‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 56 sur 63 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Qui ne voit, àaM €•» rapprochemeM» one tendMce générale

vers rarislocrâtie daM tontes les républiques dn moyen-âge,

tendance dne à des causes semblables, se manifestant par des

formes analogues et d>ontîssant au même résultat. On est forcé

presque de conclure que le Patriciat ayait sa raison d'être et qu'il

était, pour ainsi dire, inévitable. « C'était en tous lieux, dit

» Yulliemin, que le peuple cessait d'avoir la part qu'en d'autres

h temps il avait prise à la chose publique. Cortés, Etats, libertés

n particulières se mouraient. Le pouvoir de quelques hommes

9 s'élevait sur les ruines de l'influence populaire, La $n des

» guerres nationales avait préparé ce changement dans les Gan-

Il tons. Tant que le peuple avait été tout entier en armes» il s'était

» fait redouter. La fière indépendance de ces milices qui fesaient

D trembler les trônes , tenait aussi les Conseils dans la crainte*

» Mais , lorsque les peuples furent rentras dans le repos , les Gou-

9 vememens ne cherchèrent plus qu'à les y maintenir loin des

» aflaires politiques. Berne s'y prit avec one adresse et une persé-

» vérance remarquable. »

Ceci peut aussi bien s'appliquer à Fribonrg. Vulliemin ajoute : 0, Quelques hommes parvenaient seuls à la considération et à la » richesse* C'étaient des magistrats en crédit, secrètement pension- 9 nés, et des officiers iiifluens, instrumens obligés, sur qui pleu-^ y vaient les chaînes, les dons, les témoignages de b bienveillance » des rois. Puissans dans les Cantons , ils le devenaient plus en-. » core. Autour d'eux se formait une belliqueuse clientèle. »

Par contre , il y aurait aussi de l'injustice à nier qu'une autre portion de la bourgeoisie privilégiée n'a usé ni de rusé , ni de violence , pour s'emparer du pouvoir. Elle y est arrivée par les lumières, aux lumières par Féducation, à l'éducation par les richesses, aux richesses par l'industrie i. Cette noblesse est, sans con-

^ Le Patriciat a produit beaucoup d'hommes distingués , comme , p. ex. , le Chancelier Guillaume Teehtermann, les Prévdts Schaeuwly et Werro, etc.

382 SECOUA pijrriB.

tie£i rbten ]^os honorable. que c«Ue a€(|«îs&^aMs^étrai^er, et« hmi de'BOo» en vonknr, le Batritid doit noas savoir^é dé substituer la {Mvmiàre à celle^i. ^

D'aiflenrs , U font en conrenîr , une fois étsMi, le Patrtciât de- Tenait un régime des capacités, et Ton eàt cbercbé en vain dans les antres classes de la société fribourgeoise des citoyens plus aptes à gouverner. Appder à la jouissance dé ce droit et au partage de la souveraineté les ressortissans dés bailliages , à peiné sortb des langes féodales , ou ces industriels des villes, qui savaient à peine lire et écrire , ces bourgeois nouveaofx , encore étrangers à THistôire ainsi qu'aux besoins du pays , c'eût été plonger celui-ci dans le chaos oiSi nous Tavons vu tomber tout récemment, et placer mie minorité intelligente sous le joug d'une majorité grossière , sans éducation comme sans expérience, sans passé comme sans avenir, sans souvenir comme sans prévision , ignorante , passionnée ^ et instrument docile de toute influence habile à s^en emparer. N'avons-nous pas vu de nos jours tout ce qu'une masse seuMable peat faire de mal , quelles funestes décisions elle a porté sur des (potions dont elle ne comprenait pas mèoie I9 valeur?

En destuiant les plus hautes fonctions du pays à cm certain nombre de familles, on fondait une véritable école d'hommes d'État Les jeunes patriciens siégeatent de bonne heure dans le &rand Conseil et s'y familiarisaient aveo les affaires publiques. Sans doute, il s'en fallait beaucoup qu'ils fiissent tons des hommes émineBs; mais , pour bien administrer, quelques hommes Mpérievrs suffisent; car la puissance d'une assemblée ne résulte pas du mérite personnel de ses membres, mais de la valeur de son principe ^. Le Patriciat avait d'ailleurs pour lui le prestige d'une position indépendante , l'esprit de corps , toujours si puissant , et l'autorité morale de quelques noms illustres.

Le Patriciat fribourgeois reflétait, avec plus de bonheur que celui

1 Ch^kOiez, 4t ta démoonttie en Suisse. — > Leoif Blaiic.

CIAPITHB lU 38S

des aQtrer Caotoifè t <mi ^a*oti appelait le bon 4on de la soetété itâmn çaisé 1, dont il importait dans le pays les usages , les modes et ie» moaars trop faciles. Il fil surgir , au milieu, de nos si(es< sauvages» de riantes villas, e;t orna les rues de la gothique cité de maisons moderAes , qui réunissaient le confort intérieur aja luxe architec* tural. Maja , fidèle à son système d'exclusion , il ouvrait ces. palais, ces campagnes, ces jardins, aux étranges plutôt qu!aux petits bourgeois* Ceux-ci n'y étaient adinis que comme artisans ou do* mestiques , jamais comme commensaux. C'étaient des asiles poui:. la vanité splitaire^^t l'bpspitalité y semblait fuir dçvant l'élégance.

On est en général Corcé dp convepir que le Patriciat a eu sù^t côté brillant, s^ époqufis glorieuses ; que ^ette institution n'a ét^ ni sans grandei^*, ni sans éclat; que » sous son règne, l'adoMnistrationa été, sinpn libelle , au moins forte , et que si sa politique a constamment été stérile au dedans , elle n'a pas toujours^ été faible au dehors, surtout quand il n'y avait pas de pensions à risquer. C'est surtout vis-à-yis de l'ultrampntanisme qu'elle a su toujours conserver une attitude ferme et digne ^ qui ne s'est jamais démentie.

Il n'est donc pas exact de dire que le Patriciat n'avait ps^s la capacité de gouverner. Il l'avait, mais il ne voulait pas l'employer. Il ne le pouvait même pas , sans élever la petite bourgeoisie jusqu'à lui , c'est-à-dire , sans se suicider. Emule servile des olygarchies voisines, hostile au mouvement intellectuel^ qui s'opérait autour de lui, accoutumé à ne voir l'existence de la Communauté que dans la sienne , environné d'abîmes et d'ennemis indomj)tables, il s'absorbait forcém,ent dans le soin de sa propre défense, et celle-ci ne lui laissait d'autre alternative qu'entre le despotisme et le suicide.

Pour justifier son avènement, le Patriciat ne peut donc invoquer ni les Constitutions, ni l'assentiment de la Communauté. Sa seule ressource est de proclamer le dogme de la nécessité humaine et de prouver , comme nous l'avons fait , qu'il s'est formé • ^ Lescarbot, tableau delà Suisse. 1620.

384 8Be01l»B PARTIE.

som la loi ^ cette nécesské sooYeraîûe, et que «en ori^ a tous les caractères de la fatalité.

Le même argament s'applique à sa domination égoïste, om* bragense et oppressire. Ne tirant pas sa raison d'être, du miliea dans leqael il vivait , ce pouvoir n'était point un symbole et ne se cons^rait qu'à la condition de s'imposer. En général , on lai rendrait peut-être aujourd'hui plus de justice , ou du moins le jagerait-on avec moins de sévérité , s'il ne s'obstinait à faire $xaymt son orgueil à ses ress ources , à un châtiment mérité de hautaines espérances, se refusant i toute transaction avec les idées de h démocratie; s'il avait , comme le Patriciat bernois, racheté Vàpreti de son égoîsme par des améliorations matérielles et par une application laborieuse à de grands intérêts , ou , comme f aristocratie d'Angleterre et de Roàie , par les hautes qualités de l'esprit et à caractère.

Mais reconnaître l'empire des causes qui ont enfanté le Tatn- ] ciat, n'est pas en reconnaître la justice, et nous sommes loin d'y voir, avec Tex-jésuite Laugier, un état naturel j qui çevX^^ la partie haute domine sur la partie basse *. Un ècrivain,to autrement distingué ^, a justement flétri ce langage , comme av^^^ dépourvu de sens que de dignité, «c On ne peut reconnaître, dit » M. Daru , dans la société , qu'un homme ou plusieurs aient , pat » le seul acte de leur volonté , le droit de se déclarer les mdtres ' » des autres. On ne peut exiger que les autres souffrent qn'oD D donne à leur résistance le titre de rébellion. Quels que so\^ » les raisonnemens , tes succès , les bons effets même qui justifi^^ » une usurpation, elle ne change pas de nature; elle est vicieose x> dans son origine. Il ne peut y avoir de légitime dans la soc\t^^ » que ce qui se fait par elle et de son aveu. )>

D'autres ont eu recours à la théorie du consentement tacite* Nous répondrons à ceux-là, avec un auteur moderne, a qi9e\e

« Histoire de Yesise. — > Hift. de la République de Venise par le Comte Dn^ik*

GBAPITRB X. 385

D cODseotemeBf taeile Tant eosame réBoacîalioD d*Qfi fait, non » comme foodement da droit qai dépendrait alors d^une bypo** » thèse insolente ; que ce consentement résulte presque toujours . x> de rimpossibilité où est le peuple de s'entendre pour protester; » que c'est un yieux sophisme à l'usage de toutes les tyrannies ; » que Tibère avait pour lui le consentement tacite des Romains, » quand, au premier froncement de ses sourcils, les plus illustres D personnages avalaient du poison ou s'ouvraient les veines, sans » que le peuple cessât d'être indifférent et le Sénat muet K »

D'ailleurs , on ne peut pas dire que la petite bourgeoisie n'a jamais fait étendre de plaintes , qu'elle ait sanctionné , par son silence , les empiétemens des chefs. Mais chaque manifestatîiOn de mécontentement fut promptement réprimée. Ainsi , déjà en 1539^ les Bannerets ayant fait un rapport inquiétant sur les dispositions de la petite bourgeoisie , le Sénat fit de suite armer les Conseils, menacer du bannissement quiconque, le jour de la revue, serait dépourvu d'armes, et publier une circulaire monitrice dans les campagnes ^.

On a vu aussi ce qui 3'est passé en lâS^ , liHrsqu'il s'agit de prè^ ter serment à la Constitution; en 1559 , lorsque la petite bourgeoisie réclama sa part des pensions étrangères, et en 1636. En 1 643 des bruits de complot ayant circulé, le Grand Conseil s'en occupa, et les Bannerets furent chargés de dresser une liste des bourgeois les plus suspects. Nous Terrons encore i en 1653, une conspiration plus grave , dont le chef fut exécuté secrètement au Belluard. En 1749 l'exemple du Bernois Fueter faillit trouver des imitateurs à Fribourg. On connaît la conspiration de Chenaux. Tous ces mouvemens entretenaient dans^les cœurs des vrais patriotes de géné-

1 Louis Blanc. Dans cette esquisse, nous ayons emprunté à cet écrivain disting^ué t>eancoup d'idées, sans en changer Teipression, parce qu'elles s'adaptaient, avec un rare bonheur et souvent mot pour mot, à notre sujet. Dire que le Gouvernement prussien vient de mettre Y Histoire de dix ans à l'index , c'est ajouter un titre de plus à ceux qui recommandent ce bel ouvrage. — 2 a. C. Missiv. du 11 septembre, fol. 13, 14.

396 SRCOHDB PARTIS*

reoses ardears^ et doiveiit être coDSidérés comme une protestation soleimeUe et continoe contre le Patriciat.

Mais ce qai nuit plus à on pouvoir osarpë qa'ane opposition faible, c'est rivresse do succès. Des attaques partielles et sans résultat ne font queTaffermir, tandis qu'une prospérité constante Tendort, Tavengle etrénerre. Alors, pendant que les tendances générales poursuivent leur cours mystérieux et que les doctrines révolutionnaires s'élaborent sourdement , il n'aperçoit ni le mouvement du flot qui monte peu à peu » ni la pression des faits « ni l'action permanente des principes » m enfin l'épuisement progressif de ses institutions et de ses idées. Il se livre , sans réserve et sans remords , à la joie du triomphe, à l'orgie du pouvoir. C'est le festin de Balthasar ; mais nul des convives ne semble voir la main inconnue, qui trace sur lemorle terrible arrêt. Deux sentinelles , qui paraissent sûres , veHlent aux portes du palais : la ruse et la terreur.

Cependant, que se passe-t*il au dehors? N'entendez-vous aoezni bruit menaçant, dans le silence des populations asservies? Ecoutez bien : ce sont les forces vives de la nation, qui grondent eliermentent dans les profondeurs. Une puissance secrète et irrèsisâkW sape les fondemens de l'orgueilleux édifice et creuse lentement U fosse où l'usurpation va bientôt trouver son dernier sommeil.

VIN ns LA SKCœONB PARTIE.

N^ i , page 47.

Dés que le projet de bâtisse fût arrêté, on envoya à Laasanne Jean Perlin, pour «xaminer le beffiroi du clocher, et le saatier Salo à Genève, pour en faire venir le mattre maçon Georges dn Jordil. Quand celai-ci arriva , jl fut reçu à la Bastonba, où l'on fit une dépense de 6 sons et un denier (2 francs). Bans le contrat que l'on fit avec lui , il fut stipulé qu'il recevrait 4 gros par jour (Va de livre , soit environ 18 bâches d'aujourd'hui) , 20 livres de pension (150 fr.) et un logement aux ferais de la Fabrique* On lui adjoignit trois garçons , soit tailleurs de pierres , dont le salaire journalier était de 3 gros. Plus tard , le nombre de ces aides fut doublé et on mit six manœuvres à leur service*

Dés la St. Jean 147^, la Fabrique changea de rectenr^ et le Conseiller Jacob Lombard succéda à Praroman.

Au mois d'août, les fenêtres dé l'étage oh sont les cloches étaient achevées. L'année suivante, l'architecte et le recteur étant morts» l'ouvrage ne fit que languir, «t la uSaçonnerie fut abandonnée. On commença la charpente (chapusery) , et le beffroi fut achevé à la fin de 1476. On fit amener, par un voiinrier de Zurich , les eloches de Romont , conquises après la bataille de Morat i. Elles ne touchèrent pas terre ; car on les monta dès leur arrivée. On les sonna , pour la première ibis , le Jour de Noël 1476 >.

En 1479, on trouve'mattre Gruillaurae et mattre Pierre continuant les travaux du «locher. On leur donnait à chacun 40 liv. par an et « en outre, 10 liv. peur habits. Le traitement commençait et finissait à la Toussaint. L'année suivante , c'est le mattre maçon Pierre du Jordil, qui reçoit 40 liv. à compte de l'ouvrage.

Trois ans après , on reprit les travaux de maçonnerie et on y travaillait encore en 1484 , époque où Jean Hirser fut nommé recteur. Alors furent achevées les trois fenêtres supérieures.

Depuis la St. Jean 1483, jusqu'à la St. Jean 1484, quatre-vingt-neuf personnes avaient légué soit leur meilleur habit , soit 20 sons à la Fabrique. Quatorze seulement avaient eu l'honneur de Ja grande sonnerie , entre autres Guillaume d'Avenches <.

Jean Hirser avait été percepteur de l'ohmgeld. Il était en même temps membre de la justice et bôpitalier. 11 recevait un traitement annuel de 20 liv., comme recteur. Les quatre maîtres maçons, qui travaillaient sous lui, recevaient chacun un habit et 10 liv. par an.

Dés 1480, on avait remplacé la petite cloche de Romont par une plus grande. Ce ne fut que 25 ans plus tard que l'on fit fondre la grande cloche Marie , qui pèse

I Hût, C4»*., page 395.— i La Fabrique paya 14 Uv. au charretier qui avait amené Tune de ces cloches. On avait employé pour Tautre l^attelage de Thôpital. — î On remarque, dans les comptes de Hirser, la naïve observation suivante, à Tarticle des missions communales : 20 sous an clerc de Maistre Peter qui mené le soflBet de lorguine por Tan XXVII por le tempare (trimestre) de penstecottai car je ne ly voloez rien done portant que l'orgnine estoit ratte (.; mats il me fust foict commandement pcr Momir la voye et je ly donnais xx s.

■-^S^.«ar:-^ i » g^ a > . ' ^r^ sîmjiP^^'^^''J^'~^^^^^^lS^KKSnÊ^

200 quintaux. Pendant cette opération , défense fat faite d*approoher de Tenoeiate où elle se faisait, sous peine de 3 liT.d^amende. On n'excepta que quelques Conseillers et Bannerets. Cette cloche fut bénie par FEvéque de Lausanne , le 25 mars 1506. Il paraît qu'en 1490 la bâtisse du clocher n'était pas encore achevée ; car on retrouve l'architecte mattre Pierre, dont le salaire fut augmenté cette anuée. Alors seulement fut décidée la démolition de l'ancien clocher situé sur le chœur. On donna 31 sous (environ 10 fr.) au charpentier qui en descendit la statue de St. Nicolas. L'année suivante , on prépara les câbles qui deraient servir i la suspension des cloches. Mais ce n'est qu'en 1492 qu'il est fait, pour la dernière fois, mention de cette bâtisse , à laquelle travaillait alors maître Jensly ^ Il paraît donc que c'est lui qui y mit la dernière main. On donna 5 liy. à Bénédict Hurni pour y avoir bien

L construction du clocher n'avait rien eoûté à la ville. Geartit de l'ohmgeld en fareur de la bâtisse, pendant toate h iéres années, les paysans ont fait, avec leurs chevaai s de transport (rydov). Les trente-cinq premières , faites par amener des pièces de bois de. «Se/i.pour faire des grues, le deniers, les autres d'une ambrisane, soit 15 deiûen

point un édifice civil, tel que château, rempart, etc.ii paysans pour le taux de la journée. L» repas d'un homme,

iûtait alors un gros , celui des personnages distingués deux ambrisanes , soit 30 deniers , le vin non compris. Celui-ci fesalt l'objet d'un article spécial, éii Schengar ; c'est-à-dire vin des semaises ou Tin d'honneur, en allemand Schenkkannen» Une ambrisane pouvait suffire à un paysan pour preiuire, comme on dit , quelque rafraîchissement an cabaret , mais non pour y dinar, àua les formes. Il est donc faux qu'on lui ait laissé l'option entre un sol ou un dioer.

Tous les villages des anciennes terres ont fait des journées pour la constniction du clocher de St. Nicolas, pendant les cinq premières année». Il y en eut mêoeft* la paroisse d'Ecuvillens et de Farvagny , bien qu'elles ne fussent pas encoie soi» la domination de Fribourg. Quelques paroisses allemandes furent ménagées, s>^ doute parce qu'on les réservait pour d'autres travaux.

JV<> 2, page M.

Aux détails contenus dans VHistoire cantonale (page 223 et 247) aur le service de l'église au moyen-âge , on peut ajouter les suivans :

En 1414 , le chapelain Jean Richard, marguillier, s'étant plaintque le curé Sioudei empiétait sur ses droits , la Communauté fit, à cet égard , l'ordonnance suivante :

La Communauté, ayant le droit de patronage sur l'église paroissiale et celui d'instituer le curé et le marguillier , arrête :

1<> Le marguillier gardera les clés de l'église , de la sacristie et du mattre-autel.

20 11 surveille les reliques, livres et ornemens, dont il rend annuellemeni compi<!i d'après l'inventaire qui en sera dressé.

30 II doit surveiller l'église jour et nuit, l'ouvrir tous les jours pour les matines,! assister le premier et se retirer le dernier , et chanter ou faire chanter la première messe.

1 Le couroanement pyramidal de la tour permet de croire que c'est un ouvrage achevé.-a Le denier avait à peu près la valeur du cruche. Celle de Tambrisane a été errotiément vtt^ à 10 sous dans la Revut tuisn, t. î , pagie 535.

PlèCBS JOSTlFiCATlVBS. 389

40 C'est lai qui doit faire sonner les cloches , orner les autels , étaler les tentures dans réglise le jour de la Féte-Dfen , administrer les sacremens et ne pas quitter Téglise pendant le service, ou s*y farre remplacer par le clerc qui sera placé sous ses ordres.

50 II prêtera à M. le curé ou à son suppléant les reliquaires de St. Antoine , de St. Eloi et de St. Georges , pour faire vînage,

6<> n baptisera tous les enfans , recevra toutes les femmes releyées de couches , à moins que , par ordre du curé, il n'ait porté le St. Sacrement en ville, ce qu'il ne doit faire qu'en cas de grande nécessité.

70 n ira, lui second, administrer l'extréme^nction. Il portera les saintes huiles et le livre; le clerc portera la croix.

8^11 doit aller chercher les morts , faire venir les petits enûins pour l'enterrement, k moins qu'on ne célèbre la messe. Il fait aussi la recoamiandation des laimes et préside à tontes les cérémonies des obsèques.

^ Il donne 2Q sons lausan. an curé, sur son casnel de l'an. Il perçoit la dtme de tontes les offrandes , après l'Evangile , en pain on en argent. Aux enterremens , il la perçoit anssi avant l'Evangile. 11 ne touchera pas à l'offrande des cierges , mais bien la dtme de tout ce qui échoit au curé les quatre grandes fêtes de l'année , et de tout l'argent qui se trouvera dans le tronc de la chapelle de la sainte face.

100 Chaque maison de la paroisse lui doit un cugnu (gâteau aux pommes) par an, on im dtner en luef dou cugnioz. Chaque mariage lui rapportera un pot de vin, comme au curé.

N"* 3, page 79.

Diplôme de chevalerie du St. Sépulcre, accordé à un Fribourgeoi^

au 16"'' siècle.

Innomine Dominl amen. Notum omnibus présentes nostras litteras inspecturis quatenus hoc anno salutis nostre millesimo quingentesimo quintodecimo nobilis vir dominns Humberlus de prato romano Helvetus Dicecesis Lausanensis civitalem Hierusalem sanctam cum dei adjutorio innnmeris periculis transmissis petiit , locaque sanctissima dominice videlicet nativitatis in Bethléem Juda, in qua Christns de Virgine nasci dignatns est, ac culmina Sancti montis Calvarii in quo pro sainte nostra crucifixus et mortuus est, Sânctissimi Sepulcri unde teriia die gloriosu9 résurrexit : montis etiam Oliveti sânctissimi unde cum triumpho celos ascendit : SepuUuramque Yirginis Marie gloriose in medio valle Josaphat, aliaqne loca sancta in quibus du* dnm salvator noster sua ineffabili clementia sabitem nostram operari dignatus est. Que tamen a modernis Cbristi fldelibus peregrinis ordinarie peragrantur ipse dévote iteratis vicibns personaliter pariter visitavit et adoravit. Ipsumque nihilominus Dominum Humbértum de prato romano prenotatum ob iosignem virtutem Ego frater Nicolaus de Lausignano ordinis minorum de observantia. Gnardianus Sancti montis Syon ceterorumque locorum teire sancte commissarius et Gubernator licet demerltus auctoritate apostolica mibi in bac parte oroni plenitudine pofestatis commissa singulari gratia et privilégie Sânctissimi Sepulcri jam dictl militeib institui , ordinavi et benedixi ac per présentes institutum et benediclum ordinatumque denuntio eum nihilominus muniendo omnibus et singulis graiiis , indultis , dignitalibus et privilegiis quibus supradicti milites dominici sepulcri gaudere soient et uti. In quorum omnium fidem indubiam et robur tntissimum présentes jussi fieri et sigillé sanctis-o sifldi sepulcri sepe dicti consueto muniri et roborari feci. Datum Hierosolymis in arce Syon cenaculo sanctissimo Anno quo supra mense vero Augùsti die XXVIII.

Idem fr. Nicolaus g. s»

390 PliCBg jrtJSTlFiCATiyBS.

Lettres da Chevalier d^Arseot.

Bdier «trsD^r Her , min Dieost nnd Matlioh Erpietan %o ich tôt malz uch gewohnt btb zo schriben sint in mier jetz yerck^rt» leider, in gros triepseligkeit, kiiimer» «ngsl irod not «o gros dêu ait nmelich ist lelieby tnepselikeît gJHigstm la $âgen noch mit keiner Fedren za yergriffen. Okor wo ist dit glùok dieser welt dasft ist mier zn groiem Unlig Terkert. Dat clag«a ndk got «ad uch ally mioea hèren «id Vater, mit groter pit and bedriopten Hertzen; da» ier awri Tetarliche Iruw Ton mier nit wellen ztchen sooders mieh in knot aad inotschaft wellen bebalten imer troat nad bilf ireUea geben imd mioh nit loiaeo enigelten miner grosen lorbett'Olc. etc.

Her dass ier der sach eigelidi bericbt sigen ao bant mU^ kein mensch zo ye^ wilgon der saeii brocbt den mi ber iiwer tecb meisfer leiblj dass got mies» erbarmen dass icb in je kent bab den in die torfaeit bant er micb brocbt snst keio mensch nf erdricb nit^ bant mier zom ersten enselt wie er py jerg uf der Flie gewesen sig der sich gegen im mit groser widerwerdikelt erglagt bab, min beren haben sin widereecber der gfangenscbaft erlidiget. Er wel aber mit eim nnd dem andem so vil zu wegen bringen dass er ocb in am kurtzen miess gelidiget werden, af selicbs gab icb im fUr antwurt er mecbt wol machen dass wier sin al za gros onlig kamén altz leider besoheben ist, do gab mier min ber Dcchan ftir an antwurt, was micb angieng, er altz ein priester nnd ich altz sin fUrsprecher wervn sin scbuldig yor got und der welt nnd ich bederff micb der saçh nit anzunenuae*' Er fondy Liit knug die ihm darzu hulffen, Er betty sin sach schon bestelt wie m^ im derfon soit helffen do sprach ich so deck ich den bimel drttber nnd bab^i!»)^ beger die sach also yerschwigen dass mir leider zu grosein kumer komen ist ittt got und der welt wol zn wissen ist nncl weis nîeman anzerieffen den got und ffii^ gnedig heren die rieff ich an umb guot den wo mier dieselben nit gnedig weliei^ sin 80 moss ich in grosen jamer nnd not syn nnd in gros en kumer den Dag m ich

Her uch ist zu wissen wie Aeun ich altz der, der jewetten begehrt hant ach ans allen den uwren nutz nnd eer zu furdren altz ich och das scbuldig bin gsin bab erpeten min gnedig heren nnd sust gnot Heren und frint dass sy jBtz meister leibl; weten zu yrem kilchheren an nemen do nun min Heren uch nnd andren awren frinden selicbs yem eer anton haben , haben yermeint er wurt sich so erlich and trûlich mit inen halten das got dardnrch gelopt und geert wurt und sy mit noz und eer mit ynen in briederlichen truw wnrden leben dass an min Heren worlich nit erwunden wer, aber leider es ist an min her Dechan erwunden , dass got ewegHch miess erbarmen.

Her nun mngen yer wol bedenken dass min heren noch an ganitzy gemeint keip liebe zu im nimerme wiu't ban und och in fur kein kilchheren wellen han und nit unbilich, dorumb ber so ermonen icb uch mit groser pit : yer wellen durcb goti willcn , uch sinen yermogen nnd in darzu halten. Es sig mit pit oder anders dass er mit aller Diemut minen Heren wel jenen Kilchensatz wider (ibergeben und ach geb dye inyestitur min ber yon lassen und dass jer dieselbe jetz uf fridag zu frier vont zit beten minen Heren ilbergeben und och doby min Heren angeriefiFt and pelen, mit samt min Heren und friuten dass mier min gnedig Heren guot weten bewisen so hoff ich zu got wo yçr selicbs bringen und den kilchensatz minen Heren iibergeben dass min sach yil dess pesser wurt.

PI icES jnrsTiFicATi vBs. 39 1

Her icfa pH flch doreh gotnriUen brachen alleo Ernscht éomit oad der kileheii* satz minen Hem welt ttbergeben den worlich omb kein gat lossen nrioeQ Herea kn Biemenne nocb dass er yr kilcher blip, wo seliches nft besebicht so stieiit wol trfiff dass ich sin mlest traffelich en! gelten an lip imd gnt dorumb miii ber sint aber molen darcb gotrvrinen erpeten das der kilcbensatz wert minen heren iibergeben.

Icb sprip Sm och zom tbeil gleicber meinon sint fruHch erpeten dass er minen Heren zu willen wert nnd pit iich dnrcb gotzwillen nnd ermanen ùch der beiligen steten die yer nnd icb in der heiligy stat Jhemsalem mit groser andoeht besucht haben» dass ier jetz nf fridag nest zu fHer rontzit wellen Tor minen Heren erscbinen mit andern minen f^inden mit frintlicfaer pit dass mier min Heren gn«d wellen erzeigen sn boff ieb zn got soyer mid jer den kilcbensatz minen beren tlbergebea dass min berén ficb nnd miner frintscbaft zur eren mier gnot werden bewisen, ich pit nch dass yer min scbwager bartblsum mey mit âch zn bilff nemen mit den^ Decban zn reden nnd dass derselb min schwoger nf min pit nnd beger mit fleb bar Yom domit nnd mier nss dfser herty gefangenscbaft gebolffen wert dor in ich nf disem Dag gelegenbin XXVII Dag nnd XXYU necbt mit groser triebseligkeit daa weist got der ûcb bebalt in siner but. Geben nf zinstag ist der XYIII Dag bornung.

fier armer bedriepter Sig. F. Arsant,

An min gnedig heren die Tier yenner K

Àcb mine gnedig lieb berren icb pit ucb dnrcb das liden Gottes dass ier wellen min trnw llirsprech sin gen min gnedig berrn dass sy mier durcb das liden Gottes min barty gfangenscbait wellen erlicbtem und dass sy Ërparmt uber mich wellen baben. Icb wil inen burgschafit geben, lip fur lip » gnt fur gût, micb in kein weg zu enpfremten und begib micb des wo... minen berren nit wirt so kunt dan mit mier nocb uyren liep gfallen. Icb trnw aber zu Gott ich wel alwegen soyil verscbaffen dass er minen gnedigen Herren W... Ach min liep heren sint ermant durch Gottes willen und teillen erparmt mit mir ich bin warlich krang miner person nnd besorg noch grosser grangeit min heren sint mier beholffen.

Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs, en citant ici le fragment suivant d'nne lettre de Sùpersax , qui a été retrourée sans adresse. Elle fut écrite environ deux mois après la mort d'Arsent :

....Sonun sôlichegrimikeitt nndunrecbtmir begegnetist bin ichbewegt mich zu erklagen , an eini frômi eignosscbafft als ich nun wîliens witer zu rdcken gan Fryburg kome bin haben micb die herren daselbs gevencklich angenommen und verhalten lang zit ôb sy mich fUr recht waltint stellen , so nun der bischoff dar kommen ist bat er mich vor den egedachten herren von Fryburg mit mengerlcy schwerer unwarhaftigen worten , hinderugs verklagt , ouch ret burger wider mich beweigt , dass sy

implore Passistance des Bannerets, et t'offre à faire cautionner son corps et sa daction et récriture se ressentent du désespoir qui accablait cet infortuné.

fortune» La ré«

39â PIJBCBS JUSTIPICATIVBS.

mir rad und Tttnpreoheii band abgeschUgen , wlder ia Bvn giMihimkà fefoUret, in ^tallt das içh za diser zit miner g^lideren gantz and gar krailUoi bio , nnd nach aller marter aber trissig tag, und soyîI neclit lassen im Darn ligen, in der heiten winten not. Nach dem ist erscbinen des bischoffs brader, und bat gegen mir gefliert etlich klagt daram ich Tormalen an der marier erinebt bin, habend mich dieiron Fryburg wider erkent za faeben , and alto za belibfcn mit gliohcr Hat ia and mich, so dassetwas zits gewert bat in hangenden rechten, band sj desa bischofib brader lassen ledig gan and mich yerhalten wid^ lat and sag ir gebnen arteil welohy sach oach der erlich from riter dem Got yerziich Uer Frantz Ârsent, mich warnetin$ôlicher gstalt lieber jerg ich weiss dir nfit me geraten , den der Bisefaoff Ton Wallig, hat unser fromi gmeint in sdlicher gstaiUt yerliirt das ich fërcht du miissist 8terben> and hetest als gat recht als Sant Peter, and ob ich die arteit wider dich anscbaldigen niemer gefell, so will ich lieber selben den dodt donim liden, mich bewegt hat ztt sinnen wie ich nss derherten not kommen môcht, and hi^ mir der almecbtig got geholfTen ass Frybarg biss gan Nâwenborg , do mich die Ton Frybarg abermalen beklagt hand, and tassen fachen, and gricht begertt gegen minenlibnnd gat, damit derselben nacht kament ob den dry handert gewapneter knechten , nnd mich anderstanden gewaltemklich dannen za nemmen , and mich wider in ir gwalt zu pringen, alss oach beschechen wer, wenn das die gmetnd yen Ntiwenburg^ sôlichs gewarnet ward and in keinem weg ntt wolten bestaten, off sôlicbs die Herren yon Frybarg gegen NUwenburg gc^ert hand ir gschtttz , uod nfTgericht ir baner, and mit macht mich hand anderstanden dannen za pringen, das aber die fromen yon Nûwenburg nit woUtent nachlassen , sander die sach in einem yertnç ist kommen , dass ich also gan Bera gefangen gefUrt soltt werden , do ich einliir wnchen nff klag der yon Frybarg in isen geschmit and gefangen gewesen bio.

In mitler zit habend min Uerren yon Bera dnrch ir boten und brieff in allenorteo einer fromen eignosschaffl oach in WaUis yerkiindet ob jemans klag, gegeo mir yermeint za ilieren, welten sy gricht and grecht halten, nff min lib undgo|(iDd rechttag bestimpt nach sechs wnchen , so nun die selben sechs 'wnchen yenchlDDen sind habend sich erscheind, yor den egedachten minen Herren yen BeroTetTin^ bnrger botschafften dess bischoffs and der yon Frybarg die merherley gegenl^ dar gethan hand , so ich nnn begert recht nnd arteil ze sprechen iiber ail érsclvûdang wider mich beschechen habent sy kein recht wellen annemen nnd so icb rechts aff sy han begert , habent sy mir keins rechten wellen sin , sander bin icl^ onder gstalt eins arvechs wie den das meldet mit urteil ledig erkent.

Als. nnn der egedacht herr bischoff uff min lib und aff min gut hat lassen klageUt dorch sin phiscal, yor einem Hoaptmann und Lantradt Wallis and aber sie onzimlichen gwalt wider yerfiirt hat; wie ob, han ich wellen erschinen in Wallis, nnd rechts begeren yor demselben riehter, da er sin klegt het lassen flieren , and in recht wider mich gefallen ist dnrch sin phiscal begegnet mir nit , das er mir well eins rechten sin in einer lantschafft Wallis. Da sich dié sachen erhept haud oni dnrch in recht gefasset oach dannen wir bed erboren und ericannt sind, und do man aller unser hande^ schuld und unschuld bab.en mag formais hat er mir mt wellen eins rechten sin yor sin obren, ze Bera oder ze Fryburg-, da ich geric)>t yon im begert und nit han miigen erlangen , sunder ist dess bischoffs meinung , ^ aUe mine schand schaden nnd kummer mir durch in und diesinen menigfalUckUc)i begegnet sôU ich inen berechtigen yor nnsrem H. T. den bapst dem er an mitel anderwiirfQg sig , hat da mit beyolchen sinem hoaptmann, dass er mich geyenklicb SÔU annemen dnnckt mich seltzam sin ze herren , dass mir der bischoff nit wiU eins rechten sin in disen landen und mich doch yrill gefangen han , zyyingt mich noi recht zu erfordren gegen denen so mich beladen hand , wider got er nnd reekt* und nitt in gstalltt enichen gwalt ze triben sander yor dem unzimlicfaen gwalt des bischoffs mich zu scblrmen , wurd ich mit minen friinden erschinen und rechts be-

PliCBS JUSTlFICATlVkS. 393

geten , doran aber 4er egediebf biichoiî mlch so scbwerlichen yerklagt bat . Tor n. 9. eioer gemeiiieii eignossebafift and an Tillenden , ist min frttnUicb demiUig bit, «flTdas ir min g, b. bericbt môgend werden eigfuer warbeit aller bendlen die der biscfaoff gogen mir oder ieb gegoat tm gebrucbt babeat , ein ratz boten Terwilligen wellind, in deas kosten der nntecbt bab, der sicb fiirderlicb bar in scbick und gesecb und yeraen gericbt nndrecbt dass bie gebracbt wird oacb scbald und onscbuld beder teilen bericfat werd , dass si an mir wo das in aunem vermOgen sin wurd , in tirilwer andacht m yerdinen. Dat. sa Brig am xxii tag meyen im jar MDXI.

Uwer gnaden alzyt geborsamer Sig. Jœrg uffder Flu.

N^ 5 , page 115.

Nomination de Nicolas Bagniet à la cure de Fribourg.

In nominesanctae et individu» Trinitatis, patrisfilii et spiritus sancti. Amen. Noverint uniyersi etsingnli praesens publlcum instrumentum inspecturi, quod cmn de anno a Nativitate Domini millesimo quingentesimo duodecimo inditione quindecima cum eodem anno sumpta , die yero quindecima mensis Julil Pontificatus sanctissimi in Cbristo patris et Domini Domini JuliidÎTina Proyidentia Papae secundi anno nono. Ecclesia parrooblalis Sancti Nlcolay urbis Friburgi Lausan. dyocesis proprio rectore seu Gurato careret et vacaret atque destituta esset propter depositionem absentationem seu dimissionem Veiïerabllis viri Domini Lndoyici Ldbly oHm rectoris seu Gurati dictée parrocbialis Ecclesiae 1. In nostram notariorum publicorum ac testium sab nominatorum praesentia Personaliter constituti Strenni egregii potentes et magnifici Domini Scultetus Consules et Communitas dictai urbis Friburgi In ecclesia prsedicta sancti Nicolay ac congregati ad sonum cainpanœ ut moris est fieri in talibus ac ab anliquo laudabilis consuetudinis exstitit ad videndum inter se per quem modum et \iam sanctius et homestius ad electionem Gurati seu pastoris procedere possent. Tandem convocatis ut supra dictum est omnibus Gonsulibus burgensibus dictae urbis ac aliis qui electioni faciendae de futuro Gurato seu pastore potuerunt et debuerunt poterant et debebant commode interesse ad sonum campanae ut supra dictum est in unum congregati factis prius per spectabilem militem Theodoricum de Englisperg sculfetum ac per discretum et proyidum yirum Nycolaum Lombardi dictœ urbis secretarium propositionibus in talibus fieri solltis et consuetis omnibus afTeciionibus postpositis. Ilabentesque proprium cor ad Dominum Interrogatisque singulis astantibus pro meliori ac utiliori et proyido yiro quem sciverint ad regimen eorum ecclesios elegerunt in Guratum et pastorem Yenerabilem ac circumspectum yirum Magistrum Nycolaum Bugniet in decretis licentiatum mitem ac qnietum et pacis zelatorem Deum et Ecclesiam amantem bonae et bonest» conyersationis in spiritualibus et temporalibus quamplurimum circumspectum de legitimo matrimonio procréa tum. Electionem bujusmodi confirmantes unanrmiter nemine ex ipsls discrepante iu spirilu sancto prsfatum Dominum Nycolaum Bugniet in Guratum seu pastorem suum et eorum ecclesiae praedict» elegerunt qua electione sic in spiritu sancto facta praefati Domini Gonsiliarii burgenses ac ester! existantes qui tune prassentes erant et elegerant accesserunt ad dictum electum et quaesierunt ab eo si electioni bujusmodi de se ijt spiritu sancto factae consentiebat. Qui respondit bnmiliter :

X II s'était enfui, parce qu'il avait procuré révation, à travers le bâtiment de la cure, diton, de Georges Supersax.

394 PliCBS /U9TJFICATIVS8«

Electioni de me licet immerito de spiritu ««ncto fkctm i|od possam aee toIo contradicere eam in Dei patris et filii et spiritos sancti nomuie ftccepto eamqoe ratam et gratam habeo. Taac prœfati Domlni Consiliarii bnrgenses et csteri existeotes pro gaudio de responsione dicti Domini gaadentes et exQttantea eundem Dominam electom cantantes alta deyotaque voce canticam Joennditatis et \mtiiim Te Deam laadamas àicUB ecelesiae sanoti Nicolay Friburgi campanis pulsaotibos ad magnum altan daxenmt et ibi oralione facta efdem Domino eleeto obedientiam Tenecationem et bonorem impederant. Qaibns sic aotis venerabiles ac honorabiles yiri Dominos Decanos ac cœteri Domini Gappellani ejosdem ecclesiae sancti Nicolay Fribnrgi yigore et prsetextu praemiss» elecUonis eandem Dominum Nycolaom Bogniet electmn de dicta parrochiali ecclesia sancti Nicolay de Fribargo ipso tamen Domino Nycolao requirente cum suis jaribus fructibus emolnmentis proyentibus pertinentlis et appendentiis suis uniyersis in corporalem realem et actualem possessionem dicte parrocliialis ecclesiae sancti Nicolay de Friburgo jurlom et pertinentiarum omniamejaidem posueront , et indnxernnt de laude consensn et yolantate praefatonimDominoram Gonsulam burgenstam et omnium assistentinm. Promisemifttqae ipsi m^mfici Domini et burgenses eidem Domino eleeto de ipsis juribas emoliLmentisetebyeitionibos prsefatœ ecclesiae sancti Nicolay Friburgi responderi fàcere^ et procnrare aliasque et alia facere et procurare sumptibus et expensis dict» orbis FrH>iiTgi qn» ciret hoc negotium exiguntur et necessaria sunt. Et tandem praefîitam Hominum Nycolaoa Bugniet electum nemine opponente sea contradicente in corporalem realem et actualem possessionem dictœ parrochialis ecclesiae sancti Nicolay prœ«dictae nrbis FribnriJ posuerunt et induxerunt per traditionem clayium dictae ecclesiae et per traditlooen calicis patens llbrorum yeslimentorum poculorum et aliorum ait aris omamentonai. Mandando et praecipiendo omnibus et singulis parochianis dictas ecclOsiaB otrinsfM aexus et céleris quorum Interestetpotest interesse quatcnus prœfaito Domino Nycolio tanquam vero rectori et Gurato dictae ecclesiae parrochialis sancti Nicolay êffri" burgo seu ^us yicario nomine dicti Domini Nycolay specialiter deputaXopif^ respondeant solyant satisfaciant obediant pariter et intendant , sub pœnis dcoBSO"" in talibuç adjici solitis et consuetis. De quibus omnibus et singulis prsmis^^^ fatus Dominus electus petilt sibi per nos notariés subsignatos fieri nnum tel ¥^ publicum seu publica instrumentum seu instrumenta tôt quot fuerint sibi necesss^^ vel opportuna facti tamen substantia non mutata. Acta foemnt haec in ecclesia sancti Nicolay prasdicta circa horam meridianam. Anno indictione die messe «^ pontificatu quibus supra praesentibus ibidem Reyerendo in Chrîsto pâtre stc Domino Johanne Taverneri humili abbate insignis abbatiae beatae Mariae yirgiiiis de Attaiip^ Cisterciensis ordinis Lausannensis dyocesis yenerabilibusque ac providis "vins fratre Holeto Moneti gardiano conventus fratrum minorom de FriburgQ Domino Bernardo Taverneri Ganonico Solodorensi et Domino Johanae Hardy rectote c^ pell» beatae Mariae Yirginis dictae urbis Friburgi pro testibus ad praemissa vocatis specialiter et rogatis.

Ego vero Johannes. Schorreti Clericus et burgensis Friburgi Apostoltea et imp^ riali auctoritatibus publicns notarins qui praemissae electioni et omnibus et singi^ aliisque dictis cum Anthonio Pallancbiz ctiam notarié auctoritate aposlollca public et Résident! Friburgi praesens interfui eaque sic fieri yidi et àudivt indeque poW»* cum instrumentum manu aliéna scriptum cum dicto Anthonio Pallancbiz recepï*' in banc publicam formam redegi signoque nomine et subscriptione meis soliûs ^^ consuetis signa vi in fidem et testimonium yeritatis praemissorum omnium et si»* gulorum requisilus et rogatus. — Johannes Schorreti.

Déclaration analogue , signée : Ant. Pallancbiz.

PBCBS JUSTlFiCATlVBS. 395

A*©, page 1Î6.

Le Cardinal Schinner donne , au nom du Pape, une nouvelle bannière aux Fribourgeois , en récompense des services rendus au Pape contre Louis XII , Roi de France.

MaUieus ' Mi^ratione divina titulo saocte Potentiane sacrosancte Romane ecelesie presbytcr Cardinalis Sedunensis totius Germanie et Lombardie ac ad quecamqne loca ad que nos declinare contigerit sanctissimi Domini nostri pape et sedis Apofitolice legatus. Ad perpetaam rei memoriam Ëcclesia Roroana cujm Principattim super omnia eitalit diyina maiestas et a qua Tcluti a primevo fonte honorum et dignitatum bénéficia proveninnt tanqoam regina in vestitu dcauralo circumdata Tanetate. Interdam per suoram legatorom «ûnisteriom eos quos sibi devotos et fiééie^ «c aliis Tîrtiitam meritis insignitoi cognoscit predaris titnlis décorât et omat. Ao apecialis benivolentia faiYoribus amplectitnr ut exinde magis eorum devotio ad eadesia» îpsam aogeatur. Cum itaqne sancta Romana ecclesia que omnium est caput et Magistta ao iUa pétri fluctuans non tamen interitura navicula a variis et gravisaimis qoibus nuper agitabantur procellis et pêne in proftindum dimergebanlur IHleotorum nobis in cbristo Gentmunium Helyetiorum et Gonfedoratomm SuKenalum opéra aoxtliaet fa?ore liberata Ao horrendum Sdsma quod nonnuUis Heresi^Nïhis iUud in eeclesia dei proonrantibus Prôh dolor non parum pollulavit ettirpati Ac tirannorom quorum Ludovicus Francborum Rex sub quo tota fere Italia aupprewa et pesaundata iacuit facile Prineipatum obtinuit insolentes animi contriti et fracti Ipsique ticanni eliminati et profugati CîTitates denique Oppida Castra terre YiUo et alia loca ad prefatam Romanam ecclesiam pleno Jure spectantes et spectaiitia aasn Tiranico et temerario in defectionem deducte et indebite contra deum et Justitiam oocupate dicte ecclesie restituté et In Pristinam ditionem redacte sanctaqoe Pétri sedes et in ea divino nutu présidons a falso et psendo prophetis multi* pliciter lacerati In tuto ac quiète coUocati fuerint se in hoc deyofissîmos dicte Romme ecclesie filios exbibendo et ostendendo. Quo fit ut nos cui ex laiuncto no1>is Apostolice sedis legationis officio Incumbit bene de prefata sede meritos bonorum insi^îs decorare et attollere de Dilectorum nobis inXhristo Scnlteli Consalam et «nlversomm Civiom Insignis Oppidi Friburgensis Lansannensis diocesis Prefatam ecclesiam devotioae fidei eonstantia aIJisque preclaris actibus et precipue in bac nostra feUoisskna expeditione per dilectum nobis in Christo Petram Falcho Gapita^ neum et gentis ipsorum doctorem primarium prestitis plenam notitiam habentes eosdem Scbultetum Gonsules et Cires supradictos premissormn meritorum siiorum intnitn faroribus et gratiis prosequi yolentes Motn proprio non ad eofum yel alicnjes alterius pro eis nobit super boc oblate petitionis instantiam sed de nostra mera liberalitate Sculteto Gonsulibus et ciyibus predictis eorumqne successoribus et posteris antyersis. Quod deiuceps perpetuis futoris temporibus In eorum Banderiis et Yexillis figuras et imagines ministerium totius passionis domioi nostri Jhesu Ghristi et preaertira conductum adsuppliciumrepreseirtantescummnlierum etsancte Yeronice Jbesu Ghrlsti sudanum manu gestantis et tenentis sabsecutione uira cum solitis eoiqm insigniis tenere babere et déferre libère et licite yaleant auctoritate apostolica qoa fangimur in bac parte tenore presentinm concedimus pariterque indulgomus. Non obstantibus Constitutionibus et ordinationibns apostolicis ac legibus ImperiaUbns et Regalibns Nec non statutis Municipalibus etiam Juramento confirmatiooe apostolica yel quayis firmitate alia roboràtis Geterisque contrariis qaibus-

I Le Cardinal Schinner.

eunqae. Datom Papie Aqim) locanlattoiiis dominice Millesimo Quingentesimo doodecimo Kalendis Jalii Pootificatas Sanctissimi in christo patris et domini nostri domini Julii divina proyidentia pape seconda Anno Noao. Jo Nccsilen. Gratis de mandato Rmi D. Legati

M. Saiwbri. m. Suronu.

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