‹ Histoire du canton de Thouarcé et des communes environnantesChapitre 10 sur 19 · TRE1Z1È3IE SIÈCLE · texte numérisé non relu

TRE1Z1È3IE SIÈCLE

venu qu'Olivier de Daon prendrait quatre de ses vassaux pour prouver ses droits, et de son côté le seigneur de Thouarcé choisit Geoirroy et Guillaume de Chanzé, chevaliers, et Pierre et Foulques de Cocé {de Cocat/o), clercs. Le serviteur du seigneur de Thouarcé devait recevoir les deniers dus pour le parnage des porcs, en donner un dixième au prieur do Thouarcé, le nombre qu*il voulait aux assistants , et la moitié de ce qui restait devait appar* tenir au seigneur do Gillebourg. Quand le seigneur de Thouarcé envoyait des personnes chercher du bois dans la forêt, le seigneur de (iillebourg avait le droit d*cxiger, pour une charrcléc, trois boisseaux de seigle et un denier ou un petit gùteau, et pour une charge d*homme, un denier seulement ou un gâteau. Enfin, toutes les contestations qui pouvaient survenir relativement à ces usages , devaient être jugées à Thouarcé *.

Le patronage de Téglisc d'Aubigné était contesté jusqu'au xiii* siècle entre le seigneur du lieu et Tévéque d'Angers, qui s'entendirent pour le conférer, le 23 août 1218, à Tabbaye de la lloë, à la charge par elle d'y établir deux de ses chanoines pour l'église, et deux autres pour le service de la chapellenie fondée par les seigneurs. L'évéque confirma de nouveau cette donation le 20 mai 1226.

Cependant Pierre Mauclcrc, duc de Bretagne, jaloux de l'autorité des rois de France, se mit à la tête de la ligue dont le but paraît avoir été de renverser la régence de Blanche de Castille, mère de saint Louis. Il attira dans son parti Henri III, roi d'Angleterre , qui arriva, au mois de mai 1230, en Bretagne avec une armée. Louis IX, âgé seulement de quinze ans, se mit en devoir de repousser l'ennemi. Henri Hl retourna dans son pays vers la un d'octobre, laissant en Bretagne Ranulphe, comte de Chestre,

> Archives du château de Brisftac. Titres des Marchait -RaTtri, t. XIV, f« 1 à 8.

qui pénétra en Anjou, prit et rasa le châleau de Gonnord ei hrûla la ville, puis fit le même traitement à Châteauneuf-sur-Sarthe *.

En 1243, une noble dame, épouse de Philippe de Nomonrs \ chevalier et chambellan de France, confirma la donation faite précédenmient par Guillaume Bevereau , au chapitre de Saint -Alaurice d* Angers, de Tétang, chaussée et moulin de Javesneau, situés près d*Étiau '.

Le chapitre de Martigné-Briand avait été fondé vers 1240 par André de Doué on de Martigné, seigneur du lieu, mais des difQcultés s*étant élevées entre le curé et les chanoines, une transaction eut lieu en 1269 et fut conflrmée au mois d'octobre de la même année par Nicolas Gellant, évêque d'Angers.

Le mardi après la fête Sdnt-Lucas 1272, Baudouin d*Uco, seigneur de Pocé et de Gillebourg, vendit à Barthélémy do rne, seigneur de Doué et de Rochefort, et à Aistayce de Doué, sa tenmie, tout ce qui pouvait lui appartenir en les bois Saumurais ^, pour la somme de trois cent-cinquante livres tournois, à la réserve des droits d*usago appartenant aux habitants des environs et à la charge de relever lesdits bois de la chàtellenie de Gillebourg, sans foi et sans hommage, à six deniers de service ^.

En 1283, Nicolas Gellant, évêque d* Angers, assigna certains lieux aux archidiacres, archiprêtres et doyens ruraux pour tenir leurs Juridictions. D*après cette ordonnance, Tarchidiacre d'outre-Loire devait tenir ses audiences à Angers, à Saumur et à firissac ; tandis que Chemillé et Thouarcé ftarent les deux sièges désignés au doyen de Chemillé.

« Hittoirt de Moithitu Paris, p. 367; et Hitioire de Bretagne, par Lobincan» 1 1, p. 230.

* Sans doute Élisabetli de la Haye-Passavant, sa seconde femme.

* ÀrchiTet de Maine-et-Loire. Titres de Joué, 1. 1, r« 2.

* Coaniu depuis sous le nom de forêt des Marchais, dans la commune de Faje.

* Titres de propriété, des Marchais-Rayart, t I, ^ 8.

Andeart de Cré, veuve de UeofTroy de MontsoredU, et Geoffroy, son (Ils, cédèrent en 1297 leur terre de Cré , en la paroisse de Saint-EUier , à Guérin d*Avort, auqnel ils devaient déjà une forte rente en blé *.

PERSONxNAGES DU TREIZIÈME SIÈCLE

AuDiGNÉ (Jean d'), chevalier, sire dudit lieu en 4201, père d'Olivier. — Olivier, chevalier, sire dudit heu en 1255, ftit père d*Aimcry. — Aimery , sire dudit lieu , maria son ûls Guillaume avec Aliénor de Coesme en 1273. — Guillaume, fut père de Savary. — llerment, chevaUer, mort en 1282 et enterré dans la chapelle de Villeneuve, commune de MartiKné-Briand.

CiiEMiLLÉ (Pierre de) , seigneur de Brissac en 1240-1248, épousa Aliénor, fille d'Eudon, vicomte de Porhouet. — Guy, seigneur do Brissac en 1251, cl fils de Pierre.

DoLK (André de), seigneur de Thouarcéen 1225, était fils aine d*Euslachc, dame de Doué et fondatrice, en 1220, de riiopital de cette ville.

GoNNOKh (Jean de), était au mois de mars 124G à Orléans lors du traité et règlement passé entre le roi Louis IX et les barons de T Anjou, au sujet des baux et gardes et des rachats dans celte province *.

Ile (Barthélémy de T), épousa Elisabeth, fille d*01ivier do Rochcforl, et il eut en dot cette baronnie et ses dépendances. 11 accompagna Phihppe-Auguste à la bataille de Bouvines en 1214, et eut pour enfants Bouchard et Eustache.

1 Archives du château de Drissac. Titreâ de Cré, f« 2. * Ardtivet d'Anjou, par I*. Marchtg.iy, 1853, p. 164.

SoMMAiRi. ^ Les Brelons viennent à Brissac cl démolisscnl le château de Blaifton. Concessions par le seigneur de Thouarcé des droits de garenne et de chasse. Vente de la Havardière. Peslc noire. Garde du château d*Auhigné. Aveu de Rochcforl ; vcnlc de cette terre. Les Bretons à Gonnord et ù Brissac. Cnardù du clocher de Joué. Vente de Gillebourg. Fortifications de Montengibcrt. Grande misère.

La parUe méridionale de TAnjou, depuis Moniraucon jusqu'à Fontevrault, dépendait autrefois du diocèse de Poitiers ; mais en 1317, le pape Jean XXII créa un nouveau diocèse dont le chef-lieu fut établi à Maillezais ^ Une partie du diocèse de Poitiers servit à former le nouvel évéché et la portion de rApjou entre Montfaucon et Yihiers y fut réunie, de sorte que les paroisses de Faveraye et de Montilliers se trouvèrent comprises dans la nouvelle circonscription ecclésiastique.

Vers Tan 1320, les Anglais prirent la ville de Viniers et plusieurs autres forteresses dans les environs ; les Bretons, pour les repousser, vinrent à Brissac, puis ils se rendirent a Blaison et ayant trouvé le ch&teau sans gardes, ils le démolirent, puis ils pillèrent Téglise *.

Le 9 août 1226, Bouchard de Tlsle, seigneur de Thouarcé et du Grand-Montrevaull, accorda à Philippon et Simon Malard frères, la permission d*agrandir leur garenne de Belligné suivant les limites indiquées dans Tacte dressé à cette occasion. Il leur donna en même temps les droits dus alors sur les mesures à vin, et ceux exigibles pour la vente et

* A^ioard*hai ebef4ieQ de canton, département de la Vendée. > Aniiqmitéê d'Af^'ou, par Hiret» p. 167; Histob^e d'Anjou, par B. Roger, p.»S.

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l*enlèvemenl des vins vendus par leurs sujets dans retendue de leur flef. C'est sans doute vers la même époque que Bouchard de nie abolit son droit de garenne et permit aux propriétaires et principaux habitants des paroisses de Thouarcé et Faye de prendre dans leurs domaines toutes espèces de gibier et de poisson, et d*y établir des gardes particuliers indépendamment du garcnnier ordinaire de la seigneurie. Le seigneur de Thouarcé se réserva néanmoins la garenne située près de son château et que Ton appelle encore au* jourd'hui le Parc, et maintint également les droits do garenne concédés par lui à Guy Amenard, seigneur de Ciianzé, et au seigneur de BcUigné. Ces droits furent concédés auxdits habitants à la charge de payer le jour de Saint-Michel (21) septembre), pour chaque quartier de vigne et de pré, deux sous et un denier, dans la paroisse de l'ayc, et trois sous et deux deniers dans celle de Thouarcé; pour chaque selrée ' d'autre terre, à Faye, deux sous et sept deniers; et à Thouarcé, trois sous et sept deniers. Les habitations avec une minée, c'est-à-dire six boisselées de terre alentour ne (levaient riea ^. Les liabitants de la paroisse de Rablay tenaient aussi du seigneur de Thouarcé, le droit de chasser le gibier à plume ou à poil sur leurs propriétés, à la charge de venir, tous les sept ans, plesser, c*est-&dirc refaire les palissades de sa garenne ; un certain nombre avaient aussi le droit de pùche en la rivière du Layon.

En 13ii, Jean Varenneau vendit à Jean de Bor, ou Dubour, la terre de la Ilavardièrc, qui était alors dans la paroisse de Saint-Jean-des-Mauvrets, tandis qu'elle est aujourd'hui dans la commune do Yauchrétien.

GeolFroy d'Ancenis, seigneur de Martigné-Briand, ratifia en 13^6 la fondation du chapitre de chanoines qui existait dans cette paroisse.

1 La sctrée comprenait ilouze boi:^selécs équivalant à soixante-dix* neuf ares.

« Atxhnet d'Anjou, par ^I. P. Marchegay, 18:i3, p. 279-2S0.

dS . HISTOIRE DU CANTON DE TIIOIJARCÉ.

A la fin de novembre 1348, une maladie cruelle désignée SOUS le nom de peste noire, commença ses ravages à Angers, et pendant onze mois elle occasionna une très grande mortalité dans tout TAnjou. Les années 1349, 1350 el 1351 furent tellement pluvieuses, que les récoltes manquèrent presque complètement, et il s*en suivit une grande famine. En 1351 le setier de blé (environ deux hectolitres), valait à Brissac dix-huit livres de la monnaie alors en usage, tandis que le prix moyen à cette époque n était que de dix à douze sous.

Louis 1*', duc d*AnJou, ayant octroyé à Jean d*Aubigné, seigneur dudit lieu, pour la garde de son forl, le pouvoir de contraindre les habitants des paroisses du Voide, de MontilUers, de la Fosse et de Tigné, a y faire lo guet, excepté les sujets de Smnt-Florent et do ses dopendances; comme le seigneur d'Aubigné n'observait pas ces conditions, le duc d*Anjou, par ses lettres du 7 août i359, lui défendit de forcer les sujets des prieurés de la Fosse et de Montilliers à monter la garde le jour ou la nuit à Aubigné *.

Le 13 février i359, Bouchard de Tlle, seigneur de Rochefort, rendit à Louis I*% duc d*Anjou, un aveu pour raison du ch&teau de Rochefort avec la Motle-Saint-Symphorien, et leurs dépendances ; son herbergemont ou habitation des Marchais -Ravart; les bois Saumurais, anciennement appelés la forêt du Latay, etc. Dans cet aveu lo seigneur de Rochefort déclaré qu*à cause de son lieu des Marcliais- Ravart, il lui appartient un droit d'herbage sur toutes les terres situées entre TAubance et le Layon, et entre le gué Barré et le ruisseau d*Allençon, comprenant ainsi les deux communes de Paye et Vauchrétien, une grande partie de celles d*Allençon, Saint-Melaine, Soulaines, Beaulieu et Hozé, et une petite portion de Mûrs, Saint-Jean-des-MauvretSi Quincé et Thouarcé. Ce droit d*herbage était d*un

1 Biitùirt di tabhayt de Saint-Florent, par Dom ilaynet, ^■ 256-257.

denier par chaque vache existant dans retendue des limites ci-dessus flxées et payable le mardi de la Pentecôte sous la galerie de Téglise de Paye. Le seigneur des Marchais avait aussi droit de chasse dans tout ce territoire; un droit de foumage de cinq deniers par chaque four anden et quinze deniers la première année après la construction d*un nouveau, etc. *.

Par acte passé le 28 juillet 1361, Bouchard de l^Ile donna en partage, à Guillaume de Saint-Denis, le tiers de la terre de llochefort, dans lequel tiers fut compris la seigneurie des Marchais-Ravart, le fief des Chasnières en Thouarcé, etc., à la charge de relever de llochefort à un denier seulement, sans foi ni hommage. En 13G5, cette même terre des Marchais fut délivrée par le gouverneur de Rochefort à Yvon de Karolay, à qui clic avait été léguée par Unes de Kerantrait, chevalier breton.

Il y avait à Gonnord une troupe do bretons qui vinrent piller dans la commune de Paye en 13G6. Quelques années après les Anglais occupaient une partie de TAnjou, et ils s*élaient fortifiés dans Tabbaye Saint-Maur d'où ils ravageaient les environs, lorsqu'on 13G9, Bertrand Duguesclin vint les y attaquer. 11 flnit par les chasser; mais le duc de Bretagne, allié dos Anglais, s'avança jusqu'à Brissac afin de leur prêter main forte. Duguesclin s'étant porté à la rencontre des Bretons, ils se retirèrent dans leur pays.

Cependant des bandes armées parcouraient continuellement la campagne ', et pour s'en défendre on fortifiait les châteaux et même jusqu'aux églises. Ainsi un acte du 30 décembre 1373 ^, nous apprend que les chanoines do

> Archives de Brissac. Titres des Marchais, t. 1, f" 34 à 47.Î < Le fréquent passage des Bretons dans ces contrées est encore proaré par la grande quantité de monnaies bretonnes trouvées à Thouarcé, notamment en 1852, dans Teuclos de la villa du Gué-du-Borge conttroitc par M. Larevellièrc-Lcpcaux.

' Arcnives de Maine-et-Loire. Titres de Joué, t. I, f^ 15.

Saiiit4ffaiirice d'Angers,, considérant que Téglise de Joué avait été fortifiée par la permission du roi pour servir de défense aux st^ets de leur terre de Joué, et qu*elle pouvait en même temps protéger les habitants de tout le pays, confièrent à Guillaume Pierres, chevalier, Tun de leurs vassaux, la garde du fort de Joué. Ils convinrent de lui donner soixante francs d*or par an à condition qu'il fournira, à ses dépens, de portier et d*échauguet pour ledit fort, sans pouvoir exiger des sujets qui manqueront à foire le guet ou à travailler aux douves du fort, et autres réparations, plus de deux sous tournois.

Le 19 septembre 1380, Ollivier d*Ucé, chevalier, seigneur â*ncé et de Pocé, vendit la terre de Uillebourg à Jeanne dUcé, dame de Montjean, pour seize cents francs d*or ; et vers Tan 1388, cette dame consentit à ce que les fortifications élevées à Montengibert *, par son vassal André Malart et Marie de Mathefelon, son épouse, fussent maintenues.

A la fin du xiv* siècle les Anglais continuèrent a ravager rAi\]ou, aussi la misère était si grande que la population avait diminué de moitié.

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