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CHAPITRE IX

Les Zœhringen.

Conrad H d'Allemagne. — Henri 111. — La querelle des investitures. — Burcard de I>ausanne. — Rodolphe de Rheinfelden. — Henri IV à Canossa. — Rodolphe est roi. — Il est vaincu. — Berthold de Zœhringen lui succède. — Traité de 1097. — Ber- Ihold III. — Conrad. — Berthold IV. — Berthold V. — Extinction de la dvnastie.

La puissance impériale, en Allemagne, va d'abord croissant avec Conrad le Salique ; elle atteint son apogée avec Henri III, elle est alors solidement établie; rien ne lui résiste; puis, sous Henri IV, Tédifice est subitement ébranlé jusque dans sa base. Notre pays subit le contre coup de ces fluctuations ^

1 Remigius Meyer. Beitràge zur vaterlândischen Geschichte X, De Gingins, Mémoire sur le Rectorat. A. de Montet, Notes inédites. Meyer von Knonau, Beitràge zur westschweizerischen Geschirhte.

HISTOIRE DU CANTON DE VAUD m

Avec l'avènement de la maison salique, le centre de gi'avité de l'Allemagne, reporté vers le sud, s'était rapproché de la Suisse. Les rapports des empereurs avec notre pays furent nombreux et suivis. En 1038, nous trouvons Conrad à Soleure. Il y tint une grande diète dans laquelle il fit proclamer son fils Henri roi de Bourgogne. Ainsi les deux couronnes étaient considérées comme distinctes et, en théorie du moins, les grands de Transjurane paraissaient conserver le droit d'élection. Bien que réunie effectivement à l'Allemagne, la Transjurane conservait son existence distincte et ses institutions propres. Dans le but d'augmenter le nombre de ses partisans et de faire échec à la noblesse insoumise, les princes de la maison salique favorisèrent le haut clergé et s'appuyèrent sur lui. Nulle part plus que chez nous celui-ci ne défendit mieux la cause impériale.

Henri HI, qui succéda à son père en 1039, portait déjà, nous l'avons dit, le titre de roi de Bourgogne. Des velléités de résistance se manifestèrent à nouveau lors de son avènement ; les comtes de Haute-Bourgogne (Franche-Comté) et de Genevois tentèrent de lui disputer encore une fois la possession du pays, appuyés, comme toujours, par les grands de Transjurane. Ce fut sans succès. Ils firent, eux aussi, leur soumission dans une diète tenue à Soleure (1045). Henri, comme son père, s'appuya sur le clergé et le peuple. Il favorisa les tendances réformatrices dans l'Eglise et l'établissement de la Trêve de Dieu en Transjurane ; nous aurons l'occasion d'y revenir.

Au moment où Henri III allait recueillir les fruits d'une politique ferme et habile, où l'Allemagne pliait devant sa volonté, où le clergé s'attachait à sa maison, où il dictait ses ordres à Rome même, où il déposait les papes simoniaques et nommait des prélats allemands, une mort prématurée vint l'enlever à son œuvre, compromettre le résultat de ses efforts et remettre en question l'autorité impériale et l'unité de l'empire.

La couronne revenait à un enfant de six ans, dirigé par une princesse incapable. L'édifice tout entier de la puissance impériale chancelle. L'Eglise, le haut clergé, la papauté qu'Henri III avait comblée de bienfaits, furent les plus dangereux adversaires de son fils. Les princes de l'empire, masquant leur ambition

SOUS un feint attachement à l'Eglise, vont déployer toute grande la bannière de la rébellion. Les deux partis, le pape d'un côté, l'empereur de l'autre, s'arment pour la lutte. On en vient aux mains de toutes parts. Dans cette demi-anarchie, notre pays eut particulièrement à souffrir et la lutte y fut très vive.

Au début de son règne, la régente de l'empire, Agnès, commit un acte politique qui devait être gros de conséquences pour notre pays. Elle donna le duché de Souabe à Rodolphe de Rheinfelderiy son gendre (1057) ; elle confia également le duché de Carinthie avec le margraviat de Vérone à Berthold /, le barbu, de la maison de Zaehringen.

On n'est pas très au clair sur les origines de ce Rodolphe de Rheinfelden, qui apparaît tout à coup sur la scène de notre histoire comme un personnage considérable. Les uns le font descendre d'une ancienne famille du Sissgau, d'autres le croient apparenté à la famille rodolphienne. Cette hypothèse permettrait d'expliquer plusieurs points obcurs de son histoire. En effet, outre la petite ville dont il tirait son nom, plus quelques territoires au nord du Rhin et le Fricktal actuel, Rodolphe possédait de nombreux fiefs, dispersés dans la Transjurane, de Saint- Maurice au pont de Genève et à la Singine. La possession de ces territoires s'explique facilement si l'on admet que Rodolphe était le rejeton de la maison royale de Bourgogne.

En même temps, et ceci est important pour nous, la reine confiait à son favori Vautorité générale sur la Bourgogne. Ainsi il réunissait dans ses mains la dignité de duc de Souabe avec celle de représentant de l'empire dans la Suisse romande.

Pendant la minorité du jeune roi, la faiblesse de la régente avait donné libre carrière aux ambitions des grands seigneurs laïques et ecclésiastiques. A l'avènement personnel de Henri IV, l'orage se déchaine. La querelle des investitures divise l'Europe en deux camps hostiles, et la Transjurane en souffre plus qu'aucune autre contrée. Chez nous, le haut clergé resta fidèle à la dynastie salique. Burcard, évêque de Lausanne (1057-1089), fut, comme son collègue Burcard de Bàle, un fidèle compagnon et un partisan inébranlable de Henri IV. Nous le trouvons toujours aux côtés de l'empereur, conseiller et compagnon fidèle. Il payait

de sa personne et de ses biens : il aliéna plusieurs propriélés épiscopales dans le but de faire des fonds pour la guerre. Dans un diplôme de 1079, l'empereur témoigne son amitié toute spéciale à Burcard et lui donne plusieurs localités du pays de Vaud, plus toutes les propriétés confisquées à Rodolphe de Rheinfelden, entre le Jura, les Alpes, la Singine, le pont de Genève et le Grand-Saint-Bernard. Il le créa aussi chancelier d'Italie. L'évêque Lambert, qui succéda à Burcard, eut une attitude hésitante ; mais, peu après, Tévéque Conon de Neuchàtel, soutint aussi énergiquement la cause gibeline. Les évêques de Genève observ^èrent une politique analogue. A la tête du parti adverse se trouvait Tancien protégé de la reine, Rodolphe de Rheinfelden ou de Souabe.

Les princes allemands révoltés opposèrent Rodolphe à Henri IV. Dans la diète de Forschheim (1077), Henri fut déposé ; Rodolphe fut proclamé à sa place. Henri avait dû s'humilier à Canossa (1077) et avait obtenu le pardon du pape. Mais alors même Rodolphe refusa de se soumettre et se fit couronner à Mayence. Henri se mit bientôt en route pour châtier le rebelle. Au nord des Alpes, les deux partis coururent aux armes et la guerre civile dévasta l'Helvétie romande comme THelvétie allemande. La lutte prit un caractère d'atrocité et de férocité inouïes. Les prisonniers étaient martyrisés ou honteusement mutilés; le pays fut mis à feu et à sang ; on n'épargnait ni les femmes, ni les enfants, ni les prêtres, ni les églises. Les partis se sont accusés réciproquement des actes les plus barbares, ce qui prouve que l'un et l'autre s'en sont rendus coupables. Henri IV mit son adversaire au ban de l'empire, le déclara déchu de tous ses biens et dignités qu'il conféra à Frédéric de Hohenstaufen, puis il marcha contre lui. Les deux armées se rencontrèrent sur les bords de l'Elster, en Thuringe. Rodolphe y trouva la mort (1080). Sa pierre sépulcrale se voit encore dans la cathédrale de Mersebourg ; -la main droite est coupée comme à un traître. L'empereur, tranquillisé du côté de l'Allemagne, poursuivit en Italie sa vengeance contre Grégoire VII.

Berthold II de Zœhringen, gendre de Rodolphe de Rheinfelden, hérita de ses prétentions et soutint la lutte contre Frédéric de

Hohenstaufen. Mais la guerre avait épuisé les deux camps. De part et d'autre, on aspirait à la paix. Elle fut conclue en 1097. Berthold de Zaehringen abandonnait à son adversaire la couronne ducale de Souabe ; par contre, il recouvrait les propriétés allodiales de son beau-père. En plus, il conservait le titre de duc et recevait le bailliage impérial de Zurich. Cet acte de 1097 a une haute importance pour toute la Suisse. D'abord, il consacre la séparation entre la Suisse allemande et la Souabe proprement dite ; ensuite, il fonde la puissance des Zaehringen en Suisse. Les ducs surent la faire reconnaître sans conteste dans les pays situés entre TAar et le Rhin. Dans la Suisse romande, ils rencontrèrent une vive résistance. Ils en vinrent à bout cependant, et réunirent ainsi sous une même domination une bonne partie du peuple suisse actuel.

Nous n'avons pas à rechercher ici les origines de cette puissante maison. Le premier Zaehringen dont l'histoire soit parfaitement connue est Berthold le barbu, déjà mentionné, duc de Carinthie et marquis de Vérone. Son fils Berthold, deuxième du nom, est celui qui fit l'objet du traité de 1097. Ce prince s'occupa surtout d'affermir sa domination et d'étendre ses propriétés dans le nord. Il séjournait de préférence dans le Brisgau, et laissait à son épouse l'administration de ses propriétés allodiales au sud du Rhin. Il se mêla peu aux grandes luttes qui agitaient l'empire : nouveaux différends entre le trône et Tautel, querelles des fils de Henri IV contre leur père. Son activité se concentrait sur ses états héréditaires et s'y exerçait d'autant mieux qu'elle n'était pas distraite par la politique générale. Il mourut en 1111, et a laissé la réputation d'un homme énergique, vir strenuissimus et fortissimus.

Son fils, Berttiold III, n'eut que peu de rapports avec la Transjurane. Il mourut en 1122 ; trois ans après, s'éteignait Henri V, le dernier représentant de la maison salique.

Conrad succéda à Berthold III. Il fut le second fondateur de la maison.. Avec lui, elle va croître en puissance et surtout faire reconnaître son autorité à la Transjurane. Les prédécesseurs de Conrad, occupés à s'affermir au nord du pays, n'avaient pas trop cherché à faire valoir, au sud de l'Aar, les

droits de souveraineté qu'ils pouvaient avoir hérité des Rheinfelden.

Le prince le plus influent dans ces régions fut alors Guillaume III dit V Allemand, comte de Haute-Bourgogne et gendre de Berthold II. Mais Guillaume périt .de mort mystérieuse à Strassbourg, en 1125. Il fut probablement assassiné par les seigneurs de sa suite. La tradition rapporte qu'étant à table, le jour de la Pentecôte, il fut mandé hors de la salle par un chevalier

inconnu. Le comte sortit et dès lors on ne l'a plus revu. Son jeune fils Guillaume IV dit Venfani séjourna dans la Transjurane. En 1127, à Tépoque du carême, il s'était retiré dans l'abbaye de Payerne.

Un jour qu'il priait devant l'autel, quelques personnages de sa suite, coupables probablement déjà du meurtre de Guillaume III, s'approchèrent traîtreusement de lui et l'assassi- - nèrent, de même que plusieurs chevaliers qui voulurent le défendre. — En fait, la Transjurane jouit d'une grande autonomie jusqu'à l'avènement .de Conrad de Zaîhringen.

Avec Conrad de Zaehringen (1 122-1 152X tout change. Partisan du nouvel empereur, Lothaire de Saxe (1125-1137), il revendiqua auprès de celui-ci tous les titres auxquels il croyait avoir droit. Dans la diète de Spire, en 1127, il reçut formellement la charge de recteur de Bourgogne, c'est-à-dire de représentant de l'empereur dans cette contrée. Il devenait par conséquent suzerain de tous les dynastes de cette région..

Restait à réaliser en fait ce qui existait en droit. Conrad dut disputer la couronne à Rainaud, comte de Haute-Bourgogne, de Chàlons et de Màcon, cousin de Guillaume IV et son héritier

FiG. 91. — Sceau de Berthold de Zaehringen.

dans la souveraineté de la Haute Bourgogne. Rainaud était appuyé par toute la noblesse rpmande, laïque et ecclésiastique, noblesse fîère et remuante, peu soucieuse de voir les Zaehringen s'implanter dans le pays, hostile à toute influence germanique. Rainaud fut mis au ban de l'empire et Conrad de Zaehringen fut chargé de Texécution de la sentence. Rainaud fut battu, fait prisonnier et traduit, à Strassbourg, devant Tempereur et la diète. Mais le vaincu montra tant de noblesse et de fermeté, il plaida sa cause avec tant d'éloquence qu'il réussit à convaincre les membres de la diète. Il fut reconnu libre de tout vasselage envers tout autre suzerain que l'empereur lui-même. Il porta dès lors le nom de franc-comte et son comté celui de Franche-Comté. Cette décision séparait définitivement le pays à l'ouest du Jura de la Transjurane, comme le traité de 1097 avait séparé la Souabe de l'Alamanie helvétique.

Conrad de Zaehringen mourut en 1152, presque en même temps que l'empereur Conrad III de Hohenslauflfen.

Berthold IV de Zœhringen, fils de Conrad, eut quelque peine à se faire reconnaître en Transjurane ; mais il y fut aidé par le nouvel empereur, Frédéric Barberousse. Celui-ci épousa en secondes noces Béatrice, fille de Rainaud, et réunit ainsi la Franche-Comté à la couronne. Berthold IV fut confirmé dans son titre de recteur. Il nous apparaît, de Constance à Genève, comme un véritable souverain de l'Helvétie sous la suzeraineté de l'empire. Il prend, dans les documents, les titres de daXy duc, et de rector Rurgundiœ, recteur de la Bourgogne (Fig. 91).

Pour contenir la noblesse turbulente de ses états, Conrad et Berthold après lui s'appuyèrent sur le peuple et fondèrent des villes. On leur attribue la fondation d'Yverdon et de Morat. En 1178, Berthold IV fonda la ville de Fribourg en Uechtland. Il mourut en 1186, après un règne de trente-quatre ans.

Son fils, Berthold V, fut surnommé le riche. Il porta au plus haut point la fortune des Zaehringen. Prince sévère et redouté, il poursuivit avec une calme et prudente énergie la réalisation de ses projets. L'opposition des Transjurains à la domination allemande se transforma en une véritable haine contre sa personne.

La tradition rapporte ce qui suit : « Les nobles romands crurent avoir trouvé l'occasion de secouer le joug détesté lorsque Frédéric Barberousse partit pour la Croisade. Berthold faisait des préparatifs pour le rejoindre, était peut-être même déjà en route. Une levée générale de boucliers eut alors lieu dans la Transjurane ; mais on apprit coup sur coup la mort de Tempereur et le retour de Berthold V. Il avait regagné ses états du Brisgau et s'apprêtait à comprimer la rébellion. A la hâte, il rassemble ses vassaux de la Forêt Noire et du pays de Zurich, franchit TAar à Oltingen, près d'Aarberg, et attaque les Transjurains. Surpris au milieu de leurs préparatifs et avant d'avoir concentré toutes leurs forces, ils firent cependant bonne contenance ; mais ils furent complètement défaits entre Payerne et Avenches. Berthold traversa alors en vainqueur la vallée de la Broyé, brûla le château de Lucens, propriété de l'évêque de Lausanne, éleva au rang de ville la bourgade de Moudon. Il parcourut ainsi le pays, forçant les seigneurs à se disperser ou à se soumettre. Sur les bords du lac de Neuchàtel, il restaura l'ancien castrum Ebrodunense, posant ainsi les bases de la ville d'Yverdon ; au sud, entre Lausanne, le village de Joulens et le château de Vufflens, inféodés à l'évêque, il fonda la ville et le château de Morges pour tenir en échec son turbulent voisin. Les Transjurains étaient vaincus. Berthold revint à Berthoud ; il acheva et compléta la fortification de cette bourgade et fit graver sur la porte principale cette inscription : Bertholdus, dux Zœringiœ, qui vieil Burgondiones fecit hanc portam, Berthold, duc de Zaehringen, qui vainquit les Bourguignons, a fait élever cette porte. C'était à la fois une menace pour les vaincus et un avertissement pour les seigneurs de l'Helvétie allemande. Puis, pour contenir la noblesse de l'Oberland et de la Petite Bourgogne, il fonda, sur terre impériale, la ville de Berne (1191) » dont les destinées devaient être si brillantes.

Ainsi raconte la tradition, que nous rapportons telle quelle.

Les documents sont moins explicites sur les premières années de la domination du duc. La révolte des Transjurains et leur défaite sont cependant un fait avéré. La fondation des villes

est moins certaine. Pour Morges, dans tous les cas, il n'en faut pas croire la légende ^ L'inscription de Berthoud est aussi postérieure ^

Mais un adversaire redoutable s'élevait du côté de la Suisse romande. La maison de Savoie commençait à étendre son influence sur le pays de Vaud et cherchait à y supplanter les Za?hringen. Thomas de Savoie recevait en fief de Tempereur

FiG. 92. — Tour de Moudon.

Philippe de Souabe le château de Moudon (1207). La vallée de la Broyé fut le théâtre de luttes sanglantes et le pays soufl*rit beaucoup de cette guerre de dévastation.

La vieillesse de Bertliold V fut attristée par la mort de ses deux fils et par les ambitions qu'excitait autour de lui la perspective de son héritage. Il se retira dans son château de Fribourg en Brisgau, où il mourut le 14 février 1218. Avec lui s'éteignait la lignée mâle des Zaehringen. Sa lance et son bouclier furent placés dans la tombe, à ses côtés, pour marquer l'extinction de cette illustre dynastie, qui finissait avec lui « pleine de gloire et d'une juste renommée ». L'héritage fut morcelé. L'office de recteur fit retour à l'empire. Les propriétés allodiales des Zaeh-

' Voir plus loin, les Villes vaudoises. * Communication de M. A. de Montet.

ringen en Suisse passèrent à divers héritiers, entre autres aux Kibourg.

L'extinction des Zaehringen mettait à néant la tentative de créer, sur le sol de la Suisse, un principat indigène, une monarchie héréditaire réunissant les contrées qui s'étendent du Rhône au Rhin, des Alpes au Jura. La Suisse romande, tout en continuant à taire partie de Tempire, jouit d'une indépendance relative. Le morcellement féodal y poursuit son œuvre. D'autre part, la puissante maison de Savoie s'y implante peu à peu, finit par réunir le Pays de Vaud à ses possessions, le soustrait ainsi à l'influence germanique pour y faire prévaloir l'influence romande.

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