‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 48 sur 63 · CHAPITRE VIH. 2T · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH. 2T

ration 1. Notre Canton fut aussi l'an des premiers qui adoptèrent le nouveau calendrier (1584). Ce changement causa de grands troubles en Suisse , à cause de l'opposition des Gantons réformés» qui ne voulaient pas qu'il fût applicable aux bailliages miites^. On supprima ^ cette année , l'école française à Fribourg et on rappela de Baie des étudians de Romont , Rue , Ghâtel et Estavayer , qui avaient provoqué à un certamm jidei d'aulres Fribourgeois étudiant à Fribourg en Brisgau 3*

Berne avait fait de grands préparatifs pour secourir les Grisons contre le gouverneur espagnol de Milan. Fribourg en prit d^ l'ombrage. Bien que ces armemens n'eussent aucune suite « cette circonstance , au milieu des brûlantes préoccupations religieuse$^ eut pu amener une rupture , si les Bernois ne se fussent empressés d'envoyer à Fribourg deux membres du Petit Gonseil et deux membres du Grand Gonseil, avec le trésorier, pour nous rassurer (1 585).

La permanence des guerres avait donné aux peuples de l'Eu*- Toipe un caractère de férocité, qui se faisait remarquer en mainte occasion. Personne ne courait plus de risques que le^ marchands et autres voyageurs inotTensifs. Notre bourgeois , Nicolas Werly , se rendait en France ppur y occuper une place d'officier au service du Roi. Il avait beaucoup d'argent, d'armes, de bagage et deux ou trois chevaux. Arrivé à Gh^mmont en Bassjgny, il fut traitreusement arrêté par un des chefs de la garnison, dépouillé et jeté dans une prison^ Le Gouvernement de Fribourg s'employa activement à sa délivrance , laquelle ne s'opéra toutefois que par l'intervention directe du Roi lui-même. Pour donner du poids à sa recommandation , le Gouvernement appelait, dans ses lettres , Werly , un gen^ tilhomme de, bon Heu et de toute honnêteté ^ de bonne race^ fort noble ^. Il fut, à la vérité, relâché; mai qu'on lui ait rendu les valeurs considérables q(

4 Tillîer. — 2 On jona à Fribourg ane comédie, où Vi Calendrier se disputaient la prëéminenôe. — 3 A. C. — ' jadis nommés S^iler ou CordeiP' Us étaient originaires de CJ Wernlinus Seiler avait reçu la bourgeoisie en 1453. A. C.

889 MGONM PAAYIB.

enlevées. Chose pareille arriva quatre années après à Jacob Reiff. a Gomme noas faisons estât , écrivaient à ce sujet Messeigneors » an Duc de Mayenne, que la guerre et hostilité ouverte couvre x> beaucoup d'actes cruels corne d'ennemy à ennemy , singuRère- » ment envers ceux qui sont de diverse, voire contraire religion, » aingy nous esmerveillons-noos que de semblables fmcts ad- » viennent entre ceux qui sont de mesme party et mesîne reli- » gion. Ce qu'a ^sté faict et perpétré en la personne de Fun de ]> nos très-*chers Conseillers, nomé Jacob Reiff, capitaine d'une » compagnie des nostres au service de nostre très-saint Père le » Pape pour la conservation de la sainte foy catholique en France. i> Lequel avecque un sien serviteur accompagné d'un messager à » cheval de nos messagers jurés s'en venant en ce pays et passant » par un village, quelques heures deçà de Guise, que l'on appelle n Etréf sans cause légitime a esté atrablé et meurtry par les villa* » geois du lieu le lendemain de la feste Nativité Notre-Seigneor » avecqae la perte de bonne some de deniers que luy-mesœ » portait et des autres capitaines et soldats de nostre nation WBr » doyent en leurs maysons , etc. ^ »

L'année suivante P. Ruffieux , Louis Retomaz et Pierre Byfrire, qui accompagnaient un transport de 73 quintaux de fromage' forent arrêtés à Seyssel et leur marchandise confisquée. L'ai^f de ce brigandage, le Marquis de Rochefort, pressé de sollicitatiotts, ne consentit qu'à la restitution de 33 quintaux, non pas en nature ni en valeur équivalente, mais par simple ohligation. Ce qu'il ne fit encore qu'après plusieurs irrisions entremêlées de menaces et paroles pleines d'acerbité. Il n'est pas dit que les réclamations de notre Gonvernement eurent un meilleur résultat ^'

Ces brigandages se commettaient même dans les limites de la Confédération. Le domestique du capitaine Lenzbourger , noire bourgeois, fot un jour (1624) arrêté prés de Buren par un offi-

< À. C. Missiv. de 1502. Lettre do 30 Janv. — ^ Ibid. Lettre da 5 décembre 1592 et du 22 janyier 1595.

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cier bAlois, nommé Sébastien Sefamid, qoi lai prit seâ papiers, quelques thalers, et même ses bardes, puis Temmena jusqu'à Landsbout , où il le livra au bailli, avec menace de le faire pendre ainsi que son roaHre. Il osa même ouvrir les lettres adressées à Messeigneurs. On en écrivit à Berne mit guier ^charfen Tinte ^* Mais Scbmid nia tout et il paraît que la cbose en demeura là.

Plus tard les douaniers de Racconis, en Piémont, confiscjuèrent illégalement un transport de fromage appartenant à Etienne Bosset» de Fribourgi Nous passerons sous silence d'autres attentats.

Les dissensions religieuses relàcbaient chaque jour davantage les liens de la Confédération , en donnant aux Gantons de l'une et de Vautre confession une direction totalement divergente. Les sept Cantons catholiques s'unirent plus étroitement, en 1586, par la fameuse alliance d!or \ Elle fut jurée à Lucerne, sous les auspices du Nonce , après qu'il eut communié de sa main tous les dépotés. Fribourg y fut représenté par Pancrace Wild et Martin Gottrow* Ces Cantons firent plus. Ils conclurent avec le Roi d'Espagne un traité qui livrait passage à ses troupes sur leur territoire, avec d'autres clauses plus ou moins préjudiciables aux intérêts de la Confédération (1587). Leur intention était même de s'adresser à l'Archiduc Ferdinand et au Comte Annibal d'Ems , qui commandait ses armées. Fribourg prit part à ces transactions parricides, mais à regret et sans se dissiitiuler tout ce qu'elles avaient d'ignominieux pour la Suisse. < Voilà donc , écrivût^elle à la diétine » catholique de Lucerne , où nous ea sommes venus ! Nous voilà j» forcés d'implorer l'assbtance de ceux qui ont toujours abhorré i> l'indépendance de la Suisse, pour qui sa prospérité est une » épine dans leurs yeux, comme si notre développement fesait leur y> décadence ^\

1 A. C. Manoal. — ^ Burgrechte und Puntirisse der Stadt Fi nun Ton Herzen leid ist, dass die Sachen dahin gerathen da^s ^ deoen die eidgenôssische Frybeit ie und ie yerbasset, deoen a Eydgenossenscbafl Ufgang und Zunebmen eiu Abnebmeo tind Al in den Aagen gewesen und noch syn môcbte , scbirm , hilff n miissend. A. C. Missiv. année 1587, lettre du 16 juillet.

2S3 SECdHDB FARTiB.

Sillecy^ aBulMisgadeor de H^ari lU, fit ^e yatii^ ^orts pou? détourner Fribonrg de cette alUaoce K Le Cantoa d'Appenzell y accéda cmq ans plus tard. Majigré ces engagemens, Messeignefurs toléraient à Friboarg des «nrôlemens ctandesims poi^ la France, et Famonr de Targ^it l'emportait» à ce qo'il parait, 6or le zèle pour la religion. Aussi Lucarne nous en fit-^elle de vifs reproches (1588).

Cependant notre Etat avait Tœil ouvert sur les mouvemens des réformés et en informait soigneusement ses voisins. Le 19 juillet 1587 il avis^ Besançon que 20,000 Suisses des Gantons protestans se disposaient à entrer dans le territoire de Bâle» Il manda aussi à NeiicbÂlel que le Baron de Daun et le Comte de Mansfeld avaient passé par Morat, avec une troupe où se trouvaient une trentaine de Reyters 2.

£n France, on vit de nouveau servir, sous des bannières opposées ^ , non-seulement de^ Suisses de Cantons divers , mais des ressortissans d'un même Canton. C'est ainsi que des Fribourgeois coobattaient pour Henri IV , tandis que la garnison de Lyon prtti^ serment à la couronne, à la foi catholique et à la ville de Lyoft^* Quand le' capitaine Simon Gottrau voulut aller rejoindre son régiment, avec d'autres militaires, Berne lui barra le passage.

Toutes ces concessions contradictoires, faites aux souverains belligérans, plaçaient Fribourg dans une très-Êiusse position ; car il était naturel que nul d'eux ne songeât à respecter notre neutralité. Ou s'attendait même, en 1588, au passage par Fribourg de 2000 cavaliers huguenots, commandés parle Baron de Daùn. C'eut été an spectacle fort édifiant pour la ville catholiquQ.

Fribourg ne s'émut guères de la conspiration ourdie à Lausanne, en 1588 , pour livrer le pays de Vaud à la Savoie et ne prît aucune part active à la guerre qui éclata, en 1590, entre Berne et Ge-

^ Tulliemin. — ^ À. G. Missiy. — ^ On trouve, la même année, Jacqoes Toab, de Morat , servant en qualité de capitaine dans les régimens suisses au service àa Roi de Navarre. — * A. C.

CBAPITtIB'VIII. iSS

néve d'ofie pao't, etk Savoie de Fantre. NaireGoaventement voyait, dans les^snteès des armées docales, un triomphe pour ta cause catbdique : d'un autre eôté , lié par les traités fédéraux , il restait neutre, se refusant opiniâtrement à concourir au rétabtissemeDt de la paix* Il adressa la circulaire suivante aux lieuteoans d'Ëstavajer, de Montagujr, de Surpierre et au châtelain de Cugy :

Egrèges et féaux !

» B'autant que nos très^cbers alliés et coiphourgeois de la ville D d^ Berne sont en délibération de faire marcher cette semaioe » leur armée avec la bannière contre les frontières de Savoie , nous » vous commandons de faire bonne provision de pain et autres vie-* » tuailles pour les accommoder au passage qu'ils feront et ce à prix » raisonnable et gracieux. En quoi nous ferez chose agréable. 1» Adieu. Dat. 24 juin 1589 *. » .

Le Gouvernement associa aussi Jean Heid à la députation qui fut envoyée en France par la diète, pour réclamer les pensions arriéréeis. Le jubilé de Sixte V fut solennellement publié dans tout le Canton, et des prières publiques furent ordonnées pour le rétablissement de la religion en France.

< A. G. Missiv. U écrivit aussi à M. Roeh de Diesbach, Sôigfneor de Prangios^ la leUre suivante :

Sehultbeiss und Rath der Stadt Fryburgr unseren vclterlicheii QruM zuyor, edter, vester insonder geliepter Burger :

« W^ir mussen uns die ietz schwebenéen KriegsIXufe so vil mehr z« Herzen gehen lassen, dass.wit- seben dass der Last des Kjriegës so sich zwisclien.këiiiglichen Majestât zu Frankrycb und furstlicben Durchlauchsichkeit von Savoy erhept , sici^ gantz U9d gar den grenzea li^icher Eydgenossenscbaft nMhern tbut, me unser gethriiw lieb Eydgenossen, mitburger und brader der Stadt Bern uns jnngstablaufender tagen dureh ein scbriben berichten. Duwylen nun die Sachen so gefôbrlicb dass wir zu dem Schutz und schirm unsers geliepten Vaterlands billioh zu seben habend , so soi! dicb dyn natiirlicbe Pflicbt damit du uns zugetban , dabin Tormanen, dass du dich unverwylt allbar in unsere Stadt verfQgst und das ampt darzu wir dich hievor erwelt (capitaine), versehest wie wir dir wobl vertbruwend ond die er hiermit ernstiieh entbieten und gebieten tbund , wirst du bieneben den dienst so wolgemelten unseren getbruwen lieben Eidgenossen, Mitburgern und Briidem der Stadt Bern von der herschaft Prangins wegen schuldig«yn mëchtest' durcb andére personen zu erstatteu wol zu versehen wissQu. D«mit thun wk dieh dem scbirmGottesbevelchen. Dat. Fryb. den27Juny. »

284 SBCOUlNf PART».

Les compagnies de Praroman ei d'Alex ^ s'étaimit troQtëes à Meaqx, comme nous TaToas déjà observé, et aa nombre des 10,000 Suisses que le Baron de Sancy avait conduits à Henri III, lorsque ce monarque s'évada de Paris. Plus tard elles servirent sous Henri IV et se battirent contre les troupes catholiques. Rappelées par le Gouvernement, elles rentrèrent à Fribourg au mois de mars 1590. On vit leurs drapeaux, aux armes de Navarre, flotter devant les maisons des deux capitaines , au grand scandale de la population catholique. H. le curé Werro ^9 qui voyait de mauvais ceil tout service étranger et surtout eelui qui se faisait au profit de b réforme , voulut gourmander ces deux officiers. Ils s'en plaignir^ et une députation du Conseil, composée de l'Âvoyer Hèid, de froé Sénateurs, un Soixante et un Deux-cent, vint adresser au curé une réprimande sévère. II en fut si piqué qu'il voulut résigner ses fonctions 3.

Une revue générale des forces militaires du Canton , faîte ccHe

* Ce dernier était le pins riche particulier de Fribonrg. U s*appela& Nicolas at ayait récemment apostasie. Voy. dans les N*^ 18 et 19 de TËmnlation , année i^% nne anecdote sur Jost Alex , par M. Alex. Dagoet. — 2 Toy. la notice sorUiift«t les écrits de Sébastien W^erro, Prévôt à Fribourg, au 16* siècle, pubUéepaï^omain Werro, Chancelier d*£tat. Fribourg 1S41. Ce digne ecclésiastiqne , qm,se«l' à Fribourg, osait éleyer la yoix contre Tignoblc service étranger, se laissait parfois emporter par son zèle. On le retrouve pkis tard en opposition ouverte contre te Gouvernement gui crut y voir un empiétement sur Tautorité temporelle , et M fil dire dass er den text fur sich nekme wid die obrigkeUUche handkmg unangèUttUi lasse. On fit mémç pins. On se plaignit formellement an Légat de ce que M. Weir», Bon content d'usurper des attributions juridiques et de se permettre , dans ses sermons , des sorties indiscrètes contre le Gouvernement , osait même menacer d'excommunication. 22 mai 1600. — M. Werro s'était élevé , avec raison , contre les nouvelles dettes qu'on avait si inconsidérément contractées peur la France, n avait prédit que les intérêts seraient mal payés et les capitaux en danger d'être perdus. 11 vit cette prophétie s^accomplir dès les premières années : ce tai alors qu'il tonna, sans ménagement. Partant des mêmes principes que le Bienheureux Nicolas de Floe. il s'était opposé de toutes ses forces à la pension de France, dite Sltzgeld^ qui nous ravalait au rang des soudards de cette nation». H avait travaillé , dans le même sens , auprès de l'Evéque de Sion , Président des Etats du Valais. Il n'avait pas moins d^pprouvé le service de France , prévoyant l'influence ftineste qu'il exercerait sur le caractère national. En un mot , si M. Werro s^ingérait dans la politique , c'était au profit du peuple et non dans l'intérêt d'une coterie. Son nom doit figurer dans la liste de nos meilleurs citoyens, — ^ Ces militaires n'en furent pas moins punis d'amende.

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même année , ne présenta qo'un effectif de dCfO hommes sons les armes. Ceci prouve jusqu'à quel point le service étranger, encore pins que les épidémies , avait épuisé la population friboùrgeoise.

Malgré les instances du Cardinal Paravicini i, on ne se décida point à faire une levée de troupes en faveur de la ligne. Par contre» Jean Heid leva un régiment composé de cinq enseignes, chacune de 300 hommes, pour le service d'Henri IV (1592).

Fribourg fut bientôt puni pour avoir toléré cet enrôlement déplacé sous plus d'un rapport. Car, trois ans plus tard, les capitaines d'Henri IV ayant attaqué la Bourgogne , les Etats de ce pays invoquèrent la protection des Suisses et Jean Meyer fit partie de la députation qu'on envoya à ce sujet au Roi de France. Les députés furent très-bien accueillis par les chefs espagnols , mais, iu*rivés à la frontière française, un détachement de 40 cavaliers Vgueurs s'empara d'eux et les maltraita. Meyer ne fut relâché (\\i'aprés son collègue, qu'il alla rejoindre à Troyes. Ce ne fut ga'avec la plus grande peine qu'on arrêta Tarrnée victorieuse du Roi, que renforçaient deux régimens suisses, dont l'un était commandé par Balthasar de Cressier. Celui de Heid avait-il été rappelé ou était-il employé ailleurs?

Vers la fin de décembre arriva à Fribourg Monseigneur Antoine de Gorrevaux, Evêque de Lausanne, à la grande surprise de Messeigneurs qui n'avaient jamais dissimulé le désir de le tenir éloigné ^. Il avait été nommé à l'évéché de Lausanne par Pie IV.

1 A. €. Affaires ecclés., N^ 182. — 3 La preuve en est dans la lettre suivante : A Uès-réyérend Seignear Monsieur TEvéque de Lausanne nostre trés-honoré

Seigneur.

Très-rëvérend Seigneur , « L'acheminement de révérendissime Seigneur, £

» toUque du costë de Besançon nous a occasioné d(

» lettres dont a pieu à vostre révérende dignité no

» la proposition que vos ambassadeurs et délégués o

» avons pris Juste occasion de remercier vos digniti

» lK>nne affection qu'icelle ont démontré envers noi

» vous prier qu*il vous plaise ne trouver mauvais et

y» présent comme aassi oJ^deyaDt n'avons pu accordei

C'était ) dit Footâine ^ , on homme à borner chér« et fart goutteux. Depuis leur expulsion de Lausanne ^ les Evoques de ce diocèse étaient et fureot encore longtemps choisis à la recommandation dos Ducs de Savoie , qui se chargeaient dp leur entretien. Bien que cette visite fît un mauvais effet ^^ le Gouvernement de Fribourg eut cru manquer à ce qu'il devait à la religion catboUque, s'il eut témoigné trop de répugnance à l'accueillir avec les égaré convenables. Dés qu'on sut qu'il était arrivé à Estavayer (le 29 décembre 1592), on députa deux messagers à sa rencontre, le clergé et le Conseil allèrent le recevoir à la porte de Romont. Clément VIII le recommanda plus tard, par un bref adressé Dilectis Jiliis Ammano et Senatui ^ pagi Friburgi Hehetiorum Catholicorum Ecclesiasticœ libertatis defensoribus*

La France et la Savoie , en guerre , se dis^putaient notre alliance. Il exisite à ce sujet, dans nos archives, un excellent mémoire rédigé, à ce qu'il parait, avant la paix de Vervins et par M* de Morfontaine , ambassadeur de France, ou plutôt par 5^ prédécesseur 5 ou 3ont développés avec sagacité les motifs qui levaient nous faire préférer l'alliance de la France. On y Justifiées

» personnelle en nostre yiUe, païs et terres, tronyant ceste chose non plus non* » Telle que de grande conséquence à nostre Etat en plusieurs endroits coasidén- » Mes dont le dit réyérendissime Seigneur Ëvéque tous en pourra déclarer qoel* » que partie. Et quant à la crainte dont votre révérende paternité se retrome » saisie que icelle ne soît déférée vers nostre T. S. P. le Pape , touchant la non » résidence en vostre Evesché y noils espérons que le susdit révérendisslme Seigneur D Evêque et Nonce vous en délivrera de même, qui nous occasipne de ne faire icelles » plus longues , lesquelles nous finissons par nostre très-affectionnée recomiDanda- D tion à vos bonnes grâces , priant Dieu qu'il vous maintienne en sa sainte et digne » garde. Dat. xxxi Aug. 1580. A. G. »

4 CoU. dipl. -^ 2 £e manual du Conseil dit , en mentionnant Tarrivée de ce Prélat, qu'elle eut lieu à la grande surprise de Messeigneurs' qui avaient toujours tâché de récarter. Effectivement ils lui avaient écrit, entre autres, le 24 septembre 1^92:

...•• « Et pour répondre au point de la résidence , Testât et disposition do tenap^ » présent nous force et coAtrainide dire à votre Seigneurie que si io temps passe » ne i^ous a permis d*establir une résidence pour votre révérendissime paternité es » ceste ville, nous nous voyons de présent encore moings accomodés de moyens » pour le faire, voire pouvons 4ire et confesser à notre regret, toutefois rondement » et en bonne coasotenoe 4iue jamais ne nous somes trouvés tant fort constitaés et » eslongués.de moyens et oomodités corcequises à votre prétendu, etc. A. G* ^'

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