CHAPITRE IX
membres du coDgrés , an lieu d'en sabir les lois : mars le prestige des temps aatiqqes avait disparu avec leurs vertus.
Les rois comprirent que leur division d'un côté, notre union de l'autre, avaient toujours fait notre principale force. Ils se ravisèrent, se comptèrent, se liguèrent à leur tour, et, se rapprochant pour la première fois par le traité de Westpbalie, ils jetèrent un regard dédaigneux sur ces ligues, dont ils n'avaient plus besoin. Ils sentirent qu'ils n'avaient plus rien à redouter d'une nation acéphale , sans impulsion dominante et où le défaut de cohésion des parties avec le tout ne permettrait jamais une résistance sérieuse. Ils l'eussent même d'ors et déjà partagée, comme ils firent plus tard de la Pologne , si un partage avait été possible. En attendant un naoment plus propice, ils lui laissèrent une nationalité impuissante , sans unité , et dont le rôle devait être éternellement subalterne. Ils placèrent d'ailleurs au pied des Alpes un double épouvantail, le blocus hermétique et l'invasion, chargés de réprimer et punir tout élan indiscret. La Suisse subit pour la première fois depuis la journée de Morgarten, et plus passivement qu'elle n'eût dû, cette dictature monarchique, renforcée depuis par un souverain du Nord , et que nous devions voir de nos jours se formuler par d'odieux et sacrilèges attentats contre la liberté de tous les peuples. Elle ne réfléchit pas que les Puis^sances , signataires du traité, pourraient un jour fouler aux pieds leur propre ouvrage, au gré des intérêts du moment, et qu'en leur donnant le droit de fixer ses destinées, elle acceptait une suzeraineté plus oppressive que toutes les précédentes.
Depuis lors, le peuple des montagnes, qui, au lieu d'émanciper ceux de la plaine par son exemple et ses armes, avait préféré vendre ses bras aux despotes et les aider, pour un vil or, à étouffer chez eux la liberté qu'il avait conquise, ce peuple, dis-je, frappé par l'inflexible mais juste Némésis, se trouva à son tour doublement asservi , à l'intérieur par une olygarchie puissante , au dehors
par la diplomatie élraDgére. Le ConyoDant de Stanz lai avait préparé la première, le traité de Westphalie lui valut la seconde. On toléra la Saisse entre la France, FAIlemagne et l'Italie, non comme organe sympathique entre ces pays , mais comme rempart destiné à les tenir séparés. On la condamna à l'immobilité d'uoe borne, à nne vie sans action, sans initiative. On daigna proclamer et garantir un simulacre d'indépendance, mais^ à bien plaire et à condition qu'étrangère à tout mouvement politique, la Suisse se courberait docilement sous la volonté de ces mêmes rois qui , naguères encore , mendiaient humblement son assistance.
Googli
coAPiTn X. 343