PROCLAMATION
des députés d'un grand nombre de villes et de communes du Pays de Vaud , réunis en conférence à Lausanne.
Union et Concorde.
Les députés de la presque totalité des villes et d'un grand nombre de communautés du Pays de Vaud , réunis jusqu'à ce jour à Lausanne en Comité de conférence, considérant la nature et l'urgence des circonstances, ont trouvé unanimément qu'ils devaient nécessairement se constituer en Représentation Provisoire du Pays de Vaud.
Ils déclarent en même temps que leur but unique , en faisant celte démarche , est d'employer toute l'autorité et tous .les moyens qui leur seront confiés par leurs commettants , à faire respecter la Religion , les Lois , les Magistrats et les Autorités constituées , et toutes les propriétés , tant particulières que communales, à quelque personne qu'elles appartiennent et sous quelque dénomination que ce soit.
Ils déclarent qu'ils vont sans délai s'occuper de la convocation d'une Représentation régulière , qui sera composée des députés nommés selon les principes de l'égalité et de la liberté, par le Peuple de toutes les communes du pays , laquelle avisera
aux moyens d'établir un gouvernement et une réforme satisfaisante.
Us profitent de cette occasion pour aviser leurs concitoyens que chacun d'eux est prêt à remettre ces pouvoirs à celui qu'ils jugeront à propos de lui substituer.
Ils invitent tous leurs concitoyens à l'union, à la concorde.
Ils invitent toutes les communautés qui n'ont point encore de délégifés parmi eux, à se réunir plusieurs ensemble pour confier leurs procurations à quelque personne de confiance , qui puisse se rendre dans leur assemblée et les représenter avec le moins de frais et de dépenses possibles.
Enfin , ils déclarent solennellement qu'ils regarderont comme indigne du nom de citoyen et comme incapable d'être admis à l'union fraternelle qu'ils veulent former , quiconque porterait atteinte à la Religion , aux Lois , aux Autorités constituées , aux propriétaires.
Donné à Lausanne, le 24 janvier 1798, dans l'Assemblée Générale et Provisoire du Pays de Vaud , pour être lu dans toutes les communes, convoquées à cet effet, et affiché aux lieux accoutumés.
Sbcrétairerie du Pays de Vaud.
Le même jour, l'Assemblée reçoit les nouvelles les plus rassurantes du quartier-général de Fernex, par un courrier expédié de Nyon par les citoyens de Saugy et Testuz. La lettre de ces députés, injustement accusés d'avoir appelé l'armée française dans le Pays de Vaud % est peu connue. Aussi, elle mérite d'être rapportée comme un monument bistorique :
Arrivés ce matin 24 janvier, à sept heures et demie, au quartier-général, nous avons eu audience du général Ménard r à huit heures.
Nous lui avons exprimé au nom du Comité central notre vive gratitude pour la haute protection que le Directoire de la Ré-
M. G. -H. de Seigneux a propagé cette erreur dans son Précis hist. de la hévol, du Pajs de Vaud. 1. 430»
publique Française accorde à notre patrie , le Pays de Vaud , le priant de faire agréer au Directoire nos sentiments de la plus vive reconnaissance.
Sur les questions qu'il s'est empressé de nous faire, si notre régénération politique avançait , si nous n'étions point inquiétés dans nos opérations par l'aristocratie bernoise , nous lui avons communiqué nos alarmes sur ce qui nous avait été rapporté officiellement d'un rassemblement de troupes dans le gouvernement d'Aigle, dont les avant- postes se trouvaient à demilieue de Villeneuve , menaçant Chillon et Vevcy , et sur les rapports d'une organisation d'un corps de dragons et de chasseurs , et de préparatifs d'autres levées d'infanterie à Yverdon, où M. de Weiss avait établi son quartier -général. Le général Ménard s'est empressé de nous communiquer les ordres du Directoire , qui lui avait prescrit de repousser et d'éloigner les forces bernoises hors du' territoire du Pays de Vaud ; que, cependant1, il attendait de nouveaux rapports de notre part sur ces objets. Sur quoi il nous a fait écrire nos noms , en ajoutant qu'en cas d'urgence , sur une invitation du Comité central , qui serait contre -signée par nous deux, il ferait immédiatement marcher ses troupes. Il a ensuite insisté de s'emparer sur-lechamp des caisses de l'Etat de Berne , greniers et munitions de guerre ; ce que nous lui avons promis de représenter à votre Assemblée *
Nous nous sommes retirés, et, au même moment où nous allions partir , nous avons vu arriver les citoyens Louis Roguin et de la Fléchère- Roguin , membres du Comité de Nyon, qui nous ont prié de retourner avec eux auprès du général. Nous nous y sommes rendus, non sans inquiétude. — Nous avons entendu leur rapport sur les alarmes que leur occasionnaient les préparatifs d'armement dans la vallée du lac de Joux, qui pourraient surprendre Nyon.
Après beaucoup de réflexions fort sages , il a été conclu par le général qu'il enverrait , demain 25 du courant , un trompette pour sommer le général de Weiss de se retirer , et qu'il ne ferait marcher les troupes qu'en cas de résistance.
Nyon, U janvier 1798.
Frossard de Saugv.
Testuz,
Le Comité de Nyon annonçait en même temps à l'Assemblée que le général Ménard demandait que l'on mit toutes les barques en réquisition , et qu'on les envoyât au premier besoin au général Rampon, commandant la seconde brigade, actuellement à Thonon, que dans le cas où une force majeure vint à surprendre Lausanne, on devrait embarquer l'artillerie et les Comités , et les diriger sur Thonon, d'où ils reviendraient avec l'armée française. Ce Comité annonçait, pour le 25, le départ d'un aide de camp du général Ménard, et demandait que l'on préparât à Morges, à Lausanne et à Moudon, quatre chevaux de poste pour sa voiture, et deux pour ses hussards. Il terminait sa lettre en disant que les baillis de Nyon et de Bonmont venaient de quitter leur résidence , que les scellés étaient mis sur leurs châteaux et sur les caisses de l'Etat, enfin, que partout la cocarde verte était arborée , et qu'une force armée nombreuse, composée en grande partie de gens de la campagne, était sur pied , et commandée par le général Gaudin de Nyon.
Le Comité d'Aubonne annonçait que les citoyens étaient sous les armes, et en permanence, depuis le 23 au soir , que les patriotes avaient pris possession du château à trois heures du matin , et qu'ils ne négligeraient rien pour concourir avec tous les bons citoyens à la régénération de la patrie.
A Lausanne , la journée du 25 est consacrée aux préparatifs militaires, à l'organisation des volontaires, dont les corps sont dirigés sur Moudon dés qu'ils sont formés; Je citoyen de Bons est nommé général. L'Assemblée,
resiée en permanence pendant la nuit, reçoit les nouvelles suivantes :
Lucens , 25 janvier , à cinq heures du matin. — On ne s'est pas encore assez défié de la perfidie bernoise. Nous recevons de Paycrnc la nouvelle que six cents hommes sont arrivés à Avenches, ce soir 24, avec vingt -quatre pièces de canon, quatre obus et un train ; que l'on attend à Payerne aujourd'hui vingt-cinq mille hommes.
Paycrnc nous demande d'acheminer quelques compagnies à son secours ; ils se disent sans poudre , sans munitions , ni provisions quelconques. Nous répondons qu'une compagnie de chasseurs carabiniers vient d'arriver d'Yverdon , dans la nuit du 24 au 23 , occuper le château de Lucens , et que la crainte de voir cette petite troupe augmenter coïncide avec ce que Payerne nous écrit; que , dans cet état de choses , la prudence parait commander de rester tranquilles spectateurs de cette arrivée et passage d'appareils de guerre , jusqu'à ce qu'un corps assez nombreux vienne nous délivrer. Peut-être notre ennemi vise -l- il à engager un combat pour s'autoriser à une boucherie d'hommes.
Salut et fraternité.
Briod, curial.
Morges , 25 janvier , à six heures du matin. — Nous venons de recevoir un avis certain que nos ennemis travaillent à former un rassemblement , et que la commune d'Apples a reçu l'ordre de prendre demain les armes pour se rendre à Romain-
môtier Citoyens, pensez à Romainmôticr ; le bailli y est
encore , et c'est de là que partent les coups qu'on cherche à nous porter. Nous croyons que vous devriez publier une proclamation comminatoire contre ceux qui composent ces rassemblements d'Yverdon et d'Avenches , que s'ils ne se sont pas rendus chez eux dans deux fois 24 heures, ils seront traités comme ennemis de la patrie. — Selon votre ordre de cette nuit, nous venons de délivrer huit pièces de canon au citoyen Panchaud, qui vient d'arriver avec la force armée de Lausanne.
Salut et fraternité. Au nom du Comité de surveillance ,
Jain, président.
Blanciienay , secrétaire.
Vevey, 25 janvier. — Le Comité de surveillance de Vevey à la Représentation Provisoire du Pays de Vaud :
Les habitants de Vevey et de son bailliage se montreront toujours dociles à vos ordres et dévoués à la Patrie.
Ce matin , à neuf heures , sont sortis de Vevey , prenant ta route de Moudon : deux pièces de canon de quatre ; deux chars de munitions, poudre et boulets; un char de pain et fromage; trente artilleurs, douze dragons, deux cent cinquante fantassins , et quelques-uns de Montreux.
Il aurait été impossible de retenir nos citoyens , et nous avons dù laisser dégarnir notre ville un peu trop ; mais nous comptons la renforcer par les gens des environs , à mesure de leur arrivée. — L'ordre a sur-le-champ été expédié aux communes environnantes.
Les justes craintes que nous devons avoir sur le Pays-d'Enhaut ont obligé les citoyens de Montreux à faire un fort détachement au passage de Jaman, ce qui les empêche d'envoyer davantage de monde.
Nous avons détaché quelques chasseurs carabiniers et des dragons sur la frontière près de Chàtel S-Denis ; ils ont été renforcés par trente hommes de Corsier.
Nous avons prié ceux de Blonay de faire forte garde sur leur route de Fribourg, et de nous envoyer le reste de leur monde. Nous attendons ceux de Villeneuve. — Les députés d'Aigle viennent de partir d'ici pour chez eux. Malgré la fraternisation faite avec ces députés , nous ne nous livrons pas encore à une entière sécurité de ce côté-là , à cause des troupes des Ormonts et du Pays-d'Enhaut qui pourraient y être , et sur lesquelles ils pourraient avoir moins d'empire que nos ennemis. C'est pourquoi nous maintenons Chillon en état respectable.
Nous cuisons du pain , et nous en ferons partir dans quelques heures une vingtaine de quintaux pour Moudon. Nous faisons des cartouches ; mais les provisions de poudre s'épuisent.
Nous ne savons que faire du bailli Berseth , qui est toujours gardé à vue ; nous attendons vos ordres. Salut fraternel.
in -Ph. Bérard , président.
ni. 20 *
Yverdon , 25 janvier. — Vous aurez vu , Monsieur, et il vous aura été donné les renseignements d'hier, je n'aurai donc plus rien à vous annoncer, si chaque jour el chaque moment n'étaient intéressants. — Le quartier-général de Mr de Weiss étant dans notre ville , nous devrions naturellement savoir tout ce qui se passe , surtout puisque l'état-major et adjudants sont composés de nos gens. -— Cependant on ne voit rien de clair ; le général ne sait lui-même que faire , ni son état-major , ni son commissaire des guerres, ni son capitaine d'artillerie , enfin ni personne ; c'est du moins ainsi que j'en juge d'après une multitude de faits , de mandats qui s'écrivent à la secrétairerie haillivale et qui ne paraissent pas , de proclamations qui s'impriment , etc., qu'on n'ose répandre ; on donne des ordres , on les révoque ; nous vivons dans une incertitude qui ne peut se dire. — Cependant , la réunion des campagnes avec les villes s'exécute ; le paysan de notre voisinage est éclairé ; toute la milice qui va être commandée à se rendre sur la place d'armes au premier coup de tambour, est décidée , officiers et soldats , de refuser le service contre des frères avec lesquels nous ne ferons qu'une cause commune.
La Vallée, depuis quelques jours réunie , a envoyé ses dé putés à Lausanne; Romainmôtier les envoie aujourd'hui. Le colonel Roland l'avait contenue , et quand il était en route pour prendre son régiment, on a fait la députation , et le Bailliage a fait prévenir le général qu'il ne prendrait point les armes contre des frères du Pays de Vaud. On avait commandé WiiO pains qui vont devenir secs.
Nous savons tout ce qui se passe à Lausanne, Vevey, Aubonne, dont la Baillive est passée par ici ce matin allant à Moudon. On a arrêté les chevaux d'un Bernois pour les donner à nos courriers. — Le major Pillichody a voulu sauver le château de Lucens ; il y est allé avec une partie de ses chasseurs pour l'occuper , mais le château était occupé par des gens de Lucens et les avenues étaient gardées par les gens de Moudon ; le major a laissé 60 hommes en observation , et il est à se promener sur la place en garde-habit, comme si de rien n'était. — Si j'avais le temps de parcourir la ville , j'aurais quelque chose de plus essentiel , mais s'il se passe du sérieux, j'en chargerai la diligence de demain. Vous devriez avoir un courrier exprès ici. Chaque jour pendant le séjour du quartier-général je vous cn-
verrais un journal des nouvelles que vous pourriez transmettre ultérieurement — Je voudrais prier les Lausannois d'établir un journal du soir ou du matin , aux frais de la commune patri<\ qui se répandit en profusion dans le pays et qui dominât l'opinion par une instruction fraternelle.
Le bataillon de Grandson pourrait bien arriver ce soir. — Plusieurs officiers du bataillon de Morges se sont rassemblés ici ; ils ont résolu à l'unanimité de refuser le service contre leurs concitoyens. — On dit que l'avocat Miéville a électrisé Grandson et que cette ville envoie son député à Lausanne , c'est ce que vous saurez. — Ce soir , vers les sept heures , on est venu nous donner une alerte ; on avait envoyé un exprès à la Vallée pour les avertir et leur faire lire la proclamation du général français et de l'envoyé Félix Déporte de la République à Genève. Cet avis était d'autant plus important pour eux, qui sont à la frontière , qu'ils auraient été les premiers exposés , et outre cela leurs officiers , employés dans les bataillons et les chasseurs , au lieu de reconnaître cet avis officieux , ont arrêté l'exprès, et l'ont fait conduire par dix grenadiers au château de Romainmôtier ; un homme de Vaulion est venu nous avertir de cela. Sur ce , ses frères furieux se sont réunis, ont rassemblé leurs connaissances et sont partis en armes pour le délivrer; ils ont fait avertir les gens de Penthalaz et de Lachaux pour se réunir à eux à Lasarraz. N'ayant pu venir à bout de les calmer, deux membres du Comité ont pris les devants pour prévenir à Lasarraz, et pour que deux personnes marquantes de cette ville allassent à Romainmôtier pour faire élargir le prisonnier, en représentant le danger de vouloir le retenir. Pendant que l'on délibérait sur les moyens à prendre pour la sûreté d'ici et des environs, et qu'on travaillait à écrire pour cet objet , trèsheureusement , l'exprès qui portait la lettre a rencontré le prisonnier qui venait d'être relâché par le Bailli, avec une forte
(Sans signature.)
Tandis que les patriotes se livraient, les uns à l'enthousiasme de la liberté naissante, les autres aux plus vives inquiétudes sur la marche des troupes allemandes, sur les rassemblements de troupes dans le gouverne-
ment d'Aigle et du Pays-d'Enhaut , et sur les mesures hostiles que préparait le général de Weiss, celui-ci ne faisait réellement aucun préparatif militaire, et restant dans la plus complète inaction, il voyait la révolution surgir de toute part. La lettre du 23 janvier, du général Ménard au Comité de Nyon, avait frappé de stupeur le général bernois. « Alors, dit un de ses principaux adju- » dants, le major de Rovcréa, les pleins pouvoirs illijd mités dont l'idée flattait si délicieusement l'amour - » propre du général de Weiss, lui devinrent prodigieud sèment à charge. Il avait eu l'ordre précis d'agir, il » n'avait pas agi.... Il avait eu l'injonction formelle de » conserver le pays à tout prix, il se l'était laissé ravir » sans même le disputer.... »
« Toutefois , dit un autre écrivain dévoué à LL. EE*., ce fut dans ce moment-là que Mp de Weiss prit la bizarre résolution de faire occuper le château de Lucens par un détachement de la troupe fidèle qu'il avait auprès de lui. Ce château, résidence baillivale du général de Weiss, n'aurait pu être un point de défense qu'autant que la garnison qui devait l'occuper aurait été en communication avec un corps d'armée. Le 24 janvier, dans l'après-midi , alors que le signe de la révolution était arboré dans la majeure partie du Pays de Yaud , Mr de Weiss donna l'ordre au capitaine des chasseurs carabiniers d'aller occuper Lucens avec soixante hommes de sa compagnie. Cet officier, ayant demandé une consigne sur la conduite qu'il avait à tenir vis-à-vis des révolu-
* G.-H. de Seigncux. Précis historique de la Révolution du Canton de Vaud. I. 492.
tionnaires , dans le cas où ils tenteraient de s'opposer à
l'occupation du château , Mr de Weiss se contenta de lui recommander de laisser ignorer à la troupe quelle
était sa destination. Après une marche fatigante ces braves gens arrivèrent à Lucens au milieu de la nuit. La révolution était faite dans ce bourg; malgré cela le château fut occupé par les carabiniers. Mais sentant que le poste n'était pas tcnable, le capitaine se hâta d'informer le général de sa position en lui demandant des instructions et des secours. La réponse de Weiss fut de nature à rendre la position des carabiniers de plus en plus embarrassante. » « Souvenez-vous, disait-elle, que » le bailli de Lucens n'est pas un bailli ordinaire, et » que sans lui il y aurait déjà beaucoup de sang ré- » pandu. d La nouvelle de l'occupation du château de Lucens accéléra la marche des volontaires de Vevey, de Lausanne et deMorges, sur Moudon, où le général Debons prenait le commandement en chef.
Dans la nuit du 25 au 26 janvier, l'Assemblée Représentative organisait des moyens de défense militaire, expédiait des ordres dans tous les bailliages, et prenait une série de résolutions remarquables par leur fermeté, leur modération et leur sagesse :
I. L'Assemblée, etc. Considérant que la mission des baillis dans le Pays de Vaud est terminée; considérant que leur résidence prolongée dans ces circonstances ne peut être qu'excessivement pénible pour eux et inutile pour nous : l'Assemblée, etc. les invite, pour prévenir de majeurs inconvénients, à se retirer immédiatement. Quant à leurs meubles, effets, et autres objets qui pour-
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raient les retenir et prolonger leur séjour, l'Assemblée Provisoire des Représentants du Pays de Vaud leur fait déclarer qu'ils pourront librement et sans entraves les faire expédier ainsi qu'ils le désireront.
IL L'Assemblée , etc. enjoint à tous les Receveurs , Directeurs , Sauniers et autres Agents du gouvernement de Berne, de tenir leurs livres et écritures en bon ordre, et de continuer avec fidélité leur gestion pour le compte de la Nation, sous la responsabilité de leurs biens et de leurs personnes. Les Receveurs continueront à payer tous les officiers , pensionnaires et créanciers de l'Etat de Berne. Mais il leur est enjoint de ne rien faire passer hors du Pays de Vaud, soit d'une manière directe, soit d'une manière indirecte.
III. L'Assemblée , etc. décrète solennellement et à l'unanimité , que, dans la crise de la révolution qui va assurer le bonheur général, elle est fermement résolue de ne porter atteinte à la propriété et à la personne d'aucun Bernois, et d'employer tous ses efforts pour le maintien des lois, de l'autorité et de Tordre.
IV. L'Assemblée, etc. décrète que toutes les propriétés du ci-devant gouvernement de Berne, sont devenues Propriétés Nationales.
V. L'Assemblée, etc. Une députation est nommée pour se rendre à Paris le 26 janvier. L'Assemblée charge les citoyens Monod, de la Fléchère, et Bergier de Jouxtens , celui-ci comme secrétaire de légation , de se rendre à Paris pour exprimer au Directoire Exécutif de la République Française, la reconnaissance du Peuple Vau-
dois. L'Assemblée munira ces députés des pleins-pouvoirs et des instructions nécessaires.
VI. L'Assemblée , etc. dans le but d'atténuer Finfluence du Comité de Réunion qui prend l'initiative sur des objets dont la Représentation Nationale doit seule s'occuper, décide : Lorsqu'un citoyen , ou une réunion de citoyens, aurait une motion à présenter, cette motion, si elle est transmise à l'Assemblée Représentative par un de ses membres, sera mise en délibération. Mais il ne sera fait aucun droit aux motions qui seraient adressées par des signatures ou par des demandes verbales de citoyens étrangers à l'Assemblée Représentative.
VII. L'Assemblée, etc. décide de transporter au château de Lausanne les séances de la Représentation Nationale, et le siège de toutes les administrations.