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CHAPITRE DEUXIÈME

M. Charles-Francois Rageot-Morin étaitnatif de Paris(l). Comme prètre, ilétait un des membres de la Société des messieurs du Séminaire des missions étrangères, Îlarriva à Québecle 21 juillet 1700, et resta au séminaire de cette ville jusqu'au mois d'août 1708, qu'il fut envoyé à la chapelle de Portneuf, avec Ta charge de faire des missions de temps à autre jusqu'à Ste-Anne, Il laissa la desserte de Ste-Anne et des Grondines en 1714. I obtint aussi, peu de temps après, d'être déchargé de celle de Deschambault. Ce fut dans cette année 1714, comme nous l'avons dit en son lieu, que M. Morin, qui n'avait été jusqu'alors que simple missionnaire de toutes ces différentes cures, demanda et obtint la cure en titre du Cap-Santé, dont il devint par là le curé fixe. ILest resté dans cette cure, en cette qualité, quatorze ans,c'est-à-dire de 1714 à 1728. Il l'avait desservie auparavant comme missionnaire six ans, c'est-à-dire pendant un an à la chapelle de Portneuf, de 1708 à 1709, et ensuite cinq aus dans son nouveau presbytère au Cap-Santé, Ainsi M. Charles-François Rageot-Morin a desservi la paroisse du Cap-Santé, soit comme missionnaire, soit comme curé fixe, l’espace de vingt ans.

On ne saurait douter du zèle et des autres qualités pastorales du vénérable prêtre et curé, quand on se rappellera tout ce qu'il a fait pour cette paroisse. C'est lui qui la formée en quelque sorte. Le premier, il est venu y fixer sa demeure, dans un temps sans doute où la modicité des revenus ne pouvait que l’exposer à beaucoup de privations ; dans un temps où les chemins, à peine ouverts ou établis depuis peu, et mal entretenus, rendaient les communications difficiles et la visite des malades dangereuse, surtout la nuit, chose dont M. Voyer se plaignait encore, quatorze ans après M. Morin. [Il a bâti nn presbytère, construit une église, acquis les terrains nécessaires et pour l'église et pour les curés ses successeurs.

Si les transactions qu'il a passées avec ceux de qui il a acquis ces différents terrains, ont été suivies par la suite

(1) Aucun des actes de M. Rageot-Morin n'est signé du prénom de “François, ” quoique le chroniqueur lui donne ce prénom. (L'abbé D, G.)

de difficultés et de disputes, entre la fabrique et les curés d’une part, et les héritiers de ceux qui avaient vendu ces terrains, la faute n'eu est nullement à imputer à M. Morin, comme s'il eût manqué de prendre les mesures et les précautions suffisantes pour prévenir ces difficultés. Tout est venu, au moins en grande partie, de la part de uelquesuns des héritiers de Louis Motard, gens difficiles et intraitables, Mais ces difficultés n'ont duré que le temps même de Ia vie du premier de ces héritiers. On vit la paix régner sans interruption, après que la mort eut débarrassé la fabrique et le curé de cet homme intraitable, Au reste, : en désignant un des Motard, comme cause de ces difficultés, nousne voulons en rien diminner l'estime et la reconnaissance que la paroisse doità Louis Motard, véritable bieufaiteur de la paroisse, pour les terrains qu'il a donnés à la fabrique et qu'elle doit à sa Hibéralité (D).

Avant de parler du successeur de M. Morin à la cure du Cäp-Santé, nous donnerons ici un précis des ordonnances portées par MM, les Archidiacres dans le cours de leurs visites, M. Morin étant encore curé du Cap-Santé,

Nous avons vu précédemmentqu'en 1714, Mer de St-Vallier était venu en visite en cette paroisse ; il y vint de nouveau en 1719, et encore une troisième fois, mais la date de cette dernière visite n'est pas connue; dans ces trois visites Le nombre des confirmés fut de 150 personnes. Depuis cette dernière visite de Monseigneur de St-Vallier,

jusqu'en 1742, où Monseigneur de Pont-Briand vint de

nouveau visiter la paroisse et donner la confirmation, on ne voit d'autres visites que celles de messieurs les archidiacres où grands vicaires. Nous allons donner le précis de leurs ordonnances dans ces différentes visites, jusqu'au temps où M. Lacoudray est venu succéder à M. Morin. Ce précis fera connaître l'état des affaires de la fabrique et celui de la paroisse en partie, et en tant qu'il a rapport à l'inspection des supérieurs ecclésiastiques.

En 1724, le 14 février, eut lieu dans cette paroisse la

(1) Cette famille ne compte plus aucun descendant dans la paroisse depuis 1890. (L'abbé D, G.)

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