CHAPITRE VU
empts du service miUti^re, excepté pour la défense da pays. i"" On leur fera paryenir la pension de France , connne sous le mh d'af^^nt de paix, i^^ On jurera de maintenir leurs libertés anciens usages écrits çt oon écrits^ et acte, formel leur en sera iivré*
Telle fut la dernière dtoiènstration dlndépendance que fit le luple grojérien au moment d'être asservi. Hais les idées consli* tionnelles n'entraient pas dans le système de nos gouvemans. jrpothéqoée comme un immeuble par son prince y la Gruyères t considérée et traitée comme tel. Ses propositions furent rejees avec hauteur et des ordres péremptoires furent donnés pour ^ prise de possession. Il est toutefois remarquable que , bien que DUS les ressortissans de la Gruyères, au-dessus de 16 ans , eussent lié convoqués dans le chef-lieu, le bailli firibourgeots ait prêté serment le premier , et qu'il se soit transporté à fiulie et à la Tour mt recevoir celui des nouveaux sujets.
Le Comte Michel survécut encore 20 ans à ses désastres, ne ssant de protester contre la saisie de ses biens et s'offrant tardiment à faire ce qu'il eût dû faire plus tôt , à payer toutes ses ttes. Six années avant sa mort , il adressa encore à Fribourg te dernière et inutile réclamation. II mourut, on ne sait au juste os quelle ville de France ou de Brabant, selon les uns à Amiens Picardie, selon d'autres ii Bruxelles. Quelques auteurs disent l'il mourut à Talonne, château de Bourgogne , chez un Seigneur ses parens, dont on ignore le nom. Selon quelques-uns, la preîère nouvelle de sa mort ne fut qu'une mystification, on ne sait ip au profit de qui. Us prétendent que Michel ne mourut que cinq nées après. Ceci expliquerait la divergence d'opinions sur le VL de son décès. Quoi qu'il en soit , dès que la première nou* lie s'en fut répandue^ Pierre, curé de Gruyères, et frère de Miel , le fit annoncer dans toutes les églises du comté et indiqua
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OD service fanèbre dans cette de Gniyôres. Tons les bergers , dh une chronique , descendirent aussitôt des baates Alpes et se firent raconter, avec de nouveaux détails, où, cotnmenf, en quel état leur prince était mort. Le bailli , Charles Fruyo , v^ant accoorit cette fouie et entendant toutes les cloches s'ébranler, dematida ce qui en était. Dés qu'il en fut instruit p«r le prieur, il dépêcha on messager pour l'annoncer à ses gracieux souverains de Fribourg* La nouvelle y fiit accuaîilie avec joie , tandis qi|e tous les éche3 des vallées gruyériennes, depuis les sources de la Sarine jusqd'aax ruines d'Ârconciel, retentissaient de cris de douleur i.
François de Gruyères, Baron d'Aùbonné, mourut presque es même temps que son frère, tel" juillet 1750, sans laisser de postérité, et plutôt de chagrin que de vieillesse, dit un auteor gruyérien. Il avait, dès 1553, reconnu le droit de la répobligoe sur ses apanages.
Michel était presque oublié, lorsqu'en 1591 un Fribovr^ois» nommé Pierre Schaller , qui se trouvait alors au service de Œmpereur à Augsbourg^, y déterra chez le notaire Etzingttei\e\^ tament du Comte, écrit en allemand et daté de Bruxelles, \eV% juillet 1592, par lequel il léguait ses Etats à TËmpereur d'Allemagne; disposition illusoire , à laquelle on comprend que personne ne pensa mettre de Timportance.
Ainsi s'éteignit, dans Tombre, Tillustre maison de Gruyères, <{Qi avait traversé avec bonheur tout le moyen-âge, survécu à 50 familles princières de l'Helvétie» et qui naguère encore semblait
< On yoît encore à Charmey un tableao à fresque , représentant un messager qai «oiirt , portant une lettre. Un essaim de grnes le poursuit pour la lui arracher des mains. Voici comment la chronique de Gastella parle de cet événement : Tuac penerabilis Petrus de Grueria nuiUitwU oifîkim Magntfici Domini Michaelis Comitis de Grueria BaUivo Carlo Fruyo , qui gratis et avidis auribus hœc nova aecepit et velociter per nunciunt et liltéras ciuitati de Frîburgo manifeslavit et Dominé nostri de Friburgo gauisi sont, gmidlo magno vald^^ejn(N^te ejttsdem Domini Comitis Michaelis. Desolatione desolata est Grueria : ploraius etululatus in omrdbus finibus ejus et indignati sunt domini nostri de Frîburgo îndignalione magna nimis. — ^ Ce Pierre Schaller étaiè Commissaire des guerres en Bavière. Il était en bonne relation avec Messeigrneurs. Yoy. la lettre du 30 Jany. 1595 au Capit. Schaller. A. C.
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pouvoir se promeUre m \ogkg aypok; car» loîa d'être répudiée par 8Q8 vassaux, elle était l'objet de leur affeetioD. Par son origine^ son pouvoir et son opulence, cette Camille avait marché de pakr aveo plus d'une maison souveraine» £Ile avait possédé le pays le plu9 ricbe de la Suisse, abondant e» pâturages, bestiaux, vignes et céréales de toute espèce. Il s'étendait depuis les bords de la Jogae jiBqu'aax rives du Léman i depuis la frontière du Vidais jusqu'aux portes de BuUe, qui lui avait appartenu jadis. Ce n'est d'abord que la tente d'un barbare, jetée,^ pour ainsi dire^ au hasard sur un âpre monticule de nos Alpes; fait si obscur qu'on ne sait ni le nom de ce soldat aventureux , ni Tannée de son apparition. Peu à peu la solitude s'anime, le désert se défriche^ la lumière de l'Evangile y pénètre, un castel imposant s'élève, qui, par un frappant contraste , se conserve encore dans toute son intégrité, alors que le pays s'est depuis longtemps affranchi de la domination nobiliaire ; qui étale le luxe des cours au milieu d'un peuple de krgers , et tout l'appareil du régime féodal dans le voisinage de populations libres. Heureuse et forte , cette dynastie avait réfléchi en Suisse tout l'éclat d'une puissance de premier ordre. Elle avait fait résonner tous les bruits du monde à ces échos alpestres, q^i jusqu'alors n'avaient répondu qu'au chaot du pâtre solitaire ou à la voix orageuse des torrents. Elle était à l'apogée de sa gloire quand d'obscurs étrangers vinrent camper dans son voisinage. D'abord à peine daigna-t-elle remarquer ces deux petites républiques. Bientôt elle les vit se développer rapidement et prendre des proportions menaçantes. Il fallut se tenir sur ses gardes et pactiser avec elles. Mais déjà 1q castel féodal, debout i leurs portes, était vu de mauvais œil par ces hommes libres, qui avaient écrasé la noblesse bourguignonne. Ils en décidèrent la chute , ils le minèrent et, quand il s'écroula, ;ce furent eux qui s'en partagèrent les dépouilles. Le dernier descendant de tant de souverains alla mourir ignoré , loin de ces Alpes fortunées ojù ils avaient, pendant onze siècles , exercé un pacifique empire.*
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Les premiers actes de ce drame sont loin d'en faire pressentir le tragique dénoûment. Il emprunte au paysage une couleur à la fois suave et brillante. Chevaliers, troubadours, pèlerins, moines, bergers , donzelles apparaissent, tour^ tour, sur la scène et se groupent au pied du vieux manoir. Puis, les salles se vident , les flambeaux s'éteignent, les chants cessent, la gracieuse vision s'évanouit. Il se fait un grand silence, la voix du mattre ne se fait plus entendre. La pièce finit par le deuil et des ruines, fidèle image de toutes les existences. Les derniers acteurs semblent avoir hâté à Tenvi le dénoûment , Michel par sa prodigalité , son insouciance , ses galanteries et des goûts chevaleresques, dont on abasa; la France par un scandaleux déni de justice ; Berne et Friboorg par le travail souterrain d'une ambition mal déguisée , oubliant l'une et l'autre les services que leur avait rendus le Comte Louis, dans la guerre de Bourgogne Si la conduite de Michel ne fut pas sans reproche , celle des deux villes , loin d'être marquée au coin de la délicatesse et de la grandeur , est entachée d'un macbiar^ lisme qu'on rencontre moins souvent dans les républiques {oe chez les rois. On en voit, entre autres , la preuve dans les prèl^^' tions spécieuses que les deux villes avaient voulu faire vaUiî* quelques années auparavant, l'une sur Corbières, l'autre sor Gruyères. Mais les grandes sociétés partagent le sort des indi* vidus : la prospérité les corrompt aussi facilement que Textrême détresse.
Pour parfaire la somme de 80,500 écus que coûtait l'achat de Gruyères, les deux villes intéressées furent forcées d'imposer une taille à leurs ressortissans. On nomma à Fribourg une commission chargée de la répartir dans tout le Canton. Elle fut composée comme suit : le Trésorier Reiff avec les Conseillers Nix , List et Freytag, le Banneret Goftrow, le Chancelier François Goumel; les Soixantes : Nousspengel , Gottrow , Mursing et Hanno ; les bourgeois, membres des Deux-cents, Reinhard, Goût, Grobi et Guibaz.
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La réparlkioD se fit par paroisses et par |)aillidges. La ville et les ancieniies terres présentèrent un effectif de 2556 personnes taillées et une quote-part de 16,091 écus, 876 dickis, 13 sons. Les bailliages 9 seigneuries et vassaux fournirent à peu prés la moitié moins. Le montant de toute la taille s'éleva à 106,692 0. soit iiv. fribourgeoises à 5 batz. Le clergé et les couvens contribuèrent pour la somme de 2400 écus.^ On exila ceux qui se mon* trèrent les plus récalcitrans. Hauterive et Estavayer avaient sollicité une exemption, mais en vain. On taxa, dans cette dernière ville, jusqu'à la sage-femme, et le Conseil paya pour elle 13 gros (1555). Le tailleur Adam devait être fort en vogue à Fribourg , car il fut taxé pour 200 écus. Le docteur et physicien de ville ne fut pas taxé , mais il donna de plein gré 25 écus. Le prédicateur Schiebenbart, qui demeurait alors à la chantrerie , donna aussi de plein gré 63 écus 1 Iiv. 10 sous. On voit aussi qu'en ville, dame Barbe Werly était la plus ricbe particulière , car elle fut taxée ipoar 250 écus. A la campagne personne ne fut exempté de cette laille , sauf quelques prêtres et les mendians. 27,000 écus furent imposés au pays romand , malgré l'opposition des villes du Pays de Vaud à cette infraction des coutumes. La valeur de l'écu était alors celle du ducat moderne , soit de 90 sious , équivalent à 4 Iiv. 10 sous. Il est étonnant qu'on ait pu trouver le montant de 12,000 louis à peu près que rapporta la taille, dans un pays où la Gruyères n'était pas encore comprise.
Nous avons vu que l'autorité des villes ne s'établit pas , sans quelque violencei dans les terres nouvellement acquises et que deux exécutions eurent lieu dans le Gessenay. Berne imposa un changement de culte à toute la population qui lui échut en partage. Avec le catholicisme, dit un auteur, disparut, danà la Gruyères bernoise, la liesse des anciens jours, et les dogmes arides de la réforme y eurent bientôt desséché l'imagination et les cœurs.
246 SECONDB PAATIB.
En général, les dbposilions des noofeanx sojeU n'éUienC rien moins qo'obséqaieases K II conrot même des bmits Tagoes d*armemens clandestins, qai motivèrent une levée provisoire de 2500 hommes, dont nne partie fat immédiatement dirigée sur Gruyères et Faatre snr Corbières (1555).
Ici finit rhistoire de ce beau pays , auquel nous avons cru devoir consacrer un chapitre à part, tant ses destinées inspirent d'intérêt Cette tâche accomplie , nous rentrons dans Torbite des affaires cantonales en général.
< Dans une sentence rendue à Orbe contre on certaw Tiolet , llesseigneois forent traités de Papistes, Les josticiers forent déposés , condamnés à trois Jours de prison et contraints de déclarer qoe la religion catholiqœ était la Téritable. A. C.
CHAPITRB VIIL 247