HISTOIRE DU CANTON DE VAID
domicile et de la propriété, la liberté de la presse, le droit de pétition.
Elle établit la séparation des pouvoirs etle suffrage universel, ainsi que les élections directes. Désormais, plus de cens électoral, plus de nominations à deux degrés, plus de tirage au sort. Le pouvoir législatif réside dans le Grand Conseil, élu pour cinq ans par les assemblées de cercle, à raison de un député par 1000 âmes de population.
Le pouvoir exécutif est confié à un Conseil d'Etat de neuf membres nommés pour six ans, renouvelés par tiers et rééligibles. Ses membres ont, au sein du Grand Conseil, voix consultative.
L'autorité judiciaire supérieure est exercée par le tribunal d'appel, de treize membres, nommés pour douze ans, renouvelés par quart et rééligibles ; il y a dans chaque district un tribunal de première instance, de neuf membres ; dans chaque cercle est institué un juge et une justice de paix.
Le pouvoir communal est exercé par le conseil général dans les communes de moins de six cents âmes, par un conseil communal — de vingt-cinq à cent membres — dans les autres ; les conseils communaux sont nommés pour six ans, renouvelés par tiers, et rééligibles. Le pouvoir administratif, dans chaque commune, est confié à une municipalité présidée par un syndic. Les autorités communales doivent être composées d'au moins deux tiers de bourgeois.
Le nouveau Grand Conseil entra en fonction le 8 août. Il procéda le 12 à la nomination du Conseil d'Etat. Ce corps fut composé d'une majorité nettement libérale. Le canton de Vaud entrait dans une ère nouvelle. 1803 avait consacré son indépendance , avait créé l'Etat de Vaud ; 1830 fit de notre peuple un peuple vraiment libre, de notre pays un pays démocratique. L'année 1830 avait fait naitre les plus belles espérances. De Paris, la fièvre révolutionnaire avait gagné les autres capitales. Le moment paraissait venu de renverser les institutions imposées aux peuples par la Sainte-Alliance, de briser l'œuvre réactionnaire de 1815. Un souffle de libéralisme agita l'Europe, elle sembla renaître à une vie nouvelle. Puis vinrent
les échecs, les désillusions. A quelques exceptions près, les peuples retombèrent sous le joug du despotisme, et la chute fut d'autant plus rude que l'espoir avait été plus grand.
La Suisse fut plus heureuse. Dans la plupart des grands cantons s'opéra une transformation analogue à la nôtre. Ils rompirent avec les errements de 1815 et se donnèrent des constitutions libérales. On les appela dès lors les cantons régénérés, La victoire du libéralisme, néanmoins, n'était que partielle. Pour l'ensemble de la Suisse, la transformation n'était pas achevée. Dans plusieurs cantons le vieil esprit triomphait encore. Il fallut dix-huit années de luttes et de crises pour arriver à la régénération complète. Dans cette œuvre nationale, le canton de Vaud eût sa part de travail et de mérite.