Peu i fallut qu'on n'en vînt aux mains dans la salle même du Gon^ , tandis que les tambours attendaient Tordre de battre et Tar*rie d'être dirigée de l'un ou de l'autre côté *. Le seul parti ) l'on prit, ce fut de livrer d'abord passage aux Bernois et de ser les événemens se prononcer^. Le Comte de Gruyères atlent en frémissant le résultat de la délibération. L'armée bernoise mit en marche le 22 Janvier. Mais , au lieu de se diri*ger sur ferne, par Avenches, elle laissa à gauche la roule de Lausanne et Lucens et prit celle d'Ëchallens. A leur passage par Domdidier,

soldats brisèrent les fenêtres de i'égli$e , en proférant des meces. Alors seulement on fit à Fnbourg, au nofn de Dieu^ une vèe de troupes ^ et on communiqua aux Bernois la liste suivante îsyilles et monastères qui étaient sous notre protection. C'étaient s y'ûies d'Avenches, Bulle, Estavayer, le comté de Gruyères» les fgneuries de Cugy, Cbeyre, Font, Marnan, St. Aubin, la Rocher e , Vaulruz , Yuippens , TËvêque et le chapitre de Lausanne , couvent de Payerne, les seigneuries de Rueyres, Grancour et sey, le prieuré de Romainmotier. On marqua tous ces endroits

des girouettes portant notre écu. Romont, Estavayer et Yver* I se préparèrent à une vigoureuse défense.

Les Bernois ne respectèrent ces recommandations que pour aut qu'elles ne contrariaient point leur plan 3. Ils s'emparèrent Cudrefin, Grancour et Payerne, sans coup férir. Les députés Rue et de Moudon vinrent leur oflFrir la soumission de ces deux

es

sauf leurs franchises. Morges se rendit le 28 Janvier.

Yulliemin. Chronique Montenach ad aiuium 1536. — ^ ibid. — ^ i[ paraît ne par la lettre que Messeigueurs écrivirent aux Waldstâtten , sous la date 17 Mars, qu'ils s'attendaient à être attaqués par les Bernois, s'ils s'avisaient vouloir secourir le Comte de Gruyères. Les Bernois devaient faire marcher hommes avec de l'artillerie contre Gruyères, sous prétexte d'attaquer Chilion, lis qu'un corps de réserve, d'égale force, nous tiendrait en observation. Mis-

182 sBcaifra parths.

Dans ce trajet, le cootingent neachfttdois s'était pemi^ les plui grossières avanies cofitre les monumeDS idhi culte catholique. Re âoBtant la rengeance des Friboorgeais , Nenchâtei sollicita de BerDOts une garnison de 200 hommes « qu'ils refusèrent en dé darant qu'ils nous avaient apaisés. Plusieurs Fribourgeois qu servaient dans Farmée savoisienne furent rappelés et punis. Li prieur de Lutf y implora notre protection i. On lui envoya deui Conseillers. Ceux de Vaulruz demandèrent la boui^eoisie que noa avions déjà accordée à leur Seigneur. Nous la donnâmes aussi ai Sire de Chavannes, à condition qu'il produirait son extrait de bap tème avant Pâques.

Somont, fort de sa position et de ses murailles, n'avait envie d( se soumettre ni à Berne, ni àFribourg. M. de Mézières, gouverneui de Verceil, qui était à Romout, avait reçu, par le canal de M. de la Sarr az , une lettre du Duc de Savoie , par laquelle il lui enjoignait d'encourager la bourgeoisie à lui rester fidèle. M. Maillardoz avait assuré celle-ci qu'elle serait bientôt tirée d'embarr?^ que la moitié des habitans d'Ëvian, armés de lances, étaient sortis pour s'opposer aux Bas-Valaisans et que Tàutre moitié s'était portée sur Genève ; qu'en outre 6000 miliciens et 4000 Espagnols étaient rassemblés à Chambéry. Fribourg fit sommer Romont de se rendre , et ceux de Lausanne accouraient déjà pour se joindre à notre bannière prête à marcher. Mais ayant appris en chemin que, par la médiation de nos combourgcois de Gruyères, cette i^iU^ avait obtenu un sursis , ils retournèrent chez eux.

 Echallens , les Bernois apprirent des alliés de Lausanne que des députés fribourgeois étaient arrivés sur les bords du lac; qui leur instigation et celle de l'Evéque, les quatre paroisses de Lavâux s'étaient Uguées avec Vevey pour une défense commune cl que 4000 Italiens débarqués à Morges s'avançaient, commandés par le marquis de Musso (Médicis).

A A. G. Affaires eccl. N<> 134.

dèpirtés koraois, P. Storier et Rod.

CMKtil H proposèreal» «q non de

Umer pw a A r c ftamoal el Rue, si

ff f dfr Yvcfldea. H consentail tussi à

Chiiri. EsUn^ ci St Aubui » nais

k 25 Février, eesl-è-dùre« plus ^nm

■oi»s, qseFribowf filamw

ghMT après leur ticolle. L mutUilè

pour so«leTer les cantons alla«^

foi et la dainte de se voir re^

b wyêt e des Bernois, avaient entraîné

lai leufe frit de 1066 Ikmmms, sovs le eoflunandement de

K. tkmon et [Ihrir Kix. La banniéffo èl»t portée par Gnillaorne

*liiHiilèiT Tac partie de CCS tioiqies se dirigea sur Romont » Faotre

sar BMlksjiJ e fsi clâl menacé par cenx dn Simmentlial. Le

emré ém Brikgarde fat nonuBè aonAnier de ce détachement et

rec«t wm ccMe ^odilè donble pme de soldat On fit jnrer anx

trovpcs : 1"^ DTabctr à leors cIm^ et de ne pas s*éloigner sans

ordie M pcimfffiinn r De iûre a ramemi tont le mal possible»

de me pas fniili ■■ k drapean pendant la kalaille et de ne se livrer

am piObge fi*aprés la victoire. 3* D'épargner les prêtres non ar«

■acs, les femmes, les tmbms^ les vieillards impotens , les malades,

les cgEses, les mooasiëres et antres fienx consacrés, i moins qu'ils

■e liB»citf occ^és par Fcancmi on ses effets. 4"" D'are le moins

p otfffiMf à dbarge à nos alfics et coadmorgeois et de leor payer

les vivTCSu 5"* De ne prendre dans les châleaax et villes rendues

qne les vivres aëccisaires et de remettre tont le bntin en main

tierce pow k partager casnile em commao. 6" De tner, sans mi-

sificivde, cen de lenrs camaimles qni prcndrmeait la fmte. 7* De

plier tons ks joms 5 pater et 5 aie en rhonncnr de Dien et de

toute la cour céleste, de ne pas jurer, ni provoquer à boire, d'oublier tous les resseutimens, etc.

On demanda aux Bernois de laisser à notre disposition Estavayer, Delley, Vallon, St. Aubin, la Molière, Surpîerre , Vuissens, Romont, Rue, Vaulruz, Ghàtel^St. Denis, Bossonens , Attàlens, Vevey, la Tour, Blonay, Mutra et autres villages autour de Vevey.

Mais, de toutes les villes de Lavaux, nulle ne nous tenait plas à cœur que Vevey , qui offrait un débouché aux produits de nos manufactures. Aussi y avions-nous songé avant que Berne nous eut proposé d'entrer en partage de ses conquêtes *. Sages , discrets et chiers çesins , écrivaient Messeigneurs à ceux de Vevey, /e^ occurrens sont dangereux y considérez bien i^otre devoir et ne cous rendez à nuls , sinon à nous* Ce sera pour le bien de r Excellence de Monsieur de Savoie et pour saw çer i^otre sainte foy 2.

Mais Vevey tomba dès le 19 au pouvoir des Bernois et nos dépûtes qui y arrivèrent après coup, en voyant l'ours huche ?>\vt\a porte de la ville, jugèrent leur mission inutile ^. D'ailleurs Veve^ préférait le protectorat de Berne à celui de Fribourg.

Par contre Estavayer se donna à nous et les co-seigneors de

cette ville vinrent nmifi nrpfAr hnmmufyf^. 4. Nniis nrîmpc aiiccî nns-

session des se déjà occupé p connaître notre gneurs de Vuî] dé St. Aubin. I

* Vulliemin. — ayait trois maîtres châtel de Ghinaux de ces trois Seign Cbinaux de prend] au moment où ne Suisse N^ 39 , anm

chapitAb ti. 1*5

cetix de VîHars-les-Friques , on leur expédia par écrit anc capîttilatian semblable à celle d'Estavayer *.

Pour obtenir notre protection, le monastère de Romaînmofier s'engagea de payer au chapitre de St. Nicolas nne pension annuelle de 600 Hv. et de nous céder la présentation pour chaque vacance de la place de prieur.

Bulle, la Roche et Albeuve envoyèrent leurs députés à Fribourg pour offrir leur soumission. On ajourna cette affaire pour s'entendre au préalable avec TEvêque de Lausanne. Bulle mit à sa soumission les conditions suivantes : 1*^ Messeigneurs promettront, par sarment, protection et conservation des franchises, tant écrites que non écrites. 2° Si l'Evêque de Lausanne recouvre un jour ses domaines. Bulle pourra retourner à lui. 3^ Bulle ne sera jamais tenue de s'armer contre la cause de TEvéque. 4^ En qualité &e sujets, les Bullois seront affranchis des obligations de combourgeoîsie. 5^ Ils ne paieront que 3 gros au Chancelier pour les appels, comme autrefois à Lausanne. 6** Les amendes seront perçues sans rétribution. 7** Amnistie entière pour tout délit politique, pour toute offense, tant générale que particulière. 8** Quelques dtmes forestières seront accordées à la confrérie de Bulle et là jouissance de quelques bois à la bourgeoisie. Le Gouveroement répondit sur tons ces points comme suit : N" 1 . Accordé , toutefois après que les Bullois auront prêté serment. N** 2. On s'arrangera équitablement avec TEvêque. N° 3. On ne peut prendre aucun engagement par écrit. N'' 4. Ils ne seront combourgeois que s'ils devaient cesser d'être sujets. N*" 5. Accordé comme à ceux de la Roche. N** 6. Accordé , sous réserve des amendes fiscales. N** 7. Accordé. On s'entendra avec le châtelain pour les censés et dettes non acquittées à TEvêque.

Romont ^ et Rue nous ayant ouvert leurs portes, on somma

* Villarepos éfnit alors de la paroisse de Donalyre. — * On n*y laissa qm* 20 hommes avec do rartîllerie. sut les 200 qu'on y avait envoyés. — Le premier bailli donoc par Fribourg & Romoot f^t J. Sbhbetnvty ; à Rue, G. Guidola; à Sur-

186 SECONDE rARTIB.

toQs les Seigaenrs voistns de venir prêter serment de fidélité* M. Antoine Maillardoz, les eo^Seagneors de Villarimi^oz ^ les Sèi* gnears de Virye , de Méziéres , de Praroman , de Gombremont-lepetit 9 P. de Prez , Claude de Gleresse obtempérèrent incontinent Mais Guillaume Arsent préféra renoncer à notre bourgeoisie et le Sire de Vallardon s*y refusa formellement. Celui de Villarsel ren* dit hommage pour Attalens, Musard pour Vuippens. Jean d'Oussië, Seigneur de St. Aubin, fit remplir cette formalité par procuration donnée à M. Godefrey Griset, Seigneur de Forel. Ceux de Vuissensy Forel, Rueyres, Bayes, les héritiers du Seigneur de Cheyres et le Sire de Gugy ne prêtèrent hommage qu'en 1540. Il est aussi fait, pour la première fois, mention d'un Fivaz, de Surpierre. Noble d'Erlach, établi à Lucerne, vint également prêter reconnaissance pour un fief situé dans la seigneurie de la Roche, et dont le cens ne s'élevait qu'à 7 livres. Il avait été donné à ses ancêtres par un Ëvêque de Lausanne.

Cependant Fribourg insistait sur la reddition de Vevey , M les Bernois ne voulaient pas se dessaisir. On fit faire halte atti 200 hommes qu'on avait retirées de Romont, et déjà la querelle commençait à devenir sérieuse , lorsque notre attention fut détouraée sur le Cosdte de Gruyères, qui refusait de prêter hommage aux Bernois , prouvant , par des documens authentiques , qu'il n'avait jamais relevé du Due de Savoie. Comme Fribourg le soutenait dans son opposition , les Bernois consentirent à ne plus Finquiéter, si nous voulions renoncer à Vevey. Cet arrangement eut lieu en efiet. L'année suivante (1537) le Comte céda aux Bernois , par un concordat daté du 1 1 janvier , les seigneuries si^ tuées hors de son comté.

La conquête du pays de Vaud se termina par la prise d'Yverdon, le 25 février. Celte expédition, qu'on peut envisager comme

pierre, J. Gribolet; à Bossoneiis , Chr. ParlUàrd; à Bulle, J. Kriisenbart. — Voippens éUit une dépendance d'Ëverdes et avait ses Seig;neurs particuliers , depuis 1486. Les baillis de Vuissens résidateat à Font , dès 1410.

CHAPITW VL 187

une promeDade milUaire et qui fut bantement désapproDrée par

rfimperei«Pt oe coûta pas on seol hamme aux Bernois. Elle ftit

mgiritéreœent favorisée par la part active qii'y prirent la France

ef le Valais, en attaquant sioaultaBëHUsnt la Savdte êe deux côléf

opposés. Gaspard MeUetten et J. Kalbermalten ^ dépotés du Va*

lais t , avaient reçu ordre de passer pâf Fribourg et de s'entendre

avec nous avant de se rendre à Berne. Cette conquête nous valut

1 un grand agrandisseaient de territoire, mais elle acheva de nous

brouiller avec les Bernois, à qui nou^ en voulions déjà depuis ta

réforme. D'autre part, les babitans de lloudon s'étaient plaints à

eux de ce que nous avions pris possession de Romont, Rue et

Surpîerre , et ceux de Payerne de ce que nous avions occupé

Baume , Bransier, Missy et Trey , qui étaient dans la dépendance

• do l'abbaye.

L'armée bernoise , après avoir pris Gbillon et délivré rillusfre Ikmmvard , non contente d'avoir dépouillé le Duc de Savoie de ioatss ses possessions dans le pays de Vaud , s'empara encore de celles qui appartenaient à l'Ëvéque de Lausanne pour punir ce prélat de Tinté^ét qu'il avait pris à la cause du Duc ^. Â l'ap^ procbe des Bernois, Sébastien de Montfaucon quitta Lausanne et

< A. €. Affaires ecclés. W 147. •-* ' Voici la lettre qit*il ayaît adressée à Cmvtilles, «on bailli de Vevey :

« Monsicnr le baîlli ,

Je TOUS veux bien avertir cc^mme aiy ourd'hal suis arrivé ici pour veiUr voir mes sujets et pour les faire mettre eu ordre, tant pour la manutention de la foy, que ée mon siège et pays et au soir ay eu des nouvelles » comme le capitaine colonel est arriv-é à Mortes avec une belle bande d'Italiens bien en ordre et a commandé partout de là le lac pour avoir des gens pour aller au devant de ceux de Berne pour leur donner bataille , si qu'il me semble que nous devons tous mfds aider et aller là ou sera le grand flon^ car si d'aventure nous perdions (ce que Dieu ne veuille) le pays , les villes ne pourront plus après résister. Il.ne faut point faire comme les Romains firent quand feu de Bourbon prit Rome. Car chacun se voulait garder son palais, ce qui fut cause de leur ruine. Et de ce ay bien voulu vous avertir, afin que , si bon vous semble, le communiquiez à ceux de Vevey et aux lieux eircon« voisins , et de mon côté ne resterai point que je ne fasse mon dev<»ir. Que si vous avez quelques nouvelles , je vous prie m'en avertir. Faisant tin à ma lettre , après m'êlre recommandé à vous de bien bon c<eur et par N. S. vous donne ce que vous désirez. IXonné i Gleroile, le 25 janvier de l'an 1536.

Le bien i»olre , L'Evéque de Lausanne. »

€ette lettre tomba par basard ou par trahison dans les mains de^ BeraoiSb

i8S SECOXDB PâKTn. ^

vint se rêfDgiêr à Friboar g '^ oA « depuis cette époqae, les Erêqoes ont toajonrs été censés siéger , bien qe'tls n'y aient fixé leur résidence définitive qne beaucoup pins tard. Mais c'est une erreor de croire qne Montrancon n'ait pins fait parier de loi depuis sa fuite ; car quelques années après il retira etfcore une somme do pays de la Roche poor l'affranchir du droit de iod. Noire Gouvernement députa vers lui Krumenstoll à Moccausa. Il viat loimêffie à Fribourg, et son séjour cod ta 146 trr. t5 sous, tandis qu'un repas^ lie 12 f>ersonnes, donné à son saffragant, oe cotla que 3 liv. 6 sous. Il mourut en^ 15S9.

Lutry, Lausanne, Lucens et Avenches tombèrent successivement au pouvoir des vainqueurs, et il ne resta à TEvéque que ce qui était enclavé dans les territoires de Gruyères et de Friboor^ La cathédrale de Lausanne fut indignement dépouillée ^.

Ainsi fut consommée la conquête du Pays de Vaud. D'alord propriété des Ducs de Zœhriogen , il était échu à l'Empire, a;/»^ l'extinction de cette dynastie. Le petit Charlemagne s'en é(i(t<^ paré à la faveur des troubles qui agitèrent son époque, ei^f^ lors la Savoie l'avait possédé pendant 276 ans.

Nous envoyâmes aussitôt une députation à Berne, chargi^ d'exposer les griefs suivans : 1** Les soldats bernois, à leur retour, avaient escaladé trois fois le couvent de Payerne, s'y étaient livrés au pillage et avaient enlevé notre écu. Des désordres seflO' blables avaient été commis dans d'autres endroits. 2" t'armee

* 11 écrivait de Ffibonrg à un neveu : Je vous promets que Messâ^^jf^^. reçu de bon cœur et fait grand chiére et m*oiit fait de bon» offres , que si j*«^ faute de 2000 hommes , j-en finirais et de la bannière aussi. — *On y trouva eptre autres* 4 livres de chœur en parchemin , grand format, à l'usage du^shan* ^'^ rien, estimés 900 liv.; un superbe manuscrit, estimé 1000 Hv.; une thèqne P^"*" corporaux, enrichie de 4 perles avec les armes du donateur te Duc Bcrchlola, argent; estimée 300 liv.; un missel en parchemin, orné de belles initiales en or de beaucoup de peintures, cadeau du Duc Berchtold, estimé 600 écus; '^^?*'*|l missels du rit lausannois, à l'usage de la cathédrale; nn livre d*évangHes, ^'"T^ et garni en argent, estimé 500 flor.; un pareil livre des épîtres; plus de 10 tapi» ries de Perse. .

. 6HAF1TRB VI. 189

bfimeise s'iUiil emparée-de Blooay, St. Lë^r jet la Chiéfti^ : elle soamàtl mèoie ie» Inmrgeaû de BuUe et de la Rocbe , quoiqu iU eussent été e^ressément réservés; elle avait aussi occupé Aveecbes qui Qous était lié par un traité de coBibourgeoisie. . 3"* Ceux d'Yverdan et de Moudon avaieut aou-seulemeut détruit au graud nombre de croix, mais iocarcéré dei^x de nos» ressortissaus. EdCb 4^ Berne avait convoqué les baas de Horat et de Grasbourg, bien que cette année ils nous appartiassBent* A ces plaintes était jointe la menace qu'on en appuierait à la Confédération.

Pour toute réponse, Berne nous demanda des troupes pour défendre le pays conquis. Nous exigeâmes en retour : 1^ qu'on nous cédât tout le pays compris entre Gudrefin et la Molière, et depuis là jusqu'à Vevey ; 2^ que ceux de la Roche , v Bulle et Albeuve ne fussent point molestés ; mais que ces paroisses nous fussent cédées, ainsi que Gorbières, Combremont, Payerne et tout ce qui dépendait de ce couvent, Romainmotier , Vevey, St. Légier et la Cbiésà.

Berne ayant fait une réponse hautaine, nous rabatttmes nos prétentions à la Roche, Bulle et Albeuve, mais en même temps nous réclamâmes une diète générale pour obliger les Bernois i paraître à une journée de droit. On instruisit les religieux de Payerne et de Romainmotier de ce qui se passait , en les invitant à nous envoyer tous leurs documens. Glaude Montenach fut en même temps chargé d'amener quelques religieux à Fribourg» avec leurs titres. Berne voulut d'ors et déjà introduire la réforme à Avenches. Notre Gouvernement s'y opposa avec énergie. Les députés de Zurich , Bàle , Lucerne et Schwytz se présentèrent en Conseil » au nom des onze Gantons neutres et , après le salut fédéral , demandèrent avec des expressions très-0atteuses que , d'après le recès de la diète de Baden, qui désirait connaître à fond les suites de nos démêlés avec Berne , nous envoyassions^ des dé** pûtes à une conférence à la Singine.

flM SBC30NBS PARTIE.

Cette tonférenee amiable eut tien et le parlift 4o fAya co&qaia y fut réglé défiDÎtivesieat Joseph Aaiberf, LMdamoifflrodeSebirytz, agissaut en quatité^de 8ur**arbitre (Obmaaii), choisi par Berne, avec quatre assesseurs, prononça^ 1a seoteoce arbitrale et décida eatra autfes, que les titres du prieuré dePayarile seraieui reaiis aux Bernois K Cet arrêt méeoutenta sottyeraiaeaMiBt TElat de Fribourg, qui se plaignit de la partialité du tur-aiiviftre* Dans la même eon* féreace on convint qu'à l'avenir , quand Berneserait le denandeor, rObmann serait pris à Zurich ou à Bàle; dans le cas f[H>ntratre, à Uri ou à Sehwytz , et que le lieu de la marche serait au pont de la Singine 2.

Malgré la défense intimée aux Bernois par Charles V , sous date du 5 juillet 1536, ceux-ci décrétèrent qu'une dispute religieuse aurait lieu à Lausanne. Notre compatriote, P. Giroud ou Cyro,y assista en qualité de Chancelier de Berne. Il avait été envoyé à Rome auprès de Léon X, en 1520 , par les deux Etats de Berne et Fribourg. Lausanne ayant ensuite abjuré le culte catholique, renonça deux ans plus tard à notre bourgeoisie. Elle y fut forcée p les Bernois, ainsi qu'Avenches. Jean de St. Curge, Jean Laj, François de Plaît et François Sauvey vinrent à cet effet à Friboargi le 25 février.

Il se tint encore une conférence religieuse à Morat, laquelle se termina à l'avantage des réformés ou plutôt des Bernois , dont la politique était intéressée au progrès des nouvelles doctrines. Quand la persuasion ne sufGsait pas, ils imposaient l'apostasie par la

t Comment concilier ce fait avec Texistence de ces titres dans nos arehires? (Voy. pièces jnstif. fio xi). A ce sajet nn capncin fit même alors, en prêchant i N. D. , une déclaration citée par le Chancelier Techtermann , d*où il résulte qoe ces titres ont été remis à Fribourg. En 1538 MM. Gônglenberg et Fruyo forent chargés de demander aux Bernois qu'ils nous remissent les titres des terres récem' ment acquises , comme nous leur arions remis ceux du couvent de Payerne. Dan? une lettre aux Bernois , du 16 joillet , il est dit expressément qu'on leur a remis les titres de Pay€me. — « Voy. Bargrechten und PundUiussep der Stadt Freyburg in UchUand.

CEAPITRB VI. 19 1

forée i. On pOiiiTftil appKqaer aux babilaiis des bMllîtges mixtes ce qu'ttn autrar dit, arec poésie, des bergers des petits Cantons: «qu'ils repoussaient ces livres, ces savantes disputes, cette reli- »gimi, pénible échaffaudage construit sur des explications de » mots et sur des démonstrations logiques. Les perfections invi^ » sibles de Dieu et sa divine bonté leur paraissaient écrites en ca- » ractères plus lisibles dans rarc-en-ciel réflécbi sur la cataracte^ » dans la magnificence des glaciars salués d*un dernier rayon du » jour, et à la face do ciel étoile qui , se déroulant ik Tbeure des » bruits raourans du soir , vient envelopper ia terre de silence , de » paix et de repos ^. »

De cette violence faite à Fopinion religieuse, tantôt dans un sens , tantôt dans Tautre, résultait, dans les bailliages communs, un conflit perpétuel de juridiction , et les habitans flottaient perplexes entre les volontés opposées des deux Etats co-Seigneurs. Amsile Bourgmaitre et Conseil de Moral écrivirent un jour à Messe/Coeurs de Berne , que Fribourg s'opposait à ce que le bailli de Morat , Rodolphe d'ËrIach , imposât l'amende prescrite par Tédit de réformation à des paysans d'Ulmitz , qui étaient allés entendre la messe à Cormondes. Le village de Gy , près de Granson , ayant adopté la réforme , sous les auspices des députés bernois , en Tab* sence des nôtres qui , selon Rochat , ne se trouvèrent pas sur les lieux au jour fixé , Fribpuifg éleva des réclamations. Berne , de son côté, se plaignit du vieux bailli Reiff, qui avait voulu, de son autorité privée , faire repasser à Concise la question religieuse à la pluralité des sufirages. Une conférence eut lieu à ce sujet , le 28 mai suivant, où Jean Gouglenberg et Jean Lanther, Conseillers de Fribourg , assistèrent comme arbitres.

^ Rachat confient que , malgré hdo apparente docilité , le cœur des conrertis iUit toujours cathoUqne. Aiosi , le major de Lutry ayant réclamé du Conseil un caUce que ses ancétrea avaient donné à TégUse du lieu ,. et sur lequel étaient gravées les armes de sa maison , on le lui remit, à condition qu*il serait rendu à Téirliie , si jamais le culte ancien s'y rétablissait. Alblingen n'embrassa la réforme que forcément. — « VuUiemin.

192 SEflONM PARTIE.

Le Gomto de Gruyères lai'-aiéAie.doi stifair, dans ses états» Vin-r terveotion violente de la poiiltf ne bemoise daai les aflaires de r^i-* gfon. La setgoeerie d'AuJ^HB^^ qoî comptait une vitie et ih à douze villages y ne .put plus rester catholîqac et le Comte en prit occasion de s'emparer de toos les bteoi eccléatasltqoes. Les couyens étaient surtoat Tobjet de vexatîotts odieuses. Les religieux de U Lance et de Romaîamotier s'en plaidaient à Friboai^ amèrement Les Bernois projetèrent même le partage des biens du premier el MM. Ammann et Reiff furent envoyés à Gronsoa pour s'y opposeï (1538). Une protestation semblable avait été. faite Tannée précér dente , touchant Concise et Provence. La Chartrei^e de la Laacc n'en fut pas moins définitivement supprimée, le 7 mars 1538, et dans le partage de ses .biens , les vignes échurent à l'Etat de Fribourg, qui les donna à son hôpital bourgeois K Fribourg intervial auprès du Conseil de Lausanne en faveur des religieuses de Belleveaux , brutalement expulsées de leur cloître ^.

Fribourg, irritée contre Berne, dont toute la conduite, iefuis la conquête, n'avait été, pour ainsi dire , qu'une insulte continue, désirait en vain séparer sa politique de celle de sa rivale , se dégager des derniers liens qui l'attachaient à elle, et négocier séparément avec la Savoie. Il fallut traiter en commun. Les deux villes payèrent au Duc de Savoie les dettes hypothéquées sur tes payi conquis. Elles s'élevaient à la somme de 150,000 écos. Fribourj en paya 30,000. Les deux Etats se garantirent aussi mutuellemen leurs conquêtes. Mais Fribourg fit valoir ses droits sur YuippeDî lorsque Berne voulut s'y faire rendre hommage. Elle ne protesta p^ avec moins d'énergie , lorsque le Procureur de Payerne s'avisa i citer par devant lui nos gens d'Âutafond et , lorsque deux ans ph tard , ceux d'Ueberstorf furent sommés de contribuer à la bâtisi de la maison du prédicant d'Ablingen 3.

i Archives de l'hôpital. — ^ À. G. Affaires ecclés. N<> 153. Kuohat a Tair dire le conlraire. Liv. 16. — 3 A. C. Missiral.

CHAPITM TI. 193

Dan» le bat de réf^r TadiiiiiiBtratîaQ eoofçMioDnelle des biril- Vuges nûxiesi les deux villes eopelarent à la.Siogine, le 29 mai^ oji traité sur lequel nous aurous oecasipa de revenir , e^ti qui servil de base à tous les règlemens postérieurs. Les Conseillers Gou« glenberg et Lantber , de Fi;ibourg , furent chargés de le discuter avec le trésorier Nâguely et Fanoien trésorier Tillman, de Berne. Jean Gab, Conseiller de Zurich, fut choisi pour sur^arbitre.

Sur ces entrefaites, le Roi de France i et le Duc de Wurtem^ berg avaient rassemblé des troupes sur les frontières de la Franche» Comté. 8000 Suisses $e joignirent à eux, malgré la défense des autorités. Us forent rappelés, sur les représentations de l'ambas-» sade impériale. On arrêta à cette occasion Gaspard Werly, son fils Nicolas et l'ancien Banneret Fégnely, mais sans oser les pu* nir ^. Ils avaient emmené plus de iOOO hommes. François d'AfflrjT et Jacques Reyff portaient les bannières. €lric Kônig prit part à

Yexpéjjition française en Savoie et en Piémont. Ses troupes indisciplioées n'étant point soldées, piUèrenI un couvent. Kônig pays^

c&er ce sacrilège commis par sa faute; il eut la tète tranqhée.

Son arrière petit-fils fut Avoyer de Fribourg en 1645.

Cette même année (1538), on fit Facquisition de Vaulrnz pour 50OO écus, avec les villages de Maules, Sales, Romanens et tout ce qui en dépendait. On en fit un bailliage»

Les deux villes envoyèrent leurs députés à Morat, pour s'y par-^ tager les omemens et le trésor du couvent de Villars^les-moines. Cbaque ville eut pour sa part environ 84 écus en étoffes y vases et argenterie^.

Un de ces mouvemens qui trahissent une fermentation intestine^ parut s'être manifesté à Fribourg en 1539 , et avoir été provoqué,; dés cette époque , par les tendances aristocraUques du Gouverne^

* On reçut cette anoée la pension de France pour 1537. 7000 fr. représentés par 3lli écus, soit i3,999 liy. 10 sous. — ^ Pierre Cléry et Rodolphe Lôwenstein étaient aussi au nombre de ces che&. La chronique Moatenaoh dit qu^ils ay«ieni cherché un refuge aux Gordeliers. — > Ruchat, li¥« 16.

194 SECONDB PARTiBé

ment. Mais it fut promptemeiit et ënergiquement compriaié. Soi le rapport îles Bannerets, le Sénat fit armer seâ adhérens, en fi passer la revae et fit publier danis les campagnes une circûlair menaçante ^.

Les affaires du dehors nous tenaient aussi en haleine. La villt de Rothwyl en Souabe, alliée à la Confédération, sollicita soi appui contre le Cberalier Jean de Landenberg, qui , protégé pai le Duc de Wurtemberg, se permettait de sanglantes excursion! sur son territoire, en représailles de quelques affronts qu'il préten dait avoir re^us. La vpie des Bégoeiations n'ayant eu aucuti ré Sttltat, la diète accorda aux Rotbwyliens un corps auxiliaire d( 1500 hommes. Le contingent fnbouf geois , fort de 50 homiaes iut placé sous le commandement de Martin Se^ger ^. Mais oe n'en vint pas aux voies de fait, les parties s'étant soumise^ à uc accommodenient, sans même consulter la Confédération (^540).

Pour subvenir aux frais dô leur contingent à cette expédition, ceux de Rue avaient imposé les possessions de lliôpital de VâQtcrét, dans la se^neurie de Bulle. Sur les représentations desBetnois , on fit rétracter cette imposition , sous réserve de réciprocité à l'égard des biens que notre hôpital possédait dans le Canton de Berne.

Quand on passa nos troupes en revue t à cette occasion , ot trouva en ville 1010 hommes en état de porter les armes, tan b^^geois qu'habitans.

Le Pape solicitait aussi un secours 4'bonimes. Les cinq Gan tons catholiques s'assemblèrent à cet effet à Zoug, en. diétîfie, < nous offrirent une place de Capitaine dans les troupes qu'ils vov laient mettre au service du St. Siège. Mais nous refusâmes noti coopération^ sous prétexte de la mortalité qui ravageait atei notre Canton 3.

1 A. G. Missival, fol. 13, 14. — ^ D'AU et Lenzboarg*, conformément à lacbr Bique qu'ils ont suivie, mettent erranément à sa place Nie. Schwartz. ^ 3A. ' Missiyalyfol. 105. .

CHAPITRWI. i95

Vanûèe stttvaole (1541)^ les Seigneurs de Vaissen», Fwely Cfigj?, RueyreSy Bayes et les béritiers du Seigneur de Cbeyres Afent invités à T^ir nous prêter bommdge.

La contestation avec les Bernois , au sujet de la Gruyères , durait toujours et prenait même un certain caractère d'aigreur. Fribourg accusait Berne de vouloir étendre sa domination sur toute la Suisse. Nous fîmes part de ce soupçon aux cinq Gantons et au Valais. Les Gantons médiateurs tinrent inutilement une conférence à la Singine. Le Gomte Michel, appuyé par nous et la France, refusait opiniâtrement de se reconnaître vassal de Berne.

Ce fut sans doute cette affaire , mais surtout les intérêts du catholicisme gravement compromis dans la Suisse occidentale par la politique envahissante de Berne , qui engagèrent notre Gouvernement à envoyer Laurent Brandenbourger et P. Zimmerman à \a d\èVe d'empire 9 qui se tint à Ratishonne en 1541. Déjà précédemment l'affaire de religion avait été recommandée au docteur £c4ius , professeur à l'université d'Ingolstadt *. Gbarles V confirma nos franchises et privilèges. Ge nouveau diplôme , dont il paraît qu'on aurait dû et pu se passer , fut octroyé à grands frais, le 30 avril 1541. Le capitaine italien, Johan Baptista, qui se trouvait alors à Ratishonne, offrit ses services à pos députés pour le cas où Berne attaquerait la Gruyères.

Noble Jean, co-Setgneur d'Ëstavayer, demanda cette méffie aoiiée (1541) des éclaircissemens au sujet des amendes pour la violation des sûretés données. Après avoir pris les renseignemens nécessaires et avoir relu la capitulation militaire qui, en 153^, nous avait rendus maîtres de toute la seigneurie d'£stavayër, le Gouvernement abandonna au pétitionnanre la moitié de ce revenu, à condition qu'il renoncerait à deux articles de cette capitulation, i^ Celui concernant la restitution de cette seigneurie au Duc de

^ Le même qui avait soalena la conférence de Baden.

196 SBCONBS PARTIE.

Savoie* 2^ L'exmupUoa de porter les armes contre loi. Le IS août J. d'Ëstavayer se sista personneHeinrat et renonça positivemefit aux denx articles susmentionnés. On lui permit d'incarcérer les dëlinquans dans la tour de sa seigneurie i.

La question, au sujet de la Gruyères, était toujours flagrante et pouvait allumer la guerre. Berne insistait avec menaces pour qne le Comte de Gruyères vînt lui prêter hommage. Sur son refus, on lui avait même renvoyé son cens bourgeoisial, en le sommant de faire sa soumission dans un délai déterminé et fort court. Ainsi pressé par ses redoutables voisins , le Comte implora notre assistance. Nous députâmes vers lui Peterman Âmmann à Aubonne. Il était chargé de témoigner au Comte, combien mus par les sentimens de bienveillance qui nous avaient toujours attachés à sa maison, nous désirions que, tant lui que ses sujets , jouissent en plein de leurs anciennes libertés. On lui conseilla de demaoder aux Bernois un nouveau sursis , mais par écrit , sous prétexte que la peste sévissait à Berne ; de fixer sa résidence à Gruyères et de venir àFribourg pour concerter une réponse avec Messevçûeun. M. Ammann devait en même temps lui répondre, au sojeU» 1000 écus qu'il voulait emprunter.

Les circonstances nous parurent assez graves pour nous déterminer à convoquer à ce sujet les six Cantons catholiques à Locerne. Ulric Nix, envoyé à cette diète, fut chargé de représenter aux alliés que Tindépendance de la Gruyères touchait autant aux intérêts de la politique qu'à ceux de la religion; que le Coinie était plus que fondé dans son refus de prêter hommage aux Bernois; que l'Empereur étant dernièrement à Milan, avait déclaré que cet hommage n'était dû qu'à l'empire romain, et en avait même écrit aux Bernois. Nix ajouta que nous étions décidés à soutenir le Comte, dans son refus, même par la force des armes;

* A. C, Aff. d'Estavayé, N*209.

Si

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