e -âîur
'•• ' '■ •- ".' • it: . ."."-t'ii'-^-r *. -.*=«; i iin.-rne et >
^ r^ ', .' '- ^ /•./* *',r''t ■>,* 'r: .',es répuilIcaliiesseUiicnt rtu^iftOf'^f ^ ;/ffK/l^ ,^ ;/ *r -ft «i r..';;2'r*é; elles se reodirenl /l'f^f» irt toihnnitff^ fUi Mo/^ !^ i2 jiiiiiei, et après s'èlre bat-
152 HISTOIRE DU CANTON DE TllOUARCÉ.
lues contre les YendéeDS, elles brûlèrent le bourg el Tëglise ainsi que les châteaux de la Cressonnière, de Ilaute-Dergo et de la Morinière.
Cependant Bonchamps avait rallié ses Bretons à Choie t et il se dirige vers les Ponts-de-Cé. D*Auticliamp se met aussi en marche et partage sa troupe en deux colonnes dont la première fait un mouvement tournant par Mozè, Vaucbrétien et Brissac. Conduite par Scépeaux , le 26 juillet, et renforcée des volontaires des cantons do Tbouarcé et deVibiern, elle surprend dans la commune de Quincé une division républicaine. Après une lutte acharnée, elle la disperse et lui prend quelques canons et douze cents prisonniers , puis le soir, va rejoindre d*Autichamp aux Ponts-de-Cé. Les communes de Denée et de Soulaines étaient aussi occupées par dix ou douze mille Yen déens.
Le 8 septembre 1793, le bourg de Thouarcé était déjà en partie abandonné , surtout par les hommes , lorsque , tout d*un coup, le bruit se répand que des soldats arrivent par le chemin d'Angers. Aussitôt un nommé Dittière prend sou fusil en disant : «Allons, je vais voir cela! » Il va se poster au coin d'une maison, vis-à-vis Tauberge des TroU-Itois, et^ au moment où le premier soldat parait près de la croix du Sacre, au pied du coteau de Beauregard, il lâche son coup sur lui et Tabat. Aussitôt le commandant républicain, Grignon , de Doué , parait à la tète des troupes en disant : « Soldats, nous voici dans le pays insurgé! le feu, le pillage, le carnage I » Et les hussards s*avancent dans le bourg, massacrent Timprudent Dittière et mettent le feu aux maisons et à Téglise, de sorte qu'il ne resta que quelques habitations intactes. La garde nationale des Alleuds accompagnait les républicains à leur arrivée à Thouarcé, et en se rendant ils emmenèrent Georges- Jacques-Camille de Maillé de riiA^hasserie avec sa femme et son fils, et ils essayèrent de mettre le feu dans le bois près
dix-ucitiLme siècle. 153
de son chùleau. Des soldats se répandirent dans les environs de Thouarcé et se livrèrent au pillage.
Un détachement d*environ quarante hussards et dragons se rendit à Màchelles. Une grande partie des habitants étaient montés sur la butte des moulins à vent d*où ils contemplaient Tincendie de Thouarcé. A Tapprocho des soldats, deux femmes du village se portent à leur rencontre jusque vers le carrefour de la Croix-de-l'Ormeau, où se trouve aujourd'hui le portail du cimetière, et, se jetant aux pieds du capitaine, elles implorent avec instance sa pitié pour le pauvre village. Le détachement s*avança, mais il ne se porta à aucun excès, car il avait ordre seulement d'examiner le pays qui devait être ménagé.
Le 11 septembre, La Uocliejaquolin avait opéré sa jonction avec d'Autichamp à Martigué. L*avant-garde de Rossignol, commandée par Salomon et venant de Doué, les ayant attaqués, un feu très vif s'établit entre les doux partis. Dès le début do la bataille , La Rochejaquelin se trouvait dans un chemin creux occupé à donner des ordres, lorsqu'une balle lui fracassa le pouce en trois endroits; cependant il continue à commander. Les Républicains sont battus et se replient sur Doué.
Le 12, le commandant Bourgeois, qui était aux Pontsde-Cé , va attaquer à Soulaines un détachement de Tannée de Bonchamps cjui y bivouaquait; il le tient en échec jusqu'à midi, mais à cette heure les Vendéens ayant reçu des renforts, le rejettent en arrière et le poursuivent jusqu'aux Ponts-de-Cé.
A cette époque , un comité révolutionnaire établi à Angers, délivrait aux patriotes qui en faisaient la demande des lettres de sauvegarde pour leurs propriétés. Ainsi, Jacques duynoiscau en avait obtenu pour ses propriétés de la lleboute, Challcteau, la Martinerie et autres maisons situées dans la commune de Faye, et pour la métairie do .Malvoisine, dans celle de Faveraye.
Le 15, Saalerre voulant envelopper les Vendéens, divise son armée en deux colonnes, parlanl de Yihiers et de Gonnord pour aller à Coron; et quelques délacliements de ses troupes promènent Tincendie dans les communes de Montilliers, de Gonnord et de Joué dont ils brûlent réglise et les maisons qui Tavoisinent. .
Le 17 septembre , le général Duhoux marcha des Pontsde-Cé sur Beaulieu avec sa division, composée de plusieurs bataillons de troupes réglées, de gardes nationaux d'Angers et des petites villes voisines et d'une partie de la levée en masse, et dans la journée il couronnait les hauteurs du Pont-Barré. Du cdté des Vendéens, le chevalier Duhoux était à Saint-Lambert avec six mille hommes pour s'opposer à Tarmée de sou oncle.
Les Républicains s'avancent jusque sur les bords du Layon et se disposent à franchir cette rivière. Ils étaient au nombre de vingt mille hommes ; les bataillons de Jcmmnpes et quelques autres de ligne, au chifTre d'environ six mille, faisaient leur principale force; la levée eu masse complétait le reste. Us avaient une batterie de huit pièces de canon, servie par des artilleurs exercés et vingt-cinq autres pièces de tout calibre servies par des canonniers volontaires, quarante caissons pleins do munitions, trois forges, vingt grands chariots chargés de vivres et des ambulances. Leur exaltation à tous était extrême, et la victoire leur paraissait assurée. Trois ponts les séparaient des royalistes : le Pont-Barré en face d'eux, le pont des Planches au-dessous de Beaulieu , et le pont de Bezigon à quinze cents mètres en aval du premier. Ces trois ponts étaient coupés et n'étaient abordables que par des rampes sinueuses et rapides qui conduisaient à des ravins défendue, sur la rive vendéenne , par de forts détachements de paysans. Derrière ces détachements , entre Saint-Lambert et le Pont-Barré, se trouvait, sur des hauteurs qui font face aux coteaux occupés par les Républicains, l'armée
DlX-Hrmfc.MK SIÈCLE. 155
vendéenne commandée , comme il a élé dit , par le chevalier Diihoux, jeune homme de vingt ans, neveu du général républicain, par le chirurgien Çady et le chevalier Du Verdier de la Sorinicre.
Les défenseurs du Pont-Barré aimèrent mieux se faire tuer que d'abandonner leur poste. Le dernier fut Jean Cesbron, de Saint-Lambert, qui, avant de quitter sa maison, avait dit : « Les Bleus me passeront sur le corps avant qu'Us puissent traverser iepontn. 11 tint parole, et fut tué sur place.
Les habitants de Chanzeaux défendirent le pont des Planches pendant plusieurs heures; le maron Reullier s'y fit tuer, les métayers Pauvert et Alercerolle y furent blessés ; Chaillou y montra un grand coirrage. Jean Martin, lîesnard cl vingt-cinq autres habitants de Saint-Lamberl défendirent le pont de Bczigou et réussirent à s'y maintenir fort longtemps ; mais le pont des Planches ay<int été forcé comme celui de Barré, et lavant-garde l'épubHcaine ayant poussé une pointe jusqu'au bourg de Saint-Lamberl. en refoulant les Royalistes, Jean Martin et Besnard, après avoir vu succomber tous leurs camarades, craignant d'étro pris entre deux feux, se retirèrent par la route de la Jumcllière après avoir abandonné le pont de Uezigon qu'ils venaient de défendre avec tant de vaillance, et de dévouement.
Le lendemain 18, les Républicains rétabUrent les trois ponts pour livrer passage à leurs troupes; malgré la résistance du chevalier Duhoux, ils prirent position dans les vignes, près de Saint-Lambert, et après quelques charges d'artillerie et de mousquclerie, ils forcèrent ce dernier, trop inférieur en nombre, à regagner Chemillé.
La première colonne républicaine, en entrant dans Saint-Lambert, trouva chez lui le patriote Laujardière que les Royalistes avaient entraîné avec eux au Pont-Bafré. Il était couvert de poudre et de poussière, et son fusil annoo-
çait qii*il avait pris pari au combat ; on le traila de brigand ; il eut beau protester de son innocence et affirmer ses sen- Uments républicains, les soldais le fusillèrent. Les autres habitants prirent la fuite, emportant ce qu1ls avaient de plus précieux et poussant devant eux leurs bestiaux qu*ils voulaient soustraire à la rapacité des envahisseurs.
Après avoir saccagé Saint-Lambert, les Républicains se dirigeront sur la Jumellière incendiant toutes les fermes qu*ils trouvaient sur leur passage et égorgeant les habitants. Un détachement de paysans, le désespoir dans le cœur, surprit à Sainte-Foy une cinquantaine de soldats et les passa au fil de la baïonnette dans Téglise do ce village où ils s*étaient réfugiés.
Cependant Piron,- après sa victoire remportée sur Santerre à Coron, s'empresse de diriger sur Chemillé de la cavalerie et plusieurs milliers de fantassins au secours du chevalier Duhoux. Ce jeune chef, se voyant à la tête de huit à neuf mille hommes, reprend aussitôt rofTensive. II divise sa troupe en deux colonnes, et le jeudi 10, au malin, il dirige la première sur la Jumellière pour en chasser les Républicains, avec ordre de venir le rejoindre à Sainl- Lambert, où lui-même conduit sa seconde colonne.
La première ne rencontre partout sur son passage que des maisons en cendre, des meubles brûlés, des vùtements lacérés, des lambeaux d*animaux délaissés. A SaintcFoy, elle surprend deux Bleus retardataires et les fusille. Conduite par Slofflel, elle va ensuite se placer derrière le château des Petites-Tailles, en attendant Tarrivée de Duhoux. Les deux colonnes vendéennes comptaient trouver les Bleus à Saint-Lambert, mais le bourg étail désert. Les Républicains, à leur reloiu: de la Jumellière, s*y étaient d'abord retranchés, mais ayaiit appris la défaite de Santerre à Coron et ne voyant point leur général parmi eux, ils se crurent trahis; saisis d'une terreur panique, ils coururent, en jetant des cris de sauve-qui-peut , se réfugier sur les
DIX-IiriTifeME SliiCLE. 157
coteaux du Pûni-Rarré. Le passage de ce pont était difQcile ; son lablicr en plancbes, peu solide et sans parapets, qu*on avait provisoirement réparé, ne pouvait ofTrir une voie assez large à tous les fuyards ; ils se bousculent, et plusieurs tombent dans le Layon et s*y noient. Comme au delà du pont, la route était encombrée de charrettes, il fallait monter le coteau à travers les vignes; les canonuiers étaient obligés de traîner eux-mêmes leurs pièces, afin de les mettre en batterie près des moulins à vent
Toutefois, les Ilépubllcaius réussirent à se retrancher solidement derrière le Pout-Barré. Leurs bataillons étaient échelonnés sur la rive droite de la rivière, et pour les en déloger il fallait de l'audace ; les Vendéens n'hésitent pas à tenter cet effort. Onze heures sonnaient, ils traversent le bourg de Saint-Lambert et vont se placer sur les hauteurs de la rive gauche du Layon. Entre les deux armées s'engagent aussitôt une canonnade et une mousqueterie très violentes.
Ennuyés d'une lutte inutile, plusieurs pelotons de Vendéens dosoendent dans la vallée pour tenter le passage do la rivière. Joseph Dernier, meunier aux Moulins-Nenfs, s'écrie : Quon me suive! Quelques cavaliers et trois cents hommes marclicut sur ses pas. Jean Martin, Uené Audiau, Alexis (îaulicr, de Saint-Lambert, sont du nombre, ils se dirigent vers le pont de Hezigon que les Bleus n'ont pas gardé. Joseph Hernier se jette dans le Layon avec son cheval et le passe à la nage ; les autres cavahers le suivent; ensemble, ils remettent sur les piliers du pont les madriers que les Bleus avaient enlevés, et les trois cents fantassins passent rapidement. Ensuite Joseph Bcrnier jette les madriers dans la rivière et s écrie : Camarades, nous ne retour' ueroits maintenant d Saint-Lambert que par le Pont-Barri.
Pauvert, de Chanzeaux, en faisait autant au pont des Planches , qui avait aussi été abandonné. Avec cent hommes il passe sur la rive droite de la rivière, se préci-
158 IIISTOIRK DU CANTON DE THOUARCÉ.
pite avec furie sur le flanc gauche des Républicains qu*il décime et qu'il refoule. Maurice Ragueneau, de Chanzoaux, malgré une blessure qu*il reçoit au fort de la mêlée, tue quinze hommes de sa propre main. En même temps, Joseph Bernier et ses camarades semaient la mort a Tailo droite des Patriotes. Ceux-ci, se croyant assaillis par des troupes considérables, remontent le coteau aQn de n être point pris entre deux feux. Le bataillon de Jemmapes, qui garde le Pont-Barré, ne veut pas quitter son poste ; les gardes nationaux d'Angers restent aussi pour le soutenir. Le chevalier Duhoux proflte de la confusion qu'il voit chez Tennemi; il rapproche ses lignes de la vallée et redouble son feu. Cady et la Soriniëre se mettent à la tetc d'hommes d'élite, courent au pont sur lequel ils se couchent a plat ventre, s'avancent en rampant, malgré la mitraille qui pleut sur eux, et quand ils ne sont plus qu'à quelques pas des artilleurs ennemis, ils fondent sur eux avec fureur, et les immolent sur leurs pièces. Les canons pris, ils les retournent contre le bataillon de Jemmapes et les Angevins, et les écrasent de mitraille a leur tour, pendant que Bernier, Pauvert et leurs amis se ruent sur eux par derrière et en font un horrible carnage. Sept cents restèrent sur le terrain. Au plus fort du combat, René Andiau essuie le feu, à bout portant, d'un bourgeois patriote, puis il s'élance pour se venger et lui enfonce sa baïonnette en pleine poitrine.
Malgré ces pertes, les bataillons républicains, rolranchés sur le sommet du coteau, tiennent toujours ; mais Renée Bordereau dite V Angevin et cinq cents hommes qui ont passé le Layon au village de Chaume, tombante l'improviste sur leur flanc droit, y jettent le trouble. L'armée vendéenne traverse rapidement les ponts Barré et des Planches, aborde les positions de l'ennemi et les enlève en un instant. Parmi les assaillants, on voit des enfants de douze ans et des vieillards presque octogénaires. Des femmes vendéennes
Dix-iirrriÈME siècle. 159
en grand nombre se tiennent en prières, snr les derrières de leur armée, et conjurent lo ciel de favoriser les efforts do leurs époux, de leurs fils et de leurs frères. Le chant des cantiques se mélo aux cris des combattants. Sur tous les points du champ do bataille, la terre est couverte de cadavres. Cinq cents pères de famille d'Angers perdent la vie, un plus grand nombre déjeunes gens sont immolés; le sang coule, par ruisseaux, des hauteurs jusqu*aa Layon.
Les Dleus fuyaient de toutes parts, ils jetaient leurs armes, quittaient leurs habits pour se dérober avec plus do célérité. Le général ûuhoux avait tourné bride des premiers et avait pris la direction do Urissac. Les dragons, en fuyant, écrasaient tout; les fantassins couraient hors d*haleinc et tombaient dans les fossés morts de fatigue.
Des fuyards avaient pris la route do llochcfort; Jacques Ycndangeon, le sabrcur, courut sur eux et en atteignit un bon nombre de ses coups. Uu grand nombre de gardes nationaux se réfugient dans la forêt de Beaulieu, y demeurent plusieurs jours et réussissent ainsi à échapper à la mort.
La perte des Vendéens dans celte journée fut légère; celle des Républicains, au contraire, fut considérable. Les historiens, le conseil supérieur, comme la tradition orale, on ont élevé le chiffre à quatre ou cinq mille. Mais des recherches plus exactes ne rélèvent pas à plus do deux raille, donl trûi?.u à quatorze cents furent enterrés sur la lisuai^i *ic la i'utrL de Ueaulieu, à droite du chemin doBIozé, dans un Ucii nommé les fosses-Cad f/ ou Cadeau où se trouvaieul des excavations produites par reulèvement de Targîlo propre ù. iaïro tics tuiles.
prisonniers, tous les canons, les caissons, les biigages ot Ironie charretées de pain restèrent au pouvoir jos paysans. L'année vendéenne ne passa dans le bourg de Suiiit^Laniberl ijuo la nuit du il) au ûQ septembre, et les
' IGO HISTOIRE hV CANTON DE TIIOUARCÊ.
habitanU, qui en grand nombre avaient dès la veille pris la fuite, rentrèrent chez eux.
Le 19 octobre suivant, Tarmée vendéenne passa la Loire à Saint-Florent-le-Vieil , mais plusieurs femmes de Saint- Lambert et d*autres sans doute des environs, qui Tavaient suivie jusque-là, ne prévoyant que des malheurs et des insultes pour elles, rebroussèrent chemin et gagnèrent leurs maisons. Sur trois cents de Saint-Lambert qui prirent part à Vexpédition d'oulre-Loire, il en revint à peine quarante *; sur soixante-trois de Montilliers, il n*en est revenu que .cinq ; sur cinq cents de Chanzeaux, il n*en reparut que trente-cinq; et sur quatre-vingt-dix du Voide, il n'en est -, revenu que trois. Voilà ce qu'avaient gagné ces malheureux Vendéens à vouloir arrêter la Révolution.
Le i" janvier i79i, un combat eut lieu à Rablay entre les gardes nationaux et les Vendéens^.
Les 13 et li janvier, les corps adminislralirs d'Angers envoyèrent douze cents charrettes dans le pays pour en • onlever le blé, le vin, le linge et les ustensiles de toute ^Pèce qu'ils pensaient trouver dans les fermes.
Quelques jours après Turreau ordonne à douze colonnes
2^ il avait disposées depuis Saint-Florent à Angers jusqu'à
^Ujenay de pénétrer dans la Vendée; de découvrir les
/ipJ^^Jl^^ P^r ^<>us les moyens possibles et de les passer au
' j^ l 'épée. Ils doivent brûler les bourgs, les villages, les
>^/^iCi.l.aries, les bois, les genêts et les bruyères. Quarante à
s^^ ^^» anle pionniers, fournis par les communes parcourues,
c^^^c^éderont chaque colonne et feront des abatis pour pro-
^^jg^^rc l'incendie, mais ils auront soin, avant de l'allumer,
j^eiHever préalablement tous les grains et les fourrages.
^rlssac, d'après les ordres de Turreau , devait être préibervé parce que c*était une ville révolutionnaire et propre
^ Chroniques maouscritet de M. Tobbé Couiu.
^ Hittoire </e la Vtndit, par .M. l'abbé Deuiau, t. HI» p. 4C3.
-£ il.-
iS -UrS ÎTS-
•; , . a: ^ r-- -L ci î^ . -li >„:..t i*u; -idT-i»- .n. £:
;.. .--^ • ^-.-«. .z .r\ *^::..TL'r* sîir c - r* l'ia orrf is«
<■»»:'»*'; »•'►.'- !.'►-.. TLi rv l^^^-i 1 â. '~*.'î.II. J-Li llli*i:il5s. s'en*
162 UISTOIBE DU CANTON DE THOUARCÉ.
avec sa tranche à brasser le mortier. Le maire, M. Lam^ bert, montra, dans la circonstance, le dévouement le plus digne d*éloges. Aux premières détonations de la fusillade» il accourut sur le lieu du massacre et arracha à la mort plusieurs des condamnés.
De Gonnord, les soldats de Cordelier allèrent à Joué où ils arrêtèrent un grand nombre de vieillards, de femmes et d*enfants et les égorgèrent en dehors du bourg, sur le chemin de Chemillé. Ils respectèrent toutefois la propriété de la veuve de Beaurepaire qui s^était immortalisé à Verdun au service de la République.
De Joué, Cordelier se rendit à Chemillé, pendant que Crouzat, marchant sur ses traces, occupa à son tour Beaulieu, Saint-Lambert et la Jumellière et acheva de détruire ce que les soldats de Cordelier avaient laissé debout dans ces localités.
Le 25, une colonne républicaine, sous les ordres du général Grignon, se rend à Chanzeaux, précédé de Rozet, Tadjoint de cette commune, et de Meunier, do Rablay. Durand, le maire, reçut à rentrée du bourg le général et lui apprit en tremblant qu'il était presque désert. Un vieillard et quatorze femmes sont amenés devant le général qui les condamne à être fusillés. D'autres soldats se répandent dans le bourg, mettent le feu à Téglise, au château et aux maisons, et à peine en resta-t-il une vmgtaine qui échappèrent à Tincendie.
Dans ces mêmes jours une section de la colonne du général Bonnaire, partie de Doué, se rendit à Ccrnusson et massacra, au coin d'un bois, quarante personnes qui étaient venues de Martigné et de Tigné se réfugier en ce lieu. De Cernusson, les Républicains gagnent Montilliers, surprennent dans plusieurs métairies trente femmes et enfants et les passent par les armes.
Une partie de la colonne du général Turreau, venant de Vihiers, le Jette dans la commune du Voide, gagne la mé-
DlX-HUlTlÈME SIÈCLE. 163
tairio el le moulin du Coural, lorsqu*un pelolon composé d'habitants du Yoido et de Gonnord, sous la conduite du capitaine Aubée, la surprend et la met en complète déroute. Ce faible détachement, qui ignorait la marche des colonnes incendiaires, arrivait d*une expédition tentée par Binel, commandant de Gonnord, contre les patriotes de Thouarcé. D'autres troupes venant de Monlillicrs brûlent dans celle commune les villages du Grand-Senil et du Pelil-Senil et de la Taunière, et dans celle du Voide, le bourg et Téglise et le village du Vieux-Pré, puis elles arrivent au secours des fuyards, repoussent la bande du capitaine el la forcent à se disperser. Elles s'avancent jusqu'aux moulins du Coiiral où des paysans, en embuscade, font une décharge sur leur ayant-garde. Les Bleus se précipitent contre ces imprudents qui disparaissent. Mais, près de la, sur le bord du ruisseau des femmes étaient cachées dans un champ de genêts, les Républicains les aperçoivent, les fusillent à bout portant, transpercent les enfants avec leurs baïonnettes et font ainsi trente-six victimes.
Le 2 ventôse an H {20 février I79i) les représentants do peuple llentz, (jarrcau cl Francastel étant à Nantes, prennent, à la sollicitation du général Turreau, un arrêté portant que tous les réfugiés des pays révoltés des départements de rOucsl, qui se sont retirés dans toutes les communes situées à six lieues au delà des rives de la Loire, depuis Nanlcs jusqu'à Tours, devront s'éloigner dans rinlérieur à vingt lieues au moins du théâtre delà guerre. Pour assurer l'exécution dudil arrêté, un incendie général des propriétés avait été prescrit, et tous les soirs, dès que le soleil était couché, on pouvait voir de sur les coteaux de Thouarcé une ligne presque continue de flammes qui semblaient terminer l'horizon. Mais dans cette mesure n'avait point été comprise la partie du département de Maine-et-Loire située entre le Layon el la Loire, lorsque
Ton envoya daas cette contrée copie d*un arrêté qui oi donnait qu*elle fût également évacuée. Aussitôt les princi paux habitants du pays se concertent pour se réunir firissac vers le 1*' mars au nombre de plus de douze cents Il fut décidé qu*on enverrait à Nantes, auprès des repré sentants du peuple, des commissaires chargés do le supplier, au nom d*une population Adèle et qui, jusqu*€ lors, avait su défendre ses foyers, de révoquer Tarrêl qu'ils avaient pris contre elle. Le choix tomba sur Adam de Brissac, et François-Yves Besnard, des AUeuds, qui s rendirent à Nantes et obtinrent ce qu'ils demandaient ^
Le dimanche gras, â mars, une centaine de Vendéens partis de Chanzeaux au milieu de la nuit, envahissent 1 bourg de Rablay où s'étaient réfugiés llozct et Durand patriotes de Chanzeaux. Ils prennent dix-sept personne qui étaient cachées dans Téglise et aux environs et von les fusiller près de la Contréche. Dans ce nombre élaien la plupart des membres de la municipalité et Françoi Meunier, qui avait conduit, le :25 janvier, la colonne dugé néral Grignon.
Le 5 avril 1794 (16 germinal an H), le général répubii cain Boucret saccageait et tuait tout ce qu il rencontrai sur son passage dans les communes du Yoide, de Gon nord, de Joué, de Monlilliers et de Tigné. Quinze femme et enfants furent égorgés dans les bois de la Frapinièrc parce que leurs maris ou leurs pères étaient dans les ar mées vendéennes. Un détachement de soldats qui campai aux Moulins près du bourg de Montilliers va vers les Senil et trouve dans le bois des Marchais vingt-deux femmes e enfants qu*il ramène vers le camp, mais arrivé au Moulin à-la-Reine il en fusille vingt, et deux enfants sont sauvéi Tun par Gaudicheau, du Puy-Notre-Dame, et Tautre pa Merlet, de Martigné.
> Mémoires de François-Yves Besnard, t. U, p. 69-73.
D1X-HU1T1ÈM6 SIÈCLE. 165
Le 6, le général Grignon partît de Doué et passa par Tigné, Vihiers, le Voide, Gonnord, Joué et vint camper à Éliau. A Joué, le maire Proust et son conseil ont dressé deux listes de proscription ; sur la première sont inscrites quarante-huit personnes réputées ultra-royalistes et sur la seconde deux cents autres qui passaient pour plus modérées. Les quarante-huit de la première liste sont arrêtées et conduites dans le champ des Dredienoes, près le village de la Rebrelière, où elles sont exécutées.
A Étiau, les soldats de (îrignon pénètrent dans Téglise qu'ils trouvent remplie do vieillards, de femmes et d'enfants et ils les massacrent. Des cavaliers vendéens, de passage à Gonnord, avertis de ce qui se passait à ËUau, tombent à l'improvisto sur les Bleus et sauvent ainsi plusieurs personnes. Vna autre colonne de soldats parcourt les communes de Saint-Lambert et promène le meurtre et Tinccndie dans les villages des Grandes-Tailles et des Petites-Tailles, brûle les moulins de Paimparé, do Chauveau et do Brolonncau, cl les hameaux ou fermes du llaut-Chauvcau, la Chauvièrc, la Peincrie, le Moulin-Cassé, la Grollière, le Coin-d'Uirùmo, la Midonnière, la Verollièro et la Bodièrc dont la plupart des habitants avaient pris la fuite. En même temps, la garde nationale de Rocbefort incendiait la maison et le moulin de Bezigon.
Cependant StoHlet et Marigny, qui sV laient réunis, avaient suivi Grignon jusqu a .loué pour lui donner la chasse et tacher de saisir le maire I^roust et ses conseillers. Mais ils n'arrivent dans le bourg qu'après le départ de Grignon pour Saint-Lambert. Ils scmparent de sept conseillers parmi lesquels sont : (loubault, Martin et Métayer; Proust et trois de ses collègues réussissent à s'échapper. J«es sept prisonniers sont aussitôt conduits au carrefour do Pitié et passés par les armes.
Le 8, à la Caillaudièrc, près do Chemillé, les Vendéens battent les Bleus dont quelques-uns s'enfuient vers Saint-
166 HISTOIRE DU CANTD!! DE TIIOUARCÉ.
Lambert où ils ne font pas do mal aux habllants. mais ils incendient l'église et quelques maisons. Le 9, dco ouidats revenant de Rablay massacrent les habitants de la Cbauvellière et tuent quatre femmes à la Bodière.
Le 14, le général Dusirat revenant de Doué se dirige sur Gonnord et de là vers le château de la Frapinièro où il échange quelques coups de fusil avec un petit rassemblement de Royalistes. Le 17, Mathurin et François Maillet, Pierre Bertrand et Jean Bazahtay, avec plusieurs femmes, réfugiés depuis quelque temps au village de Bcllcvue, commune de Faye, étant allés au village de Druillé pour chercher des efTets qu*ils y avaient laissés, furent assaillis par une bande de Vendéens. Les quatre hommes ci-dessus nommés furent tués, mais les femmes et déjeunes garçons furent relâchés.
Le 1*' mai (12 floréal an II), Dusirat, apWis avoir repoussé Charette et Stofflet à Botz, était revenu par la Jumellière, Chanzeaux, Gonnord et Tremont pour gagner Doué afln de s*y ravitailler, parce que les vivres manquaient dans la contrée où il avait passé. Le 12, des soldats bivouaquaient au bourg de Faye et sur les coteaux environnants. Le 18, le général Turreau est révoqué et Vimeux, qui le remplace, bloque le pays dans une enceinte de douze camps retranchés dont trois sur la ligne du Layon, à Concourson, à Thouarcé et à Beaulieu.
n ne se passait pas de semaines que les communes des environs de Vihiers ne fussent en butte aux attaques et aux ravages des détachements républicains. Les habitants d*Aubigné qui se joignaient à eux se distinguaient surtout par leur exaltation. Depuis longtemps déjà une haine profonde 8*était déclarée entre les uns et les autres. Le 30 mai (11 prairial an II) quatre cents hommes de Montilliers, du Yoide, de la Salle-de- Vihiers et de Saint- Ililaire-du-Bois 8*assemblent en plein midi dans le bourg de Cernusson et 86 rendent à Aubigné où ils arrivent en courant; c'était
1> '^ro OÙ les vignerons rentraient dans leurs maisons po*J.> diner. Jean Grangereaù tue le forgeron Bault et le vigneron Gilbert; les autres Vendéens tuent en outre seize hommes et une femme * ; ils cherchaient surtout le prieur Clément-Ballhazar Méuard, prêtre constitutionnel et leur ennemi juré, mais il parvint à s'échapper en passant le Layon sur une échelle. Une partie des habitants d*Aubigné avaient pu s'enfuir, un certain nombre s'étaient barricadés dans le donjon du vieux chAtcau, et de ce poste ils cherchaient à éloigner les envahisseurs à coups de fusil. Cependant les iloyalistcs, se voyant maîtres du bourg, s'emparent de toutes les subsistances qu'ils trouvent dans les maisons, les chargent sur des charrettes avec huit barriques do vin, et emmènent à leur suite trois cents vaches, moutons et autres pièces de bétail. Ils vont cacher tout ce butin dans les bois de la Frapinièro, commune do Cossé.
Le 18 juin (30 prairial an H), une patrouille d'environ cent cinquante Vendéens, passant à la Godeau, saisirent René Mauriceau qui venait de Thouarcé où il s'élait réfugié, remmenèrent à la Frapinièro et le fusillèrent ainsi que .Jacques Lebreton, d'Étiau, et ils furent enterrés dans le bois. Le 23, Caffin parlait du camp de Concourson, se dirigeait sur le bourg de Montilliers et les villages du Grand- Senil et du Pelit-Senil, se réunissait à Gravât dans le bourg de Gonnord et tous les deux ils furetaient à travers les bois de la Frapinièro.
Le vendredi 27 juin (0 messidor an II), une troupe de Vendéens vient à Thouarcé et brûle quelques maisons qui avaient échappé à l'incendie du 8 septembre 1793. D'autres se rendent à Faye et mettent le feu à sept ou huit maisons. Le 21 juillet (3 thermidor an II), François Marseau est massacré par les brigands près le pont de Màchelle. Le 30 juillet,
1 Registre? de tVtat civil À U mairie d'Aubigné; déclaraUont fûtes le IS veutôse au IX ^9 mars 1801).
168 IliSTOlRC DU CANTON DE TIIOUARCÉ.
un détacbemenl républicain, sorli du camp de Beaulieu, va détruire le clocher de Beaulieu parce que les cloches servaient aux rassemblements des brigands. Dans les mêmes jours, une patrouille républicaine envahit le bourg de Montilliers, y égorge plusieurs blessés royalistes et descend ensuite sur les bords du Lys où elle trouve Moron, du Grand-Senil, le flls Devy, de la Ropelellière et trois jeunes garçons occupés à la pèche ; elle les massacre lous les cinq et regagne Tremont. Quinze jours après une autre patrouille se disjjosait à revenir encore sur les même lieux. Cette nouvelle arrive aux oreilles de Roltier, habitant de Tigné qui faisait nuitamment le commerce de la pctile mercerie, il se hâte d*en avertir ses amis et trcnle hommes du Yoide et de Montilliers, qui veulent faire payer aux Républicains le sang quHls ont versé, et vont se blollir dans les jardins du prieuré, situés ù Texlrémité oriculalc de ce bourg, sur la route de Cernusson. Jean Grangereau, Gelineau, de Blontilliers et Silard, de la Salle, sont de ce nombre. Ils barricadent Textrémité de la rue que les Républicains doivent parcourir et établissent, à rentrée, une forte chaîne faite de branches entrelacées qu'ils laissent traîner à terre, mais que Tun d'eux est chargé de relever sitôt après le passage de la patrouille ennemie pour lui couper la retraite. Les Républicains, au nombre de quinze cavaliers, guidés par Chouteau, de Tremont, arrivent au galop, donnent dans le piège et voient bientôt se dresser contre eux une trentaine d*armes à feu. Hommes et chevaux, tous tombent frappés à mort, a rcxceplion de Chouteau, qui réussit à s'échapper, et d*un jeune hussard qui se trouve engagé sous son cheval.
Quatre mille Républicains étaient établis près du village de Blillé lorsque, le 5 août, Stofflet alla les attaquer. Le combat se prolonge et les Vendéens allaient triompher lorsque la cavalerie républicaine fait une sortie et change la Dace de raflaire. Jean-Aimé Soyer est atteint d'une balle
DIX-IICITIÈME SIÈCLE. 169
dans la poitrine, cl c'est avec la plus grande didiculté que Slofflet s*ouyrc un passage & travers les Républicains et parvient à s'échapper. Trois jours après, le 8 août, le chirurgien Cady, avec sa division, tentait une surprise noctnrnc au bourg de Fayc, où deux bataillons républicains étaient retranchés. L'adjudant général Savary tient téta aux Vendéens pendant trois heures, mais enfin il est obligé de céder, car ses soldats prennent la fuite.
Le 18 août (I" fructidor an II), les Vendéens ou brigands vinrent dans les communes de Faye et de Thouarcé et tuèrent beaucoup d'habitants. (Juclques-uns allèrent mémo jusqu'à Perray et massacrèrent Joseph Levoycr. Le 20 septembre, une nouvelle troupe de Vendéens se rendit à Paye et enleva les bestiaux du fermier de la Roche avant de se battre avec les soldats qui étaient campés près du bourg. Le 23 des brigands tuèrent aussi, dans les Prénaux, Michel Nourisscau et André Gênais, de la commune de Faveraye. Le 1" octobre, ils tuèrent aussi Jean Meslier, de Faveraye. Le 30, les habitants de Rrissac se battirent contre les Vendéens qui étaient venus dans les environs de cette ville et les mirent en déroute; cependant deux patriotes furent tués et plusieurs blessés.
Le lundi 10 novembre (20 brumaire an III), des troupes, parties du camp d'Érigné, passent par Saint-Melaino et Soulaincs afln de s'assurer s'il n*y avait pas des brigands. Déjà la veille, la forêt de Urissac avait été également fouillée par huit cents hommes commandés par le général Dauteville.
Le 27, le représentant du peuple llerard, venant de Rochefort, se rend au camp de Beaulieu en passant par celui du Breil. Avant d'arriver, il rencontre le général Boumet qui allait à la découverte avec la cavalerie vers Saint-Aubinde-Luigné où se trouvaient les brigands.
Le jeudi \ décembre (1 i frimaire an III), les habitants de Brissac, Vauchrélien, Juigné et Saint-Jean des-Mauvrets se
sont postés dans la forét do Brissac et y ont tué quinze brigands, parmi lesquels on a reconnu un chef nommé Rideau, de Soulaines.
La plus grande partie des églises avaient été ruinées par rincendie, et d'ailleurs il n'y avait point de prêtres dans le pays; cependant les catholiques de Saint-Lambert et des environs voulurent célébrer la messe do minuit le 2i décembre 1794, dans l'église de Saintc-Foy, éloignée du passage ordinaire des troupes. M. Cady se chargea de veiller à la sécurité des fldèles et tout se passa sans avoir été inquiété par les troupes républicaines.
Au mois de mars 1793, des cantonnement étaient établis sur le coteau, au nord du Layon. Du i3 au 19, le quartier général des troupes républicaines se trouvait au village de Bonnezeaux, sous la conduite de l'adjudant général Gucrin. Cinquante hommes étaient aussi stationnés au pont d*Aubigné.
Le 30 (10 germinal an III), le général CafAn se dirige avec ses troupes vers Saint-Lambert. Une colonne passe au pont de Rablay, une autre au pont Barré et une troisième à Saint-Aubin, sous la conduite du commandant Bardon. Cette dernière est attaquée, au passage du Layon, par quatre cents Vendéens que commandaient les frères Cady. Le chef d'escadron est tué par Jean Martin, de Saint- Lambert. Cependant, les troupes républicaines vont camper au village des Petites-Tailles. Mais Toussaint Renou, de Beaulieu, a juré d'aller les y trouver; il arrive à la porte de la maison où se trouve le commandant Bardon, pénètre Jusqu'à sa chambre en forçant la consigne et le tue d'un coup de pistolet. Poursuivi par la garde, il est lui-même atteint d'un coup de feu et meurt quelques jours après.
Lo 1*' avril, Etienne Amant, cultivateur à Martigné, et François Jeanneteau, passant à Montilliers pour aller à Vihiers, furent attaqués par les brigands embusqués
^^ ^ *^T rz . ^
jûc-^-jra. ^
: ^ .a ri^-Li-tt^^ *
172 ntSTOuiE nu canton de thouarcé.
invincible dans ce refuge fait feu sur les premiers Républicains qui se présentent à portée de son fusil. Cafûn le somme de se rendre et lui promet la vie sauve; mais les Vendéens refusent. Plusieurs grenadiers, pour les surprendre et les arrêter, cherchent à pénétrer par Tescalier jusque dans le clocher; Michel Ragucneau, cousin de Maurice, prévient ce dernier du danger qui le menace, celui-ci accourt et d*un coup de hache abat le premier Bleu qui franchit la marche supérieure, de sorte que les autres rétrogradent. Maurice Ragueneau avait fermé, avec des madriers, Touverture de la voûte et dressé, cinq mètres plus haut» un échafaudage aHn de tirer facilement par les fenêtres longues et étroites du clocher, comme par des meurtrières. Ragueneau se met au poste le plus périlleux et, avec ses camarades, il ouvre un feu meurtrier contre les assaillants qui remplissent le cimetière (aujourd'hui la place publique) et la nef de Téglise. Déjà plus de vingt Républicains gisent h terre, parmi lesquels sont deux officiers et deux sergents. Le combat durait depuis cinq heures sans que l'attaque eût fait de progrès. Les Républicains se décident à mettre le feu aux madriers de la voûte ; ils amènent des charrettes chargées de paille et de fagots, amoncèlent un tas de combustible sous la voûte du clocher et y mettent le feu. Les flammes montent bientôt jusqu'aux madriers et s'échappent par toutes les ouvertures; Téchafaudage sur lequel étaient réfugiés les assiégés s*écroulc et déjà un certain nombre ont été atteints par les balles des Républicains. Pineau, Banchereau, Ilayault, le jeune Bureau, Maurice Ragueneau et sa sœur, âgée de vingt ans, sont morts. Alors les Républicains crient à ceux qui restent de se rendre. On apporte des échelles qui sont appliquées au pied du clocher, mais comme elles se trouver t trop courtes, la première femme qui essaie de se glisser jusqu^à leur sonunet ne peut y parvenir et se tue dans sa chute. Quelques grenadiers montent alors au haut des
IHX-HUITlfeME SIÊa-E. 173
échelles, reçoivent hommes et femmes dans leurs bras et les arrachent ainsi à la mort. EnQn les troupes républicaines quittent le bourg et emmènent tous les prisonniers à Chemillé.
Un jour sept soldats, sortis du camp de Concourson, étant venus à la maraude jusqu'à Montillîers, s*acheaiinaient vers la Gauchcrie-aux-ûamcs, après avoir traversé la rivière du Lys, lorsque Silard, do la Salle, et six autres Royalistes les apercevant de la mélairie du Vieux-Pré, accourent s'embusquer derrière un mur. Ils les laissent approcher, et quand ils ne sont plus qu a une portée de fusil, ils s'apprêtent à faire feu. Malencontreusement, un des leurs lève trop précipitamment la tête et est aperçu de la sentinelle placée sur le coteau opposé. A ses cris, les maraudeurs rétrogradent promptement et s'enfuient à toutes jambes; les Dlanos les poursuivent et en prennent deux qu'ils fusillent dans le bois voisin.
Il y avait aussi les maraudeurs royalistes; on en comptait une dizaine au Yoidc, et le même nombre proportionnel dans les communes limitrophes. Silard, de la Salle, était surtout Terrroi dos populations patriotes du pays. A cheval, souvent seul, mais toujours bien armé, il parcourait les campagnes de .Miichelle, de Thouarcé et des environs, déchargeait en lair ses pistolets en criant à tue-téte : Rembarre! rembarre! afin de faire croire à la présence de nombreux Royalistes et de jeter la terreur dans toutes les fermes où il passait. Il sabrait tous ceux qui paraissaient opposer la moindre résistance, chargeait son cheval de butin et rentrait triomphalement chez lui. Il massacra ainsi un très grand nombre de fermiers patriotes, et sa cruauté et celle de ses pareils fit que Ton appelait, dans le pays» tous les Vendéens des brigands.
Le 13 avril (23 germinal an IH), Pierre Trouvé fut ainsi tué à son domicile au Mûrier, commune de Thouarcé.
Enfin le 2 mai (13 floréal an III) la pacification fut signée
entre Stofflet et les représentants du peuple, et parmi les officiers vendéens qui y adhérèrent flgurent Ch. Fougeray, de Cbanzeaux, et Jean Châlon, de Thouarcé.
La Constitution de l'an III (septembre 1795) supprima les districts et divisa le département de Maine-et-Loire en soixanto-dix cantons, parmi lesquels se trouvaient celui des Ponts-de-Cé , appelés alors Ponts-Libres , comprenant entr*autres les communes de Soulaines et de Saint-Melaine appelée Aubance. Mozé était du canton de Rochefort ; Chemellierde celui de Saint-Georges-des-Sept-Voics; Grezillé du canton de Gennes, et Noyant du canton d*Ambillou. Le canton de Brissac comprenait les communes des Alleuds, Brissac , Charcé et Saint-ËIlier réunis , Quincé et Yauchrétien. Celui de Cbanzeaux comprenait Beaulieu , Cbanzeaux , Gonnord , Joué , Saint-Lambert et Rablay. Celui de Martigné était formé des communes d*Aiibigné, Brigné, la Fosse-de-Tigné , Saint-Georgcs-Cbàtelaison , Martigné et Tigné. Enfin, dans celui de Thouarcé, se trouvaient Allençon, le Champ, Chavagnes, Faveraye, Faye et Thouarcé.
Le â8 juin 1796 (10 thermidor an IV), des troupes étaient cantonnées à Thouarcé sous les ordres du capitaine Beuglé.
Le 21 mars 1798 ((•' germinal an YI), les assemblées primaires se réunirent dans tous les cantons pour nommer les électeurs chargés d*élire les députés.
A Brissac on nomma : Licois , agent de Brissac , Lenoble et Ruffln la Marandière. A Cbanzeaux : Iludault, notaire à Saint-Lambert, Bletteau, propriétaire à Rablay, et Girault, tanneur à Gonnord. A Martigné : Gaultier, commissaire, Molisson, Martineau et Amant. A Thouarcé : Chauvin, administrateur du département , Godeau , de Thouarcé , Louis Guibert et Limiers, de Chavagnes.
Le 26 janvier 1799 (7 pluviôse an YII), deux gendarmes de Cbemillé arrêtèrent, dans la commune de Joué, le curé, nommé Houdbine, qui, après avoir émigré, était rentré
DlX-IICmÈME SIÈCLE. 175
clandcslincmcDt, et remmenèrent. Le lendemain ils se mirent en roule pour le conduire à Angers. Ils s*éldeni fait accompagner par Gendron, voiturier, qui avait pris le prêtre en trousse sur son cheval , et suivaient la route de Cbcmillé à Saint-Lambert, lorsqu*arrivés au lieu appelé Ruthor, à la limite des communes de Chanzeaux et Cbemille, ils fureut arrêtés par une douzaine d'habitants da pays et forcés d'abandonner leur prisonnier.
Des bandes armées continuèrent à parcourir les campagnes ; la garde nationale avait été organisée dans les communes situées sur la rive droite du Layon , et au mois de mars un poste veillait continuellement à Thouarcé.
Le 27 juin , une bande de brigands armés et inconnus volèrent chez le receveur des contributions, au Champ, une somme de G 10 francs. Le 22 juillet (\ thermidor an VII), un détachement de Vendéens, sous la conduite de Ileuéc Bordereau, pilla Màchelle et Faveraye. Le 28 août (11 fructidor), quatre bandits armés égorgèrent, dans sa maison , sous les yeux de sa femme , 1 agent municipal de Saint-Lambert, llené Iludault, ancien maire, ancien procureur fiscal des religieuses, et emmenèrent un autre patriote, Gautier, qu'ils assassinèrent dans un carrefour.
Le 25 septembre (3 vendémiaire an VHI), Tordre fut donné de doubler la garde de Thouarcé les deux jours suivants à Toccasion de la foire de Brissac , parce que les brigands devaient se rendre à Thouarcé. Vers cette époque, Jean Chàion, conduisant une bande de Vendéens, se trouvait près des fermes des Trotlières, en cette commune, avec l'intention d'enlever du butin , lorsque les patriotes, embusqués dans la cour, ûrent feu sur les brigauds et tuèrent un certain nombre de pères de famille. M. Tabbé Dcniau, dans son Histoire de la Vendée, dit que ce ftit le dernier coup de feu qui eut lieu en Anjou.
Le 17 octobre, une troupe do cinquante hommes pris parmi les jeunes gens de la réquisitiou , dans le ctntou de
176 insTOiRE nu canton de tiiouarcé.
Thouarcé, durent s*y réunir avec ceux de Brissac cl de Martigné pour partir le lendemain à Chcmillé près du général Delaago. Un poste était alors établi dans le clocher de Thouarcé, et à la un de novembre on travaillait à la construction d*une redoute et d*un corps-de-garde, sur la vieille levée, par ordre du même général.
La guerre civile était donc à peu près terminée dans le pays, mais tous les bourgs des rives du Layon, les villages et les fermes avaient été ravagés par rincendie ; tous les moulins avaient été ruinés, toutes les croix placées le long des chemins, et surtout aux carrefours, abattues, et une grande partie des habitants avaient péri. M. de Quatrebarbes, dans son histoire de Chanzeaux intitulée : Une paroisse vendéenne sous la Terreur , compte , dans celte commune, deux cent quinze maisons brûlées et sept cents liabitants tués sur quinze cents. Saint-Lambert en a perdu huit cents sur douze cents, et le Yoide trois cents sur huit cents. Thouarcé a eu cent quatre-vingt-quatre maisons et moulins brûlés, le tout évalué, avec le mobilier, environ un million de francs. La proportion était à peu près la même dans les autres communes de la rive gauche du Layon. Tel fut le résultat de l'ignorance des malheureux Vendéens qui avaient prétendu empêcher la marche de la Révolution.
La loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), rendue pour appliquer les dispositions de la Constitution de Fan VIII, répartit les soixante-dix cantons entre les cinq arrondissements de Maine-et-Loire , de sorte que les cantons de Brissac, Chanzeaux, Martigné et Thouarcé se trouvèrent compris dans Tarrondissement de Saumur.
Le pont construit sur le principal bras du Layon, à Thouarcé, avait été coupé depuis plusieurs années, afm de rendre le passage plus facile à défendre ; une crue extraordinaire, survenue le 14 mai 1800, emporta le pont dit la Grande* Arche, situé au milieu de la levée, et vint encore
DIX-IIUmfeME SIÈCLE. 477
ajouter udo perle à tant d*aulres éprouvées par le pays pendant la guerre.