‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 109 sur 163 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

sont pas plus compétents, en pareille matière, que les aveugles en fait de couleurs.

On aurait désiré un langage plus académique, ou plutôt, moins réaliste, lorsqu'il tonnait contre certains désordres. Le reproche n'est peut-être pas tout à fait immérité, mais il n'est pas sans excuse. Le berger qui défend ses brebis contre les loups, ne mesure pas toujours ses coups. La vue du danger que court son petit troupeau, le souvenir des brebis qu'il a déjà perdues, électrisent tout son être, et alors il frappe comme s’il était armé d’une massue. Qui oserait lui reprocher de ne pas garder son plein sang froid, en pareille circonstance !

Enfin certains paroissiens regrettaient qu'il ne fût pas un peu plus aimable, oubliant qu’ils ne le sont pas toujours eux-mêmes. Les plus maussades surtout devaient lui faire un crime de ce qui n'existait peut-être que dans leur imagination.

Beaucoup d’autres estimaient que M. Lefrançois était un excellent curé, et qu'il était facile de s'entendre avec lui. C'est le témoignage que lui rend,en particulier, un paroissien que nous avons interrogé à ce sujet, et qui à été en contact journalier avec lui. Sans doute, il ne devait pas être sans défauts, mais l'appréciation de ce dernier est probablement la bonne.

Quoiqu'ilen soit, les fidèles du Cap-Santé n'étaient guère à plaindre, puisque M. Lefrançois a toujours eu des vicaires pour l'assister : MM. J. B. Côté, de 1844 à 1845, M. Duguay, du ler octobre 1845 au Jer mars 1846, Edouard Chabot, du 5 mars 1846 au 11 octobre 1848.

Sous le règne de M. Lefrançois, la paroisse du Cap-Santé donna un nouveau prêtre à l'Eglise : M. Joseph Matte, né le 23 janvier 1822; ordonné le 20 août 1847, et décédé à Somerset, le 18 août 1866, à l’âge de 44 ans. Lorsqu'il fut ordonné, sa famille ne résidait plus au Cap-Santé, mais il n’en est pas moins originaire de cette paroisse (1).

En 1848, M. Lefrançois fut promu à la cure de Saint-

(1) Le père de M. l'abbé J. Matte résidait dans le Grand Bois de l'Ail et la terre qu’il occupait appartient à M. Augustin Vadeboncœur.

Henri, et en 1850 il abandonna définitivement l'exercice du saint ministère, et se retira au couvent des Sœurs de la Charité, à Notre-Dame de Lévis, où il est décédé le 11 août 1864.

Que Les paroissiens du Cap-Santé n'oublient pas de prier pour le repos de son âme, Ils ont peut-être double raison de lui rendre ce service,

| su CHAPITRE DIXIÈME de EE"

M. MORIN, neuvième Curé.

SOMMAIRE : Nouixarion bé M. MoniN À LA CURE DU Cap- SANTÉ. — DÉ'AILS BOGRAPHIQUES. — CARACTÈRE DE M. Mo- RIN. + CONSTRUCTION D'UN NOUVEAU PRESBYTÈRÉ REMISE SUR LE TAPIS ET DÉCIDÉE. — ÉRECTION DE LA CONFRÉRIE DU SAINT Cœur v& Matt. — IXDULGENCE PLÉNIÈRE EN FAVEUR DES MEMBRES Lt LA SOC.ÉTÉ LE TEMPÉRANCE. — VENTE DU BANC RÉSERVÉ AUX URsULINES DE QUÉBEC. — BORNES ET HISTORI- QUE DE LA SEIGNEURIE DE PORTNEUF. — VislT£é PASTORALE DB

1852. — DIFFÉRENTES ORDONNANCES DE L'ÉVÊQUE. — ACQUI- SITION DE LA PROPRIÉTÉ ALLSOPP..— ACHAT D'UN HARMONIUM. — ANNEXION DE SEPT CONCESSIONS À LA PAROISSE DE SAINT- BasiLE EN 1852.— TENEUR bU DÉCRET D'ANNEXION. - Pourquoi LE PerriT Bois DE L'AIL N'AURAIT PAS Dù ÊTRE DÉTACHÉ DU CaP-SANTÉ.— CONFLIT pu PEïTriT Bois DE L'AIL AVEC L'AUTORITÉ RELIGIEUSE. — ENTÊTEMENT DE DEUX HABITANTS DE LA CONCESSION DE TERREBONNE. — LE GURÉ pu CaAP-SANTÉ TRAINÉ DEVANT LES TRIBUNAUX ET CONDAMNÉ. — MORT D'UNE JEUNE FILLE DE LA CONCESSION DE TERREBONNE SANS LES SE- COURS DE LA RELIGION ET INHUMATION SANS SERVICE RELI- GIEUX. — UNE FOLLE INTERPELLE LE CURÉ PENDANT LE SER- MON. — DÉCÈS DE L'ABBÉ ‘THIBAUDEAU. — ORDINATION DE M. GAUDIN. — AGRANDISSEMENT DU CIMETIÈRE. — GALBRIES LATÉRALES. — VISITE PASTORALE DE 1856. — DÉPART DE M. MoniN. — FIN DE SA CARRIÈRE.

E successeur de M. Lefrançois, au Cap-Santé, a été M. l’abpé François Morin, qui prit possession de son nouveau poste dans les premiers jours d'octobre 1848.

Né à Saint-Michel, le 20 août 1806, et ordonné le 13 décembre 1835, M. Morin fut d’abord vicaire à Deschambault, puis curé de la même paroisse jusqu’en 1N46, de Saint- Joseph de la Beauce, de 1846 à 1847, etde Saint-Vallier, de 1847 à 1848, époque à laquelle il fut appelé à la cure qu. Cap-Santé (.

Le choix de Pautorité était excellent, surtout dans les circonstances. Type de gentilhomme, extrêmement bienveillant, donnant sans compter, conciliant autant que la conscience peut le permettre, et préférant temporiser indéfiniment plutôt que de faire sauter les barrières élevées sur son passage, M. Morin était bien le délégué suscité par la Providence, pour faire succéder le calme à la tempète. De plus, ses nouveaux paroissiens avaient eu loccasion de le connaître et de l’apprécier pendant son séjour à Deschambault, et ils accueillirent sa nomination avec

(1) Avant de prendre la soutane, M. Morin avait étudié le droit, une couple d'années. C’est ce qui explique qu’il a été ordonné à un Âge relativement avancé.

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